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	<title>Revue Que Faire ?</title>
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	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Parti et Classe</title>
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		<dc:creator>Tony Cliff</dc:creator>


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&lt;p&gt;Entretien avec Tony Cliff (1917-2000), l'un des fondateurs du Socialist Workers Party et de la tendance International Socialist. Ces propos ont &#233;t&#233; recueillis par Nicholas Walter et publi&#233;s en juin 1970 dans L'Idiot International.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez &#233;crit sur la France en 1968 - que pensez-vous des &#233;v&#233;nements de 1968 et de la situation depuis&#160;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant 20 ans certains pr&#233;tendus marxistes ont propag&#233; le mythe que la classe ouvri&#232;re en Europe de l'Ouest &#233;tait compl&#232;tement int&#233;gr&#233;e au syst&#232;me &#224; cause des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;https://www.quefaire.lautre.net:80/local/cache-vignettes/L122xH150/arton38-da500.png&#034; width='122' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Tony Cliff (1917-2000), l'un des fondateurs du Socialist Workers Party et de la tendance International Socialist. Ces propos ont &#233;t&#233; recueillis par Nicholas Walter et publi&#233;s en juin 1970 dans L'Idiot International.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;crit sur la France en 1968 - que pensez-vous des &#233;v&#233;nements de 1968 et de la situation depuis&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant 20 ans certains pr&#233;tendus marxistes ont propag&#233; le mythe que la classe ouvri&#232;re en Europe de l'Ouest &#233;tait compl&#232;tement int&#233;gr&#233;e au syst&#232;me &#224; cause des lave-linges et des t&#233;l&#233;visions, et qu'elle avait donc perdu tout son potentiel r&#233;volutionnaire. Beaucoup de gens se sont tourn&#233;s vers tout le monde - les &#233;tudiants, les paysans en Bolivie, &#8230; - sauf vers la classe ouvri&#232;re d'Europe de l'Ouest. Les &#233;v&#233;nements en France ont montr&#233; que ces gens avaient tort. Nous l'avions dit et r&#233;p&#233;t&#233; pendant 20 ans et nous avions raison - la classe ouvri&#232;re est le seul v&#233;ritable agent de transformation sociale. Mais les &#233;v&#233;nements de 1968 ont &#233;galement montr&#233; autre chose. Ils ont prouv&#233; que m&#234;me avec la plus grande gr&#232;ve de l'histoire du monde, sans une organisation qui relie les diff&#233;rents secteurs de la classe ouvri&#232;re entre eux, la classe dirigeante triomphera toujours car elle s'appuie sur un syst&#232;me centralis&#233;. Ainsi les &#233;v&#233;nements de 1968 en France ont confirm&#233; que la classe ouvri&#232;re est l'agent du changement social et ont aussi confirm&#233; la n&#233;cessit&#233; d'un parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense qu'en r&#233;alit&#233; le mouvement &#233;tudiant a d&#233;clin&#233; apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de mai. Il y avait &#233;norm&#233;ment de dissensions et d'amertume, et un sentiment d'impuissance qui a amen&#233; &#224; de l'aventurisme et &#224; la recherche de raccourcis, et la le&#231;on est vraiment tr&#232;s simple. Il n'est pas possible de guider la classe ouvri&#232;re depuis l'ext&#233;rieur - il faut une organisation qui fasse partie de la classe et qui ne soit pas impos&#233;e de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais est-ce que cela n'entre pas en contradiction avec la th&#233;orie de L&#233;nine sur la conscience de la classe ouvri&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, vous avez faux l&#224;-dessus. Il est vrai qu'en 1902 il a dit que la conscience ne peut venir &#224; la classe ouvri&#232;re que de l'ext&#233;rieur, mais en 1905 il a &#233;crit que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La classe ouvri&#232;re est instinctivement et spontan&#233;ment social-d&#233;mocrate&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&#224; l'&#233;poque ce terme &#233;tait le nom du parti r&#233;volutionnaire), et il a &#233;galement &#233;crit que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La position sp&#233;ciale du prol&#233;tariat dans la soci&#233;t&#233; capitaliste am&#232;ne &#224; une lutte des travailleurs pour le socialisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Une union des travailleurs avec le parti socialiste a &#233;clat&#233; avec force et spontan&#233;it&#233;. Et il n'&#233;tait pas &#233;litiste - il savait que dans l'acte de la r&#233;volution les travailleurs devaient &#234;tre organis&#233;s dans des organisations r&#233;volutionnaires de masse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N'y a-t-il pas danger que le parti qui essaiera d'organiser les travailleurs soit victime du m&#234;me type de d&#233;g&#233;n&#233;rescence que le Parti communiste fran&#231;ais&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a deux conceptions du parti d'avant-garde - l'une consid&#232;re que le parti se situe en face de la classe, et l'autre que ce sont les secteurs les plus avanc&#233;s de la classe qui s'organisent dans un parti. Cette seconde vision des choses est la conception marxiste, et si vous consid&#233;rez que toute organisation est condamn&#233;e &#224; d&#233;g&#233;n&#233;rer alors vous devez accepter la vision du p&#233;ch&#233; originel des pessimistes, et si vous acceptez cette vision pessimiste alors vous pouvez dire adieu au socialisme. Il n'y a rien d'intrins&#232;quement mauvais dans le fait d'&#234;tre organis&#233;s. Dans le cas contraire, il n'y a pas d'avenir pour le socialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont vos relations avec le Parti travailliste actuellement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Parti travailliste est un parti capitaliste. Il met en &#339;uvre des politiques capitalistes, mais il le fait avec le consentement de beaucoup de travailleurs qui croient qu'il n'est pas un parti capitaliste. En cons&#233;quence nous devons faire deux choses&#160;: d'abord mettre &#224; jour la r&#233;alit&#233; de ce qu'est le Parti travailliste - qu'il met en &#339;uvre des politiques capitalistes sur des sujets tels que le ch&#244;mage, l'immigration, l'imp&#233;rialisme, etc. - et cela est la partie la plus importante du travail que nous devons effectuer. Personne ne devrait jamais mentir &#224; la classe, et nous nous devons de leur dire que dans le monde r&#233;el c'est ce qu'est le Parti travailliste. Il n'est pas une alternative socialiste aux Conservateurs, et en cons&#233;quence il n'y a pas d'alternative &#224; l'heure actuelle. C'est la premi&#232;re chose que nous devons dire - mais le jour des &#233;lections nous devons dire en tout honn&#234;tet&#233; que si les Conservateurs gagnent, la classe dirigeante qui s'identifie avec le Parti conservateur, et le fait depuis des centaines d'ann&#233;es (apr&#232;s tout, les grandes entreprises subventionnent le Parti conservateur seulement, pas le Parti travailliste) gagne aussi, et la satisfaction qu'elle en retire nous suffit &#224; dire &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous devons faire dispara&#238;tre ce sourire de leur visage, m&#234;me si nous devons pour cela utiliser un salaud comme Harold Wilson&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Leader du Parti travailliste.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, dans l'opposition Wilson utiliserait le petit livre rouge des d&#233;clarations de Nye Bevan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Ministre de la Sant&#233; de 1945 &#224; 1951, il met en place le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'il garde en poche au cas o&#249;, et Anthony Greenwood&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Ministre aux Affaires Coloniales en 1964-1965 sous le gouvernement de (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , au lieu de massacrer les travailleurs du golfe d'Aden serait porte-parole du Mouvement pour la Libert&#233; des Colonies. Nous pr&#233;f&#233;rons que cet hypocrite soit en poste et qu'il ne puisse pas se cacher derri&#232;re un masque de gauche. Donc, pour montrer le vrai visage des deux partis, il est mieux que le Parti travailliste soit au pouvoir. Ou, comme le dit ce bon vieux L&#233;nine, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous soutiendrons le Parti travailliste comme la corde soutient le pendu&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ainsi, tactiquement, lorsque les &#233;lections arrivent, nous continuerons d'attaquer le bilan du gouvernement travailliste capitaliste mais au bout du compte nous dirons, parce qu'il n'y a pas d'autre choix, qu'il vaut mieux tactiquement avoir Harold Wilson que Ted Heath&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Leader du Parti conservateur.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont vos relations avec le Parti communiste de Grande-Bretagne&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PC&lt;/span&gt; a une double fonction. D'un c&#244;t&#233; c'est une communaut&#233; de militants, pour la plupart des militants qui travaillent dans l'industrie, qui rejoignent le parti parce qu'ils ne veulent pas &#234;tre isol&#233;s au travail. D'un autre c&#244;t&#233;, la direction du parti sert la politique &#233;trang&#232;re de la bureaucratie russe et le r&#233;sultat, bien s&#251;r, est que chaque fois que Stalin &#233;ternuait, Harry Pollitt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Secr&#233;taire du Parti communiste de Grande-Bretagne de 1929 &#224; 1956 de fa&#231;on (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sortait son mouchoir de sa poche. Nous nous opposons r&#233;guli&#232;rement aux politiques du parti et de sa direction, particuli&#232;rement maintenant que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PC&lt;/span&gt; est devenu un parti social d&#233;mocrate de droite, soutenant l'utilisation de la voie parlementaire pour arriver au socialisme, et tr&#232;s peu critique &#224; l'&#233;gard des bureaucrates syndicaux. En m&#234;me temps, nous menons certaines activit&#233;s conjointes avec les membres de la base industrielle du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PC&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;alement vous voudriez voir votre propre parti socialiste r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, bien &#233;videmment. Nous pensons que l'avant-garde de la classe, ou en d'autres termes le secteur le plus avanc&#233; de la classe ouvri&#232;re, les 200 000 d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux de ce pays devraient s'organiser non seulement syndicalement mais aussi politiquement. Il ne devrait pas y avoir des individus qui soient d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux comme autant de billes individuelles dans diff&#233;rents secteurs, mais un mouvement des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux qui aurait aussi sa propre vie politique, et cela sera le parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment concevez-vous l'organisation du parti r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que la classe ouvri&#232;re doit s'&#233;manciper elle-m&#234;me, le parti r&#233;volutionnaire doit refl&#233;ter la classe. Mais quelle secteur de la classe doit-il refl&#233;ter&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La classe n'a pas un niveau de conscience homog&#232;ne, et donc le parti doit refl&#233;ter le niveau de conscience de la fraction la plus avanc&#233;e de la classe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il doit &#234;tre extr&#234;mement d&#233;mocratique, car seule une grande d&#233;mocratie interne peut permettre de refl&#233;ter la masse des gens. Il est faux de dire que la classe ouvri&#232;re a un seul point de vue coh&#233;rent sur les choses. Le parti r&#233;volutionnaire doit refl&#233;ter ce manque de coh&#233;sion, bien s&#251;r. En cons&#233;quence, si vous consid&#233;rez les termes du dialogue avec une classe, la classe elle-m&#234;me a des opinions diff&#233;rentes, et donc la d&#233;mocratie interne est n&#233;cessaire. Le centralisme est n&#233;cessaire pour des raisons &#233;videntes. La classe dirigeante est hautement centralis&#233;e, et on ne peut pas combattre l'ennemi sans avoir une organisation qui lui soit sym&#233;trique, et chaque gr&#232;ve est centralis&#233;e. Le travailleur va au travail en tant qu'individu. Lorsqu'il fait gr&#232;ve il agit en tant que membre d'un collectif. La r&#233;volution est la chose la plus centralis&#233;e du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne voyez-vous pas de contradiction entre, par exemple, les 2 millions de personnes &#224; Petrograd et le nombre beaucoup plus faible de personnes dans le comit&#233; militaire des Bolcheviks &#224; Petrograd qui ont effectivement fait la r&#233;volution&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ne peut-il pas y avoir contradiction entre le centre du parti et sa base &#224; un endroit particulier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;volution arrive parce qu'il y a des contradictions. Si la classe ouvri&#232;re n'avait qu'un seul niveau de conscience il n'y aurait pas besoin de faire la r&#233;volution, il n'y aurait jamais besoin de faire gr&#232;ve, il n'y aurait jamais besoin d'&#233;tablir des piquets de gr&#232;ve. Il y a des piquets de gr&#232;ve parce que les travailleurs agissent diff&#233;remment. Dans toute r&#233;volution il y a des millions de personnes qui sont du c&#244;t&#233; des r&#233;volutionnaires. C'est pourquoi, s'il n'y avait pas diff&#233;rents niveaux de conscience, nous n'aurions pas besoin d'un gouvernement ouvrier ou d'organisations du prol&#233;tariat, parce qu'il n'y aurait personne &#224; r&#233;primer. Pour combattre contre des millionnaires il n'y a pas besoin de piquets de gr&#232;ve, parce que la duchesse ne traverse jamais les piquets. Ce sont les travailleurs qui traversent les piquets de gr&#232;ve. Pour combattre les travailleurs r&#233;actionnaires en Russie il n'y avait pas besoin de l'Arm&#233;e Rouge, mais d'un Etat ouvrier. C'est pourquoi en r&#233;alit&#233; nous avons besoin de faire la r&#233;volution, de faire la gr&#232;ve, d'&#233;tablir des piquets de gr&#232;ve, et de mettre en place un gouvernement ouvrier - &#224; cause du niveau de conscience in&#233;gal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;anmoins, cela semble sugg&#233;rer que le centralisme de votre parti d&#233;mocratique, le militantisme de la classe, le militantisme du parti, semble dirig&#233; non pas tant contre la classe ennemie - puisque vous sugg&#233;rez que ce probl&#232;me s'effacera lors d'une r&#233;volution - que contre les secteurs les moins avanc&#233;s de la classe ouvri&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;ponse est la suivante&#160;: jusqu'&#224; maintenant, lors de chaque gr&#232;ve, le combat n'est jamais entre les travailleurs et les employeurs, parce que les employeurs n'ont jamais fait quoi que ce soit pour eux-m&#234;mes dans leur vie - ce ne sont pas eux qui combattent dans les guerres imp&#233;rialistes, ils envoient des travailleurs pour le faire, ils ne cassent pas les gr&#232;ves eux-m&#234;mes, il envoient des travailleurs pour le faire. Et si vous voulez dire que chaque gr&#232;ve est un combat entre travailleurs et travailleurs, c'est absolument exact. Une partie des travailleurs sert la classe dirigeante. C'est la m&#234;me chose au Vietnam&#160;: ce n'est pas une guerre entre les paysans du Sud-Vietnam et les multi-millionnaires am&#233;ricains - au contraire, les multi-millionnaires am&#233;ricains ne sont pas appel&#233;s, c'est une lutte entre les paysans vietnamiens et des travailleurs am&#233;ricains en uniforme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela semble pointer vers un d&#233;veloppement int&#233;ressant au sein du marxisme, o&#249; il n'y aurait plus des classes qui m&#232;nent leurs destins s&#233;par&#233;ment. Vous sugg&#233;rez que la classe ouvri&#232;re est divis&#233;e entre ceux qui servent leurs int&#233;r&#234;ts r&#233;els et ceux qui servent les int&#233;r&#234;ts de la classe dirigeante. Dans un certain sens, la classe dirigeante semble &#224; peine exister dans cette analyse.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien au contraire. M&#234;me en 1789 la bourgeoisie n'a pas fait sa propre r&#233;volution - c'&#233;taient les sans-culottes de Paris qui ont d&#251; faire la r&#233;volution. Le capitaliste n'a jamais rien fait pour lui-m&#234;me, par d&#233;finition il ne fait jamais rien pour lui-m&#234;me, il utilise d'autres gens. Dans une r&#233;volution ce sont toujours les pauvres qui sont utilis&#233;s. C'est la lutte des classes - la lutte entre les travailleurs et la classe capitaliste est toujours refl&#233;t&#233;s dans la lutte entre le secteur de la classe ouvri&#232;re qui est sous l'influence de la classe capitaliste et le secteur qui est oppos&#233; &#224; la classe capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certaines de vos remarques sur la fonction du parti m'inqui&#232;tent toujours. J'aimerais vous poser une question plus pr&#233;cise&#160;: avant une situation r&#233;volutionnaire, comment le parti devrait-il consid&#233;rer ses relations avec d'autres organes r&#233;volutionnaires, qu'ils soient marxistes ou non&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes contre le substitutisme, mais nous somme &#233;galement contre le fait de dire attendons jusqu'&#224; ce que tout le monde soit pr&#234;t &#224; manifester. Il faut que nous le disions haut et fort lorsque nous voulons que la majorit&#233; manifeste. Si la majorit&#233; l'accepte alors ils manifesteront. Sinon, nous sommes en minorit&#233; et nous restons sur nos positions. Le m&#234;me raisonnement s'applique au parti r&#233;volutionnaire - le parti ne peut pas se substituer &#224; la classe. La classe ouvri&#232;re doit s'&#233;manciper elle-m&#234;me. L'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re est l'&#339;uvre de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#244;le du parti r&#233;volutionnaire est d'expliquer aux autres travailleurs ce que le parti pense &#234;tre la bonne position politique. La seule fa&#231;on pour le comit&#233; de gr&#232;ve de gagner est d'&#234;tre plus coh&#233;rent, plus loyal aux int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; etc. Ses membres doivent &#234;tre test&#233;s, et nous sommes donc tout &#224; fait en faveur de la libert&#233; pour tous les partis socialistes d'entrer dans la comp&#233;tition, tout en esp&#233;rant, bien s&#251;r, que si nous avons raison, 99,9 pour cent des travailleurs voteront pour nous et 0,001 pour cent pour Harold Wilson. Mais nous n'en sommes pas encore l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Imaginons qu'une situation telle que la situation en France en 1968 se repr&#233;sentait, qu'il y ait des &#233;lections en d&#233;pit des gr&#232;ves massives et d'une situation sociale tr&#232;s volatile, et qu'une majorit&#233; se prononce pour la social d&#233;mocratie et en r&#233;alit&#233; pour la d&#233;mocratie gaulliste. Que devrait faire un parti r&#233;volutionnaire s'il avait la capacit&#233; de perturber de telles &#233;lections&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tant que la majorit&#233; des travailleurs ne soutient pas le parti r&#233;volutionnaire, celui-ci n'a pas d'autre choix que de patienter en continuant de gagner la confiance de la masse des travailleurs. On ne peut pas faire une r&#233;volution dans le dos de la classe ouvri&#232;re. Nous ne croyons pas dans la possibilit&#233; pour une minorit&#233; d'agir pour la classe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Leader du Parti travailliste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ministre de la Sant&#233; de 1945 &#224; 1951, il met en place le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Ministre du Travail pendant une courte p&#233;riode, il d&#233;missionne en 1951 en r&#233;action &#224; la d&#233;cision d'introduire un montant forfaitaire &#224; payer sur les m&#233;dicaments&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est alors consid&#233;r&#233; comme le leader de l'aile &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gauche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du Parti travailliste, mais en 1957 il se prononce contre un d&#233;sarmement nucl&#233;aire unilat&#233;ral de la Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ministre aux Affaires Coloniales en 1964-1965 sous le gouvernement de Harold Wilson.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Leader du Parti conservateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Secr&#233;taire du Parti communiste de Grande-Bretagne de 1929 &#224; 1956 de fa&#231;on quasi-continue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le marxisme en chantier</title>
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		<dc:date>2009-09-05T17:30:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Godard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une chose est d&#233;sormais claire&#160;: 15 ans apr&#232;s la chute de l'URSS, le capitalisme est loin d'&#234;tre triomphant.&lt;br class='autobr' /&gt;
La disparition de l'URSS a plut&#244;t &#233;t&#233; le produit et le sympt&#244;me d'une crise profonde du capitalisme. Si les bases de cette crise sont &#233;conomiques. Un d&#233;bat entre marxistes sur l'analyse de la crise, crise conjoncturelle ou structurelle&#160;? Ce d&#233;bat est important m&#234;me s'il faut se d&#233;gager de l'id&#233;e qu'une crise r&#233;volutionnaire ne peut-&#234;tre le r&#233;sultat que d'une crise &#233;conomique 'finale' du capitalisme. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;https://www.quefaire.lautre.net:80/local/cache-vignettes/L150xH139/arton36-005cd.jpg&#034; width='150' height='139' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une chose est d&#233;sormais claire&#160;: 15 ans apr&#232;s la chute de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;URSS&lt;/span&gt;, le capitalisme est loin d'&#234;tre triomphant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La disparition de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;URSS&lt;/span&gt; a plut&#244;t &#233;t&#233; le produit et le sympt&#244;me d'une crise profonde du capitalisme. Si les bases de cette crise sont &#233;conomiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Une nouvelle phase du capitalisme&#160;? Fran&#231;ois Chesnais, G&#233;rard Dum&#233;nil, (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un d&#233;bat entre marxistes sur l'analyse de la crise, crise conjoncturelle ou structurelle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ce d&#233;bat est important m&#234;me s'il faut se d&#233;gager de l'id&#233;e qu'une crise r&#233;volutionnaire ne peut-&#234;tre le r&#233;sultat que d'une crise &#233;conomique 'finale' du capitalisme.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='cf notamment Gramsci Notes sur Machiavel.' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (crise d'accumulation du capital) celle-ci est devenue sociale et politique. En cherchant &#224; attaquer syst&#233;matiquement tous les acquis des p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes, les classes dirigeantes ont min&#233; ce qui contribuait &#224; stabiliser relativement la soci&#233;t&#233;. Rien d'&#233;tonnant alors &#224; ce que les attaques sociales soient combin&#233;es au renforcement de l'Etat s&#233;curitaire d&#233;chirant de plus en plus le voile d&#233;mocratique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car la crise &#233;conomique du capitalisme est aussi la crise politique d'un syst&#232;me de domination reposant sur une combinaison variable de consentement et de r&#233;pression.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant alors non plus &#224; ce que, depuis 10 ans, nous ayons assist&#233; au retour des luttes de masse avec le sentiment qu'elles doivent jouer un r&#244;le dans le d&#233;nouement de la crise. Le nombre de pays o&#249; les peuples sont entr&#233;s dans l'ar&#232;ne pour tenter de r&#233;gler des situations de crise ne se compte plus, pays de l'est puis Indon&#233;sie et Cor&#233;e du sud jusqu'aux pays d'Am&#233;rique latine. L'Ukraine aujourd'hui n'en est que la plus r&#233;cente illustration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Il s'agit ici d'insister sur le fait que les masses interviennent. Ce qui (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste puis &#224; une &#233;chelle plus spectaculaire le mouvement international contre la guerre n'ont pas &#233;t&#233; simplement une autre illustration de cette dynamique. En d&#233;passant le cadre national ces mouvements ont commenc&#233; &#224; poser les probl&#232;mes (et la recherche d'une solution) &#224; l'&#233;chelle globale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Le d&#233;veloppement d'une dynamique de luttes de masses se traduit par une (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;nouement de cette crise n'est pas &#233;crit. Il d&#233;pendra de plus en plus &#224; l'avenir de la conscience qu'auront les diff&#233;rents groupes sociaux de la situation et de leurs int&#233;r&#234;ts mais aussi de leur coh&#233;sion et de leurs formes d'organisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un mouvement, dans ses premi&#232;res phases, ne repose pas sur une analyse claire de la situation (pas m&#234;me de ses objectifs r&#233;els) et des rapports de force en jeu. Mais pour obtenir la victoire il doit imp&#233;rativement d&#233;velopper ces &#233;l&#233;ments.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Le mouvement altermondialiste a fait du slogan 'Une autre monde est (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or le mouvement ne produit pas de mani&#232;re m&#233;canique et spontan&#233;e cette conscience &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;car l'id&#233;ologie dominante n'est pas affaire de manipulation des consciences, mais l'effet objectif du f&#233;tichisme de la marchandise. On ne peut &#233;chapper &#224; son cercle de fer et &#224; sa servitude involontaire que par la crise r&#233;volutionnaire et par la lutte politique des partis&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Daniel Bensa&#239;d, La politique comme art strat&#233;gique in Un monde &#224; (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exp&#233;rience de la lutte contre la classe dirigeante ne conduit pas spontan&#233;ment &#224; la rupture avec les id&#233;es qui justifient sa domination, encore moins &#224; une vision alternative du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons que le mouvement a besoin du marxisme, non comme une id&#233;e comme une autre mais &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;en tant qu'expression th&#233;orique de la lutte pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Georg Lukacs, La pens&#233;e de L&#233;nine' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;[les conceptions th&#233;oriques des communistes] &lt;i&gt;ne font qu'exprimer, en termes g&#233;n&#233;raux, les conditions r&#233;elles d'une lutte de classes qui existe, d'un mouvement historique qui se d&#233;roule sous nos yeux.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est d'ailleurs ce qui fait que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;[les communistes] &lt;i&gt;ne posent pas de principes particuliers d'apr&#232;s lesquels ils pr&#233;tendent modeler le mouvement prol&#233;tarien.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;dans les diff&#233;rentes phases d'&#233;volution que traverse la lutte entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie, ils repr&#233;sentent toujours l'int&#233;r&#234;t du mouvement dans son ensemble.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Karl Marx et Friedrich Engels, Le Manifeste du parti communiste. Cette (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une chance pour le marxisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Inversement pour devenir concr&#232;tement l'outil du mouvement d'&#233;mancipation, le marxisme a besoin du mouvement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'abord et fondamentalement parce que, en tant que th&#233;orie r&#233;volutionnaire, le marxisme est toujours en devenir&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;une th&#233;orie r&#233;volutionnaire juste n'est pas un dogme et ne se forme d&#233;finitivement qu'en liaison &#233;troite avec la pratique d'un mouvement r&#233;ellement massif et r&#233;ellement r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;L&#233;nine, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/04/g2.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La maladie infantile du communisme&lt;/a&gt; (le gauchisme). Le marxisme ne peut se d&#233;velopper qu'en se confrontant aux probl&#232;mes soulev&#233;s par le d&#233;veloppement historique du capitalisme tel qu'il est et tel qu'il s'affronte aux exploit&#233;s et opprim&#233;s en lutte. C'est dans cette confrontation, dans l'&#233;laboration des analyses, strat&#233;gies et tactiques n&#233;cessaires au mouvement que le marxisme se d&#233;veloppera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite, parce que le marxisme est aussi un produit de l'histoire. Cela n'est pas seulement vrai pour Marx, Engels, L&#233;nine ou Rosa Luxemburg. Cela est aussi vrai de l'&#233;volution qu'a subie le marxisme depuis 80 ans. Cette &#233;volution, que Perry Anderson a qualifi&#233;e de 'marxisme occidental'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Perry Anderson, Sur le marxisme occidental, Petite Collection Maspero 1976 (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un produit de la d&#233;faite&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du mouvement r&#233;volutionnaire apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est ainsi que, de 1924 &#224; 1968, le marxisme ne s'est pas 'arr&#234;t&#233;' comme le pr&#233;tendit Sartre, mais il avan&#231;a sur un chemin ind&#233;finiment d&#233;tourn&#233; de toute pratique r&#233;volutionnaire. Le divorce entre les deux fut d&#233;termin&#233; par l'ensemble de la p&#233;riode historique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce divorce entre le d&#233;veloppement du marxisme et la perspective r&#233;volutionnaire, entre la th&#233;orie &#233;tudi&#233;e par des intellectuels et la pratique de la classe a eu des cons&#233;quences sur la th&#233;orie&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la m&#233;thode par impuissance, l'art comme consolation, le pessimisme comme apaisement&#160;: il n'est pas difficile de percevoir tous ces &#233;l&#233;ments dans la tonalit&#233; du marxisme occidental&lt;/i&gt;.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Perry Anderson d&#233;couple en partie de cette &#233;volution le courant trotskyste qui a tent&#233; de maintenir une unit&#233; entre la th&#233;orie et la pratique. Pourtant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'isolement forc&#233; &#224; l'&#233;cart des principaux contingents de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e &#224; travers le monde, associ&#233; &#224; l'absence prolong&#233;e de soul&#232;vements r&#233;volutionnaires dans les principaux centres du capitalisme industriel, laissa in&#233;vitablement son empreinte sur la tradition trotskyste dans son ensemble. Elle aussi fut soumise aux diktats de la longue &#233;poque de d&#233;faites historiques de la classe ouvri&#232;re occidentale. Sa m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des innovations th&#233;oriques, qui la distingua du marxisme occidental, lui co&#251;ta cher. La r&#233;affirmation de la validit&#233; et de la r&#233;alit&#233; de la r&#233;volution socialiste et de la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne, contre tant d'&#233;v&#233;nements qui les niaient, poussa involontairement cette tradition vers le conservatisme&lt;/i&gt;.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Perry Anderson, qui &#233;crivait ce texte en 1974, attendait &#233;norm&#233;ment, du d&#233;veloppement du mouvement de lutte. Le reflux des luttes, &#224; partir de la fin des ann&#233;es 70, a contribu&#233; &#224; combiner, dans le courant trotskyste, les d&#233;fauts &#233;nonc&#233;s &#224; ceux du marxisme occidental, un reflux des bases m&#234;me du marxisme, la d&#233;connexion entre la pratique 'quotidienne' et les perspectives r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les conclusions que tirait Perry Anderson en 1974, si elles se sont av&#233;r&#233;es fausses &#224; court-terme, retrouvent une validit&#233; pour aujourd'hui&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les chances de la r&#233;ouverture d'un circuit r&#233;volutionnaire entre la th&#233;orie marxiste et la pratique des masses [...] sont de plus en plus grandes. Les cons&#233;quences d'une telle r&#233;unification entre la th&#233;orie et la pratique pourraient transformer le marxisme lui-m&#234;me.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un dernier facteur favorise la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;r&#233;ouverture de ce circuit r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La crise actuelle du syst&#232;me s'est aussi traduite par une crise de la domination des partis r&#233;formistes et un effondrement des partis staliniens, r&#233;ouvrant un espace pour l'intervention des r&#233;volutionnaires et une audience pour leurs id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Objectifs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette revue veut participer &#224; (re)-faire du marxisme un outil pour le mouvement. Le penser de cette mani&#232;re exige &#224; la fois de sortir du marxisme comme simple 'commentaire' de l'histoire mais aussi comme simple critique, en ext&#233;riorit&#233;, des politiques d&#233;velopp&#233;es par d'autres. Cela exige aussi de ne plus se contenter de quelques formules 'de base' mais entra&#238;ne une triple confrontation&#160;: &#224; l'histoire telle qu'elle se fait, aux questions et analyses soulev&#233;es par le mouvement et &#224; la th&#233;orie marxiste telle qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e. En bref cela exige non pas moins mais plus de marxisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre boussole c'est l'actualit&#233; de la r&#233;volution telle que la d&#233;finissait Lukacs&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;L'actualit&#233; de la r&#233;volution prol&#233;tarienne n'est plus d&#233;sormais seulement un horizon planant au dessus de la classe ouvri&#232;re en voie d'&#233;mancipation mais est d&#233;j&#224; devenue une question &#224; l'ordre du jour du mouvement ouvrier. [...] Pas plus Marx que L&#233;nine ne se sont jamais repr&#233;sent&#233;s l'actualit&#233; de la r&#233;volution prol&#233;tarienne et ses objectifs finaux comme si on pouvait &#224; pr&#233;sent la r&#233;aliser n'importe comment, &#224; n'importe quel moment. Mais, pour l'un comme pour l'autre, l'actualit&#233; de la r&#233;volution fournit le crit&#232;re s&#251;r pour les d&#233;cisions dans toutes les actions quotidiennes. l'actualit&#233; de la r&#233;volution indique la note dominante de toute une &#233;poque. Seule la relation des actions isol&#233;es avec ce noyau central, qui ne peut &#234;tre trouv&#233;e que par l'analyse pr&#233;cise de l'ensemble historico-social, fait que les actions isol&#233;es sont r&#233;volutionnaires ou contre-r&#233;volutionnaires. L'actualit&#233; de la r&#233;volution signifie par cons&#233;quent ceci&#160;: traiter tout probl&#232;me quotidien particulier en liaison avec la totalit&#233; historico-sociale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les consid&#233;rer comme moments de l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Georg Lukacs, Ibid' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toute ambition est une pr&#233;tention. Celle-ci, pour avoir une chance de se r&#233;aliser doit se doubler d'une modestie, la reconnaissance de ses limites qui sont celles de ceux et celles qui lancent cette revue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, ils et elles, sont aussi le produit de la tradition d&#233;crite ci-dessus. Dans la discussion sur l'article de Ambre Ivol sur le r&#233;formisme aux &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt; ou sur l'anticapitalisme d'Antoine Boulang&#233;, cela est apparu clairement. L'histoire des 80 ann&#233;es pass&#233;es a conduit les r&#233;volutionnaires &#224; assimiler le r&#233;formisme &#224; la forme politique qui l'a cristallis&#233; en Europe, les partis socio-d&#233;mocrates. Cela a tendance &#224; r&#233;duire la lutte contre le r&#233;formisme &#224; une lutte contre des directions r&#233;formistes et &#224; sous-estimer la r&#233;alit&#233; du r&#233;formisme comme expression de la conscience contradictoire des travailleurs (entre espoir dans les possibilit&#233;s de transformation et sentiment d'impuissance &#224; en &#234;tre les sujets). C'est particuli&#232;rement important pour comprendre l'&#233;volution des rapports entre le partis r&#233;formistes et le mouvement, mais aussi que toute rupture partielle avec les partis r&#233;formistes ne conduit pas m&#233;caniquement au d&#233;veloppement d'une conscience r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelles que soient donc les limites de ces articles, la confrontation avec ces probl&#232;mes est d&#233;j&#224; un pas dans la bonne direction. Ce num&#233;ro est un num&#233;ro z&#233;ro parce qu'il n'est que le d&#233;but d'une &#233;bauche. Nous invitons tous ceux et celles qui le liront &#224; participer &#224; la suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, la m&#233;diation entre la th&#233;orie et la pratique de la classe, ne peut se r&#233;duire &#224; quelques militant-e-s. Elle passe par la construction d'une organisation &#233;laborant ses analyses et ses orientations &#224; partir du lien de ses membres avec les diff&#233;rents fronts de lutte et fondamentalement avec les diff&#233;rents secteurs de la classe ouvri&#232;re. Cela signifie pour nous la construction et le d&#233;veloppement de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;. Cette revue ne peut donc &#234;tre un substitut ni &#224; l'activit&#233; collective de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, ni &#224; l'&#233;laboration politique dans les cadres de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;. Mais elle veut &#234;tre un aiguillon pour que cette d&#233;marche et cette approche se d&#233;veloppent au sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;. Sans cet objectif, la d&#233;marche elle-m&#234;me est vou&#233;e &#224; l'impuissance en reproduisant les circonstances de d&#233;connexion qui ont produit le 'marxisme occidental'.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un dernier point pour expliquer le titre de cette revue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? n'est pas simplement la question qui &#233;merge pour tous ceux et toutes celles qui se mettent &#224; refuser le fatalisme et commencent &#224; entrer en lutte. Poser cette question c'est d&#233;j&#224; soulever la n&#233;cessit&#233; de la th&#233;orie, comprendre pour agir. C'est aussi le c&#339;ur du marxisme, la th&#233;orie comme guide pour l'action et plus pr&#233;cis&#233;ment pour l'&#233;mancipation des travailleurs. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;L'observation la plus importante &#224; faire &#224; propos de toute analyse concr&#232;te des rapports de forces est la suivante de telles analyses ne peuvent et ne doivent &#234;tre des fins en soi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles acqui&#232;rent au contraire une signification &#224; la seule condition qu'elles servent &#224; justifier une activit&#233; pratique, une initiative de la volont&#233;. Elles montent quels sont les points de moindre r&#233;sistance o&#249; la force de la volont&#233; peut-&#234;tre appliqu&#233;e avec le plus de fruit, elles indiquent les meilleures bases pour lancer une campagne d'agitation politique, le langage qui sera le mieux compris des foules, etc. L'&#233;l&#233;ment d&#233;cisif de toute situation est la force organis&#233;e en permanence et pr&#233;par&#233;e depuis longtemps et qu'on peut faire avancer quand on juge qu'une situation est favorable.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Gramsci, Notes sur Machiavel in Textes Editions sociales 1983' id='nh2-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Poser la question n'est pas la r&#233;soudre. Mais c'est la condition pour commencer &#224; trouver la solution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Une nouvelle phase du capitalisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt; Fran&#231;ois Chesnais, G&#233;rard Dum&#233;nil, Dominique L&#233;vy, Immanuel Wallerstein Editions Syllepse 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf notamment Gramsci Notes sur Machiavel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit ici d'insister sur le fait que les masses interviennent. Ce qui domine dans les mouvements peut largement diff&#233;rer d'un cas &#224; l'autre. Dans certains cas, comme en Ukraine, l'initiative peut m&#234;me en partie venir de fractions de la classe dirigeante. Cela d&#233;montre d'autant plus la n&#233;cessit&#233; de renforcer nos outils d'analyse et de construire des organisations capables d'intervenir de mani&#232;re coh&#233;rente et d'adapter leur tactique aux diff&#233;rentes situations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le d&#233;veloppement d'une dynamique de luttes de masses se traduit par une succession de luttes partielles et locales et de luttes globales, de luttes politiques et de luttes &#233;conomiques. cf Rosa Luxemburg &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve.htm}&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Gr&#232;ve de masse, parti et syndicats&lt;/a&gt; La D&#233;couverte 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mouvement altermondialiste a fait du slogan 'Une autre monde est possible' sa marque de fabrique. Ce slogan exprime &#224; lui seul la rupture avec le pessimisme de la p&#233;riode ant&#233;rieure et l'objectif global. Mais ce mouvement est aujourd'hui, d'autant plus confront&#233; &#224; des questions et d&#233;bats sur ses analyses et sa strat&#233;gie. &#192; lire le r&#233;cent et important article de Chris Harman &lt;i&gt;Spontan&#233;it&#233;, strat&#233;gie et politique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Bensa&#239;d, La politique comme art strat&#233;gique in&lt;i&gt; Un monde &#224; changer&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georg Lukacs, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/deutsch/archiv/lukacs/1924/lenin/index.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La pens&#233;e de L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx et Friedrich Engels, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000b.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Le Manifeste du parti communiste&lt;/a&gt;. Cette situation ne signifie pas que dans la d&#233;fense de ce qui est dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral du mouvement, les r&#233;volutionnaires soient majoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Perry Anderson, &lt;i&gt;Sur le marxisme occidental&lt;/i&gt;, Petite Collection Maspero 1976 (idem pour citations qui suivent)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georg Lukacs, &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-11' class='spip_note' title='Notes 2-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gramsci, Notes sur Machiavel in &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/gramsci_antonio/textes/textes.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Textes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; Editions sociales 1983&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anticapitalisme, r&#233;formisme et r&#233;volution</title>
		<link>https://www.quefaire.lautre.net:80/Anticapitalisme-reformisme-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.quefaire.lautre.net:80/Anticapitalisme-reformisme-et</guid>
		<dc:date>2009-09-05T17:18:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Boulang&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les manifestations de Seattle en novembre 1999 contre l'OMC (organisation mondiale du commerce) ont &#233;t&#233; un v&#233;ritable tournant puisqu'elles ont remis a l'ordre du jour un mot que beaucoup croyaient enterr&#233;&#160;: anticapitalisme. Moins de 5 ans plus tard, 500 000 personnes ont manifest&#233; &#224; New York contre Bush, contre sa guerre en Irak et sa politique raciste et antisociale&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les 60 000 manifestants de Seattle ont d&#233;clench&#233; une v&#233;ritable boule de neige d'un mouvement qui n'a cess&#233; de s'amplifier et qui vient (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les manifestations de Seattle en novembre 1999 contre l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OMC&lt;/span&gt; (organisation mondiale du commerce) ont &#233;t&#233; un v&#233;ritable tournant puisqu'elles ont remis a l'ordre du jour un mot que beaucoup croyaient enterr&#233;&#160;: anticapitalisme. Moins de 5 ans plus tard, 500 000 personnes ont manifest&#233; &#224; New York contre Bush, contre sa guerre en Irak et sa politique raciste et antisociale&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les 60 000 manifestants de Seattle ont d&#233;clench&#233; une v&#233;ritable boule de neige d'un mouvement qui n'a cess&#233; de s'amplifier et qui vient encore de d&#233;montrer sa vitalit&#233; avec le Forum social europ&#233;en de Londres. Personne n'aurait imagin&#233; un tel mouvement plan&#233;taire il y a quelques ann&#233;es. Le mouvement anticapitaliste s'est d&#233;velopp&#233; combin&#233; &#224; un incroyable renouveau des luttes sociales. L'ann&#233;e 2003 en France en est une illustration &#233;vidente. Il y a eu 30 millions de journ&#233;es de gr&#232;ves, soit 5 fois plus que l'ann&#233;e 1995 et 100 000 manifestants contre le G8 en juin 2003, 300 000 au Larzac en ao&#251;t et 100 000 en novembre au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSE&lt;/span&gt; de Paris&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut y ajouter le d&#233;veloppement du mouvement du mouvement international contre la guerre avec la manifestation mondiale du 15&#160;f&#233;vrier 2003 qui a rassembl&#233; environ 20 millions de participants. En effet, c'est le m&#234;me syst&#232;me qui d&#233;veloppe une exploitation impitoyable des travailleurs et colonise la plan&#232;te pour assurer l'h&#233;g&#233;monie des grandes puissances et des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est ce que l'anticapitalisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que tous les mouvements depuis le milieu des ann&#233;es 1970, apr&#232;s l'&#233;chec de la vague internationale de 68, &#233;taient limit&#233;s &#224; des questions sp&#233;cifiques (syndicales, antifascisme, antiracisme, &#233;cologie&#8230;), &#034;&lt;i&gt;l'opposition au n&#233;olib&#233;ralisme tend &#224; unifier diff&#233;rentes luttes particuli&#232;res, en un d&#233;fi composite, &#224; quelque chose que les gens commencent &#224; voir comme un syst&#232;me unique. Seattle &#233;tait important parce que c'&#233;tait le point culminant de cette tendance, le point o&#249; les mouvements divers commenc&#232;rent &#224; n'en former qu'un, o&#249; de l'addition quantitative a surgi quelque chose de qualitativement nouveau&lt;/i&gt;&#034; (Chris Harman - &lt;a href=&#034;http://tintinrevolution.free.fr/fr/harmananticapitalisme.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Anticapitalisme th&#233;orie et pratique&lt;/a&gt; - juin 2000 - publications L'Etincelle).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une caract&#233;ristique importante de ce mouvement est la dynamique de convergence des luttes, en opposition &#224; la tendance &#224; la fragmentation dans les ann&#233;es 1980 jusqu'en 1995. Lutter avec comme base &#8216;le monde n'est pas une marchandise' et &#8216;un autre monde est possible' constitue une rupture essentielle avec les luttes pr&#233;c&#233;dentes. Unifier les diff&#233;rentes luttes sectorielles et s'attaquer au c&#339;ur du syst&#232;me, que Marx appelait le &#8216;f&#233;tichisme de la marchandise' m&#232;ne &#224; une critique et une lutte globale contre le capitalisme. L'id&#233;ologie dominante conna&#238;t une crise profonde, le pronostic de l'id&#233;ologue am&#233;ricain Francis Fukuyama s'est av&#233;r&#233; totalement faux, la &#8216;fin de l'histoire' annonc&#233;e lors de la chute du mur de Berlin n'a pas eu lieu. Au contraire, les ann&#233;es 1990 ont vu na&#238;tre un mouvement in&#233;dit, une critique globale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se caract&#233;rise par une dynamique de lutte de masses, lors des contre manifestations ou les contre sommets, et des liens forts avec les luttes de travailleurs et les gr&#232;ves, comme en France, en Italie et maintenant aux &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt;&#8230; L'alliance de Seattle avec la classe ouvri&#232;re, symbolis&#233;e par l'unit&#233; des jeunes &#233;cologistes, les &#8216;Turtle kids' et les syndicalistes des &#8216;Teamsters' (camionneurs) n'&#233;tait pas fortuite mais est bien un des &#233;l&#233;ments cl&#233; de ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ses racines&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il puise son enracinement dans la dur&#233;e de la crise du capitalisme&#160;: la crise &#233;conomique profonde et la polarisation politique se combinent avec une crise de direction politique &#224; gauche. Aucune direction politique traditionnelle ne s'est impos&#233;e comme un d&#233;bouch&#233; &#233;vident pour s'organiser et lutter. Le mouvement ouvrier, aussi bien social-d&#233;mocrate que stalinien conna&#238;t une crise profonde. La seule perspective de la gauche social-d&#233;mocrate demeure une gestion plus &#8216;humaine' du syst&#232;me alors que celui-ci traverse une crise profonde, mondiale. La gauche traditionnelle a perdu l'h&#233;g&#233;monie sur les mouvements de contestation, la m&#233;fiance vis-&#224;-vis des formes traditionnelles d'organisation a aussi augment&#233;. Ce sentiment s'&#233;tait exprim&#233; en France avec le vote du 21&#160;avril 2002 o&#249; l'on a vu le vote pour les partis traditionnels encore s'affaiblir, mais avec aussi un fort vote pour la gauche radicale (3 millions de voix pour Arlette Laguiller et Olivier Besancenot).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette crise a laiss&#233; un espace pour de nouvelles formes de contestation. C'est l'expression d'une confiance qui commence &#224; rena&#238;tre chez les opprim&#233;s et les exploit&#233;s mais qui porte aussi les stigmates des d&#233;faites pass&#233;es, en particulier une grande m&#233;fiance des organisations politiques. La naissance d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; le refl&#232;te bien. De nombreux militants qui ont cr&#233;&#233; les comit&#233;s locaux d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; et rassembl&#233; en 3 ans 30 000 personnes ne voulaient pas au d&#233;part avoir &#224; faire aux partis politiques de gauche. Comment croire en Jospin quand en avril 1997 il manifeste &#224; Bruxelles contre la fermeture de l'usine Renault Vilvorde, puis en juin, tout juste &#233;lu, accepte le plan de plus de 2000 suppressions d'emplois&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y avait en m&#234;me temps le sentiment que &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; est un mouvement qui fait de la politique. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; a ainsi permis de regrouper des milliers de syndicalistes, d'activistes&#8230; pour d&#233;battre et agir dans un cadre commun pour &#8216;un autre monde'. Le mouvement altermondialiste, le mouvement plan&#233;taire contre la guerre ont ainsi remis &#224; l'ordre du jour pour des millions de personnes la n&#233;cessit&#233; d'une perspective globale, offensive, antisyst&#233;mique, anticapitaliste. Le mouvement s'est &#233;largi, les d&#233;bats se sont approfondis, comme l'ont montr&#233; les derniers Forums sociaux &#224; Mumbai et Londres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mouvement in&#233;dit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du mouvement pose les questions d'une mani&#232;re nouvelle, diff&#233;rente du pass&#233;. La rupture avec les d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes est que c'est le succ&#232;s m&#234;me du mouvement qui le pousse &#224; aller plus loin, rechercher des perspectives plus radicales. Des dizaines de millions de personnes ont repris espoir, ce n'est plus le fatalisme et la r&#233;signation qui dominent, comme le r&#233;sume bien l'ambitieux slogan &#8216;Un autre monde est possible'. Aujourd'hui, en France, la majorit&#233; des politiques pr&#233;tend le partager, m&#234;me Chirac veut faire croire qu'il est pour le &#8216;commerce &#233;quitable', pour la paix&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce succ&#232;s du mouvement implique d'aller plus loin pour clarifier les strat&#233;gies. En effet, si tous nous voulons aller vers un autre monde, comment y arriver&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les institutions sont-elles un outil ou un obstacle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Par exemple, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CES&lt;/span&gt; (conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats) a soutenu le dernier forum social europ&#233;en, en m&#234;me temps, elle appelle &#224; soutenir la constitution europ&#233;enne, elle soutient la perspective d'une Europe forte &#233;conomiquement et militairement. Le d&#233;veloppement du mouvement est une dynamique qui pour l'instant n'est pas contradictoire avec le fait que les d&#233;bats strat&#233;giques ne soient pas tranch&#233;s sur comment radicalement changer le syst&#232;me. Les formes d'organisations du mouvement lui-m&#234;me ne sont pas &#8216;classiques'. Le mouvement est tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne, le sentiment anticapitaliste est largement r&#233;pandu mais les noyaux organisateurs du mouvement sont souvent beaucoup plus petits, il y a de nombreux canaux d'organisation, tr&#232;s dispers&#233;s, des r&#233;seaux, souvent en dehors des partis ou syndicats de gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette dynamique renverse compl&#232;tement la mani&#232;re de poser les d&#233;bats. Vouloir changer le monde n'est plus abstrait. Arr&#234;ter la guerre en Irak pose le m&#234;me type de question. Alors que l'Irak r&#233;siste, que le Moyen-orient peut s'embraser, que la col&#232;re commence &#224; monter dans l'arm&#233;e am&#233;ricaine&#8230; faut-il il soutenir la lutte arm&#233;e des irakiens ou soutenir Chirac &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONU&lt;/span&gt;, fallait-il voter Kerry et soutenir le &#8216;Tout sauf Bush'&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour tenter de r&#233;pondre &#224; toutes ces questions, le d&#233;bat id&#233;ologique et politique s'est intensifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mouvement en &#233;volution&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 5 ans, ce mouvement a &#233;t&#233; soumis &#224; des tests importants, et s'est profond&#233;ment transform&#233;. Il est d'une part confront&#233; &#224; une r&#233;pression grandissante. Les peines de prison pour Jos&#233; Bov&#233; ou la r&#233;pression des faucheurs d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OGM&lt;/span&gt; sont des avertissements. Les mobilisations de masses altermondialistes poussent &#224; la confrontation avec le syst&#232;me et celui-ci y r&#233;pond avec ses moyens&#160;: la violence d'Etat. G&#234;nes et l'assassinat de Carlo Giuliani l'ont montr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 20&#160;juillet 2001 fut un test crucial pour le mouvement et il fut surmont&#233; gr&#226;ce &#224; l'intervention de dirigeants d'organisations de masse. Cet assassinat voulait nous emp&#234;cher de manifester. Au contraire, le dirigeant de Rifondazione Comunista, Fausto Bertinotti et Vittorio Agnoletto, porte-parole du Forum social de G&#234;nes, refus&#232;rent ce chantage et appel&#232;rent les travailleurs italiens &#224; venir en masse &#224; G&#234;nes manifester le lendemain. Gr&#226;ce aux syndicats, des trains, des bus furent affr&#233;t&#233;s dans la nuit et le lendemain 300 000 personnes manifestaient et d&#233;l&#233;gitimaient la r&#233;union du G8.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par son d&#233;veloppement, le mouvement anticapitaliste se retrouvait confront&#233; &#224; une question politique cl&#233;&#160;: quelle attitude adopter vis-&#224;-vis de l'Etat&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C&#233;der au chantage de la r&#233;pression et renoncer aux manifestations&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La r&#233;ussite de la manifestation du lendemain n'&#233;tait pas m&#233;canique, programm&#233;e d'avance. La direction d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt;-France a argument&#233; dans le sens de ne pas manifester. Susan George a ainsi &#233;crit que les mobilisations de G&#234;nes &#233;taient une d&#233;faite, qu'elle &#233;tait au bord du d&#233;sespoir et que manifester &#233;tait devenu inutile (Charlie Hebdo - 25/07/2001). En r&#233;alit&#233;, les manifestations de G&#234;nes, malgr&#233; l'assassinat de Carlo Giuliani et la r&#233;pression, ont &#233;t&#233; une victoire pour le mouvement. Cela mettait directement en &#233;vidence, pour des centaines de milliers d'activistes, que l'Etat n'&#233;tait pas neutre, qu'il se servait des forces de r&#233;pression pour prot&#233;ger le syst&#232;me. Gr&#226;ce &#224; l'intervention de forces politiques organis&#233;es, le mouvement global franchit le test de G&#234;nes. G&#234;nes fut suivi rapidement par un nouveau choc&#160;: le 11&#160;septembre 2001. Au sein du mouvement, on vit alors les premi&#232;res divisions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Anticapitalisme et antiguerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La guerre sans limite de Bush a &#233;t&#233; une &#233;tape importante du mouvement anticapitaliste. Peu apr&#232;s le 11&#160;septembre 2001, des membres de la classe dirigeante am&#233;ricaine d&#233;claraient&#160;: &#034;le mouvement de Seattle et de Porto Alegre est mort&#034;. Une grande partie des organisateurs d'une manifestation pr&#233;vue de longue date &#224; Washington contre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FMI&lt;/span&gt; le 30&#160;septembre 2001 se retir&#232;rent au pr&#233;texte que dans cette nouvelle situation, face &#224; la menace terroriste, il ne fallait pas provoquer et d&#233;stabiliser le gouvernement. Seules 10 000 personnes manifest&#232;rent &#224; Washington ce jour l&#224; contre la guerre en Afghanistan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;ponse du mouvement italien fut extraordinaire&#160;: d&#232;s octobre 2001, 400 000 personnes manifestaient de P&#233;rouse &#224; Assise, &#224; l'appel conjoint des chr&#233;tiens pacifistes et de Rifondazione Comunista. Il y eut une forte imbrication entre le mouvement anticapitaliste et le mouvement antiguerre, mobilis&#233;s contre ce que les Italiens intitul&#232;rent &#8216;la guerre globale'. Le Forum social europ&#233;en de Florence (novembre 2002) le r&#233;v&#233;la au monde&#160;: un million de personnes manifest&#232;rent contre la guerre en Irak qui devenait imminente, &#224; l'appel de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGIL&lt;/span&gt; (principal syndicat italien), les Disobbidienti et Rifondazione Comunista. Le mouvement italien rassemble des millions de personnes&#160;: 3 millions le 15&#160;f&#233;vrier 2003 &#224; Rome, 2 millions le 4&#160;juin 2004 lors de la venue de Bush &#224; Rome&#8230; En mars 2003, des dizaines de milliers d'activistes, des Disobbidienti s'unirent avec les syndicalistes pour bloquer les convois militaires&#8230; Le 15&#160;f&#233;vrier fut possible internationalement gr&#226;ce &#224; la pr&#233;existence du mouvement anticapitaliste et donna naissance au plus grand mouvement antiguerre de toute l'histoire. A Londres, le mouvement rassembla 2 millions de personnes dans la rue, alors que les pr&#233;c&#233;dentes mobilisations anticapitalistes n'avaient mobilis&#233; qu'une petite minorit&#233;. Le mouvement global s'amplifia par le mouvement antiguerre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;bats strat&#233;giques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela ne se fit pas spontan&#233;ment. Les principaux dirigeants d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; s'y oppos&#232;rent. Bernard Cassen critiqua tr&#232;s violemment le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSE&lt;/span&gt;, d&#233;non&#231;ant la main-mise des radicaux&#160;: &#034;nous avons d&#233;couvert que toutes les affiches pour la marche ne parlaient que de la guerre sans faire allusion &#224; l'Europe. Je ne peux pas dire que j'aie &#233;t&#233; enti&#232;rement surpris. Mais si le Forum s'&#233;tait tenu en France, cela ne se serait pas pass&#233; ainsi. La guerre aurait &#233;t&#233; &#224; l'ordre du jour mais n'aurait pas &#233;t&#233; une obsession&#034;. Cassen justifiait sa position en refusant de relier &#034;n&#233;o-lib&#233;ralisme&#034; et imp&#233;rialisme&#160;: &#034;Que la guerre &#233;clate ou non, les B52 et les Forces sp&#233;ciales ne changeront rien &#224; la pauvret&#233; ou &#224; la faim au Br&#233;sil ou en Argentine&#034; (r&#233;f&#233;rences sur &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org/Irak-USA/irak24.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.alencontre.org&lt;/a&gt;). En fait il ne saisissait pas la dynamique r&#233;elle du mouvement qui se radicalisait et s'&#233;largissait simultan&#233;ment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, le mouvement ne se limitait plus &#224; un antilib&#233;ralisme mod&#233;r&#233; mais commencait &#224; d&#233;velopper une perspective plus clairement anticapitaliste et anti-imp&#233;rialiste. Comme le soulignait Rahul Patel, un des repr&#233;sentant des syndicats britannique au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSE&lt;/span&gt;, membre de Respect-the unity coalition&#160;: &#034;On comprend que le n&#233;olib&#233;ralisme marche main dans la main avec la guerre. C'est ce message qui a &#233;t&#233; adress&#233; durement &#224; Blair&#034; (Rouge octobre 2004). Ce d&#233;bat s'est encore approfondi lors du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSE&lt;/span&gt; de Londres. Depuis la guerre en Irak, les dirigeants d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; soutiennent l'id&#233;e &#034;d'Europe puissance&#034;, qui pourrait affaiblir l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. Pratiquement, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; a refus&#233; de participer &#224; la manifestation contre la venue de Bush &#224; Paris le 5&#160;juin, qui a rassembl&#233; 30 000 personnes. La rapidit&#233; et la fluidit&#233; de l'&#233;volution de ce mouvement &#224; l'&#233;chelle internationale est surprenante. Mais des organisations n&#233;es de ce mouvement peuvent aussi reculer, comme le montre l'&#233;volution d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; France qui depuis des mois a quasiment d&#233;sert&#233; la rue. Comme l'&#233;crit Chris Harman dans son dernier article &#034;Anticapitalisme, 5 ans apr&#232;s Seattle&#160;: spontan&#233;it&#233;, strat&#233;gie et politique&#034;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; la croissance tr&#232;s importante du mouvement a soulev&#233; des nouveaux probl&#232;mes, et fait r&#233;surger de tr&#232;s vieux arguments sur la strat&#233;gie&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ( &lt;i&gt;International Socialist&lt;/i&gt; n&#176;&#160;104 - octobre 2004).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Antilib&#233;ralisme ou anticapitalisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ce faisant, ce [mouvement] commence aussi &#224; poser d'importantes questions, dont doivent d&#233;battre ceux qui ont jou&#233; un r&#244;le si important dans la construction du nouveau mouvement. Ces questions concernent les alternatives qui doivent &#234;tre propos&#233;es, les forces qui peuvent leur permettre de triompher, les tactiques de mobilisation n&#233;cessaires et, sous-tendant ces interrogations, la relation du n&#233;olib&#233;ralisme et de la mondialisation au syst&#232;me dans son ensemble&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (C. Harman).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question de l'antilib&#233;ralisme est importante. L'id&#233;e dominante dans &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; et dans de larges franges du mouvement social et syndical en France est que la mondialisation m&#232;ne &#224; la disparition des Etats. Cette critique s'appuie sur la casse depuis plus de 20 ans de l'Etat social. Cette analyse ignore une grande partie de la r&#233;alit&#233;&#160;: si l'Etat se retire de certains secteurs, c'est pour se red&#233;ployer dans d'autres&#160;: Etat p&#233;nal, Etat militaire et aussi &#233;conomique (ex&#160;: renationalisation partielle d'Alstom, guerre Europe-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt; sur la banane, l'acier, l'a&#233;ronautique, l'agriculture&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela rejoint les analyses des socialistes allemands du d&#233;but du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle Bernstein et Kautsky qui cautionn&#232;rent l'entr&#233;e en guerre de l'Allemagne en 1914. Cette analyse m&#232;ne &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; a soutenir l'id&#233;e qu'un monde multipolaire est pr&#233;f&#233;rable &#224; un monde unipolaire domin&#233; par les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt;. Ainsi Nikonoff et Cassen, dirigeants d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt;, ont soutenu Chirac contre Bush et d&#233;fendu l'id&#233;e qu'il faut soutenir l'euro contre le dollar. Cela ne m&#232;ne qu'&#224; d&#233;fendre un nationalisme fran&#231;ais ou europ&#233;en et &#224; capituler contre la logique qui vise &#224; construire une Europe puissance contre les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt;. Cela rejoint l'id&#233;e r&#233;formiste selon laquelle l'Etat est un instrument au dessus des classes sociales et qui pourrait &#234;tre utilis&#233; dans le sens de nos int&#233;r&#234;ts. Soutenir l'id&#233;e que l'Europe ou l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONU&lt;/span&gt; pourraient &#234;tre des alternatives &#224; l'h&#233;g&#233;monie &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; am&#232;ne &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt; &#224; renoncer &#224; construire le mouvement antiguerre en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;veloppement des luttes d&#233;montre que l'on doit d&#233;velopper de nouvelles organisations, massives pour construire une strat&#233;gie globale pour r&#233;pondre aux confrontations majeures qu'il s'agit de mener contre la classe dirigeante. L'analyse de Sophie B&#233;roud &#224; propos de l'&#233;chec du mouvement de gr&#232;ve de mai-juin 2003 est &#233;clairante&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Un mouvement social sans organisation de masse pour propager largement ses revendications et ses arguments, pour intervenir dans le d&#233;bat public, pour rendre explicite les int&#233;r&#234;ts communs des diff&#233;rentes sections des travailleurs en cols-blancs, s'est trouv&#233; lui-m&#234;me incapable d'affronter la strat&#233;gie de division de ses adversaires&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle strat&#233;gie pour le mouvement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un des acquis majeur du mouvement anticapitaliste est d'avoir commenc&#233; &#224; construire une contestation &#224; une &#233;chelle de masse. Mais ce mouvement est confront&#233; &#224; des test cruciaux et les r&#233;volutionnaires doivent se battre en son sein pour qu'il prenne des orientations cons&#233;quentes. C'est un espoir et un formidable d&#233;fi pour les r&#233;volutionnaires. Il est la cl&#233; pour reconstruire une nouvelle gauche mais pour cela il faut r&#233;soudre plusieurs questions cl&#233;. Le mouvement est loin d'avoir &#233;puis&#233; sa dynamique, comme le montre les derniers &#233;v&#233;nements du mouvement&#160;: Mumbai, New York et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSE&lt;/span&gt;. La multiplication des tests et des tournants montre que les r&#233;volutionnaires peuvent clairement jouer un r&#244;le positif dans l'&#233;volution de celui-ci. Leur influence peut contester celle des id&#233;es r&#233;formistes, qui sont toujours fortes dans le mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re t&#226;che des r&#233;volutionnaires est d'enraciner, de d&#233;velopper ce mouvement &#224; une &#233;chelle de masse et surtout de d&#233;velopper les liens et l'implication de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les travailleurs ont un pouvoir de remettre en cause le syst&#232;me que les manifestations de rue n'ont pas. Ils sont concentr&#233;s dans les lieux de travail et des zones urbaines sur une base permanente. Et c'est leur travail qui produit la valeur et la plus-value qui nourrissent la marche du syst&#232;me. S'ils n'exercent pas ce pouvoir, c'est par manque de confiance et de conscience de leur force. Les militants anticapitalistes s&#233;rieux doivent passer des simples manifestations contre le syst&#232;me &#224; la recherche des moyens de mettre en &#339;uvre cette puissance. Comme le disait la r&#233;volutionnaire germano-polonaise Rosa Luxemburg en janvier 1919, juste avant d'&#234;tre assassin&#233;e&#160;: &#8216;C'est l&#224; o&#249; les cha&#238;nes du capitalismes sont forg&#233;es qu'elles doivent &#234;tre bris&#233;es'&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Chris Harman).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Anticapitalisme et antiimp&#233;rialisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode que nous traversons est totalement in&#233;dite. L'histoire s'acc&#233;l&#232;re, on assiste &#224; des soul&#232;vements r&#233;volutionnaires en Asie, en Am&#233;rique latine. De plus, m&#234;me si le mouvement a connu des &#233;checs comme le d&#233;clenchement de la guerre en Irak ou le mouvement de gr&#232;ve de mai-juin 2003 sur les retraites, il n'a pas jusqu'&#224; pr&#233;sent connu de d&#233;faites comparables &#224; celles des ann&#233;es 1980. Il continue &#224; se d&#233;velopper mais il y a aussi un combat politique sur l'analyse et les t&#226;ches pour le mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement ne peut plus progresser en gardant ses bases initiales, simplement antilib&#233;rales. Comme le souligne Walden Bello&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La globalisation et le lib&#233;ralisme sont en crise. Nous faisons face &#224; une violente comp&#233;tition intercapitaliste et nous allons vers une p&#233;riode &#8216;mercantile', protectionniste et militariste&#8230; On est au point crucial du mouvement global de r&#233;sistance&#8230; Le r&#244;le des partis progressistes est de trouver comment, tous ensemble, unir le d&#233;sespoir du tiers monde et la col&#232;re au Nord, pour &#234;tre capable de cr&#233;er une v&#233;ritable alternative politique qui permette, malgr&#233; la diversit&#233;, d'aller dans la m&#234;me direction afin de miner le capitalisme global et l'imp&#233;rialisme&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=32&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Rouge septembre 2004&lt;/a&gt;). En fait, loin d'avoir affaibli ou d&#233;tourn&#233; le mouvement, la mobilisation antiguerre lui a donn&#233; un souffle nouveau, l'a &#233;largi g&#233;ographiquement et quantitativement. Pr&#233;tendre, comme l'a fait Nikonoff au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSE&lt;/span&gt;, que le mouvement antiguerre est une &#8216;diversion' des questions sociales am&#232;ne &#224; ne plus construire les luttes contre la guerre. Soutenir la dynamique vers une Europe puissance, revient, comme l'explique Claude Serfati, &#224; soutenir &#8220;l'alterimp&#233;rialisme europ&#233;en&#8221; (imp&#233;rialisme et militarisme&#160;: actualit&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouveaux partis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Walden Bello souligne une question pos&#233;e de plus en plus par le mouvement&#160;: il faut une alternative politique organis&#233;e. Les r&#233;volutionnaires, trop petits, trop isol&#233;s, ne peuvent &#234;tre directement, &#224; une &#233;chelle de masse, cette alternative. Ils peuvent et doivent par contre jouer un r&#244;le important pour commencer &#224; rassembler politiquement, bien au-del&#224; de leurs propres forces, tous ceux qui veulent aller plus loin, construire une nouvelle force anticapitaliste, regroupant en France des dizaines de milliers d'activistes. On constate tous les jours que les diff&#233;rentes luttes sont li&#233;es, qu'il faut les faire converger, c'est pour cela qu'il faut une alternative politique globale. La m&#233;fiance initiale vis &#224; vis des partis politiques n'emp&#234;che pas les partis r&#233;formistes d'intervenir et d'orienter le mouvement afin de le canaliser vers des strat&#233;gies d'int&#233;gration aux structures du syst&#232;me. La vraie question est plut&#244;t de consciemment d&#233;battre et construire une force politique nouvelle, alternative qui permette de contester r&#233;ellement le r&#233;formisme. En France, la responsabilit&#233; en incombe &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en Angleterre, avec Respect, les r&#233;volutionnaires ont commenc&#233; &#224; rassembler bien plus largement que leur seul milieu&#160;: des syndicalistes, des associations musulmanes, des activistes altermondialistes et antiguerre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une force anticapitaliste de masse se construira en commen&#231;ant &#224; rassembler les diff&#233;rents mouvement de lutte. Dans tous les mouvements il y a des activistes convaincus de la n&#233;cessit&#233; d'une perspective globale, voulant contester la voie r&#233;formiste, partielle. Le programme ne pourra pas &#234;tre d&#233;finitif. C'est en luttant collectivement que nous serons confront&#233;s aux d&#233;bats sur quelle soci&#233;t&#233; &#224; la place du capitalisme, quelle force peut la changer, faut-il prendre le pouvoir. Les d&#233;bats que pourront mener les quelques milliers de r&#233;volutionnaires se feront sur la base de tests communs, de luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement a besoin d'une direction politique claire &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dans les moments cruciaux de tournants historiques, la direction politique peut devenir un facteur aussi d&#233;cisif que l'est celui du commandant en chef aux moments critiques de la guerre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (L&#233;on Trotsky). Dans les confrontations &#224; venir, les r&#233;volutionnaires pourront, s'ils s'en donnent les moyens, lutter avec des dizaines de milliers de personnes. Nous devrons d&#233;fendre une orientation pratique globale de confrontation avec le syst&#232;me et de l'Etat. Mais cela sera aussi une opportunit&#233; pour les r&#233;volutionnaires. Le mouvement est aussi un formidable &#233;ducateur pour toute une nouvelle g&#233;n&#233;ration de militants, avec qui les r&#233;volutionnaires doivent engager un dialogue constructif. Ainsi les r&#233;volutionnaires peuvent contribuer &#224; faire &#233;merger une direction politique de combat pour le mouvement altermondialiste et antiguerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Construire une force anticapitaliste</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Bragard, C&#233;dric Piktoroff</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la chute de l'URSS, les d&#233;fenseurs du capitalisme s'empress&#232;rent de combler le vide id&#233;ologique en pr&#233;sentant le syst&#232;me comme horizon ind&#233;passable. En France, la mont&#233;e des luttes depuis le millieu des ann&#233;es 1990 a prouv&#233; le contraire en permettant le d&#233;veloppement d'une conscience anti-lib&#233;rale au sein de larges couches de travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un espace politique s'est ainsi ouvert &#224; gauche des principaux appareils r&#233;formistes traditionnels devant leur incapacit&#233; &#224; pr&#233;senter une alternative au (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/NPA" rel="tag"&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la chute de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;URSS&lt;/span&gt;, les d&#233;fenseurs du capitalisme s'empress&#232;rent de combler le vide id&#233;ologique en pr&#233;sentant le syst&#232;me comme horizon ind&#233;passable. En France, la mont&#233;e des luttes depuis le millieu des ann&#233;es 1990 a prouv&#233; le contraire en permettant le d&#233;veloppement d'une conscience anti-lib&#233;rale au sein de larges couches de travailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un espace politique s'est ainsi ouvert &#224; gauche des principaux appareils r&#233;formistes traditionnels devant leur incapacit&#233; &#224; pr&#233;senter une alternative au n&#233;o-lib&#233;ralisme. Partant de ce constat, il y aurait un grand danger &#224; croire que la rupture avec certaines directions r&#233;formistes signifierait la mort du r&#233;formisme. Le r&#233;formisme est un ph&#233;nom&#232;ne qui traduit la mani&#232;re dont une soci&#233;t&#233;, exploitant les membres d'une classe qui ont grandi en son sein, leur fournit &#233;galement un cadre d'expression dominant &#224; leurs d&#233;sirs de changement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a pu observer r&#233;cemment que malgr&#233; le discr&#233;dit des gouvernements r&#233;formistes devant leur incapacit&#233; &#224; conc&#233;der des r&#233;formes aux travailleurs (pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, cela se traduit par les 17&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% aux &#233;lections de 2002), ils ont pu &#224; nouveau b&#233;n&#233;ficier du soutien &#233;lectoral de ces derniers, comme en t&#233;moignent la hausse du score du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; aux deux derni&#232;res &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales ou la victoire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSOE&lt;/span&gt; contre Aznar en Espagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, avec le programme &#8216;d'urgence sociale' pr&#233;sent&#233; aux pr&#233;sidentielles de 2002, les deux candidats r&#233;volutionnaires avaient obtenu plus de 10&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des suffrages, soit 3 millions de personnes. Selon une enqu&#234;te d'un sociologue interview&#233; dans Critique communiste paru en &#233;t&#233; 2004, la plupart des votants pour les listes &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LO&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; manifest&#232;rent un d&#233;sir de r&#233;formes radicales, mais seule une minorit&#233; (14&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de l'&#233;lectorat total, soit 400 000 personnes) affirmerait s'identifier aux id&#233;es r&#233;volutionnaires. Ainsi, s'il y a bel et bien un espace politique qui s'est ouvert &#224; gauche des vieilles directions r&#233;formistes, d&#251; au ph&#233;nom&#232;ne de polarisation politique produit par les luttes, il y aurait dans un premier temps deux approches sur la mani&#232;re de combler cet espace.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re consisterait &#224; croire que la masse des gens qui se radicalisent passerait directement de l'influence d'une direction r&#233;formiste &#224; celle d'une direction r&#233;volutionnaire, d&#232;s lors que les repr&#233;sentants des appareils r&#233;formistes auraient prouv&#233; leur inaptitude &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Dans cette optique, il suffirait aux r&#233;volutionnaires de proposer la perspective de la r&#233;volution pour que les travailleurs viennent m&#233;caniquement grossir leurs rangs. Dans la pratique, cela peut conduire d'une part au substitutisme, en pensant que le d&#233;veloppement des luttes reposerait seulement sur la capacit&#233; des r&#233;volutionnaires &#224; les impulser, et d'autre part &#224; se retrouver &#224; la tra&#238;ne des mouvements en tenant un discours abstrait sur la r&#233;volution sans voir quels sont les arguments dont chaque mouvement a besoin pour avancer. Mais cette attitude consiste &#224; nier le processus de d&#233;veloppement du niveau de conscience de la majorit&#233; des travailleurs, notamment le fait que la conscience r&#233;formiste peut prendre de multiples formes &#224; gauche des partis traditionnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde approche sur la mani&#232;re de cristalliser la conscience anti-lib&#233;rale consisterait &#224; construire une nouvelle force politique de gauche radicale d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et en rupture avec le n&#233;o-lib&#233;ralisme. Mais l&#224; encore, il y a plusieurs conceptions politiques sur la mani&#232;re d'envisager la construction de cette nouvelle force.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'une de ces conceptions pr&#233;coniserait de combler l'espace politique vacant au moyen de l'organisation r&#233;volutionnaire, soit d'op&#233;rer une transformation programmatique de l'organisation pour lui permettre de rassembler plus largement. Qu'elle traduise une conception du rassemblement principalement par en haut, par la seule convergence de diff&#233;rentes forces politiques sur des bases tr&#232;s larges, ou une conception plus radicale mais plus restreinte, comme l'appellation d'organisation &#8216;anticapitaliste r&#233;volutionnaire', elle n'en contient pas moins une lacune th&#233;orique fondamentale&#160;: la n&#233;gation de la n&#233;cessit&#233; d'une organisation marxiste r&#233;volutionnaire d&#233;fendant clairement la perspective du socialisme. Car en effet, si elle veut pouvoir rassembler largement, une telle force impliquerait n&#233;cessairement de laisser ouverte la question de &#8216;r&#233;forme ou r&#233;volution'. Or, une force politique aussi large sur ses objectifs rallierait in&#233;vitablement un ensemble de gens ayant des objectifs divers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, une organisation regroupant seulement les militants conscients de la centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re dans le processus de transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; et combattant pour son unit&#233; est n&#233;cessaire. Tout en prenant part aux luttes, ses membres doivent pouvoir s'organiser s&#233;par&#233;ment afin de partager leurs exp&#233;riences et parvenir &#224; l'&#233;laboration d'une analyse commune sur la mani&#232;re de relier les diff&#233;rentes luttes entre elles et &#224; la lutte globale contre le syst&#232;me. Parall&#232;lement, ils doivent chercher &#224; &#233;tendre cette analyse &#224; d'autres au moyen de r&#233;unions et de meetings, d'une diffusion syst&#233;matique du journal, etc. C'est de cette mani&#232;re qu'ils peuvent pousser les individus les plus combatifs, ceux qui cherchent &#224; d&#233;velopper une lutte le plus possible et qui voient les liens avec les autres fronts de luttes, &#224; s'y investir en prenant part &#224; la lutte globale contre le syst&#232;me, autrement dit &#224; construire une organisation r&#233;volutionnaire. C'est dans une p&#233;riode de mont&#233;e des luttes et de forte polarisation politique qu'une organisation de ce type peut r&#233;ellement se massifier sans perdre son identit&#233;, car ce n'est que dans une intensification importante de la lutte de classe que le marxisme est en mesure de correspondre aux attentes d'un nombre croissant de travailleurs. Ainsi, la volont&#233; de &#8216;massifier' imm&#233;diatement l'organisation r&#233;volutionnaire en abaissant son programme au niveau de conscience d'une grande partie des masses conduirait &#224; enlever &#224; la classe ouvri&#232;re un outil dont elle a besoin pour se diriger vers la voie de son &#233;mancipation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'inverse, une autre mani&#232;re de concevoir la construction de cette nouvelle gauche serait que les r&#233;volutionnaires et une multitude d'autres prennent l'initiative de rassembler un grand nombre d'individus au sein d'une nouvelle force politique, comme il en existe d&#233;j&#224; dans plusieurs pays d'Europe (Respect en Angleterre, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; en Ecosse, Rifondazione Communista en Italie ou le nouveau parti en Allemagne, chacun ayant ses particularit&#233;s propres). Ce serait pour nous l'occasion de b&#226;tir des ponts entre les id&#233;es r&#233;formistes et les id&#233;es r&#233;volutionnaires. Car il ne suffit pas de formuler de beaux discours pour que les travailleurs rompent avec une conception r&#233;formiste de la transformation sociale. Cette rupture ne peut se faire qu'en combinant une exp&#233;rience de confrontation avec le syst&#232;me, la contradiction avec les id&#233;es dominantes qui en r&#233;sulte et l'acc&#232;s simultan&#233; aux id&#233;es r&#233;volutionnaires permettant de d&#233;couvrir une fa&#231;on radicalement diff&#233;rente de concevoir le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ce processus de rupture qu'incarne &#8216;l'anticapitalisme' et dans lequel s'est engag&#233; le mouvement n&#233; &#224; Seattle en 1999. Le terme &#8216;anticapitaliste' ne qualifie pas les bases politiques de telle ou telle composante participant au mouvement, mais prend en compte la dimension dialectique de l'ensemble impliqu&#233; dans une dynamique de confrontation au syst&#232;me qui le fait tendre vers la remise en cause globale de ce dernier. Ainsi, une force anticapitaliste aurait pour effet de cristalliser ce processus dans lequel sont impliqu&#233;es diff&#233;rentes conceptions politiques. Le contenu de cette force ne devra pas &#234;tre &#233;labor&#233; par une seule de ses composantes mais bien par tous ceux qui prendront part &#224; sa construction en partant de la volont&#233; de s'unir sur une base commune. C'est seulement de cette mani&#232;re que pourront s'y c&#244;toyer r&#233;volutionnaires, militants r&#233;formistes rompant avec les partis traditionnels, syndicalistes de base et bureaucrates, intellectuels de gauche, militants des luttes sp&#233;cifiques et associatives (f&#233;ministes, faucheurs d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OGM&lt;/span&gt;, anti-guerre, antiracistes, organisations musulmanes, etc.) et un tr&#232;s large nombre de gens encore inorganis&#233;s faute de structure adapt&#233;e&#160;: jeunes, issus de l'immigration, homosexuels&#8230; Il est important de souligner que la construction d'une telle force ne pourra se faire sans une participation active de la jeunesse dans laquelle elle trouvera un &#233;cho consid&#233;rable en lui permettant de manifester son d&#233;sir d'alternative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela nous am&#232;ne &#224; la compr&#233;hension du d&#233;bat sur &#8216;r&#233;forme ou r&#233;volution' en terme de construction. Un ensemble d'individus va devoir travailler en commun pour tenter de donner une direction au mouvement, lequel se trouvera in&#233;vitablement confront&#233; &#224; de nouvelles questions auxquelles il devra r&#233;pondre pour continuer sa progression. Car une nouvelle force politique constituerait objectivement une structure &#224; mi-chemin entre les liens possibles avec les institutions et le mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A diff&#233;rentes &#233;tapes, certains pousseront &#224; l'utilisation de moyens institutionnels tandis que d'autres voudront d&#233;velopper le mouvement par en bas, m&#234;me si un grand nombre de gens aura encore une conception r&#233;formiste plus ou moins radicale du changement social. En d&#233;veloppant avec les plus combatifs d'entre eux des strat&#233;gies pour que le mouvement se d&#233;veloppe, s'&#233;largisse et donne lieu &#224; des confrontations, les r&#233;volutionnaires trouveront ainsi une audience pour leurs id&#233;es en prouvant en pratique l'aptitude du marxisme &#224; r&#233;pondre aux besoins des luttes d'aujourd'hui. Car pour rompre avec le r&#233;formisme, il est n&#233;cessaire que les individus qui vivent une exp&#233;rience de confrontation avec le syst&#232;me et de remise en cause des id&#233;es dominantes puissent avoir acc&#232;s au m&#234;me moment aux id&#233;es r&#233;volutionnaires, c'est &#224; dire que des militants r&#233;volutionnaires luttent &#224; leurs c&#244;t&#233;s lors de ces confrontations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est donc crucial que les r&#233;volutionnaires se lient &#224; des milliers d'autres personnes dans une exp&#233;rience de construction commune afin d'&#234;tre en mesure de d&#233;gager et tenter de gagner les arguments dont a besoin le mouvement pour continuer d'avancer. De cette mani&#232;re, la perspective du socialisme clairement revendiqu&#233;e par ces militants pourra trouver un &#233;cho au sein de couches toujours plus larges de travailleurs aupr&#232;s desquels la th&#233;orie marxiste pourra appara&#238;tre comme la mieux adapt&#233;e au besoin d'alternative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus que pour toute autre raison, l'&#233;chec du mouvement de mai-juin 2003 est imputable &#224; l'absence d'une direction politique influente capable de porter ses revendications et de formuler des strat&#233;gies pour organiser l'offensive des travailleurs contre un patronat qui forge son unit&#233; dans l'&#233;clatement des forces organis&#233;es de la classe ouvri&#232;re. Attendre qu'un nouveau mouvement de cette ampleur se d&#233;veloppe en pensant que la perspective d'une nouvelle force ne peut qu'&#233;merger 'spontan&#233;ment' de la lutte serait une erreur qui aurait des cons&#233;quences d&#233;sastreuses sur son issue. Les bases mat&#233;rielles permettant la construction d'une telle force ne sont pas &#224; chercher exclusivement dans les luttes imm&#233;diates mais dans l'int&#233;gralit&#233; du d&#233;veloppement des luttes depuis 1995. Car c'est bien cette dynamique de luttes qui a permis d'op&#233;rer un processus de diff&#233;renciation politique en entra&#238;nant le d&#233;veloppement d'une conscience anti-lib&#233;rale au sein de larges couches de travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d&#233;finitive, si l'on veut que le prochain mai-juin 2003 soit une victoire, il nous faut prendre d&#232;s &#224; pr&#233;sent l'initiative de rassembler le r&#233;seau des forces 'autonomes' du 'mouvement social' afin de doter le mouvement des outils dont il a besoin pour gagner. Pour cela, il est n&#233;cessaire que l'ensemble de l'organisation se saisisse du d&#233;bat afin d'&#233;laborer en commun les moyens concrets &#224; mettre en &#339;uvre vers la construction d'une force anticapitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les r&#233;volutionnaires peuvent-ils participer &#224; un gouvernement de gauche&#160;?</title>
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		<dc:date>2009-09-05T17:07:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ross Harold</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au niveau international la question est d'une actualit&#233; br&#251;lante avec la participation de nos camarades de la IV au Br&#233;sil au gouvernement de Lula. En France, lors des campagnes &#233;lectorales, et en particulier depuis le succ&#232;s des &#233;lections pr&#233;sidentielles, la question nous est souvent pos&#233;e sur notre &#233;ventuelle participation &#224; un gouvernement (voir par exemple la pol&#233;mique dans Lib&#233;ration et la r&#233;ponse de Bensa&#239;d et Johsua). Enfin, en cas de non-participation &#224; un gouvernement de gauche, la question se (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/l-Etat" rel="tag"&gt;&#201;tat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au niveau international la question est d'une actualit&#233; br&#251;lante avec la participation de nos camarades de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt; au Br&#233;sil au gouvernement de Lula. En France, lors des campagnes &#233;lectorales, et en particulier depuis le succ&#232;s des &#233;lections pr&#233;sidentielles, la question nous est souvent pos&#233;e sur notre &#233;ventuelle participation &#224; un gouvernement (voir par exemple la pol&#233;mique dans Lib&#233;ration et la r&#233;ponse de Bensa&#239;d et Johsua)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Lib&#233;ration, 8&#160;juillet 2004' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, en cas de non-participation &#224; un gouvernement de gauche, la question se pose sur notre attitude &#224; son &#233;gard, du soutien critique &#224; l'opposition loyale ou &#224; la d&#233;nonciation, etc..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme d'habitude, bien s&#251;r, nous ne partons pas de rien mais nous pouvons nous appuyer sur les riches exp&#233;riences de l'histoire et de la tradition marxiste r&#233;volutionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='footnote' title='La plupart des textes auxquels il est fait r&#233;f&#233;rence ci-dessous peuvent &#234;tre (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et en particulier les analyses du mouvement communiste international dans les premi&#232;res ann&#233;es apr&#232;s la R&#233;volution russe quand la question du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gouvernement ouvrier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a &#233;t&#233; discut&#233;e s&#233;rieusement pour la premi&#232;re fois. Nous essaierons donc d'aborder la question par deux biais. On reviendra d'abord, forc&#233;ment de mani&#232;re sch&#233;matique, sur le socle de la tradition marxiste et ses apports concernant l'Etat, le parlementarisme, la r&#233;volution et le pouvoir des travailleurs, etc. Ensuite on verra quelles ont &#233;t&#233; les tactiques des r&#233;volutionnaires &#224; quelques moments cl&#233; de l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur la question de l'Etat ce sont les travailleurs de la Commune de Paris qui apportent les premi&#232;res r&#233;ponses. Th&#233;oris&#233;e par Marx&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Marx, La Guerre civile en France' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, reprise et d&#233;velopp&#233;e par L&#233;nine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='footnote' title='L&#233;nine, L'&#201;tat et la r&#233;volution' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, confirm&#233;e positivement par la victoire de la R&#233;volution d'octobre et n&#233;gativement par l'&#233;chec de nombreuses r&#233;volutions depuis, l'analyse marxiste de l'Etat pose le probl&#232;me du pouvoir. Avec l'av&#232;nement du suffrage universel et le d&#233;veloppement num&#233;rique de la classe ouvri&#232;re s'ouvre la possibilit&#233; de l'&#233;lection d'un gouvernement compos&#233; de partis de la classe ouvri&#232;re. Se pose alors la question de savoir si une transformation pacifique de la soci&#233;t&#233; vers le socialisme est possible ou pas. Pour r&#233;sumer rapidement, si nous pensons que cette voie est impossible c'est parce que la vraie source du pouvoir de la classe capitaliste se trouve ailleurs qu'au parlement. En derni&#232;re instance c'est le contr&#244;le par la bourgeoisie des entreprises mais surtout de l'appareil de l'Etat et en particulier des forces r&#233;pressives de la justice, de la police et de l'arm&#233;e qui lui garantit le maintien de son pouvoir. Dans certaines circonstances la classe capitaliste peut accepter voire souhaiter l'&#233;lection d'un gouvernement de gauche, capable &#224; ses yeux de faire une politique qu'un gouvernement de droite aurait plus de mal &#224; imposer. Mais m&#234;me un gouvernement &#233;lu sur un programme r&#233;formiste radical ou port&#233; par un mouvement de masse, comme en France en 1936, ne sera tol&#233;r&#233; par la bourgeoisie que dans la mesure o&#249; il s'engage &#224; ne pas toucher &#224; l'Etat bourgeois. Sous la pression, les capitalistes sont pr&#234;ts &#224; l&#226;cher des r&#233;formes importantes, confiants qu'ils pourront les reprendre plus tard. Par contre s'ils l&#226;chent leur contr&#244;le sur l'Etat ils l&#226;chent la seule force qui leur permettra de reprendre les r&#233;formes et de maintenir leur domination de la soci&#233;t&#233;. Alors, s'il est vrai que la bourgeoisie poss&#232;de une force redoutable dans l'Etat, nous avons de notre c&#244;t&#233; la force potentiellement encore plus redoutable de notre classe, la classe ouvri&#232;re. Enfin, avec l'apparition des conseils ouvriers (les soviets) pendant la R&#233;volution russe, nous avons l'illustration concr&#232;te que les producteurs sont capables de b&#226;tir un nouvel Etat avec une organisation de la soci&#233;t&#233; mille fois plus d&#233;mocratique que le parlementarisme bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Confirmation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces le&#231;ons sont confirm&#233;es au cours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. En Espagne en 1936 par exemple, deux mois de r&#233;sistance au coup d'Etat de Franco d&#233;stabilisent compl&#232;tement l'Etat r&#233;publicain. Dans de nombreuses r&#233;gions les entreprises et les terres sont contr&#244;l&#233;es par les travailleurs et les paysans et, surtout, les milices ouvri&#232;res ont un quasi-monopole des forces arm&#233;es de l'Etat. Ce n'est donc pas un hasard si la bourgeoisie r&#233;publicaine fait appel au dirigeant socialiste de gauche Largo Caballero, (faussement appel&#233; le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L&#233;nine espagnol&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;) pour diriger le gouvernement et de fait reconstruire l'appareil d'Etat bourgeois. Gr&#226;ce &#224; la confiance que lui accordent les travailleurs Caballero est capable de mener &#224; bien une t&#226;che que les bourgeois n'auraient jamais pu faire, avant d'&#234;tre remerci&#233; un an plus tard par la bourgeoisie, une fois le boulot fait, pour &#234;tre ensuite remplac&#233; par un des leurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au Chili en 1970, le maintien du contr&#244;le de l'appareil d'Etat est de nouveau crucial pour la bourgeoise et pour s'en assurer elle obtient d'Allende (sans la consultation de ses partisans) un engagement (sign&#233;) de respecter l'Etat et ses structures et de ne toucher &#224; aucun des &#233;l&#233;ments que la bourgeoisie avait d&#233;velopp&#233;s pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts de classe - l'&#233;ducation, l'Eglise, les m&#233;dias, les forces arm&#233;es. Allende respectera scrupuleusement cet engagement jusqu'&#224; la nomination dans son cabinet du G&#233;n&#233;ral Pinochet, futur massacreur du gouvernement et de la classe ouvri&#232;re chilienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans bien d'autres cas la situation n'est pas all&#233;e jusqu'&#224; la fragilisation ou &#224; la remise en cause de l'Etat bourgeois, les r&#233;formistes r&#233;ussissant &#224; freiner un mouvement ouvrier qui perd son &#233;lan et finit par se d&#233;moraliser. C'est le cas en France apr&#232;s 1936, ou encore plus clairement en 1945 quand le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; appelle (entre autre) au d&#233;sarmement des forces de la r&#233;sistance et leur int&#233;gration dans l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Strat&#233;gie ou tactique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que nous sommes en droit de critiquer et de remettre en cause les principes et les acquis rapidement esquiss&#233;s ci-dessus mais alors le fonds du d&#233;bat sur les gouvernements de gauche change de nature. Si on estime que la nature de l'Etat a chang&#233;, qu'il y aurait moyen de le mettre au service des exploit&#233;s ou de le contourner sans le briser alors la question de notre attitude vis-&#224;-vis d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gouvernement ouvrier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de gauche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; se placerait dans le cadre d'une nouvelle strat&#233;gie. Cependant rien n'indique un tel changement et l'histoire, y compris r&#233;cente, vient plut&#244;t confirmer les acquis et les principes de la tradition marxiste r&#233;volutionnaire. L'&#233;lection d'un gouvernement de gauche m&#234;me avec un programme tr&#232;s radical n'est donc pas pour nous un but en soi, elle est &#224; situer par rapport &#224; notre objectif de la prise du pouvoir r&#233;volutionnaire par les travailleurs. Notre attitude vis-&#224;-vis d'un tel gouvernement rel&#232;ve donc d'une question de tactique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur la tactique &#224; adopter, notre point de d&#233;part sera de nouveau le d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et cette fois-ci, comme exemple, les Th&#232;ses sur la tactique du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s de la Troisi&#232;me Internationale communiste de d&#233;cembre 1922. Ce &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s est le dernier que la tradition trotskyste consid&#233;ra comme authentiquement communiste r&#233;volutionnaire et le dernier auquel L&#233;nine assista avant sa mort. Par la suite l'emprise de la bureaucratie stalinienne va grandissant avec la marginalisation de Trotsky. Il ne s'agit pas de consid&#233;rer ces textes comme une bible et encore moins comme une livre de recettes. Les th&#232;ses en question sont justement sur la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tactique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui par n&#233;cessit&#233; correspond &#224; une p&#233;riode pr&#233;cise. Bien des choses ont &#233;volu&#233; depuis mais l'immense exp&#233;rience des mouvements r&#233;volutionnaires des ann&#233;es qui ont suivi la R&#233;volution russe peut nous &#234;tre tr&#232;s utile, surtout si nous arrivons &#224; la situer dans son contexte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contexte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1918-1920 de nombreuses situations r&#233;volutionnaires ou pr&#233;-r&#233;volutionnaires se d&#233;veloppent en Europe mais la bourgeoisie arrive partout &#224; r&#233;sister et &#224; garder le pouvoir, souvent avec l'aide de la social-d&#233;mocratie. N&#233;anmoins, pendant ce temps de nombreux partis communistes voient le jour, au point qu'au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s les 343 d&#233;l&#233;gu&#233;s venant de 58 pays diff&#233;rents, repr&#233;sentent le mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire le plus puissant qui ait jamais exist&#233;. L'influence de ces partis, surtout dans certains pays comme la France, est infiniment plus grande que lors de la fondation de la Troisi&#232;me Internationale en 1919. En m&#234;me temps la reconnaissance d'une s&#233;rie de d&#233;faites pour le mouvement et d'un reflux relatif des luttes apr&#232;s l'immense d&#233;ferlante de 1919-20 signifiait qu'au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s d&#233;j&#224;, la perspective de l'Internationale de construire des partis r&#233;volutionnaires de masse est maintenue m&#234;me dans une situation non-r&#233;volutionnaire, ce qui est nouveau. Cela signifiait une pol&#233;mique contre les tendances gauchistes qui th&#233;orisaient la continuation de l'offensive et qui, par cons&#233;quent, rejetaient la participation aux &#233;lections ou l'adh&#233;sion aux grands syndicats officiels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='footnote' title='L&#233;nine, La Maladie infantile du communisme' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les th&#232;ses du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s mettaient donc l'accent sur les moyens de s'adresser aux travailleurs non r&#233;volutionnaires dans les syndicats et &#224; travers la lutte pour des r&#233;formes et pour des revendications concr&#232;tes. Au c&#339;ur de cette strat&#233;gie pour gagner les travailleurs non-communistes se trouvait la tactique du front unique. Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s en d&#233;cembre 1922 l'id&#233;e du front unique est pr&#233;cis&#233;e, notamment dans les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/ic4_02.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Th&#232;ses sur l'unit&#233; du front prol&#233;tarien&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est &#224; ce moment-l&#224; et dans ce contexte qu'est lanc&#233; le mot d'ordre du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gouvernement ouvrier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;ventuellement gouvernement ouvrier et paysan&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Th&#232;ses des quatre premiers congr&#232;s mondiaux de l'Internationale communiste (...)' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.Ce mot d'ordre, pour reprendre les termes des th&#232;ses, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;est une cons&#233;quence in&#233;vitable de toute la tactique du front unique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Toute la question est de savoir ce que les auteurs mettent derri&#232;re le terme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gouvernement ouvrier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et surtout dans quel contexte un tel mot d'ordre peut &#234;tre efficace.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est &#224; ces questions que s'adresse cette partie des th&#232;ses mais, nous semble-t-il, avec certaines confusions. Elles sont sans doute le reflet des divergences ou du moins des d&#233;clarations contradictoires des diff&#233;rents intervenants dans la discussion qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la r&#233;daction des th&#232;ses. Dans leurs deux &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Histoire(s) de la Troisi&#232;me Internationale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; respectives, Pierre Brou&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Pierre Brou&#233;, Histoire de l'Internationale Communiste, 1919-1943, Ed. Fayard, (...)' id='nh3-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et surtout Pierre Frank&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Pierre Frank, Histoire de l'Internationale Communiste, Ed. La Br&#232;che, 1979, (...)' id='nh3-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; reviennent de mani&#232;re tr&#232;s int&#233;ressante sur cette discussion. Brou&#233; r&#233;sume ainsi l'enjeu du d&#233;bat&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Pour Zinoviev, le gouvernement ouvrier est en quelque sorte un pseudonyme de la dictature du prol&#233;tariat. Pour la gauche de Ruth Fischer, c'est une rechute dans l'opportunisme parlementaire. Radek se fait le th&#233;oricien et porte-&#233;tendard du 'gouvernement ouvrier'.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Ce sont les positions de Radek (et d'Ernst Meyer) qui l'emportent mais les th&#232;ses refl&#233;teront bien les soucis des diff&#233;rentes sensibilit&#233;s. Dans l'esprit du front unique Radek (et d'autres) avancent le mot d'ordre de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gouvernement ouvrier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en insistant sur la n&#233;cessit&#233; de gagner les travailleurs &#224; la perspective de la r&#233;volution en particulier ceux qui dans les pays occidentaux sont davantage attach&#233;s aux traditions du parlementarisme bourgeois que cela n'avait &#233;t&#233; le cas en Russie. En m&#234;me temps ils sont conscients de la capacit&#233; des sociaux-d&#233;mocrates de se servir de la m&#234;me id&#233;e, en lui donnant un autre sens, c'est-&#224;-dire pour sauver le capitalisme en endormant et en trahissant les masses. Ceci explique la d&#233;finition tr&#232;s stricte des diff&#233;rents types de gouvernements ouvriers (cinq exemples sont pr&#233;sent&#233;s) et les conditions qui sont attach&#233;es &#224; une &#233;ventuelle participation de la part des r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conditions g&#233;n&#233;rales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier paragraphe les th&#232;ses pr&#233;cisent&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mais, comme mot d'ordre de politique actuelle, le gouvernement ouvrier pr&#233;sente la plus grande importance dans les pays o&#249; la situation de la soci&#233;t&#233; bourgeoise est particuli&#232;rement peu s&#251;re (nous soulignons), o&#249; le rapport des forces entre les partis ouvriers et la bourgeoisie met la solution de la question du gouvernement ouvrier &#224; l'ordre du jour comme une n&#233;cessit&#233; politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Th&#232;ses de l'IC, p. 158 (ibid.)' id='nh3-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agit donc de situations de grande instabilit&#233; o&#249; la pression du mouvement est tr&#232;s forte sur les partis ouvriers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus loin les choses sont encore plus claires&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un gouvernement de ce genre n'est possible que s'il na&#238;t dans la lutte des masses m&#234;mes, s'il s'appuie sur des organes ouvriers aptes au combat et cr&#233;&#233;s par les couches les plus vastes des masses ouvri&#232;res opprim&#233;es.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, dans une autre tentative de cerner non seulement les avantages mais les dangers d'un tel mot d'ordre les th&#232;ses dressent une liste de cinq types de (vrai et faux) &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gouvernement ouvrier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les deux premiers sont particuli&#232;rement int&#233;ressants pour nous quand on regarde l'attitude que les th&#232;ses proposent d'adopter &#224; leur &#233;gard. Il s'agit pour le (premier) d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gouvernement ouvrier lib&#233;ral&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; comme &#224; l'&#233;poque en Australie et (pour le deuxi&#232;me) d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gouvernement ouvrier social-d&#233;mocrate&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; comme en Allemagne. Voici ce qu'en disent les th&#232;ses&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les deux premiers types de gouvernement ouvrier ne sont pas des gouvernements ouvriers r&#233;volutionnaires, mais des gouvernements camoufl&#233;s de coalition entre la bourgeoisie et les leaders ouvriers contre-r&#233;volutionnaires. Ces &#8216;gouvernements ouvriers' sont tol&#233;r&#233;s dans les p&#233;riodes critiques de la bourgeoisie affaiblie pour tromper le prol&#233;tariat sur le v&#233;ritable caract&#232;re de classe de l'Etat, ou m&#234;me pour d&#233;tourner l'attaque r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat et gagner du temps, avec l'aide des leaders ouvriers corrompus. Les communistes ne devront pas participer &#224; de pareils gouvernements. Au contraire, ils devront d&#233;masquer impitoyablement devant les masses le v&#233;ritable caract&#232;re de ces faux &#8216;gouvernements ouvriers'.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Confusions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me type de gouvernement pr&#233;sent&#233; (un gouvernement ouvrier et paysan non communiste) pourrait &#234;tre appuy&#233; par des communistes dans certaines conditions et sous certaines garanties. Le quatri&#232;me et le cinqui&#232;me types sont des gouvernements auxquels des communistes participeraient, et qui constitueraient &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une forme de transition n&#233;cessaire vers la dictature du prol&#233;tariat et un point de d&#233;part pour la conqu&#234;te&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (de celle-ci).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La confusion appara&#238;t lorsque les th&#232;ses essaient de pr&#233;ciser les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;conditions&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;garanties&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;conditions naturelles&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui sont &#233;num&#233;r&#233;es sont tout &#224; fait int&#233;ressantes voire pour certaines tr&#232;s pertinentes aujourd'hui, comme le fait que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les membres communistes du gouvernement ouvrier restent soumis au contr&#244;le le plus strict de leur parti,&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'ils &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;restent en contact &#233;troit avec les organisations r&#233;volutionnaires des masses&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou que le parti communiste maintienne &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;absolument sa physionomie et l'ind&#233;pendance compl&#232;te de son organisation.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par contre, en ce qui concerne les garanties il semble y avoir une certaine confusion. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le programme le plus &#233;l&#233;mentaire d'un gouvernement ouvrier doit consister &#224; armer le prol&#233;tariat, &#224; d&#233;sarmer les organisations bourgeoises contre-r&#233;volutionnaires, &#224; instaurer le contr&#244;le de la production, &#224; faire tomber sur les riches le principal fardeau des imp&#244;ts et &#224; briser la r&#233;sistance de la bourgeoisie contre-r&#233;volutionnaire.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Est-ce par peur d'ouvrir les vannes &#224; une tactique opportuniste et dangereuse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En tout cas, en exigeant que des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;non-communistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; arment le prol&#233;tariat, etc., est-ce qu'on ne revient pas de fait &#224; demander &#224; des r&#233;formistes d'&#234;tre des r&#233;volutionnaires&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?! Est-ce qu'on ne retrouve pas ici la position exprim&#233;e &#224; un moment par Zinoviev sur l'absence de diff&#233;rence entre gouvernement ouvrier et dictature du prol&#233;tariat&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment de confusion pourrait provenir de l'id&#233;e propos&#233;e dans les th&#232;ses que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un gouvernement ouvrier r&#233;sultant d'une combinaison parlementaire, peut aussi fournir l'occasion de ranimer le mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; m&#234;me si on est rassur&#233; dans la ligne qui suit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mais il va de soi que la naissance d'un gouvernement v&#233;ritablement ouvrier et le maintien d'un gouvernement faisant une politique r&#233;volutionnaire doivent mener &#224; la lutte la plus acharn&#233;e et, &#233;ventuellement, &#224; la guerre civile contre la bourgeoisie. La seule tentative du prol&#233;tariat de former un gouvernement ouvrier se heurtera d&#232;s le d&#233;but &#224; la r&#233;sistance la plus violente de la bourgeoisie (nous soulignons).Le mot d'ordre du gouvernement ouvrier est donc susceptible de concentrer et de d&#233;cha&#238;ner des luttes r&#233;volutionnaires.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Sans rentrer dans le d&#233;tail de la pol&#233;mique on peut voir qu'on est loin de la fausse frayeur que la bourgeoisie fran&#231;aise s'est faite &#224; l'arriv&#233;e du premier gouvernement de Mitterrand et encore plus du calme avec lequel l'&#233;lection de Lula a &#233;t&#233; accueilli par la bourgeoisie br&#233;silienne. Ceci dit, dans l'id&#233;e d'une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;combinaison parlementaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; le danger existe de glisser de l'impact qu'une telle combinaison pourrait avoir dans une situation d'affrontements profonds entre les classes &#224; l'id&#233;e qu'une combinaison parlementaire donnant naissance &#224; un gouvernement de gauche serait l'&#233;l&#233;ment d&#233;terminant permettant de d&#233;boucher sur la transformation socialiste de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Programme de Transition&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1938, dans Le Programme de transition, Trotsky revient sur l'origine du mot d'ordre et le sens que les r&#233;volutionnaires lui donnent. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La formule de &#8216;gouvernement ouvrier et paysan' apparut, pour la premi&#232;re fois, en 1917, dans l'agitation des bolcheviks. (&#8230;.) D'avril &#224; septembre 1917, les bolcheviks r&#233;clam&#232;rent que les socialistes-r&#233;volutionnaires et les mencheviks rompent avec la bourgeoisie lib&#233;rale et prennent le pouvoir dans leurs propres mains. A cette condition, les bolcheviks promettaient aux mencheviks et aux socialistes-r&#233;volutionnaires, repr&#233;sentants petits-bourgeois des ouvriers et des paysans, leur aide r&#233;volutionnaire contre la bourgeoisie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils se refusaient cependant cat&#233;goriquement , tant &#224; entrer dans le gouvernement des mencheviks et des socialistes-r&#233;volutionnaires qu'&#224; porter la responsabilit&#233; politique de son activit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Programme de Transition, Editions de la Taupe Rouge, 1977, p.49' id='nh3-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trotsky s'appuie ensuite sur l'exp&#233;rience non seulement de la Russie de cette &#233;poque mais aussi de la France et de l'Espagne de 1936 pour affirmer que les partis de gauche (socialistes-r&#233;volutionnaires, sociaux-d&#233;mocrates, staliniens ou anarchistes) &#233;taient &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;incapables de cr&#233;er un gouvernement ouvrier et paysan, c'est-&#224;-dire, un gouvernement ind&#233;pendant de la bourgeoisie.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Trotsky, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'accusation capitale que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale lance contre les organisations traditionnelles du prol&#233;tariat, c'est qu'elles ne veulent pas se s&#233;parer du demi-cadavre politique de la bourgeoisie.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Pris &#224; la lettre, le slogan lanc&#233; par Trotsky &#224; l'adresse des partis ouvriers &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Rompez avec la bourgeoisie, prenez le pouvoir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pourrait &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme un simple appel &#224; gouverner sans la participation de partis ouvertement de la bourgeoisie. Depuis cette &#233;poque de nombreux partis &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ouvriers&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ont gouvern&#233; tout seul, sans que cela devienne un pont vers la r&#233;volution mais au contraire les cons&#233;quences furent aussi tragiques qu'avec des coalitions. Mais Trotsky pr&#233;cise bien quel sens il donne &#224; cette rupture. En particulier il fustige les partis communistes staliniens d'avoir pris le mot d'ordre de gouvernement ouvrier qui &#224; l'origine &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;tait un pont vers la r&#233;volution socialiste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour lui donner un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;contenu purement 'd&#233;mocratique', c'est-&#224;-dire bourgeois&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et d'en faire la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;principale barri&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; cette r&#233;volution. Pour Trotsky, le 'parti du prol&#233;tariat' doit &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sortir des cadres de la d&#233;mocratie bourgeoise&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sinon il ne fera que soutenir le capital. A la question de savoir si un tel gouvernement par les organisations ouvri&#232;res traditionnelles &#233;tait possible, Trotsky pensait que c'&#233;tait &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pour le moins peu vraisemblable&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sauf peut-&#234;tre sous l'influence d'une combinaison tout &#224; fait exceptionnelle de circonstances (guerre, d&#233;faite, krach financier, offensive r&#233;volutionnaire de masse, etc.). Dans ces conditions les partis traditionnels pourraient peut-&#234;tre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;aller plus loin qu'ils ne le veulent eux-m&#234;mes dans la voie de la rupture avec la bourgeoisie.&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; En tout cas pour Trotsky un gouvernement ouvrier dans une telle situation ne repr&#233;senterait qu'un court &#233;pisode dans la voie vers la prise du pouvoir par les travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin pour les r&#233;volutionnaires si la capacit&#233; d'adapter leur tactique &#224; une situation changeante est essentielle, la capacit&#233; de garder le cap sur l'objectif final ne l'est pas moins. Voici comment Trotsky conclut son analyse&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Il est impossible de pr&#233;voir quelles seront les &#233;tapes concr&#232;tes de la mobilisation r&#233;volutionnaire des masses. Les sections de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale doivent s'orienter de fa&#231;on critique &#224; chaque nouvelle &#233;tape et lancer les mots d'ordre qui appuient la tendance des ouvriers &#224; une politique ind&#233;pendante, approfondissant le caract&#232;re de classe de cette politique, d&#233;truisent les illusions r&#233;formistes et pacifistes, renforcent la liaison de l'avant-garde avec les masses et pr&#233;parent la prise r&#233;volutionnaire du pouvoir.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle pertinence aujourd'hui&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le monde a chang&#233; consid&#233;rablement depuis cette &#233;poque. D'abord, la r&#233;f&#233;rence &#224; la paysannerie dans les th&#232;ses de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IC&lt;/span&gt; ou chez Trotsky avait clairement un sens (qu'elle n'a plus aujourd'hui dans les pays d&#233;velopp&#233;s) dans des pays comme la France ou l'Espagne des ann&#233;es 1930 et encore plus en Russie avec la double nature de la r&#233;volution. Deuxi&#232;mement, nous n'avons pas assist&#233; depuis &#224; des p&#233;riodes aussi profond&#233;ment r&#233;volutionnaires que celle qui a suivi la Premi&#232;re Guerre mondiale o&#249; le mot d'ordre de gouvernement ouvrier pouvait avoir un sens. Troisi&#232;mement, au cours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le syst&#232;me a montr&#233; une capacit&#233; grandissante d'int&#233;grer les partis ouvriers r&#233;formistes, et de leur enlever les quelques griffes qu'ils poss&#233;daient, ce qui a donn&#233; lieu aux trahisons d'une succession de gouvernements de gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout ce d&#233;bat pourrait sembler donc un peu acad&#233;mique. Deux raisons nous convainquent du contraire. D'abord, l'examen du pass&#233; nous permet surtout de nous inspirer de la m&#233;thode des marxistes face &#224; des choix tactiques et &#224; la pertinence de tel ou tel mot d'ordre transitoire. Deuxi&#232;mement, il existe aujourd'hui un int&#233;r&#234;t suppl&#233;mentaire &#224; un retour critique sur les analyses des r&#233;volutionnaires des ann&#233;es 1920 et 1930. Nous entrons dans une nouvelle p&#233;riode (sans qu'elle soit identique) de guerres et de r&#233;volutions. Et si l'espace pour des r&#233;formes se referme cela ne signifie pas la fin du r&#233;formisme ni la possibilit&#233; de l'&#233;mergence de nouveaux partis tr&#232;s radicaux mais pas forc&#233;ment r&#233;volutionnaires et tout aussi capables de d&#233;samorcer les affrontements de classe et de r&#233;tablir l'ordre. Dans les ann&#233;es tr&#232;s mouvement&#233;es &#224; venir nous aurons &#224; affronter une succession de situations nouvelles qui exigeront des changements rapides de tactique. Une des le&#231;ons les plus s&#251;res du pass&#233; est que ces changements de tactique ne seront possibles qu'avec une boussole claire, celle qui met au centre l'objectif final de la r&#233;volution, l'identification de la source du changement de conscience dans l'auto-activit&#233;, la prise du pouvoir par en bas par les travailleurs, l'ind&#233;pendance de l'organisation r&#233;volutionnaire, son ind&#233;pendance de critique et d'action, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce ne sera pas en soi une garantie de succ&#232;s mais pourrait nous permettre d'&#233;viter certaines erreurs du pass&#233;, que ce soit par exemple la participation de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CNT&lt;/span&gt; ou du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POUM&lt;/span&gt; aux gouvernements lib&#233;raux en Espagne en 1936 ou les illusions de l'extr&#234;me gauche au Chili en 1973 dans le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;patriotisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire nous montre en effet que pour garder la possibilit&#233; de critiquer et d'agir de mani&#232;re ind&#233;pendante, la participation &#224; l'ex&#233;cutif d'un gouvernement de gauche reste exclue. Par contre cela ne signifie nullement que nous puissions nous contenter d'appeler simplement aux luttes et de d&#233;noncer l'in&#233;vitable trahison du gouvernement. Une tactique de soutien aux &#233;ventuelles mesures progressistes et d'opposition aux mesures r&#233;trogrades sera n&#233;cessaire y compris avec une bataille &#224; l'int&#233;rieur des institutions elles-m&#234;mes men&#233;e par des &#233;lus r&#233;volutionnaires. Mais cette tactique ne peut &#234;tre qu'un &#233;l&#233;ment dans la strat&#233;gie d'un parti ancr&#233; dans des luttes. Au c&#339;ur de cette strat&#233;gie figurera bien s&#251;r les tactiques de front unique &#224; mener en direction des partis de gauche et de leurs membres et sympathisants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant tout cela n'aura de sens que dans une strat&#233;gie globale qui vise &#224; pousser le processus vers un d&#233;nouement r&#233;volutionnaire et la prise du pouvoir par les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des questions qui se posent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il serait difficile de finir cet article sans dire quelques mots sur le Br&#233;sil. Il nous semble que tout le monde est d'accord pour dire que ce qui arrive est une catastrophe, c'est-&#224;-dire que la majorit&#233; de notre section au Br&#233;sil continue &#224; accepter la pr&#233;sence d'un camarade ministre dans un gouvernement qui introduit des contre-r&#233;formes lib&#233;rales que ne renieraient ni un Raffarin ni un Blair. Ce n'est pas le lieu pour en faire une analyse d&#233;taill&#233;e mais on doit se poser des questions sur comment on en est arriv&#233; l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une des r&#233;ponses pour expliquer la pr&#233;sence de ministres de D&#233;mocratie socialiste d&#232;s les premiers jours dans un gouvernement qui ne s'annon&#231;ait d&#233;j&#224; pas tr&#232;s radical, &#233;tait que les camarades avaient pass&#233; vingt ans &#224; construire ensemble le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PT&lt;/span&gt;. La participation au gouvernement en aurait &#233;t&#233; une cons&#233;quence in&#233;vitable car ne pas aller au gouvernement, disent les camarades, aurait &#233;t&#233; compris par les membres du parti et par ses &#233;lecteurs comme une d&#233;robade. On ne discutera pas ici du choix tactique de l'&#233;poque, de construire le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PT&lt;/span&gt;, qui &#233;tait tr&#232;s probablement le bon mais la mani&#232;re dont des r&#233;volutionnaires s'organisent en tant que p&#244;le r&#233;volutionnaire dans un parti anticapitaliste large nous int&#233;resse au plus haut degr&#233; &#233;tant donn&#233; que nous souhaitons l'&#233;mergence d'un nouveau parti anticapitaliste ici en France. Comment concilier construction loyale du parti et ind&#233;pendance et visibilit&#233; du p&#244;le&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment rester en phase avec le d&#233;sir des supporters du parti large de voir leurs luttes d&#233;boucher sur un changement politique par les &#233;lections parlementaires tout en d&#233;veloppant la perspective d'un in&#233;vitable affrontement r&#233;volutionnaire et en oeuvrant pour l'&#233;mergence d'un parti r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour revenir sur les th&#232;ses de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IC&lt;/span&gt;, comment faire en sorte que les &#233;lus restent sous le contr&#244;le strict du parti, et que les &#233;lus (m&#234;me au niveau local) restent en contact direct avec leur base, que ce soit en terme de r&#233;unions mais aussi de lieu de vie et de salaire et tant de questions encore&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pour finir, la question la plus importante est peut-&#234;tre de savoir comment faire en sorte qu'il y ait le maximum de coh&#233;rence et d'entente sur les principes et la strat&#233;gie &#224; suivre d&#232;s le d&#233;but et non pas au moment de la crise et surtout que ce d&#233;bat et cette coh&#233;rence existent au niveau non seulement de la direction et des &#233;lus mais de l'ensemble de l'organisation (ou du p&#244;le) r&#233;volutionnaire. Pour y arriver il n'y a pas de recettes ou de s&#233;rie de garanties mais au c&#339;ur de la r&#233;ponse doit &#234;tre la construction d'une organisation de militant(e)s r&#233;volutionnaires enracin&#233;(e)s dans la tradition marxiste, capables ensemble de faire les bilans, de mener les d&#233;bats et de trancher sur les tests &#224; faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org/France/FranceEuropeennes07_04.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lib&#233;ration, 8&#160;juillet 2004&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La plupart des textes auxquels il est fait r&#233;f&#233;rence ci-dessous peuvent &#234;tre t&#233;l&#233;charg&#233;s du site &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.marxists.org/francais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La Guerre civile en France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;nine, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er00t.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'&#201;tat et la r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;nine, &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/04/gauchisme.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La Maladie infantile du communisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#232;ses des quatre premiers congr&#232;s mondiaux de l'Internationale communiste 1919-1923, Ed. Masp&#233;ro 1978&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-7' class='spip_note' title='Notes 3-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Brou&#233;, &lt;i&gt;Histoire de l'Internationale Communiste&lt;/i&gt;, 1919-1943, Ed. Fayard, 1997, pp.263-264&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-8' class='spip_note' title='Notes 3-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Frank,&lt;i&gt; Histoire de l'Internationale Communiste&lt;/i&gt;, Ed. La Br&#232;che, 1979, pp.223-229&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-9' class='spip_note' title='Notes 3-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/ic4_01.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Th&#232;ses de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IC&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, p. 158 (ibid.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-10' class='spip_note' title='Notes 3-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran13.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Programme de Transition&lt;/a&gt;, Editions de la Taupe Rouge, 1977, p.49&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le PS est-il toujours un parti r&#233;formiste&#160;?</title>
		<link>https://www.quefaire.lautre.net:80/Le-PS-est-il-toujours-un-parti</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.quefaire.lautre.net:80/Le-PS-est-il-toujours-un-parti</guid>
		<dc:date>2009-09-05T16:55:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Bottero</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171;&#160;Le r&#233;formisme n'est pas l'abandon de la transformation sociale, n'est pas le renoncement &#224; la construction d'une soci&#233;t&#233; alternative &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste, d&#233;fini comme &#233;tant une soci&#233;t&#233; socialiste. Le r&#233;formisme maintient cette perspective, ne se rallie nullement &#224; un capitalisme temp&#233;r&#233; ou &#224; une gestion sociale de l'ordre existant. Ce en quoi il diff&#232;re de la perspective r&#233;volutionnaire, c'est sur la mani&#232;re dont il pense possible de parvenir &#224; une soci&#233;t&#233; socialiste&#160;: le r&#233;formisme pense qu'il est possible (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Le r&#233;formisme n'est pas l'abandon de la transformation sociale, n'est pas le renoncement &#224; la construction d'une soci&#233;t&#233; alternative &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste, d&#233;fini comme &#233;tant une soci&#233;t&#233; socialiste. Le r&#233;formisme maintient cette perspective, ne se rallie nullement &#224; un capitalisme temp&#233;r&#233; ou &#224; une gestion sociale de l'ordre existant. Ce en quoi il diff&#232;re de la perspective r&#233;volutionnaire, c'est sur la mani&#232;re dont il pense possible de parvenir &#224; une soci&#233;t&#233; socialiste&#160;: le r&#233;formisme pense qu'il est possible d'y arriver par la voie de l'accumulation des r&#233;formes, par petites touches successives, sans affrontement central violent avec la bourgeoisie et avec son Etat.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Jacques Kergoat, &lt;i&gt;L'histoire du parti socialiste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est clair que si l'on s'en tient &#224; cette seule d&#233;finition, il ne serait aujourd'hui, et depuis bien longtemps, plus possible de d&#233;finir le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; comme un parti r&#233;formiste. Le point de d&#233;part pour d&#233;finir un parti r&#233;formiste est &#224; rechercher au moins autant dans ses liens avec la classe ouvri&#232;re que dans son programme ou ses prises de position qui, pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; en tout cas, vacillent en fonction des situations, de '&#224; gauche toute' &#224; '&#224; droite toute'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Retour sur l'histoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, cr&#233;&#233; en 1905 sous le nom de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; (Section fran&#231;aise de l'Internationale ouvri&#232;re) est donc directement li&#233; au mouvement ouvrier. Le congr&#232;s d'unification du 23&#160;avril 1905 approuve &lt;a href=&#034;http://www.lours.org/default.asp?pid=104&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;un texte&lt;/a&gt; qui pr&#233;cise que le Parti socialiste &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;n'est pas un parti de r&#233;forme, mais un parti de lutte de classe et de r&#233;volution&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les premi&#232;res ann&#233;es sont marqu&#233;es par le fait que r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes sont au sein d'un m&#234;me parti, ces derniers &#233;tant au d&#233;part minoritaires. Mais, d&#232;s 1920, le congr&#232;s de Tours marque la rupture entre r&#233;formistes et r&#233;volutionnaires, qui fondent le Parti communiste. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; est d&#233;sormais un parti ouvertement r&#233;formiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1926, L&#233;on Blum, expliquait la distinction entre la conqu&#234;te du pouvoir et l'exercice du pouvoir. La conqu&#234;te du pouvoir, explique Blum, est un acte r&#233;volutionnaire&#160;: c'est la prise du pouvoir politique comme condition de transformation du r&#233;gime de la propri&#233;t&#233;. L'exercice du pouvoir, lui d&#233;coule de l'acceptation des r&#232;gles du jeu de la d&#233;mocratie parlementaire, de l'alternance&#160;: il doit alors se situer loyalement dans le cadre des institutions et du r&#233;gime capitaliste. C'est cette deuxi&#232;me option que choisit Blum.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; est donc, tr&#232;s t&#244;t, un parti li&#233; aux institutions. Ainsi, au d&#233;but des ann&#233;es 20, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; a quatre fois moins de membres que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; mais quatre fois plus d'&#233;lus. En mai 1932, au congr&#232;s de Huygens, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; adopte officiellement le principe de la participation minist&#233;rielle. D'une fa&#231;on certes un peu rapide on peut dire que la boucle est boucl&#233;e sur les orientations du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; lorsque, le 13&#160;d&#233;cembre 1991, au congr&#232;s de l'Arche de la D&#233;fense, les principaux courants du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; adoptent ensemble un texte qui &#233;mane principalement de Michel Charzat, et qui se conclut par &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; le capitalisme borne d&#233;sormais notre horizon historique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; est li&#233;e, de fa&#231;on croissante, aux institutions, aux d&#233;bats parlementaires, &#233;lectoraux&#8230;et marqu&#233;e aussi par une distanciation de plus en plus nette avec la classe ouvri&#232;re, qu'il a trahi un grand nombre de fois. En 1937, par exemple, face &#224; un patronat qui pratique la gr&#232;ve des investissements, Blum fait de nombreuses concessions et, le 13&#160;mai, d&#233;cr&#232;te officiellement la pause des r&#233;formes. Le 16&#160;mars 1937, le ministre socialiste de l'Int&#233;rieur, Marx Dormoy, refuse d'interdire un meeting fasciste &#224; Clichy et sa police charge la contre-manifestation appel&#233;e par le comit&#233; local de Front populaire. Bilan&#160;: 5 morts et 300 bless&#233;s. Fin octobre 1947, une vague de gr&#232;ves se d&#233;clenche. Le ministre socialiste de l'Int&#233;rieur, Jules Moch, r&#233;prime&#160;: 1 228 militants devant les tribunaux. En 1981, avec l'&#233;lection de Fran&#231;ois Mitterrand &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, c'est l'espoir qui rena&#238;t puisque le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; est, &#224; ce moment, tr&#232;s radical et les fameuses &lt;a href=&#034;http://www.lours.org/default.asp?pid=307&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;110 propositions&lt;/a&gt; remettent en cause le syst&#232;me (nationalisations, augmentations des revenus sociaux et des salaires&#8230;), mais quelques mois plus tard c'est le tournant vers l'aust&#233;rit&#233; et l'acceptation de l'&#233;conomie de march&#233;. Plus r&#233;cemment, le 6&#160;octobre 1988, c'est Michel Rocard, Premier ministre, qui accueille la manifestation des infirmi&#232;res avec des canons &#224; eau.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un parti de gestion du syst&#232;me&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Le parti socialiste [&#8230;] s'est progressivement vid&#233; de son contenu social, politique, id&#233;ologique. Il est devenu une formation repr&#233;sentant les couches privil&#233;gi&#233;es du salariat, des cadres sup&#233;rieurs et professions lib&#233;rales, dirig&#233;, pour l'essentiel, par des hauts fonctionnaires form&#233;s &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ENA&lt;/span&gt;, les institutions europ&#233;ennes, ou &#224; la direction de grands groupes industriels et financiers. Sur les 21 derni&#232;res ann&#233;es, la gauche a gouvern&#233; 15 ans&#160;: ses structures dirigeantes se sont calqu&#233;es sur celles de l'Etat, des groupes de communications&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Charles J&#233;r&#233;mie - Carr&#233; rouge n&#176;22- juin 2002' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et sont marqu&#233;es par &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un certain d&#233;crochage avec les classes populaires et par une int&#233;gration croissante de ses appareils dans les sommets de l'Etat et dans les conseils d'administration priv&#233;s des grandes entreprises industrielles et financi&#232;res.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='footnote' title='D.Bensa&#239;d, F.Duval, L.Cr&#233;mieux, F.Sabado - bulletin de discussion n&#176;2 - (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut prendre l'exemple de Martine Aubry d&#233;crivant Francis Mer (ex-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PDG&lt;/span&gt; dans le secteur de l'industrie, qui a licenci&#233; par dizaines de milliers) comme un patron de gauche, un ami, ou encore celui de Strauss-Kahn qui a cr&#233;e avec le m&#234;me Francis Mer et Philippe Herzog (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;) le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cercle de l'industrie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Idem que 1' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la m&#234;me logique, Lionel Jospin d&#233;clarait au printemps 1999&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; Pendant longtemps on a d&#233;fini le socialisme par l'appropriation collective des moyens de production&#160;: cela n'a plus le m&#234;me sens aujourd'hui. Ainsi, notre politique industrielle a d&#233;pass&#233; la question de la nature de la propri&#233;t&#233; des moyens de production [&#8230;] ce qui compte, pour moi, en l'occurrence, se sont les fins de la politique industrielle que nous conduisons&#160;: l'emploi, la croissance, la puissance &#233;conomique et industrielle de nos entreprises, la place de la France. Si d&#233;fendre ces objectifs n&#233;cessite d'ouvrir le capital d'une entreprise publique, voire de la privatiser, nous y consentons.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='footnote' title='La revue socialiste n&#176;1' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face aux d&#233;g&#226;ts croissants du lib&#233;ralisme ces derni&#232;res ann&#233;es et face &#224; un &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; qui a d&#233;sormais une longue et forte exp&#233;rience du pouvoir, nous sommes confront&#233;s &#224; ce que l'on peut appeler un r&#233;formisme sans r&#233;formes ou un r&#233;formisme social-lib&#233;ral. La composition m&#234;me du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; traduit son orientation. En effet, en 1999, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; revendiquait 150 000 adh&#233;rents dont moins de 5&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d'ouvriers, 11&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d'employ&#233;s, 20&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d'enseignants du secondaire et d'instituteurs. Seulement 5,63&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des adh&#233;rents on moins de 30 ans et l'&#226;ge moyen est de 55 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Combattre pour le socialisme n&#176;81- avril 2000' id='nh4-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus, un adh&#233;rent sur deux a un mandat &#233;lectif. Les couches sociales les plus combatives ou les plus centrales (ouvriers, &#233;tudiants, profs) sont donc minoritaires au sein du parti et c'est pour cela que l'on parle plus d'adh&#233;rents que de militants. En 1970, sont autoris&#233;es par le congr&#232;s les sections d'entreprises comme structures du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. En 1976, il y a 214 sections et 493 groupes d'entreprises, mais ne repr&#233;sentent que 5&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des effectifs et sont g&#233;n&#233;ralement compos&#233;s de plus de cadres que d'ouvriers&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un sondage &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CSA&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Sondage CSA de 26 000 interviews r&#233;alis&#233;s sur 26 vagues d'enqu&#234;tes en 2000 et (...)' id='nh4-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#233;alis&#233; en 2000-2001, sur la r&#233;partition par cat&#233;gories socio-professionnelles (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CSP&lt;/span&gt;) des sympathisants de gauche, nous montre que 8&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des &#233;tudiants sont pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; et presque deux fois plus, 15&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% sont pour l'extr&#234;me gauche. Une des franges les plus dynamiques et les plus combatives qui n'est donc que tr&#232;s peu li&#233;e au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;formisme n'est pas mort&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cependant la classe ouvri&#232;re continue &#224; avoir des liens avec le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, et pas seulement au niveau &#233;lectoral. Les liens entre la social-d&#233;mocratie et la classe ouvri&#232;re organis&#233;e se sont significativement distendus, mais ne sont pas rompus. Tout projet fond&#233; sur l'id&#233;e que le r&#233;formisme est mort constituerait une grave erreur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les partis r&#233;formistes ne sont pas des organisations statiques, elles ont la capacit&#233; de s'adapter aux nouvelles p&#233;riodes. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; ne subit pas de fa&#231;on lin&#233;aire une perte de sa base ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire nous a montr&#233; plusieurs fois que, malgr&#233; ses nombreuses trahisons, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; continue &#224; avoir de l'audience parmi les travailleurs, que ce soit dans des p&#233;riodes de radicalisation ou dans des situations &#233;lectorales particuli&#232;res. Effectivement, alors que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; fut totalement d&#233;savou&#233; par la population lors des pr&#233;sidentielles de 2002, des milliers de personnes le rejoignent juste apr&#232;s le choc du 21&#160;avril, et il revient &#233;lectoralement en force en 2004. Un autre sondage &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CSA&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Sondage CSA r&#233;alis&#233; sur 5913 personnes.' id='nh4-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sur la r&#233;partition par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CSP&lt;/span&gt; des intentions de vote au premier tour des &#233;lections r&#233;gionales de 2004, montre que 42&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des ouvriers &#233;taient pr&#234;ts &#224; voter pour la gauche r&#233;formiste, donc principalement pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. Ceci s'explique notamment par la d&#233;faite du mouvement de mai-juin 2003 qui a d'une part compl&#232;tement d&#233;savou&#233; le gouvernement &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CRS&lt;/span&gt; (Chirac, Raffarin, Sarkozy) mais d'autre part a d&#233;moralis&#233; les travailleurs sur la capacit&#233; de la rue &#224; faire changer les choses. Le vote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; aux r&#233;gionales de 2004 &#233;tait une fa&#231;on de sanctionner directement et le plus s&#251;rement la politique gouvernementale. Ainsi, le d&#233;calage entre le niveau des luttes du premier semestre 2004 et les r&#233;sultats &#233;lectoraux montre que la majorit&#233; des travailleurs a donc choisi &#8216;la contestation par les urnes' plut&#244;t que par la rue, avec comme grand gagnant le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, qui reprit ponctuellement un discours de gauche, le temps d'une &#233;lection. Plus anciennement, un an apr&#232;s l'&#233;lection en 1981 de Fran&#231;ois Mitterrand &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, avec ses discours tr&#232;s radicaux, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; &#233;tait compos&#233; de 213 584 membres, son plus grand effectif depuis 1948.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie nous a aussi montr&#233; sa capacit&#233; &#224; contr&#244;ler les luttes, par les syndicats par exemple. Pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; c'est principalement &#224; travers la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CFDT&lt;/span&gt;, avec qui il entretient des liens &#233;troits depuis longtemps&#160;: en 1973, au 36&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CFDT&lt;/span&gt;, 117 d&#233;l&#233;gu&#233;s (10&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%) &#233;taient membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au congr&#232;s suivant, en 1976, ils sont 336, soit 23&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des d&#233;l&#233;gu&#233;s. On peut aussi prendre l'exemple de Bernard Thibault qui fut invit&#233; et acclam&#233; au dernier congr&#232;s du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, pour comprendre que ce parti a aussi des liens avec la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;. Sur les universit&#233;s, ce sont ses militants qui contr&#244;lent actuellement l'Unef, le principal syndicat &#233;tudiant. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; garde aussi une certaine capacit&#233; &#224; f&#233;d&#233;rer des mouvements populaires, &#224; travers par exemple &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SOS&lt;/span&gt; Racisme ou aujourd'hui Ni putes ni soumises, ou encore la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FCPE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; conna&#238;t une &#233;volution constante vers la droite, cela ne signifie pas pour autant qu'il se coupera tout seul, automatiquement, de ses liens avec la classe ouvri&#232;re. Le r&#233;formisme, comme on a pu le voir, a la capacit&#233;, par un contr&#244;le des luttes ou par des discours qui peuvent &#234;tre parfois tr&#232;s radicaux, d'exprimer en partie les aspirations des travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;il pourrait y avoir un gros changement si les partis de la social-d&#233;mocratie rompaient leurs liens avec les mouvements de travailleurs et deviennent ouvertement des formations capitalistes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Alex Callinicos - bulletin de discussion n&#176;2 de International Socialists - (...)' id='nh4-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple si les courants de la gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; (nouveau parti socialiste, nouveau monde) se d&#233;tachaient. Cela l&#233;gitimerait pour la gauche r&#233;volutionnaire le fait de ne plus avoir de d&#233;marche unitaire dans les luttes, et de ne plus appeler &#224; battre la droite aux &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une question centrale pour les r&#233;volutionnaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est certain, c'est qu'il y a actuellement un espace de plus en plus large entre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; et les luttes et qu'il y a une responsabilit&#233; historique pour les r&#233;volutionnaires &#224; construire une nouvelle direction pour le mouvement ouvrier. La tactique du Front unique reste pour cela un outil fondamental qui nous permet, dans l'action et l'exp&#233;rience commune, aux c&#244;t&#233;s des travailleurs, de faire la preuve de la pertinence de nos id&#233;es et de d&#233;noncer toutes les formes de r&#233;formisme ou de bureaucratie. Le r&#233;formisme, avec ou sans r&#233;formes, maintient dans la t&#234;te des travailleurs l'id&#233;e qu'ils ne sont pas capables de prendre eux-m&#234;mes le contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; et que le changement ne peut venir que d'en haut. C'est en cela que le r&#233;formisme n'est toujours pas mort et que le combattre est une question centrale pour les r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Charles J&#233;r&#233;mie - &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.carre-rouge.org/Numeros/N22/01.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Carr&#233; rouge&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; n&#176;22- juin 2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D.Bensa&#239;d, F.Duval, L.Cr&#233;mieux, F.Sabado - bulletin de discussion n&#176;2 - Socialisme par en bas- regroupement des r&#233;volutionnaires, parti et mouvement&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem que 1&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.teleologie.org/OT/deboard/2231.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La revue socialiste n&#176;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-5' class='spip_note' title='Notes 4-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Combattre pour le socialisme n&#176;81- avril 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-6' class='spip_note' title='Notes 4-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sondage &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CSA&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de 26 000 interviews r&#233;alis&#233;s sur 26 vagues d'enqu&#234;tes en 2000 et 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-7' class='spip_note' title='Notes 4-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sondage &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CSA&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; r&#233;alis&#233; sur 5913 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-8' class='spip_note' title='Notes 4-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alex Callinicos - bulletin de discussion n&#176;2 de International Socialists - le regroupement et la gauche socialiste aujourd'hui - janvier 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>USA&#160;: Un r&#233;formisme sans parti</title>
		<link>https://www.quefaire.lautre.net:80/USA-Un-reformisme-sans-parti</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.quefaire.lautre.net:80/USA-Un-reformisme-sans-parti</guid>
		<dc:date>2009-09-05T16:46:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Ivol</dc:creator>


		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;&#233;lection de Bush n'est pas la d&#233;faite du mouvement anti-guerre. D'abord parce que les conditions dans lesquelles Bush fut r&#233;&#233;lu sont celles d'un pays en crise, avec un renouveau de combativit&#233; dont les formes ont &#233;volu&#233; depuis la naissance du mouvement anticapitaliste &#224; Seattle. Ensuite et surtout parce que l'adversaire de Bush, John Kerry, n'&#233;tait pas le candidat de la r&#233;sistance, et ce malgr&#233; le soutien d'une grande partie des forces progressistes du pays. Son programme n'&#233;tait que la p&#226;le imitation (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Imperialisme" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Guerre" rel="tag"&gt;Guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;&#233;lection de Bush n'est pas la d&#233;faite du mouvement anti-guerre. D'abord parce que les conditions dans lesquelles Bush fut r&#233;&#233;lu sont celles d'un pays en crise, avec un renouveau de combativit&#233; dont les formes ont &#233;volu&#233; depuis la naissance du mouvement anticapitaliste &#224; Seattle. Ensuite et surtout parce que l'adversaire de Bush, John Kerry, n'&#233;tait pas le candidat de la r&#233;sistance, et ce malgr&#233; le soutien d'une grande partie des forces progressistes du pays. Son programme n'&#233;tait que la p&#226;le imitation de celui de Bush, conservant ouvertement les m&#234;mes objectifs que lui. Depuis la d&#233;faite de Kerry, nombreux sont ceux, jusque dans les rangs de la gauche am&#233;ricaine, qui insistent d&#233;sormais sur l'urgence qu'il y a pour le parti d&#233;mocrate &#224; changer de l'int&#233;rieur. Or tout l'enjeu est de comprendre pourquoi le parti d&#233;mocrate est pr&#234;t &#224; renoncer au pouvoir plut&#244;t que de radicaliser son programme. Car le parti d&#233;mocrate n'est pas l'&#233;quivalent am&#233;ricain de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne. Au cours de l'histoire am&#233;ricaine, jamais un parti r&#233;formiste n'a &#233;merg&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;veloppement particulier du capitalisme aux &#201;tats-Unis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La rapidit&#233; avec laquelle le capitalisme s'est d&#233;velopp&#233; aux Etats-Unis tient &#224; son histoire particuli&#232;re. En effet, les premiers colons europ&#233;ens ont su tirer avantage de la richesse et de la diversit&#233; du territoire. Le massacre des indiens puis l'instauration de l'esclavage permit d'exploiter la terre dans un contexte social o&#249; aucune tradition f&#233;odale n'entrava ce processus d'accumulation primitive du capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux partis politiques principaux, le parti r&#233;publicain et le parti d&#233;mocrate ont su d&#233;velopper des strat&#233;gies, et par l&#224; m&#234;me occuper l'espace politique sans avoir &#224; conc&#233;der la formation d'un parti r&#233;formiste pour stabiliser les rapports entre les classes. Dans les moments de crise profonde, on a vu ces deux partis red&#233;finir leurs r&#244;les politiques, dont la ligne d'horizon restera toujours la d&#233;fense du capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le Parti d&#233;mocrate repr&#233;sentait les int&#233;r&#234;ts de grands propri&#233;taires des plantations de champ de coton et de canne &#224; sucre du Sud du pays. Il est donc issu historiquement de l'esclavage des noirs. A l'inverse, le Parti r&#233;publicain repr&#233;sentait le capitalisme sauvage et les grands industriels du Nord. Il repr&#233;sentait &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le sol libre, le travail libre et les hommes libres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (free soil, free labor, free men). Ainsi des millions d'abolitionnistes, ainsi que des fermiers, des travailleurs et des industriels du Nord report&#232;rent leurs espoirs sur ce parti. Le clash entre deux syst&#232;mes &#233;conomiques finit en confrontation ouverte entre le Nord et le Sud lors de la guerre de S&#233;cession en 1860. Le dynamisme du Nord industriel, combin&#233; &#224; la d&#233;termination de tous ceux qui voulaient en finir avec l'esclavage (pour diverses raisons) amena le pr&#233;sident r&#233;publicain Abraham Lincoln &#224; abolir l'esclavage lors de la d&#233;faite des sudistes en 1865.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Paul Le Blanc, A Short History of the US Working Class, from colonial times (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le jeune Parti r&#233;publicain joua alors un r&#244;le cl&#233; en captant l'esprit contestataire dans la seconde moiti&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Mais la dynamique m&#234;me de d&#233;veloppement du capitalisme allait amener la lutte de classe &#224; s'exprimer par d'autres voies. La conscience de classe allait s'exprimer de fa&#231;on radicale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutte de classe et radicalit&#233; politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur les dynamiques de la lutte de classe aux Etats-Unis, lire Howard Zinn, (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La barbarie du capitalisme sauvage aiguisa la conscience de classe de millions de travailleurs am&#233;ricains. En 1900, 2 millions d'ouvriers qualifi&#233;s &#233;taient syndiqu&#233;s par m&#233;tier. En 1901, le parti socialiste fut cr&#233;&#233;. Son principal leader Eugene V. Debs joua un r&#244;le important dans la formation du premier syndicat r&#233;volutionnaire en 1905, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IWW&lt;/span&gt; (Industrial Workers of the World), dont l'objectif &#233;tait d'aller vers une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de tous les travailleurs, hommes et femmes, blancs et noirs, immigr&#233;s, qualifi&#233;s ou non. Si les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IWW&lt;/span&gt; ne compt&#232;rent jamais plus de 5000 membres, ils en influenc&#232;rent des milliers d'autres au travers de gr&#232;ves dures et parfois victorieuses, et marqu&#232;rent les d&#233;buts d'une rupture avec le syndicalisme corporatiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La situation de crise &#233;conomique et de guerre des ann&#233;es 1910 fit &#233;merger d'autres formes de contestation du syst&#232;me. Au plus fort de son influence, le parti socialiste compta 100 000 membres et Debs se pr&#233;senta 5 fois cons&#233;cutives aux &#233;lections pr&#233;sidentielles. En 1916, 900 000 personnes vot&#232;rent pour Debs. Engag&#233; dans le mouvement de masse contre la Premi&#232;re guerre mondiale (mouvement qui fut bien plus fort qu'en Europe), Debs fut emprisonn&#233;. Lors des &#233;lections de 1920, alors qu'il &#233;tait encore derri&#232;re les barreaux, pr&#232;s d'un million de personnes vot&#232;rent pour lui, soit plus qu'en 1916.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette dynamique de contestation du syst&#232;me continua de se d&#233;velopper la d&#233;cennie suivante. Robert Lafollette, pouss&#233; par le mouvement de masse contre la premi&#232;re guerre mondiale &#224; rompre avec les deux partis pro-guerre, se pr&#233;senta aux &#233;lections pr&#233;sidentielles comme candidat du parti progressiste nouvellement cr&#233;&#233;. Il fut soutenu par les syndicats, les associations de petits paysans et le parti socialiste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pr&#232;s de 5 millions de personnes vot&#232;rent pour lui, soit presque un &#233;lecteur sur 6.&lt;br class='autobr' /&gt;
La contestation se d&#233;veloppa donc, mais par sa radicalit&#233;, elle resta aux marges d'un &#233;chiquier politique qui demeurait occup&#233; principalement par les partis r&#233;publicain et d&#233;mocrate. Lorsqu'&#233;clate la crise de 29, un v&#233;ritable chamboulement des rapports de classe va bouleverser l'&#233;quilibre politique et redistribuer les r&#244;les des deux partis principaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelle p&#233;riode, nouvelles strat&#233;gies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur les ann&#233;es 30 et les liens entre les organisations de gauche (PS, PC et (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La classe dirigeante dut &#233;laborer des strat&#233;gies in&#233;dites pour sauver le capitalisme. Les r&#233;publicains avaient fond&#233; leur politique &#233;conomique sur le laissez-faire, mais cela ne marchait plus. Le nouveau pr&#233;sident Franklin Delano Roosevelt prit la rel&#232;ve en 1932 avec &#224; peine plus qu'une heureuse formule, le New Deal, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une nouvelle donne&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour le peuple am&#233;ricain. Par ses politiques exp&#233;rimentales, dont la logique g&#233;n&#233;rale fut de faire intervenir massivement l'Etat dans l'&#233;conomie, il finit par gagner l'ensemble de la classe dirigeante am&#233;ricaine &#224; ses pratiques. C'est ce que l'&#233;conomiste John Maynard Keynes th&#233;orisa &#224; posteriori. Face &#224; la crise mondiale, le capitalisme d'Etat se d&#233;veloppa dans le monde, de l'Allemagne &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;URSS&lt;/span&gt; et jusqu'au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour sauver le capitalisme am&#233;ricain, Roosevelt dut s'y reprendre &#224; plusieurs fois. Il y eut deux New Deals. Le premier consista &#224; faire payer la crise aux classes moyennes. Puis pendant son second mandat, il fut oblig&#233; d'accorder des avanc&#233;es &#224; la classe ouvri&#232;re. En 1935, la S&#233;curit&#233; Sociale et le droit de se syndiquer furent reconnus. Ajout&#233; aux vastes programmes de lutte contre le ch&#244;mage, le second New Deal correspondit &#224; de r&#233;elles am&#233;liorations pour les travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le parti d&#233;mocrate chercha &#224; r&#233;gler la crise dans le cadre du syst&#232;me. Pour cela, il fallut apprendre &#224; g&#233;rer des vagues de luttes ouvri&#232;res. Roosevelt combina diverses strat&#233;gies, concessions, r&#233;pression et cooptations. En 1935, sous l'impulsion de gr&#232;ves sauvages, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CIO&lt;/span&gt; (Congr&#232;s pour une organisation industrielle) fut cr&#233;&#233; pour organiser les travailleurs non plus par m&#233;tiers mais sur une base de classe. En retour, ce syndicat d'un genre nouveau alimenta des luttes aux formes in&#233;dites, les sit down strikes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Jeremy Brecher, Strike&#160;! (1997, South End Press).' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (gr&#232;ves avec occupation). Des gr&#232;ves massives comme chez General Motors &#224; Flint en novembre 1936 finirent par arracher le Wagner Labor Relations Act qui l&#233;galisa le droit de gr&#232;ve et le droit de se syndiquer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La capacit&#233; de Roosevelt &#224; conc&#233;der des avanc&#233;es pour les travailleurs tout en s'attaquant aux franges les plus radicales des luttes ouvri&#232;res lui valut le soutien de nombreux dirigeants syndicaux et de la principale organisation de gauche, le Parti communiste. En 1935, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PC&lt;/span&gt; est au z&#233;nith de son influence, comptant entre 75 000 et 100 000 membres, et pouvant influencer entre 10 &#224; 15 fois ce nombre au travers d'organisations &#233;tudiantes, d'associations de ch&#244;meurs, de fronts antiracistes et de syndicats. Au milieu des ann&#233;es 1930, avec la th&#233;orie du Front Populaire, les perspectives du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PC&lt;/span&gt; ne d&#233;passaient plus le cadre du capitalisme. Aux Etats-Unis, cet abandon de la lutte de classe amena &#224; une alliance explicite avec le parti d&#233;mocrate. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Nous allons prendre notre place &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me bipartite am&#233;ricain&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Telle fut la ligne politique adopt&#233;e &#224; la fin de la d&#233;cennie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or la gravit&#233; particuli&#232;re de la crise des ann&#233;es 1930 finit par entra&#238;ner le monde dans la Seconde guerre mondiale. Ce fut le seul moyen de sauver le capitalisme. Aux Etats-Unis, seul l'investissement dans une &#233;conomie de guerre permit de d&#233;passer une crise sociale qui n'avait pas &#233;t&#233; r&#233;gl&#233;e par les concessions sociales de Roosevelt. Dans les ann&#233;es 1940, l'heure est &#224; la r&#233;pression ouvri&#232;re, avec la b&#233;n&#233;diction des dirigeants syndicaux. Toute gr&#232;ve fut interdite au nom de l'effort de guerre. L'explosion de deux vagues de gr&#232;ves en 1941 puis en 1943 montrent que la lutte de classe n'est par termin&#233;e malgr&#233; tout. Mais avec la guerre vint la chasse aux sorci&#232;res. La r&#233;pression de militants de gauche, antifascistes, syndicalistes, allait donner le ton de la d&#233;cennie suivante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Parti d&#233;mocrate s'&#233;tait forg&#233; une nouvelle identit&#233; dans les ann&#233;es 30, passant d&#233;sormais pour le parti des pauvres et des travailleurs. La p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233; des ann&#233;es d'apr&#232;s-guerre allait offrir les bases mat&#233;rielles du r&#234;ve am&#233;ricain. Il fut r&#233;sum&#233; par la formule, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ce qui est bon pour General Motors est bon pour l'Am&#233;rique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le contexte de guerre froide et d'&#233;conomie permanente d'armement ancra une strat&#233;gie bi-partite d'effacement syst&#233;matique de toute perspectives de classe. Ceci renfor&#231;a l'id&#233;e que le parti d&#233;mocrate &#233;tait la seule alternative progressiste possible, et ce sur la base d'un anticommunisme g&#233;n&#233;ralis&#233;. R&#233;pression de militants de gauche combin&#233;e &#224; la cooptation d'une bureaucratie syndicale au sein du Parti d&#233;mocrate, tels furent les &#233;l&#233;ments principaux de la strat&#233;gie de la classe dirigeante am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ann&#233;es 1960&#160;: la radicalit&#233; sans boussole de classe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Jonathan Neale, What's wrong with America&#160;? How the rich and powerful changed (...)' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, lorsqu'une nouvelle g&#233;n&#233;ration militante &#233;mergea dans les ann&#233;es 1960, sa lecture du monde et ses modes de r&#233;sistance seraient marqu&#233;s par la p&#233;riode ant&#233;rieure. Les mouvements de r&#233;sistance allaient prendre des formes multiples, avec le mouvement des droits civiques, le mouvement contre la guerre du Vietnam, le mouvement de lib&#233;ration des femmes, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'h&#233;ritage anticommuniste amena les luttes d'opprim&#233;s &#224; se construire en ignorant largement les travailleurs et les syndicats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que les illusions dans le Parti d&#233;mocrate tombaient, la radicalisation s'accentua. Celle-ci prit des formes de plus en plus explosives. Le mouvement des droits civiques en avait appel&#233; au Parti d&#233;mocrate, le parti de Kennedy puis de Johnson pour prot&#233;ger les noirs qui revendiquaient le droit de vote dans les Etats du Sud. Mais la lenteur des r&#233;formes, l'absence de changements r&#233;els pour les noirs malgr&#233; des victoires l&#233;gales importantes ne 1964-65, amena la majorit&#233; des jeunes du mouvement &#224; rompre avec le Parti d&#233;mocrate et la logique int&#233;grationniste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais au lieu de voir que le principal probl&#232;me du Parti d&#233;mocrate &#233;tait son soutien sans faille au capitalisme, nombreux furent ceux qui, inspir&#233;s par les mouvements de lib&#233;ration nationale en Afrique, identifi&#232;rent le Parti d&#233;mocrate comme le parti des blancs. D&#232;s lors, la solution r&#233;sidait dans le nationalisme noir. En l'absence de boussole de classe, le mouvement se radicalisa sur des bases identitaires. Le mouvement de lib&#233;ration des femmes prit le m&#234;me virage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De telles orientations, aussi radicales furent-elles, ne permirent pas de rompre avec le syst&#232;me, ni finalement avec le Parti d&#233;mocrate. Ainsi ce dernier continua de coopter des repr&#233;sentants respectables des groupes d'opprim&#233;s, tout en limitant les avanc&#233;es sociales des groupes ainsi repr&#233;sent&#233;s. Lorsque les luttes reflu&#232;rent, et qu'une nouvelle p&#233;riode de crise s'ouvrit dans les ann&#233;es 1980, il n'existait plus d'alternative cons&#233;quente au parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, pour des raisons historiques particuli&#232;res, le Parti d&#233;mocrate semble avoir occup&#233; l'espace politique de la r&#233;gulation des rapports de classe. Le Parti d&#233;mocrate a pu jouer ce r&#244;le, en s'assurant notamment le soutien de la bureaucratie syndicale et en jouant la carte de la cooptation dans les p&#233;riodes de relative prosp&#233;rit&#233; comme dans les ann&#233;es 1950 et 1960 o&#249; le r&#233;formisme paraissait objectivement possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les dynamiques de la lutte de classe n'en furent pas supprim&#233;es pour autant. En t&#233;moignent les p&#233;riodes de luttes de masse dans les ann&#233;es 1930 puis dans les ann&#233;es 1960. A la fin des ann&#233;es 1990, une nouvelle g&#233;n&#233;ration militante s'est lev&#233;e, rendue visible lors du sommet contre l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OMC&lt;/span&gt; &#224; Seattle en 1999. Ce nouveau mouvement, anticapitaliste dans sa volont&#233; affirm&#233;e de rompre avec la logique de profit, contient tous les ingr&#233;dients d'une rupture avec le r&#233;formisme. A Seattle, les manifestants s'opposaient &#224; la mondialisation lib&#233;rale et &#224; leurs d&#233;fenseurs, en particulier le gouvernement d&#233;mocrate de Clinton. La rupture avec le parti d&#233;mocrate semblait alors consomm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or l'influence du r&#233;formisme dans le mouvement ne se limite pas &#224; l'influence des partis politiques qui s'en font le relais. C'est ce que les d&#233;bats autour de la r&#233;&#233;lection de Bush nous ont appris. Le Parti d&#233;mocrate pouvait &#234;tre &#224; la fois un ennemi du mouvement anticapitaliste, puis compl&#232;tement absent des mobilisations du mouvement contre la guerre en Irak...mais quand m&#234;me devenir une solution pour &#233;viter la r&#233;&#233;lection de Bush. Les le&#231;ons &#224; en tirer sont pr&#233;cieuses pour l'avenir du mouvement, aux Etats-Unis comme ailleurs. Les r&#233;volutionnaires doivent en conclure qu'ils ont un r&#244;le politique &#224; jouer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Le Blanc, &lt;i&gt;A Short History of the &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; Working Class, from colonial times to the twenty-first century&lt;/i&gt; - (1999, Humanity books).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les dynamiques de la lutte de classe aux Etats-Unis, lire Howard Zinn, &lt;i&gt;Une Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 &#224; nos jours&lt;/i&gt; (2002, Agone).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les ann&#233;es 30 et les liens entre les organisations de gauche (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PC&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; et trotskystes am&#233;ricains), les syndicats et le parti d&#233;mocrate, lire Serge Denis, &lt;i&gt;Un Syndicalisme Pur et Simple&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jeremy Brecher, &lt;i&gt;Strike&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt; (1997, South End Press).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jonathan Neale, &lt;i&gt;What's wrong with America&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? How the rich and powerful changed America and now want to change the world&lt;/i&gt; (2004, Verso).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#201;tat et les r&#233;volutionnaires aujourd'hui</title>
		<link>https://www.quefaire.lautre.net:80/L-Etat-et-les-revolutionnaires</link>
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		<dc:date>2009-09-05T16:40:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>William Vey</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Francis Fukuyama annon&#231;ait en 1991 la fin de l'histoire et affirmait qu'une &#232;re de paix et de prosp&#233;rit&#233; s'ouvrait gr&#226;ce &#224; la chute du mur de Berlin et &#224; l'extension &#224; toute la plan&#232;te des bienfaits de la &#171;&#160;d&#233;mocratie de march&#233;&#160;&#187;. Au lieu de cela, une dizaine d'ann&#233;es et quelques conflits meurtriers plus tard, la guerre est devenue &#171;&#160;l'actualit&#233; du XXIe si&#232;cle&#160;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Socialisme ou barbarie&#160;?&lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, la chute du mur de Berlin a raviv&#233; la tectonique des plaques imp&#233;rialiste et il semble bien que cette comp&#233;tition entre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/l-Etat" rel="tag"&gt;&#201;tat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Francis Fukuyama annon&#231;ait en 1991 la fin de l'histoire et affirmait qu'une &#232;re de paix et de prosp&#233;rit&#233; s'ouvrait gr&#226;ce &#224; la chute du mur de Berlin et &#224; l'extension &#224; toute la plan&#232;te des bienfaits de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;mocratie de march&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Au lieu de cela, une dizaine d'ann&#233;es et quelques conflits meurtriers plus tard, la guerre est devenue &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'actualit&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Claude Serfati, La &#034;guerre sans limites&#034;, actualit&#233; du 21e si&#232;cle, in (...)' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Socialisme ou barbarie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De fait, la chute du mur de Berlin a raviv&#233; la tectonique des plaques imp&#233;rialiste et il semble bien que cette comp&#233;tition entre Etats concurrents ait rendu le monde plus dangereux et instable. Et si, comme le dit tr&#232;s justement Christophe Aguiton, la guerre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sans limites&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a pouss&#233; vers la droite les coordonn&#233;es politiques, c'est que d&#233;sormais le roi capitalisme est nu. L'enjeu auquel se retrouve alors confront&#233;e la gauche dans son ensemble est son comportement face au recours par la classe dominante &#224; l'Etat militariste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec la guerre, la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mondialisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; signifie &#233;galement, &#224; une &#233;chelle globale, une concentration sans pr&#233;c&#233;dent de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e (moyens de production, information, &#233;change, vie elle-m&#234;me&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!) ainsi que des pouvoirs de d&#233;cision et de r&#233;pression. En 2000, les 100 plus grandes entreprises transnationales employaient 6 millions de salari&#233;s et contr&#244;laient le quart de la production mondiale. En France 2&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des grands groupes emploient un salari&#233; sur deux et poss&#232;dent 87&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des capitaux propres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! 84 groupes contr&#244;lent le quart de la main d'&#339;uvre, la moiti&#233; des capitaux fixes et la moiti&#233; des profits bruts d'exploitation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Daniel Bensa&#239;d, Un monde &#224; changer, Textuel, Paris, 2003, p. (...)' id='nh6-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette socialisation croissante du travail (qui entre directement en contradiction avec la concentration toujours accrue des moyens de production) s'accompagne d'une casse syst&#233;matique des acquis sociaux. Ce sont les retraites et la s&#233;cu en France, l'agenda 2010 en Allemagne, la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e entre les travailleurs au sein de l'Union Europ&#233;enne par le chantage aux d&#233;localisations (Bosch &#224; V&#233;nissieux), etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi cette guerre men&#233;e sur deux fronts - social et militaire - n'est ni plus ni moins qu'une guerre de classe d&#233;clar&#233;e au nom du r&#233;tablissement de conditions ad&#233;quates &#224; l'accumulation du capital (restauration du taux de profit). Et la question n'est pas tant de savoir si ces conditions ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; restaur&#233;es ou non, mais bien plus sur quelles bases et pour combien de temps. Or, l'outil central que la classe dominante utilise pour mener cette restauration, c'est l'Etat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais dans ce d&#233;veloppement, le capitalisme produit la force qui peut le transformer et mettre en place une soci&#233;t&#233; qui r&#233;ponde &#224; une logique inverse&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;people not profit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nos vies avant leurs profits&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Et c'est cette force qui repr&#233;sente l'avenir dans le pr&#233;sent. Ainsi si le syst&#232;me poursuit une folle course en avant, les potentialit&#233;s pour le renverser se sont d&#233;velopp&#233;es &#233;galement. Si &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les rapports de production de la soci&#233;t&#233; capitaliste se rapprochent de plus en plus des rapports de production de la soci&#233;t&#233; socialiste, mais, [que,] par contre, ses rapports politiques et juridiques &#233;tablissent entre la soci&#233;t&#233; capitaliste et la soci&#233;t&#233; socialiste un mur de plus en plus &#233;lev&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Rosa Luxemburg, R&#233;forme sociale ou r&#233;volution&#160;?, Les amis de Spartacus, (...)' id='nh6-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , alors le b&#233;lier permettant de briser ce mur, c'est le mouvement de r&#233;sistance globale qui se d&#233;veloppe dans chaque pays et &#224; l'&#233;chelle internationale (mouvements anticapitaliste et antiguerre, mai-juin 2003 en France, Opel en Allemagne, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Imp&#233;rialisme et militarisation des conflits de classe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le corollaire de cette &#233;volution est le recours par la classe dirigeante &#224; un Etat fort&#160;: ce mur de plus en plus &#233;lev&#233; doit pouvoir &#234;tre adoss&#233; &#224; des fondations solides&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pour imposer ses r&#233;formes la bourgeoisie est forc&#233;e de militariser les conflits de classe et d'en produire la justification id&#233;ologique en criminalisant les pauvres et ceux qui r&#233;sistent. Le lien existant entre Bush - le chef de la guerre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#224; l'ext&#233;rieur&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - et Sarkozy - le chef de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre int&#233;rieure&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - est &#233;tabli clairement par le r&#232;glement du 27&#160;d&#233;cembre 2001 de la Commission europ&#233;enne. En d&#233;finissant le terrorisme comme un acte qui peut &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;gravement d&#233;stabiliser ou d&#233;truire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, &#233;conomiques ou sociales d'un pays ou d'une organisation internationale (...), contraindre ind&#251;ment des pouvoirs publics &#224; accomplir ou &#224; s'abstenir d'accomplir un acte quelconque&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou bien qui entra&#238;ne &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la perturbation ou l'interruption de l'approvisionnement en eau, en &#233;lectricit&#233; ou toute autre ressource naturelle fondamentale ayant pour effet de mettre en danger des vies humaines&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Alain Krivine, Roseline Vachetta, Bilan de mandat des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens, (...)' id='nh6-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est successivement de la criminalisation des mobilisations de masse et de la remise en cause du droit de gr&#232;ve qu'il s'agit. En clair c'est la criminalisation de tout mouvement remettant en cause le capitalisme et ses institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi dans cette guerre ouverte contre la classe ouvri&#232;re l'Etat est un outil cl&#233; pour la classe dominante. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Le recul de l'Etat social a alors pour contrepartie la mont&#233;e en puissance de l'Etat p&#233;nal et s&#233;curitaire, dont les mesures liberticides adopt&#233;es depuis le 11&#160;septembre aux Etats-Unis et en Europe constituent le prolongement&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Daniel Bensa&#239;d, op. cit., p.20.' id='nh6-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour reprendre les termes de Daniel Bensa&#239;d, la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre pr&#233;ventive contre le terrorisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'est pas autre chose qu'une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre contre-r&#233;volutionnaire pr&#233;ventive&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dont l'Etat est l'agent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Soci&#233;t&#233; de classes et pouvoir politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part de l'analyse est la division de la soci&#233;t&#233; en classes antagonistes aux int&#233;r&#234;ts irr&#233;conciliables. L'Etat est &#224; la fois le produit et la manifestation de cette division. Pour que la soci&#233;t&#233; ne sombre pas dans une lutte st&#233;rile entre classes aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques oppos&#233;s&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le besoin s'impose d'un pouvoir qui, plac&#233; en apparence au-dessus de la soci&#233;t&#233;, doit estomper le conflit, le maintenir dans les limites de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ordre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et ce pouvoir, n&#233; de la soci&#233;t&#233;, mais qui se place au-dessus d'elle et lui devient de plus en plus &#233;tranger, c'est l'&#201;tat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Engels, L'Origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'Etat, cit&#233; par (...)' id='nh6-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est tout d'abord &#224; l'aide de son arm&#233;e et de sa police - des d&#233;tachements sp&#233;ciaux d'hommes arm&#233;s disposant de prisons et de divers &#233;tablissements p&#233;nitentiaires - que la classe dominante exerce directement sa domination politique sur la classe ouvri&#232;re et ses alli&#233;s potentiels. Encore une fois c'est la division de la soci&#233;t&#233; en classes qui rend n&#233;cessaire cette sp&#233;cialisation. Qu'il en soit autrement et c'est le spectre de la guerre civile qui revient. Le d&#233;veloppement d'un corps de fonctionnaires sp&#233;cialis&#233;s dans la gestion des personnes et dans le pr&#233;l&#232;vement du tribut n&#233;cessaire &#224; l'entretien de cette force publique permet d'acheter concr&#232;tement une base de soutien et l'adh&#233;sion aux id&#233;es d'un Etat neutre garant de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. En France c'est l'Etat-providence et l'ensemble des fonctionnaires charg&#233;s de l'exercice pratique des services publics (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EDF&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GDF&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SNCF&lt;/span&gt;, &#233;cole, etc.). Quel est l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans une soci&#233;t&#233; divis&#233;e en classes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r la domination politique directe ne pourrait subsister sans une domination id&#233;ologique&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les id&#233;es dominantes sont les id&#233;es de la classe dominante&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les institutions de l'Etat (&#233;cole, etc.) ainsi que les m&#233;dias acquis au traitement capitaliste de l'information sont autant de relais de cette id&#233;ologie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'organisation d'un pouvoir central de r&#233;pression a un but pr&#233;cis&#160;: maintenir l'exploitation de la majorit&#233; et r&#233;primer toute tentative de contestation de l'ordre et de la domination de la bourgeoisie. Ainsi l'Etat n'est pas un instrument pour la conciliation des classes mais celui de la domination d'une classe sur une autre. En ce sens on devrait syst&#233;matiquement parler d'Etat bourgeois/capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il est n&#233;cessaire pour la classe ouvri&#232;re de d&#233;truire l'Etat bourgeois pour renverser l'ordre capitaliste, elle a tout autant besoin d'exercer un pouvoir de r&#233;pression pour mater l'ancienne classe dominante qui se battra pied &#224; pied pour conserver ses privil&#232;ges. Ainsi la prise de pouvoir et la formation d'un Etat ouvrier - &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la constitution du prol&#233;tariat en classe dominante&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Marx, Manifeste communiste, cit&#233; par L&#233;nine, op. cit., p.28.' id='nh6-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - n'est pas n&#233;cessaire pour changer la soci&#233;t&#233; mais pour organiser la r&#233;pression des capitalistes (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la bourgeoisie ne se suicidera pas dans la joie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On comprend mieux l'impasse d'une strat&#233;gie visant au contr&#244;le politique de l'Etat afin d'impulser un changement social. Peut-on imaginer s&#233;rieusement que la classe ouvri&#232;re puisse faire fonctionner, pour ses int&#233;r&#234;ts, une machine calibr&#233;e pour la r&#233;primer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ainsi la r&#233;volution implique la destruction de l'Etat bourgeois et la mise en place d'un Etat ouvrier, mais sur des bases &#233;minemment plus d&#233;mocratiques que l'Etat pr&#233;c&#233;dent, avec la participation de millions de personnes conscientes pour en assurer le contr&#244;le. Avec la disparition de la division en classes de la soci&#233;t&#233;, dispara&#238;t la n&#233;cessit&#233; de la domination d'une classe sur une autre et l'Etat lui-m&#234;me, en tant que pouvoir de r&#233;pression, est vou&#233; &#224; s'&#233;teindre. La socialisation des fonctions de l'Etat remplace le gouvernement des personnes par l'administration des choses.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mur &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;de plus en plus &#233;lev&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et un pouvoir &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;de plus en plus &#233;tranger&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie d'une prise de contr&#244;le de l'Etat pour organiser le changement social a &#233;t&#233; largement soumise au test de l'histoire. L'int&#233;gration progressive des organisations de la classe ouvri&#232;re, et principalement de leurs directions, dans la gestion du capitalisme n'a pas le moins du monde contrari&#233; l'&#233;volution de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'Etat social vers l'Etat p&#233;nal&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La parent&#233; directe du ministre de l'&#233;conomie et du n&#176;2 du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MEDEF&lt;/span&gt; pourrait nous abuser sur l'origine de cette &#233;volution de l'Etat vers un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pur Etat de classe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Elle ne vient pas du kidnapping de l'Etat par une droite mafieuse, mais prend sa source dans la dynamique interne du capitalisme. Quand le baron Seilli&#232;re ironise en d&#233;clarant que le gouvernement n'a rien fait pour les patrons, il a une conscience claire de cette &#233;volution et exprime son souhait d'en acc&#233;l&#233;rer la marche. On trouvera sans peine des exemples r&#233;cents illustrant ce processus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La suppression du service militaire et la constitution d'une arm&#233;e de m&#233;tier vient parachever la sp&#233;cialisation des forces arm&#233;es et en termine avec l'h&#233;ritage du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;peuple en arme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. A l'achat direct des soldats, gendarmes et policiers par des avantages mat&#233;riels (soldes, retraites, logements, etc.), s'ajoute une domination id&#233;ologique accrue &#233;vitant (dans certaines limites) une quelconque &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;contamination de classe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au sein de la force &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;publique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, le recours, deux fois en deux ans, au fameux article 49-3 de la Constitution fran&#231;aise par Raffarin (au nom de la d&#233;mocratie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!) - permettant de faire passer un projet de loi sans recourir &#224; un vote parlementaire - combin&#233; &#224; la r&#233;forme des scrutins &#233;lectoraux s'inscrivent dans la m&#234;me dynamique. La R&#233;publique, enveloppe politique de la domination de classe, n'est plus &#224; m&#234;me d'assurer la m&#233;diation pacifique des conflits de classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin qu'il devienne courant de constater que l'Etat et les conseils d'administration des grands groupes sont au m&#234;me &#233;tage de l'&#233;difice capitaliste constitue encore un avatar du caract&#232;re de classe de l'Etat. Dick Cheney aux Etats-Unis ou Francis Mer en France en sont les plus claires illustrations. Pur produit du capital, Francis Mer, promu ministre de l'&#233;conomie, semblait avoir une destin&#233;e toute trac&#233;e &#224; la t&#234;te d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EDF&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GDF&lt;/span&gt; avant de se retrouver pr&#233;sident d'une commission charg&#233;e d'&#233;tablir un bilan... de la &#8216;r&#233;forme' de l'Etat&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; de classes, l'&#201;tat ne peut &#234;tre que l'instrument de la domination (politique) d'une classe sur une autre. La forme que prend cette domination peut varier d'un pays &#224; l'autre suivant l'histoire nationale mais des structures d&#233;mocratiques en sont un &#233;l&#233;ment essentiel permettant de stabiliser le pouvoir de l'Etat sans attenter au privil&#232;ge d'une infime minorit&#233; de contr&#244;ler la production et la r&#233;partition des richesses au d&#233;triment de l'immense majorit&#233;. Et la polarisation de classe rend ces structures de plus en plus inefficaces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En France l'histoire de la lutte des classes a abouti &#224; ce que, depuis la Lib&#233;ration, domine l'id&#233;e d'un lien indissoluble entre l'Etat-nation, les acquis sociaux et la R&#233;publique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; travers notamment la figure de l'Etat-social. La base mat&#233;rielle de cette h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique &#233;tait fournie par l'int&#233;gration de la direction du mouvement ouvrier dans la gestion du d&#233;veloppement du capitalisme et des institutions de la solidarit&#233; sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paradoxalement le fait d'avoir eu &#224; lutter pour d&#233;fendre l'&#233;cole et les retraites a pu renforcer cette id&#233;e que la d&#233;fense des acquis sociaux passait par la d&#233;fense de l'Etat-social, et donc de l'Etat tout court&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'id&#233;e qu'un mouvement social fort pourrait inverser la tendance et faire pencher la balance de l'Etat-p&#233;nal vers l'Etat-social. La &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;farandole des Marianne&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; Montpellier, pendant le mouvement de mai-juin 2003 en est une bonne illustration. Chaque manif ou rassemblement se terminait par un d&#233;fil&#233; d'une vingtaine de Marianne. Sur le devant elles portaient en bandouli&#232;re &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;cole&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;s&#233;cu&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;retraite&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;culture&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, etc. Et quand elles &#233;taient retourn&#233;es aux cris de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vendues &#224;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, on pouvait lire &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OMC&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FMI&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AGCS&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La responsabilit&#233; des r&#233;volutionnaires aujourd'hui est de ne pas reproduire cette confusion sur la fa&#231;on dont on peut changer le syst&#232;me et de contribuer au contraire &#224; la clarification dans le mouvement du r&#244;le de l'Etat. Il y a un seul mot qui aurait d&#251; &#234;tre &#233;crit au dos des Marianne, c'est &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Etat&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l&#224; r&#233;sidait toute l'ambigu&#239;t&#233; de la farandole. L'unique rempart contre les politiques n&#233;olib&#233;rales de casse des acquis sociaux et plus g&#233;n&#233;ralement contre la politique de la classe dominante est un mouvement de masse au sein duquel la classe ouvri&#232;re joue un r&#244;le central. Le point de d&#233;part n'est pas Marianne mais le mouvement. Mais en finir avec la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre contre le terrorisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; comme avec les politiques n&#233;olib&#233;rales (changer le syst&#232;me quoi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!) n&#233;cessite de briser l'Etat et ses institutions. Ceci par le d&#233;veloppement d'un mouvement de masse qui permette de faire l'exp&#233;rience commune de la d&#233;mocratie et de notre force collective, et au sein duquel puisse &#234;tre clarifi&#233; le n&#233;cessaire renversement de l'Etat ainsi que celui de la construction d'un Etat d&#233;mocratique par en bas. Car il n'y a pas d'Etat-social v&#233;ritable qui ne soit un Etat socialiste. Seule perspective pour pouvoir poser les bases mat&#233;rielles d'une soci&#233;t&#233; sans classe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb6-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Claude Serfati, &lt;i&gt;La &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre sans limites&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, actualit&#233; du 21&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;, in &lt;i&gt;Mondialisation et Imp&#233;rialisme&lt;/i&gt;, Les Cahiers de Critique Communiste, &#233;ditions Syllepse, Paris, 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-2' class='spip_note' title='Notes 6-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Daniel Bensa&#239;d, &lt;i&gt;Un monde &#224; changer&lt;/i&gt;, Textuel, Paris, 2003, p. 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-3' class='spip_note' title='Notes 6-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rosa Luxemburg, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1898/r_ou_r1_4.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;R&#233;forme sociale ou r&#233;volution&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Les amis de Spartacus, St-Etienne, 1997, p. 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-4' class='spip_note' title='Notes 6-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Krivine, Roseline Vachetta, Bilan de mandat des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens, &lt;i&gt;Rouge Europ&lt;/i&gt;e n&#176;6, Bruxelles, 2004, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-5' class='spip_note' title='Notes 6-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Bensa&#239;d, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p.20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-6' class='spip_note' title='Notes 6-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Engels, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000o.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'Origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'Etat&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, cit&#233; par L&#233;nine dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er1.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'&#201;tat et la r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#201;ditions en langues &#233;trang&#232;res, P&#233;kin, p.7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6-7' class='spip_note' title='Notes 6-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000b.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Manifeste communiste&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, cit&#233; par L&#233;nine, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er2.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;op. cit.&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, p.28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que le r&#233;formisme&#160;?</title>
		<link>https://www.quefaire.lautre.net:80/Qu-est-ce-que-le-reformisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.quefaire.lautre.net:80/Qu-est-ce-que-le-reformisme</guid>
		<dc:date>2009-09-05T16:28:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diane Adam, Nicolas Verdon</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier europ&#233;en s'est structur&#233; politiquement &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. Sous l'impulsion de la deuxi&#232;me Internationale, des partis sociaux-d&#233;mocrates se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; une &#233;chelle de masse. Ainsi en Allemagne, au d&#233;but du XXe si&#232;cle, le SPD comptait plus d'un million de membres. Il contr&#244;lait des dizaines de quotidiens, des syndicats, de nombreuses associations&#160;; le parti constituait un v&#233;ritable Etat dans l'Etat. En France, la SFIO cr&#233;&#233;e en 1905 &#233;tait bien plus modeste mais elle allait (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier europ&#233;en s'est structur&#233; politiquement &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Sous l'impulsion de la deuxi&#232;me Internationale, des partis sociaux-d&#233;mocrates se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; une &#233;chelle de masse. Ainsi en Allemagne, au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPD&lt;/span&gt; comptait plus d'un million de membres. Il contr&#244;lait des dizaines de quotidiens, des syndicats, de nombreuses associations&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le parti constituait un v&#233;ritable Etat dans l'Etat. En France, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; cr&#233;&#233;e en 1905 &#233;tait bien plus modeste mais elle allait tripler ses effectifs en moins de dix ans pour atteindre pr&#232;s de 100 000 membres &#224; la veille de la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;veloppement des analyses r&#233;formistes au sein de la social-d&#233;mocratie au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Domin&#233;e par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPD&lt;/span&gt; allemand, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale se revendiquait du marxisme. En th&#233;orie elle pr&#233;tendait n'avoir aucune illusion dans le parlementarisme et n'opposait pas r&#233;forme et r&#233;volution. Comme l'&#233;crivait Rosa Luxemburg dans &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/luxembur/r_ou_r/r_ou_r0.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;la pol&#233;mique qu'elle mena alors contre le r&#233;formisme&lt;/a&gt;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; Entre la r&#233;forme sociale et la r&#233;volution, la social-d&#233;mocratie voit un lien indissoluble&#160;: la lutte pour la r&#233;forme &#233;tant le moyen, et la r&#233;volution sociale le but&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant entre la th&#233;orie et la pratique quotidienne des organisations social-d&#233;mocrates, le foss&#233; ne cessait de s'&#233;largir. En France, le socialiste Millerand d&#233;fendait publiquement l'id&#233;e que la transformation sociale passait par le parlement et par l'action gouvernementale. Ceci l'amena, au tournant du si&#232;cle, &#224; entrer dans un gouvernement bourgeois. Ce n'&#233;tait pas un comportement marginal&#160;: de telles positions refl&#233;taient tout un courant r&#233;formiste qui se d&#233;veloppait au sein de la social-d&#233;mocratie. Il a trouv&#233; son expression th&#233;orique la plus aboutie chez le socialiste allemand Eduard Bernstein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Celui-ci expliquait en substance que les transformations r&#233;centes qu'avait connues le syst&#232;me capitaliste rendaient la r&#233;volution inutile. Le d&#233;veloppement des cartels patronaux, du syst&#232;me de cr&#233;dit, de moyens de communication modernes, le d&#233;veloppement des syndicats ouvriers, l'am&#233;lioration des conditions de vie ouvri&#232;res, la persistance des classes moyennes&#8230; &#233;taient la preuve de l'adaptation du syst&#232;me, de l'att&#233;nuation des contradictions internes du capitalisme. Ces transformations qui t&#233;moignaient d'une tendance grandissante &#224; la socialisation de la production ouvraient la voie &#224; un passage pacifique au socialisme au moyen de r&#233;formes progressives, par l'action syndicale et la voie parlementaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bernstein pr&#233;tendait r&#233;viser le marxisme de fa&#231;on pragmatique. Il en rejetait en fait son essence m&#234;me. Pour Marx le socialisme &#233;tait une n&#233;cessit&#233; historique. La dynamique du capitalisme tendait vers un approfondissement des contradictions internes du syst&#232;me qui lui seraient &#224; terme fatales. Seule l'action consciente de la classe ouvri&#232;re pour renverser le capitalisme et instaurer une soci&#233;t&#233; socialiste pouvait emp&#234;cher l'humanit&#233; de sombrer dans la barbarie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette n&#233;cessit&#233; historique disparaissait chez Bernstein, comme chez tous ceux qui allaient par la suite d&#233;fendre les th&#232;ses r&#233;formistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a d&#233;menti du tout au tout les analyses &#233;conomiques de Bernstein. Loin de s'att&#233;nuer, les contradictions du syst&#232;me se sont exprim&#233;es comme jamais auparavant dans les guerres imp&#233;rialistes, les crises &#233;conomiques et les r&#233;volutions. Confront&#233;e aux crises, la social-d&#233;mocratie a toujours choisi de pr&#233;server le syst&#232;me en faisant payer la crise aux travailleurs. Apr&#232;s le d&#233;clenchement de la Premi&#232;re guerre mondiale, les principaux partis sociaux-d&#233;mocrates ont ainsi appel&#233; les travailleurs &#224; s'unir avec leur bourgeoisie et &#224; s'entretuer par millions pour d&#233;fendre la Nation. Des politiques r&#233;formistes ont par la suite &#233;t&#233; men&#233;es dans de nombreux pays. Qu'elles aient propos&#233; d'instaurer le socialisme par la voie parlementaire ou plus g&#233;n&#233;ralement une gestion plus &#034;efficace&#034; du syst&#232;me qui satisfasse &#224; la fois les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et ceux du capital, ces politiques ont toutes men&#233; &#224; l'impasse. Un an apr&#232;s la victoire du Front populaire, L&#233;on Blum a d&#233;cr&#233;t&#233; la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pause&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, revenant sur les acquis de la gr&#232;ve de juin 36. Arriv&#233; au pouvoir, alors que la crise des ann&#233;es 1970 d&#233;veloppait un ch&#244;mage massif, Mitterrand a choisi d&#232;s 1982 le tournant de la rigueur. Aujourd'hui, dans toute l'Europe, la social-d&#233;mocratie d&#233;fend les contre r&#233;formes lib&#233;rales sur les retraites, la s&#233;curit&#233; sociale, les allocations ch&#244;mage...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'emprise du r&#233;formisme&#160;: un produit des contradictions du syst&#232;me capitaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de Bernstein ont &#233;t&#233; durement critiqu&#233;es &#224; l'&#233;poque par de nombreux dirigeants marxistes parmi lesquels Kautsky, Rosa Luxemburg, ou L&#233;nine. Pourtant la vision r&#233;formiste allait devenir pr&#233;pond&#233;rante au sein de la social-d&#233;mocratie dans la plupart des pays europ&#233;ens. L'importance croissante du r&#233;formisme au sein de la social-d&#233;mocratie ne peut pas s'expliquer par la seule influence de quelques dirigeants r&#233;visionnistes comme Bernstein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour partie, ses id&#233;es ne faisaient que refl&#233;ter des &#233;volutions profondes au sein de la classe ouvri&#232;re et du mouvement ouvrier. Dop&#233; par les conqu&#234;tes coloniales, le capitalisme connaissait &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle une forte croissance &#233;conomique. Pour la classe ouvri&#232;re cela se traduisait par une plus grande stabilit&#233; &#233;conomique et des hausses de salaire mod&#233;r&#233;es. Les gains r&#233;alis&#233;s par la classe dominante permettaient de satisfaire plus facilement les revendications des syndicats. Des l&#233;gislations sociales comme la limitation de la journ&#233;e de travail et le repos hebdomadaire allaient &#234;tre promulgu&#233;es en France au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Cela accroissait la l&#233;gitimit&#233; des syndicats et de la social-d&#233;mocratie mais en m&#234;me temps renfor&#231;ait l'id&#233;e que l'on pouvait obtenir toujours plus de concessions du syst&#232;me par le biais de r&#233;formes. Pour les militants eux-m&#234;mes, qui &#233;taient toujours plus nombreux &#224; s'impliquer dans les organisations li&#233;es &#224; la social-d&#233;mocratie, l'activit&#233; politique &#233;tait &#224; mille lieues de la lutte r&#233;volutionnaire pour la prise du pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La classe dirigeante quant &#224; elle voyait un grand int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;velopper l'id&#233;e que la n&#233;gociation &#233;tait pr&#233;f&#233;rable &#224; la lutte spontan&#233;e des travailleurs, de m&#234;me que la joute parlementaire &#233;tait pr&#233;f&#233;rable &#224; l'&#233;meute politique. Elle trouvait un point d'appui dans la bureaucratie syndicale &#233;mergente et les &#233;lus locaux et nationaux des partis sociaux-d&#233;mocrates. Cette bureaucratie, en partie d&#233;tach&#233;e de la pr&#233;carit&#233; du salariat, jouait le r&#244;le de tampon entre la classe dominante et la classe ouvri&#232;re et avait fondamentalement int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;fendre l'id&#233;e d'un compromis entre les classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne peut cependant pas expliquer l'influence du r&#233;formisme au sein de la classe ouvri&#232;re uniquement par l'existence de la bureaucratie. La raison premi&#232;re de cette emprise est la capacit&#233; &#224; am&#233;liorer les conditions de vie de la classe ouvri&#232;re. Cette possibilit&#233; n'existe vraiment que dans des p&#233;riodes de prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique du capitalisme. Pourtant, le r&#233;formisme a gard&#233; une forte influence y compris dans des p&#233;riodes de crise o&#249; la possibilit&#233; de r&#233;formes &#233;tait assez limit&#233;e. Nous avons donc besoin de comprendre le m&#233;canisme d'adh&#233;sion des masses au r&#233;formisme. L&#233;nine explique dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp0.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'Imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; que le r&#233;formisme s'est d&#233;velopp&#233; sur la base du surprofit issu de l'imp&#233;rialisme. Ce surprofit aurait permis &#224; la bourgeoisie d'acheter une section de la classe ouvri&#232;re qu'il d&#233;finit comme une aristocratie ouvri&#232;re. Or, l'histoire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle nous montre que c'est faux. Deux questions se posent&#160;: tout d'abord quelle est cette fraction de la classe qui peut &#234;tre d&#233;finie comme aristocratie ouvri&#232;re et qui serait l'alli&#233; objectif de la bourgeoisie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ensuite quels sont les m&#233;canismes qui permettraient &#224; la bourgeoisie de faire b&#233;n&#233;ficier une petite partie de la classe ouvri&#232;re de ce surprofit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si une aristocratie ouvri&#232;re existait, elle serait constitu&#233;e d'une fraction de la classe qui a des conditions de travail plut&#244;t meilleures que la plupart des salari&#233;s. Prenons quelques exemples. Au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les syndicats &#233;taient constitu&#233;s essentiellement d'ouvriers qualifi&#233;s. C'&#233;tait aussi la fraction de la classe ouvri&#232;re la plus combative. C'est pourtant la seule qui pourrait &#234;tre assimil&#233;e &#224; une aristocratie ouvri&#232;re. De nos jours, les cheminots puis les enseignants ont &#233;t&#233; successivement les fers de lance du mouvement de lutte contre les attaques du gouvernement. On peut difficilement les consid&#233;rer comme des alli&#233;s de la bourgeoisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui concerne la distribution du surprofit, s'il est s&#251;r que l'imp&#233;rialisme am&#232;ne, au moins dans un premier temps, une prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique, g&#233;n&#233;rant une am&#233;lioration globale des conditions de vie par l'&#233;largissement du march&#233; pour les produits issus des pays imp&#233;rialistes, ces am&#233;liorations concernent l'ensemble de la classe et non une minorit&#233;. En effet, l'augmentation de la production a pour cons&#233;quence le plein emploi et donc l'augmentation des salaires et l'am&#233;lioration des conditions de travail. Mais il n'existe pas de m&#233;canisme qui permette &#224; la bourgeoisie d'attribuer une partie de ce surprofit &#224; une fraction de la classe ouvri&#232;re seulement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'analyse &#233;conomique est insuffisante pour expliquer l'adh&#233;sion des masses au r&#233;formisme. Il y a &#233;galement une base id&#233;ologique &#224; cet attachement. Marx disait que l'&#233;mancipation des travailleurs serait l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes mais aussi que l'id&#233;ologie dominante est celle de la classe dominante. Il y a une contradiction entre ces deux propositions. C'est dans le capitalisme lui-m&#234;me qu'il faut trouver la base de cette contradiction. Le capitalisme met les travailleurs en concurrence mais les oblige &#224; collaborer pour pouvoir assurer la production. Cette contradiction se retrouve aussi dans la conscience de chaque travailleur. Chaque travailleur accepte le syst&#232;me tel qu'il est et est en m&#234;me temps amen&#233; &#224; le combattre ne serait-ce que pour d&#233;fendre ses conditions de travail. La plupart des travailleurs ont l'espoir d'une am&#233;lioration de leurs conditions de vie et n'ont pas assez confiance en leurs propres capacit&#233;s &#224; changer les choses. Ils comptent donc sur des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;experts&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, sur les &#233;lections, &#8230; pour prendre les mesures n&#233;cessaires. Selon la situation, p&#233;riode de mont&#233;e des luttes ou de reflux, c'est un aspect ou l'autre qui domine. Mais &#224; tout moment, il y a cette double conscience. C'est la base de l'attachement des travailleurs &#224; ces organisations r&#233;formistes qui expriment les espoirs d'am&#233;lioration du syst&#232;me, qu'elles soient en capacit&#233; ou non de d&#233;livrer des r&#233;formes. Pendant les luttes, les travailleurs peuvent faire l'apprentissage de l'auto-organisation. Ils peuvent alors tester leur capacit&#233; &#224; organiser la soci&#233;t&#233; par eux-m&#234;mes. Pourtant, en dehors des p&#233;riodes r&#233;volutionnaires, seule une minorit&#233; arrive &#224; se d&#233;tacher du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'influence du r&#233;formisme selon les p&#233;riodes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ancrage du r&#233;formisme au sein de la classe ouvri&#232;re a vari&#233; en fonction des diff&#233;rentes p&#233;riodes du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Apr&#232;s la r&#233;volution de 1917, la plupart des militants de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e a quitt&#233; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; pour fonder le Parti communiste. Mais l'&#233;puisement de la p&#233;riode r&#233;volutionnaire a permis au r&#233;formisme de se renouveler. Deux ph&#233;nom&#232;nes y ont contribu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En premier lieu, le boom des trente glorieuses a raviv&#233; les bases &#233;conomiques du r&#233;formisme. M&#234;me si les cadences de travail &#233;taient importantes, les conditions de travail s'am&#233;lioraient&#160;: le ch&#244;mage &#233;tait quasiment inexistant, la consommation de masse se d&#233;veloppait et surtout un syst&#232;me de protection sociale se mettait en place. Les conditions de vie de ceux qui sont arriv&#233;s &#224; l'&#226;ge adulte dans les ann&#233;es 1960 &#233;taient nettement meilleures que celles de leurs parents. Avec la massification de l'&#233;ducation ils &#233;taient en outre persuad&#233;s que les conditions de vie de leurs enfants seraient encore meilleures. Tout cela contribuait &#224; convaincre la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re qu'un progr&#232;s permanent &#233;tait possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce boom a &#233;galement permis au r&#233;formisme de renouveler son id&#233;ologie et ses cadres. La comp&#233;tition entre les deux blocs, en particulier par l'interm&#233;diaire des d&#233;penses d'armement qui &#233;taient &#224; l'origine du boom, a n&#233;cessit&#233; l'extension du contr&#244;le de l'Etat sur certains secteurs strat&#233;giques de l'&#233;conomie. Une telle politique interventionniste, un keyn&#233;sianisme de gauche, pr&#233;tendument en faveur des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, formait la nouvelle id&#233;ologie r&#233;formiste. Elle permettait &#224; la fois de se d&#233;barrasser des derni&#232;res r&#233;f&#233;rences marxistes et de se distinguer du stalinisme. Dans le m&#234;me temps, les organismes de gestion paritaire, qui se mettaient en place pour g&#233;rer la protection sociale, d&#233;veloppaient au sein des organisations ouvri&#232;res les couches bureaucratiques incarnant l'id&#233;e r&#233;formiste d'une collaboration de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En second lieu, le r&#233;formisme est continuellement ressourc&#233; par la lutte de classe elle-m&#234;me. S'il s'appuie sur la passivit&#233; de la classe ouvri&#232;re, cela ne signifie pas que, lorsque les travailleurs se remettent massivement &#224; lutter, ils abandonnent spontan&#233;ment leurs illusions r&#233;formistes, au profit d'une conscience r&#233;volutionnaire. Si c'est effectivement le cas pour une minorit&#233;, la majorit&#233; des travailleurs qui se radicalisent se tourne plut&#244;t, au moins pour une p&#233;riode transitoire, vers les organisations r&#233;formistes qui sont capables de d&#233;velopper des discours voire des courants plus radicaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nombreuses p&#233;riodes dans le si&#232;cle pass&#233; mettent en &#233;vidence ce processus en France. Les luttes qui se d&#233;veloppent &#224; partir de 1934 se traduisent par un afflux de militants au Parti communiste, mais aussi &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, alimentant en son sein un courant radical &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la gauche r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; autour de Marceau Pivert. La p&#233;riode de radicalisation qui suit mai 68 permet &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, discr&#233;dit&#233;e par ses multiples participations gouvernementales de l'apr&#232;s guerre, de se r&#233;g&#233;n&#233;rer sous la forme du Parti socialiste&#160;: les ann&#233;es 1970 ont vu cro&#238;tre les organisations r&#233;volutionnaires, mais c'est vers le parti socialiste que la grande majorit&#233; de ceux qui ont lutt&#233; en 68 s'est tourn&#233;e alors que la crise se d&#233;veloppait et que les luttes refluaient. Sans porter le m&#234;me type d'illusion, il ne fait aucun doute que ce sont les grandes luttes de d&#233;cembre 1995 qui ont aliment&#233; la victoire de Jospin en 1997.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise actuelle du r&#233;formisme et la lutte pour la construction d'une alternative anticapitaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise dans laquelle est entr&#233; le capitalisme depuis plus de trente ans a provoqu&#233; en retour une crise sur le long terme du projet r&#233;formiste. Le syst&#232;me n'offrant plus de marge de man&#339;uvre, le r&#233;formisme n'a plus de r&#233;formes &#224; proposer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; la mondialisation et au pouvoir des multinationales, l'Etat-Nation comme moyen de r&#233;gulation &#233;conomique appara&#238;t de moins en moins cr&#233;dible, de l'aveu m&#234;me des dirigeants r&#233;formistes comme Jospin. L'Europe puissance que la plupart des r&#233;formistes proposent comme alternative para&#238;t aux yeux du plus grand nombre comme compl&#232;tement antid&#233;mocratique. Le keyn&#233;sianisme de gauche inop&#233;rant a ainsi laiss&#233; la place &#224; un social-lib&#233;ralisme qui se distingue peu des politiques de droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;&#231;ues et d&#233;moralis&#233;es par les exp&#233;riences de la gauche au pouvoir et par l'absence de projet enthousiasmant, de nombreuses couches de la population ont montr&#233; une d&#233;fiance grandissante lors des scrutins &#233;lectoraux. Cela n'enterre pas pour autant l'influence des id&#233;es et des partis r&#233;formistes &#224; une &#233;chelle de masse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement anticapitaliste qui s'est d&#233;velopp&#233; depuis Seattle et qui s'est renforc&#233; d'un mouvement sans pr&#233;c&#233;dent contre la guerre suscite de nombreux espoirs. Sa radicalit&#233;, sa capacit&#233; &#224; entra&#238;ner de nombreuses couches de la population permet d'envisager la construction d'une alternative anticapitaliste, passerelle vers le d&#233;veloppement d'un mouvement r&#233;volutionnaire cons&#233;quent. Mais ce mouvement suscite &#233;galement l'int&#233;r&#234;t des organisations r&#233;formistes qui y voient un potentiel pour se r&#233;g&#233;n&#233;rer. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; a particip&#233; aux diff&#233;rents forums internationaux altermondialistes, certains de ses courants tentent de tisser des liens &#233;troits avec des organisations du mouvement comme Attac. Certains au sein de cette organisation tentent m&#234;me de refonder un r&#233;formisme antilib&#233;ral qui puisse nourrir la gauche r&#233;formiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La construction d'une alternative anticapitaliste ne se fera pas sur un terrain vierge, d&#233;sert&#233; par les courants r&#233;formistes mais au contraire en concurrence avec eux tant aux points de vue id&#233;ologique qu'organisationnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Front populaire&#160;: mythes et r&#233;alit&#233;s</title>
		<link>https://www.quefaire.lautre.net:80/Front-populaire-mythes-et-realites</link>
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		<dc:date>2009-09-05T16:16:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nick Barrett</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>
		<dc:subject>Front populaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Front populaire de 1936 est un des &#233;v&#233;nements majeurs qui a forg&#233; la classe ouvri&#232;re et la gauche en France. Le plus souvent on cite la lutte unitaire contre le fascisme en 1934, la victoire &#233;lectorale en 1936 de l'alliance socialiste-communiste-radicale qui donne lieu au gouvernement Blum, les r&#233;formes majeures telles que les cong&#233;s pay&#233;s, la semaine de 40 heures et les droits syndicaux (bien qu'elles ne figuraient pas au programme du gouvernement du Front populaire). Cependant, une analyse plus (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net:80/Front-populaire" rel="tag"&gt;Front populaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Front populaire de 1936 est un des &#233;v&#233;nements majeurs qui a forg&#233; la classe ouvri&#232;re et la gauche en France. Le plus souvent on cite la lutte unitaire contre le fascisme en 1934, la victoire &#233;lectorale en 1936 de l'alliance socialiste-communiste-radicale qui donne lieu au gouvernement Blum, les r&#233;formes majeures telles que les cong&#233;s pay&#233;s, la semaine de 40 heures et les droits syndicaux (bien qu'elles ne figuraient pas au programme du gouvernement du Front populaire). Cependant, une analyse plus attentive de 1936 place le mouvement de gr&#232;ve au c&#339;ur des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Revenir sur le mouvement de 1936 est important par rapport aux questions politiques qui se posent aujourd'hui. En l'espace de deux ans, sur fond de tensions internationales croissantes, une crise politique et &#233;conomique ont cr&#233;&#233; les conditions pour une confrontation de classe majeure. Ce fut une des derni&#232;res occasions d'enrayer la machine infernale de guerre et c'&#233;tait une situation mure d'opportunit&#233;s pour les r&#233;volutionnaires. Nous l'examinons ici de plus pr&#232;s notamment sous trois aspects. D'abord le d&#233;veloppement d'une double dynamique, d'une part la radicalisation des masses ouvri&#232;res jet&#233;es dans la lutte, de l'autre la d&#233;rive droiti&#232;re de la plus grande partie des appareils politiques et syndicaux r&#233;formistes. Deuxi&#232;mement, le poids dominant des id&#233;es r&#233;formistes au sein de la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; rudement mise &#224; l'&#233;preuve mais n'a &#224; aucun moment &#233;t&#233; concurrenc&#233; s&#233;rieusement &#224; l'&#233;chelle de la classe. N&#233;anmoins les exemples d'organisation alternative qui ont vu le jour sont tr&#232;s significatifs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une crise profonde.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1930, la France &#233;tait encore largement paysanne. Cependant il y a eu pendant les premi&#232;res d&#233;cennies du vingti&#232;me si&#232;cle un d&#233;veloppement industriel important, donnant des nouvelles concentrations de travailleurs dans les secteurs comme la m&#233;tallurgie, la chimie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'onde de choc du krach de Wall Street de 1929 frappe la France deux ans plus tard. La production industrielle tombe, le pouvoir d'achat d&#233;cro&#238;t de 15&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% entre 1930-35.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gauche syndicale et politique est divis&#233;e. Au niveau syndical il y a deux &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, l'une dirig&#233;e par Jouhaux et les socialistes, se disant r&#233;formiste, l'autre, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGTU&lt;/span&gt; dirig&#233;e par le parti communiste. La scission de 1920 au sein du Parti socialiste (la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, section fran&#231;aise de l'internationale ouvri&#232;re) a vu la cr&#233;ation du Parti communiste fran&#231;ais (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fin 1933 &#233;clate un scandale financier impliquant un banquier v&#233;reux, Stavisky, et plusieurs ministres du gouvernement. A droite comme &#224; gauche on appelle &#224; des d&#233;missions et le gouvernement est en crise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les mouvements fascistes (les Croix de Feu et l'Action fran&#231;aise) organisent une marche contre l'assembl&#233;e nationale qui tourne &#224; l'&#233;meute. Les affrontements avec la police durent toute la nuit du 6-7&#160;f&#233;vrier 1934&#160;: il y a 14 morts et des centaines de bless&#233;s. Daladier, pr&#233;sident du conseil, d&#233;missionne et c'est un politicien r&#233;actionnaire, Doumergue, qui est rappel&#233; de sa retraite pour le remplacer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A gauche c'est la consternation, mais c'est le sentiment d'unit&#233; qui oblige les directions de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; et du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; ainsi que les directions syndicales (de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; et de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGTU&lt;/span&gt;) &#224; appeler &#224; une riposte massive. Le 12&#160;f&#233;vrier plus d'un million de travailleurs font gr&#232;ve, il y a 346 manifestations antifascistes partout en France dont les 2/3 sont unitaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela enclenche une dynamique &#224; gauche. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; reprennent contact, les directions syndicales sont pouss&#233;es par leur base &#224; organiser la r&#233;unification syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le tournant Front populaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'alors la ligne des partis communistes &#233;tait dict&#233;e par les besoins de la bureaucratie sovi&#233;tique. Appel&#233;e la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;troisi&#232;me p&#233;riode&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; elle consid&#233;rait la p&#233;riode propice &#224; la r&#233;volution imm&#233;diate, en d&#233;pit des d&#233;faites des r&#233;volutions allemande et chinoise, et de la mont&#233;e du fascisme en Italie et en Allemagne. Les communistes refusaient toute alliance avec le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, mettant au m&#234;me plan la gestion du syst&#232;me par un gouvernement de gauche que la politique des mouvements fascistes, issus d'une crise du syst&#232;me. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; traitait le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;social-fasciste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; l'&#233;poque. Mais face au r&#233;armement allemand, Staline avait besoin d'alli&#233;s parmi les gouvernements occidentaux alors il ne fallait surtout pas alimenter les tensions sociales au sein des pays occidentaux. D&#233;but mai Thorez &#233;crit dans L'Humanit&#233; contre le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bloc&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avec les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sociaux-fascistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avant de partir &#224; Moscou. Au lendemain de son retour il signe un article intitul&#233; &lt;i&gt;Pour l'action commune imm&#233;diate&lt;/i&gt;. La ligne du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; devient celle du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Front populaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et de la d&#233;fense de la France. En 1935 Staline et Laval, pr&#233;sident du conseil, signent un pacte de coop&#233;ration. D&#232;s la signature du pacte Staline-Laval le travail antimilitariste des jeunes communistes est arr&#234;t&#233;. Ainsi on chante la Marseillaise lors des manifestations du 14&#160;juillet et on porte des drapeaux tricolores. Thorez, parle du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;peuple&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au lieu des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;travailleurs&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et &#233;voque m&#234;me la possibilit&#233; d'une alliance avec le parti Radical dont la meilleure caract&#233;risation reste celle de Trotsky&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Le parti &#224; l'aide duquel la grande bourgeoisie entretenait les espoirs de la petite bourgeoisie en une am&#233;lioration progressive et pacifique de sa situation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Victoire &#233;lectorale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 1936 l'alliance &#233;lectorale &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;-Radical est scell&#233;e. Les r&#233;sultats &#233;lectoraux refl&#232;tent la dynamique enclench&#233;e depuis 1934. C'est le Front populaire qui remporte les &#233;lections mais c'est loin d'&#234;tre un raz de mar&#233;e. Bien plus spectaculaire est la recomposition &#224; gauche. Le Parti communiste double presque ses voix (passant de 800 000 &#224; 1,5 millions de voix, devan&#231;ant le Parti radical) et obtient 72 d&#233;put&#233;s au lieu des 11 qu'il avait depuis 1932. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; reste &#224; peu pr&#232;s stable, et c'est le Parti radical qui est le grand perdant. C'est au Parti socialiste, au sein de la coalition du Front populaire, &#224; qui il revient de former un gouvernement. A droite c'est la droite dure qui se renforce. Dans la situation de crise politique et sociale il y a une dynamique de polarisation politique &#224; droite, et surtout &#224; gauche. Le &#034;centre&#034;, repr&#233;sent&#233; notamment par le Parti radical ne tient pas. Ce processus est doubl&#233; d'une deuxi&#232;me crise qui va &#233;clater au plein jour pendant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. C'est un gouvernement de Front populaire qui est &#233;lu, sur la base d'un programme essentiellement inspir&#233; de la politique du Parti radical, mais la dynamique &#233;lectorale favorise surtout l'aile gauche de la coalition, et notamment le Parti communiste. Les directions politiques du Front populaire commencent &#224; s'inqui&#233;ter &#224; cause de la radicalisation. Minoritaire &#224; la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, Marceau Pivert, dirigeant du courant de la gauche r&#233;volutionnaire, &#233;crit un article intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/pivert/works/1936/05/pivert_19360527.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Tout est possible&lt;/a&gt;&#8230; qui para&#238;t trois jours apr&#232;s le d&#233;but des gr&#232;ves. Bien qu'il parle plut&#244;t des perspectives avec le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; que celles de la gr&#232;ve, le surlendemain l&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k406728b/f1.chemindefer&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;'&#233;dito de L'Humanit&#233;&lt;/a&gt; lui r&#233;pond en disant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Non&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Tout n'est pas possible&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est un signe de quelle sera l'attitude de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; par rapport au mouvement de masse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a des signes pr&#233;curseurs. Entre avril et mai 1936 le nombre de gr&#232;ves double. Par rapport au d&#233;but de l'ann&#233;e il y a trois fois plus de gr&#232;ves revendiquant des augmentations salariales, et enfin il y en a trois fois plus qui aboutissent en au moins victoire partielle pour les salari&#233;s. Le 14&#160;mai une gr&#232;ve significative d&#233;marre chez l'aviateur Bloch en r&#233;gion parisienne&#160;: les travailleurs occupent l'usine, emp&#234;chant le patron d'employer des jaunes pour continuer la production. En moins de dix jours ils gagnent, et dans L'Humanit&#233; du 24&#160;mai, lors de la manifestation traditionnelle devant le mur des f&#233;d&#233;r&#233;s qui comm&#233;more la commune de Paris, plus de 600 000 travailleurs peuvent lire que la gr&#232;ve avec occupation chez Bloch, ainsi qu'au Havre et &#224; Toulouse, ont donn&#233; des r&#233;sultats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est cette combinaison de retour de combativit&#233; et de sentiment de l&#233;gitimit&#233; donn&#233; par la victoire &#233;lectorale qui pousse les travailleurs dans la gr&#232;ve. L'&#233;lection d'un gouvernement de gauche, aussi mod&#233;r&#233; soit-il, est un encouragement pour les travailleurs, &#233;l&#232;ve les espoirs mais donne aussi confiance d'agir et de revendiquer aupr&#232;s des patrons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux jours plus tard la m&#233;tallurgie parisienne est en gr&#232;ve avec fait nouveau, la participation massive des travailleurs de chez Renault et Citro&#235;n. La gr&#232;ve s'&#233;tend vers d'autres secteurs&#160;: la chimie, le textile, les mines, l'habillement, et d&#233;but juin vers la province, souvent avec occupation du lieu de travail. C'est l'occupation qui terrifie les patrons, car c'est une remise en cause partielle de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le patronat fran&#231;ais est d&#233;j&#224; tr&#232;s inquiet et demande au gouvernement d'intervenir pour trouver un accord.. Plus tard, lors de son proc&#232;s en 1942 sous le r&#233;gime de Vichy, L&#233;on Blum explique, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'initiative premi&#232;re est venue du grand patronat (&#8230;) pour me demander de provoquer au plus vite le contact sur la base du rel&#232;vement g&#233;n&#233;ral des salaires avec l'&#233;vacuation des usines en contrepartie.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 7&#160;juin le gouvernement Blum convoque les patrons et les dirigeants syndicaux &#224; Matignon. Apr&#232;s une nuit de n&#233;gociations Frachon, dirigeant communiste de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; r&#233;unifi&#233;e sort sur le perron de Matignon pour d&#233;clarer, assez &#233;tonn&#233;, qu' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ils&lt;/i&gt; [les patrons] &lt;i&gt;ont c&#233;d&#233; sur tout&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En effet, les cong&#233;s pay&#233;s et la semaine de 40 heures deviendront des lois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; ce moment tout le monde s'attend &#224; un d&#233;nouement tranquille du mouvement de gr&#232;ve, mais quand les r&#233;sultats des n&#233;gociations sont annonc&#233;s dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#224; la grande surprise de tous les dirigeants politiques et syndicaux, les travailleurs d&#233;cident de continuer la gr&#232;ve. D'une part le sentiment d'unit&#233;, cr&#233;&#233; par la lutte antifasciste pousse les travailleurs vers l'unit&#233; dans la gr&#232;ve pour que tous b&#233;n&#233;ficient des acquis, de l'autre les succ&#232;s appellent &#224; d'autres succ&#232;s et encouragent les gr&#233;vistes &#224; continuer. Une estimation conservatrice pour le mois de juin 1936 d&#233;nombre 1,8 million de gr&#233;vistes, 12 142 gr&#232;ves dont 74&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% qui se d&#233;roulent avec occupation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les patrons paniquent et d&#233;clarent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les travailleurs ne semblent pas vouloir trouver une solution dans le cadre d&#233;fini lors des n&#233;gociations&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet c'est pendant la semaine qui suit les accords de Matignon que la gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralise et s'approfondit touchant des secteurs comme les banques, les assurances, les transports en commun, les coiffeurs, les grands magasins, le b&#226;timent. Ce faisant, elle accentue le double mouvement de radicalisation &#224; gauche d'une partie de plus en plus importante de la classe ouvri&#232;re et d&#233;rive droiti&#232;re des directions politiques et syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mouvement interprofessionnel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de l'int&#233;rieur, le socialiste Salengro affirme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;je maintiendrai l'ordre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. L'Humanit&#233; annonce &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; la n&#233;gociation doit continuer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et le 11&#160;juin, dans un meeting Maurice Thorez d&#233;clare &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Il faut savoir terminer une gr&#232;ve d&#232;s que satisfaction a &#233;t&#233; obtenue&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pour des millions de travailleurs satisfaction n'avait pas encore &#233;t&#233; obtenue. Au lendemain des n&#233;gociations de Matignon, se tient une premi&#232;re r&#233;union de d&#233;l&#233;gu&#233;s de diff&#233;rentes usines en gr&#232;ve &#224; l'appel des gr&#233;vistes de chez Hotchkiss en r&#233;gion parisienne. 33 usines sont repr&#233;sent&#233;es, le 11&#160;juin ce sont 280 usines qui envoient des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; ce comit&#233; de gr&#232;ve. Le comit&#233; de gr&#232;ve tient t&#234;te &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; et refuse de signer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, le parti communiste et la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, r&#233;ussissent &#224; imposer la reprise du travail, m&#234;me si elle ne se fait pas sans probl&#232;mes. Par exemple, le 14&#160;juillet 1936 il y a encore 160 000 gr&#233;vistes et 600 occupations en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plusieurs &#233;l&#233;ments expliquent le d&#233;nouement. D'abord la gr&#232;ve est per&#231;ue comme une gr&#232;ve contre les patrons, non pas contre le gouvernement, au contraire, la victoire &#233;lectorale du Front populaire est ressentie par une majorit&#233; de travailleurs comme une victoire pour leur camp. Entre mai et novembre 1936 le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; passe de 128 000 &#224; 200 000 membres. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; passe de 125 000 &#224; 280 000 membres et r&#233;ussit &#224; s'implanter de fa&#231;on impressionnante dans les secteurs gr&#233;vistes. Par exemple chez Renault Billancourt le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; a 6 000 camarades en 55 cellules diff&#233;rentes dans l'usine, contre seulement (!) 120 membres avant la gr&#232;ve. Pour les plus de 100 000 nouveaux membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; le parti &#233;tait encore celui de la R&#233;volution russe ou, au moins, du progr&#232;s social. Pour l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs le cadre l&#233;gal et constitutionnel des &#233;lections &#233;tait celui qui d&#233;limitait l'action politique. A aucun moment la gr&#232;ve de 1936 n'a sembl&#233; &#234;tre antigouvernementale. Cependant il est incontestable que le ph&#233;nom&#232;ne de Hotchkiss, un mouvement de la base, d&#233;mocratique, au sein de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e (beaucoup &#233;taient syndiqu&#233;s) a &#233;t&#233; le d&#233;but d'une direction alternative par rapport &#224; la direction conf&#233;d&#233;rale de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, et peut-&#234;tre les d&#233;buts d'une direction politique alternative &#224; celle du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; et du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. Tout simplement ils ne faisaient pas le poids. Derni&#232;rement, il faut se rappeler que sans les acquis r&#233;els de la gr&#232;ve de 1936 il aurait &#233;t&#233; vraisemblablement impossible de l'arr&#234;ter comme &#231;a. Il &#233;tait possible pour les dirigeants communistes de citer de r&#233;els acquis pour les travailleurs comme raison de reprendre le travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'arriv&#233;e au pouvoir du gouvernement du Front populaire a &#233;t&#233; le v&#233;ritable d&#233;tonateur d'un mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui a arrach&#233; des avanc&#233;es consid&#233;rables pour les travailleurs. Soulignons qu'aucune de ces avanc&#233;es ne figurait dans le programme &#233;lectoral du Front populaire, dirig&#233; par le Parti radical et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, soutenu par le Parti communiste. Elles ont &#233;t&#233; l&#226;ch&#233;es par le patronat sous la pression du mouvement de gr&#232;ve. D&#232;s lors le probl&#232;me pos&#233; &#233;tait la poursuite du mouvement avec les esquisses de pouvoir alternatif, d&#233;mocratique, organis&#233; par en bas. Cela signifiait approfondir, &#233;largir le mouvement, d&#233;velopper des perspectives anticapitalistes et r&#233;volutionnaires&#160;: conseils de travailleurs/interprofessionnels, mouvement ind&#233;pendant de la base de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e (au sein pas en dehors des syndicats de masse) et la construction d'un courant politique r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques mois plus tard, Blum, sous la pression du patronat et sans la pression de la gr&#232;ve d&#233;clare une &#034;pause&#034; dans les r&#233;formes. Les directions politiques et syndicales du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; et de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; ne rompent pas les rangs avec Blum, et c'est en 1938, apr&#232;s la d&#233;mission de Blum, que les d&#233;crets Reynaud reviennent sur les 40 heures pour financer le r&#233;armement. L'issue tragique de ce chemin sera illustr&#233;e par le vote, par l'assembl&#233;e du Front populaire, des pleins pouvoirs &#224; P&#233;tain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
J. Kergoat &lt;i&gt;La France du Front Populaire&lt;/i&gt; Editions la d&#233;couverte 1986&lt;br class='autobr' /&gt;
J. Danos, M.&#160;Gibelin &lt;i&gt;Juin 36&lt;/i&gt; Editions la d&#233;couverte 1986&lt;br class='autobr' /&gt;
L. Trotsky &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ouvalafrance/ovlf.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;O&#249; va la France&lt;/a&gt; dans Le mouvement communiste en France Editions de Minuit 1967&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et aussi, pour un aper&#231;u de la radicalisation au sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
D. Gu&#233;rin &lt;i&gt;Front Populaire R&#233;volution Manqu&#233;e&lt;/i&gt; &#233;ditions Actes Sud 1997&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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