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	<title>Revue Que Faire ?</title>
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	<description>Site web de la revue &#034;Que Faire ?&#034;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Revue Que Faire ?</title>
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		<title>Cronstadt 1921 : les difficult&#233;s de l'exercice du pouvoir</title>
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		<dc:date>2009-10-20T21:28:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rodolphe Juge</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 2 Mars 1921, la forteresse de Cronstadt situ&#233;e sur l'&#238;le Kotline, place forte face &#224; Petrograd, constitue un Comit&#233; r&#233;volutionnaire provisoire et fait ainsi s&#233;cession avec le pouvoir sovi&#233;tique central. Dans les jours suivants, le foss&#233; se creuse de plus en plus entre la forteresse et Moscou. Le 7 Mars, l'Arm&#233;e Rouge lance les hostilit&#233;s. La r&#233;pression de l'insurrection durera 11 jours. Onze jours de combats meurtriers et fratricides. Le 18 Mars, la r&#233;volte est &#233;touff&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Les marins de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no09-aout-octobre" rel="directory"&gt;Que Faire ? - LCR - n&#176;09 - Ao&#251;t / Octobre 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/Guerre" rel="tag"&gt;Guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 2 Mars 1921, la forteresse de Cronstadt situ&#233;e sur l'&#238;le Kotline, place forte face &#224; Petrograd, constitue un Comit&#233; r&#233;volutionnaire provisoire et fait ainsi s&#233;cession avec le pouvoir sovi&#233;tique central. Dans les jours suivants, le foss&#233; se creuse de plus en plus entre la forteresse et Moscou. Le 7 Mars, l'Arm&#233;e Rouge lance les hostilit&#233;s. La r&#233;pression de l'insurrection durera 11 jours. Onze jours de combats meurtriers et fratricides. Le 18 Mars, la r&#233;volte est &#233;touff&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les marins de Cronstadt avaient jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant en 1917, ils &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme des valeurs s&#251;res. Beaucoup avaient &#233;t&#233; d&#233;tach&#233;s pour remporter des victoires cruciales lors de l'insurrection d'Octobre, pour renforcer les d&#233;tachements de r&#233;quisition de bl&#233; et organiser le pouvoir des soviets locaux. Les marins de Cronstadt &#233;taient devenus des h&#233;ros de la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer qu'en l'espace de quelques ann&#233;es, Cronstadt la Rouge passa de l'avant-garde de la R&#233;volution &#224; l'insurrection face au pouvoir qu'elle avait elle-m&#234;me permis de mettre en place ? Certains diront que les marins ne faisaient que d&#233;fendre corps et &#226;me l'essence m&#234;me de la R&#233;volution face &#224; la dictature naissante du parti communiste. D'autres expliqueront que les marins &#233;taient manipul&#233;s par la contre-r&#233;volution blanche et que la r&#233;pression &#233;tait n&#233;cessaire pour d&#233;fendre le pouvoir des soviets. La r&#233;alit&#233; est &#233;videmment bien plus complexe. Loin de n'&#234;tre qu'une pol&#233;mique, souvent pu&#233;rile aujourd'hui, entre anarchistes et trotskistes, l'&#233;pisode historique de la r&#233;volte de Cronstadt permet de mettre en lumi&#232;re les contradictions d'une soci&#233;t&#233; en reconstruction, les &#233;preuves d'un pouvoir fragile et menac&#233;, le r&#244;le dirigeant du parti qui voit la R&#233;volution russe s'embourber dans son isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; la tradition marxiste conna&#238;t une renaissance dans la recherche d'alternatives au pouvoir capitaliste, il appara&#238;t n&#233;cessaire de revenir sur cet &#233;pisode tragique, non pas pour en avoir une vision monolithique mais afin de s'approprier les probl&#233;matiques concr&#232;tes de la mise en pratique d'une rupture r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Paysannerie et prol&#233;tariat&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de toutes les soci&#233;t&#233;s jusqu'&#224; aujourd'hui est l'histoire de luttes de classes. Cette analyse nous impose de toujours consid&#233;rer l'&#233;tat des classes et de leur rapport de force au sein d'une soci&#233;t&#233;. C'est pour cela qu'il est n&#233;cessaire de rappeler que la Russie d'avant comme d'apr&#232;s la R&#233;volution de 1917 &#233;tait avant tout un pays &#224; majorit&#233; paysanne. Le prol&#233;tariat minoritaire devait n&#233;anmoins avoir un r&#244;le de dirigeant lors de la r&#233;volution socialiste. Le parti bolchevik, d'apr&#232;s l'analyse marxiste, en avait pleinement conscience. Mais il savait aussi que la r&#233;volution ne pouvait avoir lieu sans le soutien, ou m&#234;me un consentement passif, de la paysannerie. L'abolition du pouvoir des grands propri&#233;taires terriens de la Russie tsariste et la r&#233;partition des terres permirent de gagner cette l&#233;gitimit&#233; aupr&#232;s des petits producteurs, appliquant ainsi le mot d'ordre de la R&#233;volution : &#171; &lt;i&gt;du pain, la paix, la terre&lt;/i&gt; &#187;. Cependant, le projet politique de cette petite-bourgeoisie, si paup&#233;ris&#233;e soit-elle, reste intrins&#232;quement inconciliable avec l'abolition de la loi du march&#233; et l'instauration du socialisme. L'alliance de la classe ouvri&#232;re avec la paysannerie ne peut donc &#234;tre que tactique et le plus souvent fragile. L'industrialisation de la Russie ayant un retard immense par rapport &#224; celle des puissances occidentales, les paysans devaient nourrir le prol&#233;tariat des villes dans des conditions et avec les technologies d'un pays arri&#233;r&#233;. Seuls les progr&#232;s technologiques pouvaient lib&#233;rer la paysannerie de ce fardeau et permettre la consolidation d'un prol&#233;tariat majoritaire. Ainsi, les rapports entre la paysannerie et le prol&#233;tariat, en tant que base sociale du r&#233;gime sovi&#233;tique, &#233;taient tr&#232;s tendus. Le contexte post- r&#233;volution ne va faire qu'empirer la condition paysanne, la poussant &#224; la r&#233;volte et faisant ainsi trembler le pouvoir sovi&#233;tique. La r&#233;volte des marins de Cronstadt, issus pour la plupart de la paysannerie, fut un terrible sympt&#244;me de ce m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise du communisme de guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution d'Octobre fait tomber le gouvernement provisoire de Kerenski, transf&#233;rant ainsi &#171; &lt;i&gt;tout le pouvoir aux soviets&lt;/i&gt; &#187;. Les premiers mois se d&#233;roulent dans un certain pacifisme. Ce n'est que le calme avant la temp&#234;te, le temps que les anciens commandants militaires tsaristes se r&#233;organisent. L'affrontement entre r&#233;volutionnaires et contre-r&#233;volutionnaires se pr&#233;pare. L'Arm&#233;e Rouge na&#238;t en f&#233;vrier 1918. La guerre civile d&#233;bute en mai. &#192; l'&#233;t&#233; 1919, trois arm&#233;es blanches, par des directions diff&#233;rentes, doivent se diriger vers Moscou. Wrangel est &#224; la t&#234;te de l'une d'elles et prendra la t&#234;te de l'Arm&#233;e Blanche en avril 1920. La guerre civile prend fin en d&#233;cembre 1920 mais au prix d'un d&#233;sastre humain et &#233;conomique &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les bataillons de l'Arm&#233;e Rouge, comptant plus de 300 000 hommes sous le commandement de Trotsky, sont souvent compos&#233;s des meilleurs &#233;l&#233;ments, les plus convaincus de la R&#233;volution, venant y compris de Cronstadt la Rouge. La guerre civile retire de trop nombreux dirigeants aux soviets locaux. L'affaiblissement des directions combin&#233; aux conditions mat&#233;rielles de plus en plus &#233;touffantes, que nous d&#233;taillerons plus tard, aura des cons&#233;quences politiques majeures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix pour les paysans est encore plus lourd. En juin 1918, le communisme de guerre est instaur&#233;. Apr&#232;s le renversement des grands propri&#233;taires terriens, les petits paysans pensaient enfin pouvoir &#234;tre ma&#238;tres de leurs terres. Mais l'approvisionnement des villes et le ravitaillement de l'Arm&#233;e Rouge n&#233;cessitent la cr&#233;ation de d&#233;tachements charg&#233;s de r&#233;quisitionner non seulement les c&#233;r&#233;ales, mais aussi chevaux, charrettes et produits de premi&#232;res n&#233;cessit&#233;s (sel, savon&#8230;). Les paysans se voient ainsi d&#233;poss&#233;d&#233;s sans la moindre compensation. Le m&#233;contentement grandissant, les d&#233;tachements deviennent de v&#233;ritables arm&#233;es de r&#233;quisitions, comptant au total 5 millions d'hommes. De nombreux abus de pouvoir sont commis, les r&#233;quisitions sont souvent violentes, parfois meurtri&#232;res en d&#233;pit des d&#233;nonciations de L&#233;nine qui ne changent rien &#224; l'attitude des d&#233;tachements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les paysans ne sont pas ignorants des difficult&#233;s de la situation et restent farouchement oppos&#233;s au retour des blancs au pouvoir. Leurs dol&#233;ances, remont&#233;es via les soviets, demandent le remplacement des r&#233;quisitions par une taxe en nature, la libre disposition des exc&#233;dents et l'approvisionnement en mati&#232;re premi&#232;re comme le fer. Mais elles restent lettres mortes, du moins temporairement. La r&#233;action des paysans est simple : maintenir la production &#224; leurs stricts besoins pour &#233;viter les r&#233;quisitions. Combin&#233; &#224; la d&#233;vastation des terres par la guerre civile et au manque d'entretien des outils, cette attitude fait chuter de 40 % l'&#233;tendue des terres cultiv&#233;es en 1921 par rapport &#224; 1913. La production baisse de 50 % durant cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le communisme de guerre a certes permis de vaincre dans un premier temps la contre-r&#233;volution mais au d&#233;triment de l'hostilit&#233; de la paysannerie. La m&#233;fiance traditionnelle des paysans russes envers l'Etat central s'accentue de mois en mois, d'autant qu'ils ne voient plus aucune justification dans la continuation du communisme de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la fin de l'ann&#233;e 20 se distingue par un apaisement sur tous les fronts&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'armistice avec la Pologne est sign&#233; le 12 octobre 1920, de m&#234;me que des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La lev&#233;e du blocus alli&#233; et l'interruption de l'intervention arm&#233;e en Russie fait place au retour de la diplomatie et d'&#233;changes commerciaux, notamment avec l'Italie et la Grande Bretagne. Enfin, l'arm&#233;e blanche de Wrangel ne recevant plus de financement ext&#233;rieur, sa d&#233;faite &#224; l'automne 1920 sonne le glas de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors tr&#232;s bien l'incompr&#233;hension de la paysannerie qui continue de subir les rigueurs du communisme de guerre. De plus, la fin de la guerre civile provoque une forte d&#233;mobilisation au sein de l'Arm&#233;e Rouge qui perd ainsi la moiti&#233; de ses effectifs, c'est-&#224;-dire pr&#233;s de 2 500 000 hommes rejoignant pour beaucoup la campagne. &#192; leur retour, la r&#233;alit&#233; du quotidien de leur famille les frappe de plein fouet : r&#233;quisitions, violences, froid, famine, &#233;pid&#233;mie, etc. Lorsque la violence individuelle de ces anciens soldats se joint au m&#233;contentement de la paysannerie, l'explosion est in&#233;vitable. En f&#233;vrier 1921, la Tch&#233;ka d&#233;nombre 118 foyers de r&#233;voltes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains bolcheviks comme Ossinski mettent de l'huile sur le feu en pr&#244;nant non seulement les r&#233;quisitions mais aussi la coercition n&#233;cessaire des paysans, le centralisme de l'&#201;tat dans tous les domaines notamment &#224; travers les fermes d'&#201;tat. Cette position polarise le VIIIe congr&#232;s des soviets en d&#233;cembre 1920. Les paysans font un v&#233;ritable toll&#233;, soutenus par les mench&#233;viks et les Socialiste R&#233;volutionnaire (SR). La majorit&#233; des bolch&#233;viks pousse pour la continuation du communisme de guerre sans pour autant d&#233;fendre les positions extr&#234;mes d'Osinski. Quant &#224; lui, L&#233;nine est le plus conscient du danger des r&#233;voltes paysannes. Il envisage m&#234;me un moment de r&#233;pondre aux dol&#233;ances des paysans, notamment &#224; travers des d&#233;crets en pr&#233;paration de la Nouvelle Economie Politique (NEP). Mais il ne d&#233;fend pas ces r&#233;formes, convaincu de la fragilit&#233; de la fin de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains diront que ces r&#233;formes auraient &#233;touff&#233; dans l'&#339;uf la r&#233;volte de Cronstadt.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La situation dans les villes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la situation a d&#233;j&#224; d&#233;bord&#233;. Le m&#233;contentement s'est &#233;largi aux villes et dans l'industrie. Les conditions mat&#233;rielles plus qu'&#233;prouvantes, l'affaiblissement des directions politiques et les ravages sur la production industrielle engendrent la d&#233;sorganisation de la classe ouvri&#232;re et de fait son &#233;loignement du pouvoir sovi&#233;tique. Les chiffres sont &#233;loquents. &#192; la fin de 1920, la production industrielle n'atteint que 20 % du niveau de 1913. En effet, les d&#233;g&#226;ts sur les champs p&#233;trolif&#232;res et dans les bassins houillers causent une r&#233;elle p&#233;nurie en combustible, le blocus ayant emp&#234;ch&#233; toutes importations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Compar&#233; &#224; l'avant-guerre, la production de charbon n'est que de 25 %, 30 % (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le peu de production se heurte aux probl&#232;mes de l'approvisionnement : plus de 7 000 ponts et 20 000 km de voie ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Tout le r&#233;seau de transport et de communication est &#224; reconstruire. C'est simple, les usines ne produisent plus. Les biens de consommations, de premi&#232;res n&#233;cessit&#233;s, chaussures, textiles, etc, connaissent les m&#234;mes probl&#232;mes. Le d&#233;sastre devient sanitaire, les gens meurent de faim, de froid, du typhus ou du chol&#233;ra. Le ravitaillement est rationn&#233;, irr&#233;gulier et r&#233;parti de fa&#231;on pr&#233;f&#233;rentielle. Le march&#233; noir explose, mais l'inflation a compl&#232;tement d&#233;valu&#233; la monnaie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le salaire r&#233;el en 1920 ne vaut que 8,6 % de celui de 1913.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les citadins br&#251;lent tous ce qu'ils peuvent pour se chauffer, troquent le peu qu'ils leur restent contre de la nourriture. Beaucoup pr&#233;f&#232;rent retourner dans les campagnes : entre octobre 1917 et ao&#251;t 1920, la population de Moscou a chut&#233; de 50 %, P&#233;trograd est pass&#233;e de 2 500 000 habitants &#224; 750 000. L'industrie a perdu durant cette p&#233;riode la moiti&#233; de ses travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky pensent pouvoir redresser l'&#233;conomie en employant la m&#234;me m&#233;thode que pour l'Arm&#233;e Rouge. Il envoie des contingents d&#233;mobilis&#233;s dans les usines et proc&#232;de &#224; une r&#233;elle militarisation du travail : rigueur, hi&#233;rarchie, etc. Les conseils d'usines c&#232;dent le pouvoir &#224; l'&#201;tat suite aux nationalisations. L'objectif est de r&#233;soudre l'impasse d'une gestion purement locale qui ne peut pas saisir l'ensemble des difficult&#233;s mat&#233;rielles. Par obligation d'efficacit&#233;, l'&#201;tat fait appel &#224; d'anciens experts, leur accordant certains privil&#232;ges. Les ouvriers ressentent ces r&#233;formes comme un affront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus et en d&#233;pit de la ruine de tous les secteurs &#233;conomiques, l'administration a vu une prolif&#233;ration gigantesque de fonctionnaires, bureaucrates &#224; cols blancs. L&#233;nine lui-m&#234;me le reconna&#238;t : &#171; &lt;i&gt;la construction d'une machine ou l'organisation d'un bureau, l'&#233;tablissement d'un plan ou l'enseignement dans une &#233;cole obligeaient &#224; utiliser le services de ces gens et souvent &#224; remettre dans leurs mains la direction effective.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#233;nine, &#338;uvres, vol.27, p. 11&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En pratique, &#171; &lt;i&gt;entre le premier semestre 1918 et le premier semestre 1919, le nombre de fonctionnaires passa en effet de 114 539 unit&#233;s, pour un &#201;tat embryonnaire il est vrai, &#224; 529 841. Mais au terme de l'ann&#233;e 1920, l'effectif de l'appareil administratif sovi&#233;tique ne comprenait pas moins de 5 880 000 fonctionnaires&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marcel Liebman, Le l&#233;ninisme sous L&#233;nine, tome 2, p. 168.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le r&#233;gime se sent impuissant face &#224; ce processus incontr&#244;lable de bureaucratisation. L&#233;nine ne manque pas d'exprimer sa rage devant le comit&#233; ex&#233;cutif central en janvier 1919 : &#171; &lt;i&gt;notre ennemi int&#233;rieur aujourd'hui, ce sont les sp&#233;culateurs et les bureaucrates&lt;/i&gt; &#187; et en 1922 : &#171; &lt;i&gt;Tout a sombr&#233; chez nous dans l'infect marais bureaucratique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ceci ne change en rien au fait que les ouvriers se sentent non seulement &#233;cras&#233;s physiquement mais aussi, et surtout, politiquement. Apr&#232;s les campagnes, le d&#233;sordre et la r&#233;volte surgissent dans les villes, les industries et se r&#233;pand dans l'arm&#233;e et la marine, jusqu'&#224; l'explosion de Cronstadt en mars 1921.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;P&#233;trograd et Cronstadt&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une vague de gr&#232;ves d&#233;ferle dans les grandes villes russes. Suite aux graves p&#233;nuries de ravitaillement, les ouvriers cessent le travail et multiplient les r&#233;unions dans les usines. Moscou est touch&#233;e en f&#233;vrier 1921 suivie de pr&#232;s par P&#233;trograd &#224; la fin du mois. Les premi&#232;res manifestations s'organisent autour de mots d'ordre tels que &#171; &lt;i&gt;libert&#233; de commerce, augmentation des rations alimentaires, abolition des r&#233;quisitions de c&#233;r&#233;ales&lt;/i&gt; &#187;. Ouvriers et paysans font causes communes face au r&#233;gime consid&#233;r&#233; de plus en plus comme liberticide et autoritaire. En effet, les revendications &#233;conomiques prennent tr&#232;s vite une tournure politique. Les ouvriers r&#233;clament l'&#233;viction des d&#233;tachements arm&#233;s des usines ainsi que plus de libert&#233;s individuelles et le respect du pluralisme politique. Un flot de propagande anti-communiste se r&#233;pand, souvent non sign&#233; mais d'inspirations mench&#233;vik et SR &#233;videntes. Pour calmer le mouvement de r&#233;volte, la strat&#233;gie de Zinoviev, responsable local de P&#233;trograd, combine force, concessions et contre-propagande. En effet, les bolcheviks sont toujours consid&#233;r&#233;s comme le meilleur bouclier face &#224; la menace du retour des blancs. Les rations sont augment&#233;es et les &#233;changes commerciaux ville-campagne sont facilit&#233;s tout en conservant une force de contr&#244;le des sp&#233;culateurs du march&#233; noir. La strat&#233;gie est payante. La r&#233;volte n'a pas le temps d'atteindre l'insurrection arm&#233;e contre le r&#233;gime et le travail reprend les 2, 3 mars 1921. Mais il est trop tard. Les liens historiques qui soudent P&#233;trograd et Cronstadt ont d&#233;j&#224; allum&#233; le feu aux poudres de la forteresse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pr&#233;misses de la r&#233;volte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cronstadt est une ville forteresse situ&#233;e sur l'&#238;le Kotline, face &#224; P&#233;trograd, prise entre les glaces chaque ann&#233;e entre la fin novembre et mars-avril. R&#233;put&#233;e inexpugnable, la p&#233;riode de gel fragilise n&#233;anmoins sa capacit&#233; de d&#233;fense paralysant les vaisseaux de ligne et permettant une attaque terrestre de l'infanterie. La r&#233;volution de 1905 a consolid&#233; une tradition identitaire et de r&#233;volte anti-puissant chez les marins de Cronstadt. La r&#233;volution de 1917 illustre parfaitement ce caract&#232;re. D&#232;s mars 1917, le soviet de Cronstadt ne reconna&#238;t pas l'autorit&#233; du gouvernement provisoire de K&#233;renski et rentre en dissidence en mai fondant une Commune du type de la Commune de Paris. La place de l'Ancre pouvant contenir 25 000 personnes est le lieu d'assembl&#233;es quotidiennes, seconde instance politique apr&#232;s le soviet. La gloire et l'int&#233;grit&#233; r&#233;volutionnaire des marins sont av&#233;r&#233;es par leur participation aux journ&#233;es de juillet 17, &#224; la d&#233;faite du coup d'&#201;tat du g&#233;n&#233;ral Kornilov, &#224; l'assaut du Palais d'Hiver puis sur tous les fronts contre les blancs. Ce sont au total plus de 40 000 Cronstadiens qui grossiront les rangs de l'Arm&#233;e Rouge et diffuseront leur ardeur r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup perdent la vie durant la guerre civile. La cons&#233;quence organique de ces pertes est rude. Alors que le soviet de Cronstadt &#233;tait &#224; majorit&#233; ouvri&#232;re en 1917, l'origine paysanne (notamment ukrainienne) atteint pr&#232;s de 75 % en 1921. Cette &#233;volution donne une partie de l'explication du rapprochement politique des marins vers les revendications des SR. Plusieurs positions illustrent ce ph&#233;nom&#232;ne. D&#232;s la chute du gouvernement provisoire, &#171; &lt;i&gt;par m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de toute forte concentration d'autorit&#233;,le soviet de Cronstadt se mit &#224; demander avec insistance la formation d'un gouvernement de coalition, au sein duquel tous les groupes socialistes seraient repr&#233;sent&#233;s&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Avrich, La trag&#233;die de Cronstadt, p. 66.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ensuite, le trait&#233; de Brest-Litovsk, sign&#233; en f&#233;vrier 1918, est consid&#233;r&#233; comme une reddition face &#224; l'imp&#233;rialisme allemand. On reconna&#238;t parfaitement l'influence SR et celle des paysans Ukrainiens occup&#233;s par l'Allemagne. On peut tout &#224; fait comprendre la justesse de ces arguments. Cependant, tout un ensemble de crit&#232;res n'&#233;tait pas pris en compte par les marins et leurs &#339;ill&#232;res les emp&#234;chaient de comprendre l'&#233;laboration d'une strat&#233;gie p&#233;renne et globale des bolcheviks. Le communisme de guerre ravive la virulence des marins &#224; l'encontre de ce qu'ils appellent la &#171; &lt;i&gt;commissariocratie&lt;/i&gt; &#187;, notamment &#224; cause du remplacement des conseils de navires par un commissariat dirigeant la flotte, et vont traiter le r&#233;gime de &#171; &lt;i&gt;pillard de paysans&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que le bruit des premi&#232;res gr&#232;ves de P&#233;trograd parvient &#224; Cronstadt, les marins envoient une d&#233;l&#233;gation le 26 f&#233;vrier 1921 pour s'informer des revendications des gr&#233;vistes. &#192; leur retour, les matelots du vaisseau de ligne P&#233;tropavlosk se r&#233;unissent et votent une r&#233;solution de 15 points. L'essentiel reprend les revendications &#233;conomiques et politiques des r&#233;voltes paysannes et citadines, en tout premier lieu : la r&#233;&#233;lection des soviets pour laisser la place &#224; tous les partis socialistes et en finir avec l'h&#233;g&#233;monie des bolcheviks. Cette revendication restera jusqu'&#224; la fin de la r&#233;volte mais n'ira pas jusqu'&#224; l'appel au retour de l'Assembl&#233;e Constituante r&#233;clam&#233; par les SR de droite. Ce point caract&#233;rise pleinement le fait que les marins ne sont influenc&#233;s ni par les SR de droite, ni par les blancs &#233;migr&#233;s qui en fins opportunistes revendiquent &#171; &lt;i&gt;les soviets sans bolcheviks&lt;/i&gt; &#187;. Les marins sont conscients que la Constituante comme l'&#233;vincement des bolcheviks seraient une br&#232;che pour le retour progressif des blancs au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mars 1921, la r&#233;solution est pr&#233;sent&#233;e en AG sur la place de l'Ancre. Un matelot du P&#233;tropavlosk, P&#233;tritchenko, pr&#233;side la s&#233;ance r&#233;unissant plus de 15 000 personnes. Trois dirigeants communistes sont pr&#233;sents : Vassiliev, pr&#233;sident du soviet de Cronstadt, Kouzmine, commissaire politique de la flotte Baltique, et Kalinine, pr&#233;sident du comit&#233; ex&#233;cutif panrusse des soviets, venu expr&#232;s de P&#233;trograd pour assister au meeting. Leur pr&#233;sence n'attire aucune objection, bien au contraire, les marins pensent pouvoir &#234;tre entendus. Mais apr&#232;s le compte-rendu de la d&#233;l&#233;gation et la pr&#233;sentation de la r&#233;solution, les marins se heurtent, &#224; leur grand d&#233;sarroi, aux r&#233;criminations de Kouzmine et Kalinine qui sonnent comme des insultes voire des menaces. Seul Vassiliev n'ose pas prendre la parole. Le vote est sans appel, les dirigeants communistes sont les seuls &#224; voter contre, les communistes dans l'assembl&#233;e s'abstiennent. Bon nombre de communistes quitte le parti apr&#232;s ce meeting. Kalinine repart &#224; P&#233;trograd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 mars, 300 d&#233;l&#233;gu&#233;s se r&#233;unissent &#224; la Maison de l'Education pour ent&#233;riner la r&#233;solution et discuter de l'&#233;lection d'un nouveau soviet. Vassiliev et Kouzmine sont pr&#233;sents, mais ce dernier r&#233;it&#232;re ses objections brutales. Les deux dirigeants sont arr&#234;t&#233;s et retenus prisonniers. La r&#233;union se conclut par la dissolution du soviet et la d&#233;signation d'un Comit&#233; R&#233;volutionnaire Provisoire. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;lection d'un nouveau soviet aurait pu passer pour un simple acte d'insubordination puisqu'elle ne mettait pas ouvertement en cause le pouvoir central : la d&#233;signation d'un Comit&#233; r&#233;volutionnaire provisoire, en revanche, appel&#233; &#224; commander la flotte et l'arm&#233;e pr&#233;sentes &#224; Cronstadt &#233;tait un d&#233;fi port&#233; ouvertement aux dirigeants communistes ; Cronstadt se trouvait &#224; partir de ce moment, en &#233;tat de r&#233;bellion arm&#233;e contre le gouvernement&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henri Arvon, La r&#233;volte de Cronstadt, p. 59.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'insurrection de Cronstadt&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'arr&#234;t de la gr&#232;ve &#224; P&#233;trograd le 3 mars est un choc pour les insurg&#233;s qui se sentent de fait isol&#233;s. Le 5 mars, Trotsky et Zinoviev envoient chacun un ultimatum d'une journ&#233;e. L'intervention de quelques anarchistes permet de repousser l'ultimatum d'un jour et de proposer aux marins une rencontre entre d&#233;l&#233;gation. Une fin de non recevoir est envoy&#233;e comme r&#233;ponse &#224; la proposition des bolcheviks. Le soir du 7 mars 1921, l'Arm&#233;e Rouge est contrainte de lancer les hostilit&#233;s. La r&#233;pression de l'insurrection se d&#233;roulera durant le X&#232;me congr&#232;s du Parti communiste qui s'ouvre le 8 mars. Nous n'allons pas d&#233;tailler l'ensemble de la strat&#233;gie militaire mais soulever quelques points. Du c&#244;t&#233; des Rouges, les premi&#232;res attaques sont de petite envergure notamment &#224; cause de la r&#233;ticence de certains soldats souvent issus de la paysannerie. Mais le vote de la NEP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le X&#232;me congr&#232;s du Parti communiste est polaris&#233; par deux d&#233;bats. Celui qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le 15 mars remotive les troupes et surtout isole politiquement Cronstadt qui ne peut plus reculer. Du c&#244;t&#233; de Cronstadt, les marins sont surtout rest&#233;s dans une strat&#233;gie d&#233;fensive. En effet, l' &#171; &lt;i&gt;expert militaire&lt;/i&gt; &#187; commandant l'artillerie de Cronstadt, ancien g&#233;n&#233;ral du Tsar, Kozlovski, conseille de passer &#224; l'attaque en marchant sur les villes les plus proches puis sur P&#233;trograd. Cette strat&#233;gie a des chances de r&#233;ussir, mais les insurg&#233;s ne sont pas dans cette optique et ne lui font pas confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que les insurg&#233;s ne souhaitent pas la chute du r&#233;gime. Mais ils n'en sont pas moins dangereux. Les glaces commencent &#224; fondre et Cronstadt devient bient&#244;t imprenable. Une fois les r&#233;voltes paysannes apais&#233;es, le danger qui guette est &#233;videmment celui de la contre-r&#233;volution. Depuis plusieurs mois, l'&#233;migration blanche, organis&#233;e &#224; Paris sous le nom de Centre National, pr&#233;pare un plan de reconqu&#234;te du pouvoir. Cronstadt est au c&#339;ur de ce plan. Tout est d&#233;taill&#233;e minutieusement dans un m&#233;morandum secret&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Avrich, La trag&#233;die de Cronstadt, p. 223.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le Centre National obtient d'importantes sources de financement et d'aide mat&#233;rielle. Le ravitaillement de la forteresse est pr&#233;vu via la Croix Rouge post&#233;e en Finlande. Le plan pr&#233;voyait d'attendre le d&#233;gel, mais l'insurrection avance l'&#233;ch&#233;ance pr&#233;vue. Une tentative d'approvisionnement a lieu le 8 mars, mais est intercept&#233;e par l'Arm&#233;e Rouge. Le Centre National ne manipulait pas les marins, mais le danger &#233;tait bien r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assauts militaires s'intensifient et Cronstadt est prise par l'Arm&#233;e Rouge le 18 mars 1921. Le bilan &#8211; n&#233;cessairement approximatif - est de 25 000 tu&#233;s et bless&#233;s sovi&#233;tiques et 600 tu&#233;s, 1 000 bless&#233;s et 2 500 prisonniers rebelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors la formule de Trotsky : &#171; &lt;i&gt;une tragique n&#233;cessit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Tragique car fratricide, n&#233;cessaire car la porte aurait &#233;t&#233; ouverte &#224; la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1917 avait repr&#233;sent&#233; le point culminant de la convergence politique, sous la direction des bolcheviks, du prol&#233;tariat et de la paysannerie. Des suites de la n&#233;cessit&#233; du communisme de guerre, la paysannerie d&#233;veloppait une attitude divergente pouvant aller jusqu'&#224; une scission. La r&#233;volte de Cronstadt &#233;tait le produit de cette divergence croissante. Le prol&#233;tariat des villes &#8211; de surcro&#238;t profond&#233;ment d&#233;compos&#233; par la guerre par rapport &#224; 1917, et auquel se substituait de fait le Parti Communiste &#8211; n'&#233;tait plus en capacit&#233; d'entra&#238;ner la paysannerie. Le r&#244;le du parti &#233;tait donc d'emp&#234;cher cette scission fatidique pour la r&#233;volution. La NEP &#233;tait certes un recul tactique mais n&#233;anmoins n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, sans avoir de r&#233;elle strat&#233;gie, les marins de Cronstadt s'&#233;taient lanc&#233;s dans une bataille politique avec les communistes. On pouvait retrouver en filigranes des influences SR et anarchistes. Aussi, cet &#233;pisode historique r&#233;v&#233;la donc le conflit entre deux strat&#233;gies politiques divergentes. L'une, centraliste, tentait de mettre en place la dictature du prol&#233;tariat. L'autre, d&#233;centralis&#233;e, faisait confiance &#224; la spontan&#233;it&#233; r&#233;volutionnaire des masses laborieuses. Mais la r&#233;alit&#233; des conditions objectives que nous avons d&#233;taill&#233;e a cr&#233;&#233; in&#233;vitablement un reflux de la conscience de classe. La recrudescence de l'antis&#233;mitisme, la volont&#233; de retour &#224; une forme de capitalisme et la naissance d'une bureaucratie &#233;go&#239;ste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le passage sur la bureaucratie de Marcel Liebman, Le l&#233;ninisme sous L&#233;nine, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en &#233;taient de parfaits sympt&#244;mes. Le recours &#224; la spontan&#233;it&#233; semble &#234;tre alors le fruit d'un avant-gardisme gauchiste et utopiste. Pour le parti bolchevik, L&#233;nine se heurta aussi &#224; cette r&#233;alit&#233;. L'&#233;preuve du pouvoir est bien plus complexe que dans la th&#233;orie de &lt;i&gt;L'&#201;tat et la R&#233;volution&lt;/i&gt;. La contre-r&#233;volution et la guerre civile &#233;taient in&#233;vitables. Mais l'internationalisation de la r&#233;volution &#233;tait une condition n&#233;cessaire pour qu'un pays, d'autant plus un pays arri&#233;r&#233;, puisse mener &#224; bien une r&#233;volution socialiste. L'isolement politique et &#233;conomique de la r&#233;volution russe eut un impact d&#233;terminant sur le pourrissement du contexte objectif. Cette situation produisit la trag&#233;die que f&#251;t la r&#233;volte des marins de Cronstadt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les donn&#233;es chiffr&#233;es proviennent de &lt;i&gt;La trag&#233;die de Cronstadt&lt;/i&gt;, Paul Avrich&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'armistice avec la Pologne est sign&#233; le 12 octobre 1920, de m&#234;me que des trait&#233;s de paix avec la Finlande, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Perse et l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Compar&#233; &#224; l'avant-guerre, la production de charbon n'est que de 25 %, 30 % pour le p&#233;trole, 3 % pour la fonte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le salaire r&#233;el en 1920 ne vaut que 8,6 % de celui de 1913.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;nine, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, vol.27, p. 11&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marcel Liebman, &lt;i&gt;Le l&#233;ninisme sous L&#233;nine&lt;/i&gt;, tome 2, p. 168.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Avrich, &lt;i&gt;La trag&#233;die de Cronstadt&lt;/i&gt;, p. 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henri Arvon, &lt;i&gt;La r&#233;volte de Cronstadt&lt;/i&gt;, p. 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le X&#232;me congr&#232;s du Parti communiste est polaris&#233; par deux d&#233;bats. Celui qui fait rage depuis plusieurs mois sur les syndicats. Et celui sur la mise en place de la Nouvelle Economie Politique devenue plus que n&#233;cessaire suite &#224; l'insurrection de Cronstadt. Le communisme de guerre est arr&#234;t&#233;. Les r&#233;quisitions sont remplac&#233;es par une taxe en nature et la libert&#233; de gestion des exc&#233;dents. La NEP r&#233;introduit un part du fonctionnement capitaliste avec la libert&#233; des &#233;changes commerciaux. Il &#233;tait n&#233;cessaire de r&#233;pondre aux exigences de la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Avrich, &lt;i&gt;La trag&#233;die de Cronstadt&lt;/i&gt;, p. 223.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le passage sur la bureaucratie de Marcel Liebman, &lt;i&gt;Le l&#233;ninisme sous L&#233;nine&lt;/i&gt;, tome 2, p. 164, est tr&#232;s enrichissant. Une &#233;tude de fond sur le processus de bureaucratisation parall&#232;le de la soci&#233;t&#233; et du Parti permettrait de combattre l'id&#233;e que la forme m&#234;me du parti bolchevik ne pouvait &#233;viter de conduire au stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux &#171; &#226;mes &#187; s&#339;urs ennemies</title>
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		<dc:date>2009-09-05T16:41:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rodolphe Juge</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;dition de ce livre remonte &#224; 1966, au moment o&#249; le monde est - soi-disant - divis&#233; en deux blocs, l'un capitaliste, l'autre du &#171; socialisme r&#233;ellement existant &#187;. Le contexte est surtout marqu&#233; par l'&#233;mergence de luttes de masse. &lt;br class='autobr' /&gt; Le milieu &#233;tudiant am&#233;ricain est en pleine effervescence : du Free Speech Movement &#224; Berkeley (dont Draper est un des leaders) aux d&#233;buts de l'opposition &#224; la guerre du Vietnam. La conf&#233;rence tricontinentale se tient &#224; La Havane et tente d'organiser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no10-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire ? - LCR - n&#176;10 - Janvier/mars 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L92xH150/arton23-82ab3.png?1296280490' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;dition de ce livre remonte &#224; 1966, au moment o&#249; le monde est - soi-disant - divis&#233; en deux blocs, l'un capitaliste, l'autre du &#171; socialisme r&#233;ellement existant &#187;. Le contexte est surtout marqu&#233; par l'&#233;mergence de luttes de masse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le milieu &#233;tudiant am&#233;ricain est en pleine effervescence : du Free Speech Movement &#224; Berkeley (dont Draper est un des leaders) aux d&#233;buts de l'opposition &#224; la guerre du Vietnam. La conf&#233;rence tricontinentale se tient &#224; La Havane et tente d'organiser la solidarit&#233; internationale et la r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme. Le combat des Noirs-am&#233;ricains s'est radicalis&#233; et les ghettos se soul&#232;vent au nom du Black Power. Enfin, le mouvement f&#233;ministe conna&#238;t ses pr&#233;misses dans cette p&#233;riode de radicalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation provoque un renouveau de discussion autour du projet et de la th&#233;orie socialiste, tant &#224; travers les questions strat&#233;giques soulev&#233;es par les luttes, que par une critique n&#233;cessaire de l'URSS. C'est dans ce contexte que Hal Draper d&#233;veloppe l'id&#233;e qu'au-del&#224; du prisme traditionnel &#171; r&#233;forme ou r&#233;volution &#187;, il est n&#233;cessaire d'approfondir le d&#233;bat &#224; partir de l'opposition entre &#171; socialisme par en bas &#187; et &#171; socialisme par en haut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte actuel est bien entendu tr&#232;s diff&#233;rent de celui de l'&#233;poque : la chute de l'URSS, le d&#233;clin des partis staliniens, le tournant lib&#233;ral de la traditionnelle social-d&#233;mocratie ainsi que la perte d'h&#233;g&#233;monie des anciennes directions r&#233;formistes dans le mouvement ouvrier. Mais nous vivons aussi une p&#233;riode de renaissance des luttes de masse et un regain d'audience pour l'anticapitalisme. Ces facteurs imposent aux r&#233;volutionnaires de se ressaisir du d&#233;bat r&#233;forme/r&#233;volution dans leur &#233;laboration strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux &#171; &#226;mes &#187; s&#339;urs ennemies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La conclusion de Draper r&#233;sume justement les probl&#233;matiques &#224; affronter et les choix &#224; faire pour ceux qui veulent changer de soci&#233;t&#233;. Ce sont ces probl&#233;matiques qui vont faire diverger deux visions du socialisme :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'aube des soci&#233;t&#233;s humaines, la liste est longue des th&#233;ories qui &#171; prouvent &#187; que la tyrannie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Draper utilise le terme &#171; tyrannie &#187; avec beaucoup d'emphase. Il parle &#224; mon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est in&#233;vitable et que la libert&#233; est incompatible avec la d&#233;mocratie. Il n'y a gu&#232;re d'id&#233;ologie plus commode pour la classe dirigeante et ses supp&#244;ts intellectuels. Ce sont des pr&#233;dictions qui s'auto-accomplissent, dans la mesure o&#249; elles ne sont vraies que dans la mesure o&#249; on les consid&#232;re comme telles. En derni&#232;re analyse, seule la lutte peut d&#233;montrer qu'elles sont fausses. Cette lutte par en bas n'a jamais &#233;t&#233; stopp&#233;e par des th&#233;ories venant d'en haut, et elle a r&#233;ussi &#224; changer le monde plus d'une fois. Opter pour l'une des formes du socialisme par en haut, c'est regarder en arri&#232;re, vers le vieux monde, les vieilles fadaises. Choisir la voie du socialisme par en bas, c'est affirmer le d&#233;but d'un nouveau monde.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hal Draper, Les deux &#226;mes du socialisme, Syllepse, 2008, p124. &#201;galement en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Draper est principalement une d&#233;nonciation des courants qu'il qualifie de &#171; socialistes par en haut &#187;, que ce soit par rapport au mod&#232;le social qu'ils d&#233;fendent ou par rapport aux moyens envisag&#233;s pour aboutir &#224; cette fin. Sa ligne directrice est celle du rapport entre les fins et les moyens pour mener ce changement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La contribution de Catherine Samary insiste sur ce point dans Les deux &#226;mes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, en d&#233;pit m&#234;me d'une convergence possible sur un mod&#232;le alternatif, le rapport &#224; la lutte de masse par en bas est rest&#233; conflictuel chez les socialistes. Il d&#233;montre qu'au fil de la g&#233;n&#233;alogie du socialisme, deux &#171; &#226;mes &#187; divergentes se sont continuellement oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#171; anc&#234;tres &#187; socialistes aux socialistes modernes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Draper revient dans son premier chapitre sur des figures historiques comme Plutarque, Platon, Gracchus pour d&#233;montrer que d&#232;s ces p&#233;riodes antiques de la lutte des classes, on peut &#171; &lt;i&gt;observer une tendance collectiviste sans d&#233;mocratie et une tendance d&#233;mocratique sans collectivisme&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op.cit., p 48.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut attendre Thomas M&#252;nzer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dirigeant de l'aile gauche r&#233;volutionnaire de la R&#233;forme allemande, il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour voir une fusion de ces deux tendances, un mod&#232;le social collectiviste appuy&#233; par un mouvement d&#233;mocratique venant d'en bas. Quant &#224; son rival, Sir Thomas More, il d&#233;veloppe dans &lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/More_thomas/more_thomas.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Utopie&lt;/a&gt; en 1516 la n&#233;cessit&#233; d'opprimer la nature humaine d&#233;prav&#233;e par une machine d'Etat lubrifi&#233;e par la peur. On retrouve la m&#234;me scission chez Draper lorsqu'il d&#233;crit l'&#233;mergence du socialisme et de la d&#233;mocratie modernes au cours du d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle. Les socialistes par en haut de cette &#233;poque ont en commun une vision que Draper r&#233;sume &#224; la fin du livre comme &#233;tant purement &#233;litiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p 104.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet &#233;litisme peut avoir diff&#233;rentes facettes. D'un c&#244;t&#233;, certains th&#233;oriciens comme Babeuf, Buonarroti et Blanqui ont perdu tout espoir et confiance envers le mouvement populaire post-r&#233;volutionnaire. Cela les pousse &#224; d&#233;velopper que &#171; &lt;i&gt;ce qu'il fallait donc, c'&#233;tait une conspiration de gauche pour recr&#233;er le mouvement populaire et pour exprimer sa volont&#233; r&#233;volutionnaire. [&#8230;] L'ordre nouveau serait donn&#233; au peuple opprim&#233; par l'&#233;lite r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p 53-54.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'&#233;litisme prend la forme d'un m&#233;pris assum&#233; envers la classe opprim&#233;e. Pour Saint Simon, &#171; &lt;i&gt;le peuple, le mouvement, pourrait &#234;tre utile, comme un b&#233;lier manipul&#233; par quelqu'un d'autre&lt;/i&gt; &#187;, il s'agit de &#171; &lt;i&gt;constituer un mouvement par en bas pour construire un socialisme par en haut&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p 55.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour les utopistes comme Fourier ou Owen, le progr&#232;s technologique est mythifi&#233; au point de croire en une conscientisation philanthropique de la classe dirigeante. Les exploit&#233;s ne restent qu'un troupeau et la lutte de classe est enti&#232;rement ni&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, dans tous ces cas, l'&#233;laboration politique est r&#233;serv&#233;e &#224; une minorit&#233; &#233;clair&#233;e qui con&#231;oit un mod&#232;le pr&#233;fabriqu&#233;, si socialiste soit-il, et les masses doivent s'incliner devant elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Marx et les &#233;tatistes ou choisir son camp&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout l'apport de Marx r&#233;side dans la th&#233;orisation du rapport dialectique entre les fins - l'abolition de l'exploitation de classe - et les moyens - la lutte par en bas : &#171; &lt;i&gt;l'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre l'&#339;uvre de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me&lt;/i&gt; &#187;. Marx rend indissociable l'id&#233;e socialiste et la d&#233;mocratie par en bas : &#171; &lt;i&gt; voil&#224; la loi, tout le reste est commentaire !&lt;/i&gt; &#187;. Par contrapos&#233;e, tout socialiste qui n'articule pas dans la th&#233;orie comme dans l'action ces deux id&#233;es, a tendance &#224; se diriger vers la voie du socialisme par en haut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour approfondir les id&#233;es de Marx : Alex Callinicos, Les id&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Draper d&#233;crit l'opposition f&#233;roce qui eut lieu entre les d&#233;fenseurs du socialisme par en bas, dans la lign&#233;e de Marx, et les socialistes par en haut au sein de la construction de la social-d&#233;mocratie anglo-saxonne. Les socialistes &#233;tatistes comme Lassalle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Son but &#233;tait de convaincre Bismarck de faire des concessions, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ses successeurs Webb, Bernstein et d'autres, sont pour une partie d'entre eux rentr&#233; en confrontation directe avec le marxisme ou, pour d'autres, ont d&#233;tourn&#233; le marxisme dans la th&#233;orisation du r&#233;formisme comme strat&#233;gie &#171; des petits pas &#187;. Evidemment, les divergences portent sur l'analyse de l'Etat. Pour les marxistes, comme Morris ou Luxembourg, l'Etat et ses institutions restent un appareil aux mains de la classe dirigeante. De ce fait, ce cadre ne peut pas &#234;tre celui de l'auto-&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re. Toutes strat&#233;gies centr&#233;es sur l'utilisation de l'Etat marginalisent les exploit&#233;s et les opprim&#233;s de l'action politique. Mais les racines des divergences strat&#233;giques entre r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes sont sur le principe d'auto-organisation de la classe ouvri&#232;re et sa position centrale comme &#233;l&#233;ment dirigeant du processus r&#233;volutionnaire vers le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenir &#224; Marx Le XX&#232;me si&#232;cle permet de mettre en &#233;vidence le bilan de l'exp&#233;rience d'un certain &#171; socialisme par en haut &#187;. L'&#233;chec des partis r&#233;formistes &#224; transformer la soci&#233;t&#233; et la chute du stalinisme sont des &#233;l&#233;ments qui permettent aujourd'hui de clarifier un ensemble de contradictions. La d&#233;monstration que l'&#233;tatisation de l'&#233;conomie n'est pas &#233;gale au socialisme a &#233;t&#233; faite dans la pratique. Par ailleurs, le stalinisme et ses avatars ont montr&#233; qu'un Etat ind&#233;pendant de toutes formes de contr&#244;le par les travailleurs se transforme n&#233;cessairement en un appareil coercitif d&#233;fendant ses propres int&#233;r&#234;ts. M&#234;me si ces &#233;checs ont, d'une certaine mani&#232;re, brouill&#233; les rep&#232;res au sein de la classe ouvri&#232;re, la st&#233;rilit&#233; de ces mod&#232;les &#171; socialistes &#187; est une donn&#233;e qui clarifie. Mais il serait faux de croire que m&#233;caniquement la classe ouvri&#232;re aurait perdu toutes illusions envers l'Etat et se tournerait plus vers la r&#233;volution que vers le r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la r&#233;solution des contradictions qui traversent la conscience de classe ne peut pas &#234;tre spontan&#233;e. Dans le syst&#232;me d'exploitation capitaliste, les travailleurs ont un rapport indirect avec ce qu'ils produisent. Leur force de travail est subordonn&#233;e au pouvoir de la classe dirigeante et tout contr&#244;le actif leur est retir&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Ambre Bragard, Qu'est-ce que l'exploitation, Que Faire ? num&#233;ro 9.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette ali&#233;nation est identique par rapport aux d&#233;cisions politiques. Ce syst&#232;me de domination force et convainc la majorit&#233; &#224; d&#233;l&#233;guer tous les pouvoirs &#224; une minorit&#233; d' &#171; experts &#187;. Ces facteurs permettent de comprendre les illusions qui peuvent &#234;tre entretenues envers les &#171; socialistes par en haut &#187; et par cons&#233;quent envers l'Etat. Mais ces illusions ne sont nullement in&#233;branlables et vacillent au rythme du rapport de force entre les classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'&#233;mergence de &#171; socialistes par en haut &#187; est lui aussi complexe. C'est le principal manque du livre de Draper. Trop cantonn&#233; &#224; la d&#233;nonciation des th&#233;oriciens, il ne d&#233;veloppe pas assez les analyses des bases mat&#233;rielles et id&#233;ologiques du socialisme par en haut. N&#233;anmoins, l'argumentation qu'il propose reste plus que pertinente. Il prend notamment l'exemple des intellectuels et des bureaucrates. &#171; &lt;i&gt; C'est un fait que pour l'intellectuel, le choix entre socialisme par en haut et socialisme par en bas est fondamentalement un choix moral, tandis que pour les masses travailleuses, qui n'ont pas d'alternative sociale, c'est une question de n&#233;cessit&#233;. L'intellectuel peut avoir l'option de &#171; rallier l'establishment &#187; alors que le travailleur ne l'a pas. Il en va de m&#234;me des leaders ouvriers qui, &#224; mesure qu'ils s'&#233;l&#232;vent au-dessus de leur classe, sont eux aussi confront&#233;s &#224; des choix qu'ils n'avaient pas auparavant. La pression &#224; se conformer aux moeurs de la classe dominante, &#224; s'embourgeoiser, est d'autant plus forte que les liens personnels et organisationnels avec les couches inf&#233;rieures se distendent. Il n'est pas difficile pour un intellectuel ou un bureaucrate de se convaincre que l'infiltration du pouvoir en place et l'adaptation &#224; celui-ci est la fa&#231;on la plus habile d'arriver &#224; ses fins, lorsque (comme c'est le cas) cela permet aussi de partager les avantages de l'influence et de l'opulence&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hal Draper, Les deux &#226;mes du socialisme, Syllepse, 2008, p 120.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une seule solution : l'auto-organisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors, comme l'&#233;crivait Marx, comment faire pour que la classe ouvri&#232;re se change elle-m&#234;me et se rende apte &#224; la domination politique ? La r&#233;ponse de Draper est sans appel et doit &#234;tre notre boussole permanente : &#171; exclusivement en luttant pour y parvenir ! &#187;. Effectivement, il est illusoire de penser qu'un mouvement peut &#234;tre pur, sans contradiction. Pourtant, c'est bien au c&#339;ur de la lutte pour ses int&#233;r&#234;ts que la classe ouvri&#232;re peut clarifier ses contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un peuple rentre en lutte contre l'oppresseur, la remise en cause de l'ordre &#233;tabli et la perspective d'une alternative se font dans une dynamique de lutte de masse. Soutenir la r&#233;sistance (des palestiniens par exemple) est donc une &#233;vidence car c'est en son sein m&#234;me que le peuple peut se forger une direction d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple lors d'une gr&#232;ve qui d&#233;fie l'exploitation, les travailleurs d&#233;veloppent leur conscience de classe et peuvent remettre en cause les pr&#233;jug&#233;s oppresseurs qui rompent l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure de la crise organisationnelle du mouvement ouvrier, l'enjeu n'est plus de d&#233;noncer l'h&#233;g&#233;monie des directions bureaucratiques mais bien de red&#233;velopper une tradition vers une h&#233;g&#233;monie des travailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Sarah B&#233;nichou, Gramsci : Penser la r&#233;volution au pr&#233;sent, Que Faire ? (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les r&#233;volutionnaires doivent &#234;tre partie prenante du processus pour forger de nouvelles directions pour les luttes. Mais le terrain d'action ne peut se limiter &#224; celui des id&#233;es, l'&#233;cueil &#233;tant d'appara&#238;tre comme des &#171; professeurs rouges &#187;. En effet, partir d'une telle pr&#233;rogative r&#233;volutionnariste conduit &#224; des raccourcis qui ont des similitudes &#233;litistes avec le socialisme par en haut. La lutte pour le socialisme par en bas est incompatible avec toutes formes de paternalisme, condescendance ou substitutisme envers des mouvements emplis de contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien au contraire, le centre de gravit&#233; de notre action r&#233;side au c&#339;ur de l'exp&#233;rimentation du &#171; contr&#244;le ouvrier &#187; et dans notre fa&#231;on de repenser la strat&#233;gie du front unique aux vues des donn&#233;es actuelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Denis Godard, Mettre en chantier l'id&#233;e du contr&#244;le ouvrier, Que Faire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La mainmise des r&#233;formistes et les illusions r&#233;formistes ne sont pas des fatalit&#233;s, mais seule la lutte pour le socialisme par en bas permet de les combattre efficacement. Faire ce choix c'est &#234;tre au quotidien dans le camp des exploit&#233;s et des opprim&#233;s en lutte pour pr&#233;parer d&#233;mocratiquement leur domination politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Draper utilise le terme &#171; tyrannie &#187; avec beaucoup d'emphase. Il parle &#224; mon avis de l'ensemble des syst&#232;mes anti-d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hal Draper, &lt;i&gt;Les deux &#226;mes du socialisme&lt;/i&gt;, Syllepse, 2008, p124. &#201;galement en ligne sous la forme d'un hors s&#233;rie de la revue Solidarit&#233;S : &lt;a href=&#034;http://www.istendency.net/pdf/deuxames.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.istendency.net/pdf/deuxames.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La contribution de Catherine Samary insiste sur ce point dans &lt;i&gt;Les deux &#226;mes du socialisme&lt;/i&gt;, Syllepse, 2008, p 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op.cit.&lt;/i&gt;, p 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dirigeant de l'aile gauche r&#233;volutionnaire de la R&#233;forme allemande, il d&#233;fendait des id&#233;es de type communiste tout en &#233;tant engag&#233; dans une lutte populaire et d&#233;mocratique par en bas. Il sera arr&#234;t&#233; et d&#233;capit&#233; en 1525.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p 104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p 53-54.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., p 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour approfondir les id&#233;es de Marx : Alex Callinicos, &lt;i&gt;Les id&#233;es r&#233;volutionnaires de Marx&lt;/i&gt;, Syllepse, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Son but &#233;tait de convaincre Bismarck de faire des concessions, en particulier le suffrage universel, sur la base duquel un mouvement parlementaire, conduit par Lassalle, pourrait devenir un alli&#233; de masse de l'Etat bismarckien dans le cadre d'une coalition contre la bourgeoisie lib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187;. Hal Draper,&lt;i&gt; Les deux &#226;mes du socialisme&lt;/i&gt;, Syllepse, 2008, p 74.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Ambre Bragard, Qu'est-ce que l'exploitation, &lt;i&gt;Que Faire ?&lt;/i&gt; num&#233;ro 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hal Draper, &lt;i&gt;Les deux &#226;mes du socialisme&lt;/i&gt;, Syllepse, 2008, p 120.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Sarah B&#233;nichou, Gramsci : Penser la r&#233;volution au pr&#233;sent, &lt;i&gt;Que Faire ?&lt;/i&gt; num&#233;ro 8 et Antonio Gramsci : l'h&#233;g&#233;monie comme strat&#233;gie, &lt;i&gt;Que Faire ?&lt;/i&gt; num&#233;ro 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Denis Godard, &lt;a href='https://www.quefaire.lautre.net/Mettre-en-chantier-l-idee-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mettre en chantier l'id&#233;e du contr&#244;le ouvrier&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Que Faire ?&lt;/i&gt; num&#233;ro 10, p 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment le NPA peut- il changer la donne ?</title>
		<link>https://www.quefaire.lautre.net/Comment-le-NPA-peut-il-changer-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.quefaire.lautre.net/Comment-le-NPA-peut-il-changer-la</guid>
		<dc:date>2009-09-05T15:41:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila Soula, Rodolphe Juge</dc:creator>


		<dc:subject>NPA</dc:subject>
		<dc:subject>Crise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le NPA est n&#233; en pleine tourmente, une tourmente totalement en ad&#233;quation avec les raisons de sa fondation. Tourmente de la crise du capitalisme qui exige des perspectives anticapitalistes. Tourmente d'une s&#233;quence qui a vu la possibilit&#233; d'une lutte g&#233;n&#233;rale avec des millions de gr&#233;vistes et de manifestant-e-s lors des journ&#233;es d'action du 29 janvier, du 19 mars et du 1er mai, des gr&#232;ves dures contre les plans de licenciement dans le secteur priv&#233; tandis que le secteur public &#233;tait en lutte (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/que-faire-no01-aout-octobre-2009" rel="directory"&gt;Que Faire ? - n&#176;01 - Ao&#251;t/Octobre 2009&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/NPA" rel="tag"&gt;NPA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quefaire.lautre.net/Crise" rel="tag"&gt;Crise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L82xH150/arton20-020b2.jpg?1793579848' class='spip_logo spip_logo_right' width='82' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le NPA est n&#233; en pleine tourmente, une tourmente totalement en ad&#233;quation avec les raisons de sa fondation. Tourmente de la crise du capitalisme qui exige des perspectives anticapitalistes. Tourmente d'une s&#233;quence qui a vu la possibilit&#233; d'une lutte g&#233;n&#233;rale avec des millions de gr&#233;vistes et de manifestant-e-s lors des journ&#233;es d'action du 29 janvier, du 19 mars et du 1er mai, des gr&#232;ves dures contre les plans de licenciement dans le secteur priv&#233; tandis que le secteur public &#233;tait en lutte (enseignement sup&#233;rieur, h&#244;pitaux, EDF...). Tourmente d'une gauche en crise alors que se profilaient les &#233;lections europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourtant, en apparence du moins, les attentes que cristallise le NPA, sa capacit&#233; &#224; changer la donne ne se sont pas imm&#233;diatement r&#233;alis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions syndicales ont encore r&#233;ussi &#224; paralyser le d&#233;veloppement des luttes, le point d'orgue &#233;tant les manifestations du 1er mai auxquelles aucune suite n'a &#233;t&#233; donn&#233;e, laissant chaque secteur en lutte isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des &#233;lections d&#233;sormais d&#233;connect&#233;es de cette perspective de lutte, la crise de la social-d&#233;mocratie a &#233;t&#233; confirm&#233;e mais sans que cela ne se traduise par une pouss&#233;e significative du NPA ou de la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de cette s&#233;quence ne font que r&#233;activer tous les d&#233;bats, dans le NPA comme dans toute la gauche radicale, questionnant les attentes suscit&#233;es par notre fondation et nourrissant sur des bases plus concr&#232;tes que jamais les d&#233;bats sur la strat&#233;gie &#224; construire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plus que jamais ils veulent nous faire payer la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France comme dans le monde, la crise &#233;conomique s'accentue et met &#224; nu la r&#233;alit&#233; du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre camp social, chacun d'entre nous en subit les cons&#233;quences directes ou indirectes. Les plans de licenciements s'encha&#238;nent &#224; un rythme soutenu. En France, on a atteint le sinistre record de 3 000 licenciements par jour depuis le mois de janvier. Les services publics subissent des attaques sur tous les fronts (autonomie des universit&#233;s, loi Bachelot pour les h&#244;pitaux, suppressions de postes &#224; l'&#233;ducation nationale etc..). Le syst&#232;me capitaliste doit, pour se maintenir, g&#233;n&#233;rer des violences sociales et politiques en stigmatisant les &#233;trangers (politique d'expulsions massives), les jeunes des quartiers populaires (loi sur les bandes, peines de prisons lourdes suite aux &#233;meutes), le mouvement anti-guerre (r&#233;pression des manifs anti-Otan), les mouvements sociaux (r&#233;pression polici&#232;re des rassemblements &#224; coups de flash-bail et peines judiciaires pour les syndicalistes). Tout est mis en &#339;uvre par les classes dirigeantes pour &#233;touffer les contestations, anticipant de nouvelles explosions sociales. Lors des mobilisations des salari&#233;s contre les plans de licenciements, les patrons pr&#233;f&#232;rent l'autisme aux n&#233;gociations, ce qui accentue l'effet de rouleau compresseur du capitalisme sur nos vies. Ce rouleau compresseur aurait pu cr&#233;er une forme de fatalisme d'autant plus que les dirigeants de droite n'ont pas subi la claque &#233;lectorale annonc&#233;e. Alors que la d&#233;faite des directions r&#233;formistes et le score des anti-capitalistes ne semblent pas montrer d'alternative politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant notre camp social r&#233;siste et r&#233;siste bien m&#234;me. Si la g&#233;n&#233;ralisation des luttes a &#233;t&#233; paralys&#233;e, le mouvement n'a pas subi de d&#233;faite frontale. A l'exemple des Continental les luttes les plus d&#233;termin&#233;es sont celles qui obtiennent les meilleurs r&#233;sultats. Le mois de juillet, pourtant peu propice aux mobilisations, a vu se multiplier des luttes au caract&#232;re dur chez Michelin, Nortel, SKF, JLG, New Fabris ou Simmons tandis que l'occupation d'un &#171; minist&#232;re pour la r&#233;gularisation de tous les sans-papiers &#187; &#224; Paris montre qu'il est possible de redonner des perspectives offensives &#224; la lutte des sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais il n'y a pas de saut qualitatif qui renverse le rapport de force&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les questions restent donc plus que jamais ouvertes. Pourquoi le rapport de force ne se renverse pas ? Pourquoi un saut qualitatif n'a pas &#233;t&#233; franchi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de travailleurs attendaient que les conf&#233;d&#233;rations syndicales soient &#224; la hauteur des coups violents inflig&#233;s mais aussi &#224; la hauteur de la radicalisation des r&#233;ponses que les salari&#233;s apportaient. M&#234;me les quelques journ&#233;es espac&#233;es ont &#233;t&#233; largement suivies et soutenues. Les conf&#233;d&#233;rations n'ont pas voulu faire converger les luttes ni d&#233;velopper les liens de solidarit&#233;, n'appelant pas &#224; la g&#233;n&#233;ralisation de peur de perdre le contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front de gauche a refus&#233; de donner une direction cons&#233;quente dans ces luttes, laissant le champ du social aux directions syndicales et se contentant de ne proposer aux travailleurs que le bulletin de vote des &#233;lections europ&#233;ennes. La paralysie du mouvement rendait abstraite la perspective trac&#233;e par le NPA d'une g&#233;n&#233;ralisation des luttes comme point d'appui pour une Europe anticapitaliste. C'est en masse que les jeunes et les travailleurs se sont d&#233;sint&#233;ress&#233;s de cette &#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Clarifier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience des derniers mois pousse du coup le NPA &#224; clarifier son orientation. Elle montre qu'il n'y aura pas de raccourci. La contestation l&#233;gitime des directions syndicales ne peut se substituer &#224; un travail coordonn&#233; visant non seulement &#224; construire et renforcer les syndicats existants mais aussi &#224; structurer les plus combatifs en leur sein. La crise ne fait pas na&#238;tre m&#233;caniquement une conscience r&#233;volutionnaire chez ceux et celles qui r&#233;sistent. La col&#232;re contre les cons&#233;quences de la logique capitaliste continue de cohabiter, chez une tr&#232;s grosse majorit&#233; de nos coll&#232;gues, de nos amis, de nos voisins avec l'id&#233;e qu'on ne peut pas faire plus qu'&#233;viter le pire, que ce qu'il faudrait ce sont de bons dirigeants, vraiment &#224; gauche, pour diriger autrement les institutions, etc. Bref l'id&#233;e que nous, collectivement, ne sommes pas vraiment capables de prendre toutes nos affaires en main. Cette id&#233;e ne peut reculer, &#224; une &#233;chelle de masse en tous cas, qu'au travers des exp&#233;riences m&#234;me partielles d'un pouvoir collectif mis en &#339;uvre dans et par les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'unit&#233; d'action, y compris quand c'est possible avec les r&#233;formistes organis&#233;s, est n&#233;cessaire. Elle permet d'implanter des r&#233;flexes d'organisation et d'actions collectives. Il s'agit donc de construire un parti capable de combiner la prise d'initiatives en vue d'impulser la r&#233;sistance la plus large sur des questions pr&#233;cises avec une d&#233;termination dans l'action pour faire face aux reculs des directions r&#233;formistes. Les tests men&#233;s par le NPA, comme l'organisation du contre-sommet de l'OTAN, la mobilisation pour la r&#233;gularisation des sans-papiers et dans la construction d'une campagne de boycott d'Isra&#235;l, notre implication dans les manifestations, ont donn&#233; des exemples de cette m&#233;thode d'intervention qu'il s'agit d&#233;sormais de g&#233;n&#233;raliser.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la r&#233;sistance &#224; la riposte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais le NPA doit aussi construire, au sein de ces r&#233;sistances, la perspective d'une riposte et les bases d'une autre logique &#224; opposer au capitalisme. Le caract&#232;re de classe des attaques actuelles d&#233;voile le r&#244;le des institutions au service de la classe dirigeante. Dans le combat d'aujourd'hui, il est important que notre camp social d&#233;veloppe la construction de ses propres institutions &#224; travers des assembl&#233;es de quartiers, des assembl&#233;es de travailleurs et d'autres types de cadres &#224; imaginer. Les militants peuvent &#339;uvrer en ce sens en impulsant des pratiques d'auto-organisation sur les diff&#233;rents lieux d'activit&#233; Dans une telle p&#233;riode de confrontation, l'&#233;mergence de formes d'institutions alternatives peut commencer &#224; poser la question du pouvoir sur d'autres bases, donnant &#224; voir et &#224; exp&#233;rimenter le potentiel d'un pouvoir exerc&#233; par les travailleurs eux-m&#234;mes. Le NPA devrait &#234;tre en capacit&#233; de jouer un r&#244;le moteur dans ce processus. La combinaison d'une activit&#233; syndicale cons&#233;quente, de classe, avec l'exp&#233;rimentation de l'auto-organisation &#224; de plus larges &#233;chelles doit lancer une dynamique qui permette aux mouvements de revendiquer le contr&#244;le d&#233;mocratique de l'ensemble des champs de la soci&#233;t&#233; (production, services publics, vie de quartier, etc.). C'est pour cela que dans cette revue nous avons d&#233;velopp&#233; des analyses du syndicalisme, de l'exp&#233;rience du LKP en Guadeloupe et l'exemple des conseils ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour commencer &#224; changer la donne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes des derniers mois ont commence &#224; initier la formation de traditions communes pour les camarades du NPA. De m&#234;me, notre premi&#232;re campagne &#233;lectorale a &#233;t&#233; un test collectif pour les militants, certes avec des limites. M&#234;me si nous n'avons pas connu une perc&#233;e &#233;lectorale, la clart&#233; de notre profil a &#233;t&#233; positive dans le processus de construction des bases du NPA. En effet, notre orientation a &#233;t&#233; de combiner la mise en avant de revendications anticapitalistes, le r&#244;le des luttes de masse comme centre de gravit&#233; dans la construction d'une soci&#233;t&#233; alternative et la question de institutions avec comme discriminant le refus de s'allier au social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit maintenant de tirer des bilans collectifs de ces exp&#233;riences pour d&#233;velopper &#224; la foi l'homog&#233;n&#233;isation du NPA, ses fondements et de strat&#233;gies pour les interventions &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que le programme du NPA n'est pas un projet de soci&#233;t&#233; clef en main. Plus que jamais il s'agit de rester ouvert &#224; l'&#233;mergence de nouvelles directions pour que le NPA soit le creuset o&#249; les anticapitalistes s'organisent, d&#233;battent et testent les strat&#233;gies pour r&#233;volutionner la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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