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	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Next Stop Iran</title>
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		<dc:date>2009-10-07T09:16:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christakis Georgiou</dc:creator>


		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171;&#160;Il faut se pr&#233;parer au pire&#8230; Le pire, c'est la guerre&#160;&#187; Bernard Kouchner sur LCI, fin septembre 2007. Depuis la fin de l'&#233;t&#233;, les tambours de la guerre ont recommenc&#233; &#224; battre tr&#232;s fort. Cette fois-ci, il s'agit de pr&#233;parer l'opinion publique &#224; une guerre contre l'Iran. Et ce, dans un contexte o&#249; le Moyen-Orient est de plus en plus instable. Les menaces contre l'Iran sont un &#233;l&#233;ment de plus dans la strat&#233;gie imp&#233;riale am&#233;ricaine, et la possibilit&#233; d'une nouvelle agression est bien r&#233;elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
La strat&#233;gie (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Imperialisme" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Moyen-Orient" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Il faut se pr&#233;parer au pire&#8230; Le pire, c'est la guerre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Bernard Kouchner sur &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCI&lt;/span&gt;, fin septembre 2007. Depuis la fin de l'&#233;t&#233;, les tambours de la guerre ont recommenc&#233; &#224; battre tr&#232;s fort. Cette fois-ci, il s'agit de pr&#233;parer l'opinion publique &#224; une guerre contre l'Iran. Et ce, dans un contexte o&#249; le Moyen-Orient est de plus en plus instable. Les menaces contre l'Iran sont un &#233;l&#233;ment de plus dans la strat&#233;gie imp&#233;riale am&#233;ricaine, et la possibilit&#233; d'une nouvelle agression est bien r&#233;elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La strat&#233;gie imp&#233;riale am&#233;ricaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la chute du stalinisme, les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; se sont retrouv&#233;s dans une position d'h&#233;g&#233;monie globale incontest&#233;e. Ils jouissaient d'une sup&#233;riorit&#233; &#233;conomique relative et surtout d'une sup&#233;riorit&#233; militaire absolue. Leur strat&#233;gie devait donc s'adapter pour que des rivaux imp&#233;rialistes de taille ne puissent pas &#233;merger. La guerre du Golfe en 1991 avait illustr&#233; la mani&#232;re dont les affaires internationales seraient g&#233;r&#233;es d&#233;sormais&#160;: les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; d&#233;cideraient de remettre &#224; leur place les r&#233;calcitrants comme Saddam Hussein ou Milosevic, par la force si n&#233;cessaire, et derri&#232;re eux se rangeraient les autres puissances, notamment europ&#233;ennes, incapables d'avoir une quelconque autonomie strat&#233;gique. Les ann&#233;es quatrevingt- dix ont &#233;t&#233; une longue s&#233;rie de r&#233;p&#233;titions de ce motif. Le cadre privil&#233;gi&#233; par l'administration Clinton (1993- 2000) pour mener &#224; bien ces campagnes a &#233;t&#233; l'Otan, cherchant &#224; associer les alli&#233;s atlantiques sous le leadership am&#233;ricain. Mais l'administration Clinton &#233;tait tout aussi capable de frapper sans passer par le cadre de l'Alliance Atlantique. L'exemple de sa capacit&#233; &#224; prendre et &#224; ex&#233;cuter des d&#233;cisions unilat&#233;rales sans aucune r&#233;f&#233;rence aux cadres de la concertation inter-imp&#233;rialiste (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONU&lt;/span&gt; et Otan) a &#233;t&#233; le bombardement de Bagdad en D&#233;cembre 1998, de consort avec la Grande Bretagne. La strat&#233;gie de l'administration Clinton n'&#233;tait donc pas multilat&#233;raliste par n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les Am&#233;ricains pr&#233;f&#232;rent agir avec la caution et le soutien d'autres pays s'ils le peuvent. Mais ils sont suffisamment puissants pour agir seuls s'il le faut&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Robert Kagan &#171;&#160;Multilateralism, American style&#160;&#187;, Washington Post, 13&#160;Septembre (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'effort d&#233;ploy&#233; pour construire des alliances avec notamment les pays de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UE&lt;/span&gt; cherchait &#224; emp&#234;cher le rapprochement des imp&#233;rialismes rivaux. Pourtant, la strat&#233;gie de l'administration Clinton, largement en continuit&#233; avec celle pratiqu&#233;e par l'administration de Bush p&#232;re entre 1989-1993, ne faisait pas l'unanimit&#233; parmi les diff&#233;rents courants politiques am&#233;ricains. Un ensemble de figures importantes du parti r&#233;publicain &#8211; dont Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, John Bolton, Condoleeza Rice &#8211; ont d&#233;velopp&#233; une autre strat&#233;gie qui s'est impos&#233;e suite au 11&#160;Septembre 2001 au sein de l'administration de George W. Bush. Cette strat&#233;gie, g&#233;n&#233;ralement appel&#233;e la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;doctrine Bush&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;tait fond&#233;e sur les appr&#233;ciations suivantes&#160;: la strat&#233;gie des pr&#233;c&#233;dentes administrations ne faisait rien pour exploiter l'&#233;crasante sup&#233;riorit&#233; militaire am&#233;ricaine en termes &#233;conomiques. En plus, en termes de concurrence &#233;conomique, l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UE&lt;/span&gt; notamment et rapidement la Chine &#233;taient des rivaux d&#233;j&#224; tr&#232;s s&#233;rieux et ascendants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='En 2004, selon les donn&#233;es de la Banque Mondiale, le PIB des pays de l'UE (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela mettait par cons&#233;quent les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; dans une trajectoire de d&#233;clin relatif, que la strat&#233;gie de l'administration Clinton &#233;tait incapable de contrecarrer. La seule solution &#233;tait d'assumer une politique &#233;trang&#232;re plus agressive avec un retour &#224; la politique de Reagan d'augmentation des budgets militaires et d'action pr&#233;ventive pour &#233;liminer les menaces que repr&#233;sentaient des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;tats voyous&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cela n&#233;cessitait une attitude unilat&#233;raliste plus affirm&#233;e et une pr&#233;paration pour entrer en guerre permanente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, une telle r&#233;orientation strat&#233;gique ne pouvait se faire suite &#224; un simple changement du personnel de la maison Blanche. Une &#233;volution id&#233;ologique &#233;tait n&#233;cessaire pour justifier les choix qu'impliquait la doctrine Bush, &#224; savoir une augmentation importante des budgets militaires, et donc des coupes dans les budgets sociaux tels que la sant&#233; par exemple, des restrictions des libert&#233;s civiques (cf le Patriot Act), l'entr&#233;e en guerre permanente et le sacrifice des vies am&#233;ricaines. Les &#233;v&#233;nements du 11&#160;Septembre 2001 ont cr&#233;&#233; le climat id&#233;ologique id&#233;al pour mettre en place cette politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;gion prioritaire pour les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; est le Moyen-Orient, et ce pour deux raisons. La premi&#232;re est d'ordre g&#233;o&#233;conomique. C'est la question &#233;nerg&#233;tique en g&#233;n&#233;ral et du p&#233;trole en particulier. Le contr&#244;le de son extraction et de son acheminement vers les centres industriels de la plan&#232;te repr&#233;sente un enjeu strat&#233;gique central. Une combinaison de facteurs fait que dans les ann&#233;es &#224; venir son importance relative augmentera de mani&#232;re vertigineuse. Tout d'abord, on pr&#233;voit que les ressources connues de p&#233;trole s'&#233;puiseront dans une cinquantaine d'ann&#233;es, ce qui signifie que l'offre en p&#233;trole diminuera progressivement. De surcro&#238;t, le vaste processus d'industrialisation et de motorisation qui a lieu en Inde et en Chine augmente de mani&#232;re exponentielle la demande de p&#233;trole &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Le cours du baril &#233;chang&#233; sur le march&#233; new-yorkais a atteint pour la premi&#232;re (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces deux facteurs font qu'une &#233;norme pression s'exerce sur le prix du p&#233;trole, qui a d&#233;j&#224; &#233;norm&#233;ment augment&#233; et qui continuera sur cette trajectoire. Puisque le d&#233;veloppement de l'Inde et de la Chine d&#233;pend de l'approvisionnement r&#233;gulier et abondant en p&#233;trole, celui qui en a le contr&#244;le est en position de force par rapport &#224; ces deux pays. Parall&#232;lement, les pays de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UE&lt;/span&gt; s'approvisionnent en p&#233;trole prioritairement par les sources p&#233;troli&#232;res du Moyen-Orient et de la Russie, alors que les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; importent le gros de leurs besoins p&#233;troliers du Venezuela et du Nigeria, ce qui signifie que les potentiels rivaux des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; sont beaucoup plus d&#233;pendants du p&#233;trole moyen-oriental que les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; eux-m&#234;mes. Rajoutons aussi qu'au Moyen-Orient gisent deux tiers des ressources p&#233;troli&#232;res mondialement connues. Etre donc en mesure de contr&#244;ler et de d&#233;terminer le prix et les volumes de p&#233;trole qui circulent sur le march&#233; mondial est crucial et cela passe forc&#233;ment par le contr&#244;le du Moyen-Orient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La deuxi&#232;me raison est d'ordre g&#233;ostrat&#233;gique. Le Moyen-Orient est situ&#233; au carrefour du globe, &#233;tant &#224; la fois voisin de la Russie au nord, de la Chine et de l'Inde &#224; l'est et de l'Europe &#224; l'ouest, tous les potentiels grands rivaux des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt;. L'installation de r&#233;gimes proam&#233;ricains et de bases militaires am&#233;ricaines, comme c'est d&#233;j&#224; le cas en Arabie Saoudite depuis la guerre du Golfe en 1991, donne aux &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; un avantage g&#233;ostrat&#233;gique important et leur permet d'exercer une plus grande influence sur les pays situ&#233;s dans les zones d'influence russe et chinoise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La succession des guerres imp&#233;rialistes am&#233;ricaines dans le Moyen-Orient depuis la mise &#224; ex&#233;cution de la doctrine Bush suit la logique de la ligne de la moindre r&#233;sistance. Le premier pays &#224; avoir &#233;t&#233; envahi est l'Afghanistan. Il constituait l'obstacle le plus facile &#224; faire tomber, ce qui a permis une implantation militaire &#224; l'est de l'Iran et de gagner provisoirement l'opinion publique domestique. La deuxi&#232;me cible a &#233;t&#233; l'Irak. Ici, les enjeux &#233;taient &#233;lev&#233;s. L'Irak est situ&#233; au carrefour de la r&#233;gion et depuis la guerre du Golfe de 1991 &#233;tait un territoire o&#249; les arm&#233;es am&#233;ricaines n'&#233;taient pas stationn&#233;es. Il s'agit surtout du pays poss&#233;dant les troisi&#232;mes r&#233;serves mondiales de p&#233;trole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Iran vient apr&#232;s l'Afghanistan et l'Irak dans la liste des pays cibles dress&#233;e par l'administration Bush. Il repr&#233;sente un enjeu crucial, pour des raisons qui seront examin&#233;es dans le d&#233;tail plus loin. Le bilan de l'application de la doctrine Bush Aujourd'hui, six ans apr&#232;s le d&#233;but de la guerre en Afghanistan et bient&#244;t cinq ans de la guerre en Irak, le bilan de cette strat&#233;gie est un &#233;chec, de l'aveu du pr&#233;sident Bush lui-m&#234;me. Non seulement la guerre co&#251;te tr&#232;s cher (un r&#233;cent rapport estime le co&#251;t des guerres en Afghanistan et en Irak &#224; 1,4 mille milliards de dollars), mais elle est de plus en plus impopulaire aux &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt;, en Europe et dans le Moyen-Orient et elle fait face &#224; une r&#233;sistance tr&#232;s forte. L'incapacit&#233; de l'occupation &#224; atteindre son but &#8211; mettre en place un r&#233;gime &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;mocratique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ayant valeur d'exemple de ce que les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; exigent des r&#233;gimes dans la r&#233;gion, faire repartir la production p&#233;troli&#232;re de plus belle pour stabiliser le cours du baril et enfin s'assurer une forte et stable pr&#233;sence militaire au coeur de la r&#233;gion &#8211; accro&#238;t l'instabilit&#233; r&#233;gionale. La guerre est devenue un v&#233;ritable bourbier pour l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, et de ce fait renforce le poids relatif des pays qui pr&#233;tendent &#224; un statut de puissance r&#233;gionale comme l'Iran.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non seulement l'occupation en Irak tourne mal, mais il semble qu'aucune sortie de crise ne soit possible. Henry Kissinger lui-m&#234;me a exprim&#233; cette position&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Si par &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;victoire militaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; vous entendez la mise en place d'un gouvernement irakien capable d'exercer son influence sur tout le pays, je ne crois pas que ce soit possible&#8230; Mais pire encore, un retrait des troupes d'occupation signifierait des cons&#233;quences encore plus graves que celles subies &#233;tant donn&#233; la situation actuelle&#160;: Mais un retrait h&#226;tif d'Irak aurait des cons&#233;quences d&#233;sastreuses&#8230;dont nous paierions le prix durant des ann&#233;es.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='H. Kissinger, cit&#233; in &#171;&#160;Analysis&#160;: The wounded beast&#160;&#187;, International Socialism (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'impact de l'&#233;chec en Irak n'est pas que r&#233;gional. Il est aussi la source d'une forte polarisation au sein de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. En janvier 2007, 66&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des am&#233;ricains trouvaient que l'administration g&#233;rait mal le conflit, et selon certains sondages une majorit&#233; des am&#233;ricains serait favorable &#224; un retrait imm&#233;diat. Plus inqui&#233;tant encore pour l'administration, d&#232;s f&#233;vrier 2006, 72&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des soldats stationn&#233;s en Irak pensaient que leur retrait devait intervenir au bout d'un an, dont 29&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% qu'il devait intervenir imm&#233;diatement. Seuls 23&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% soutenaient la position du gouvernement selon laquelle il fallait rester jusqu'au bout&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Cit&#233; par Tariq Ali, &#171;&#160;Mid-point in the Middle East&#160;&#187;, in New Left Review n&#176;38, (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette polarisation est un obstacle suppl&#233;mentaire pour l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, de la m&#234;me mani&#232;re que le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;syndrome du Vietnam&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; le fut pendant une quinzaine d'ann&#233;es suite &#224; la d&#233;b&#226;cle am&#233;ricaine dans ce pays. La d&#233;b&#226;cle la plus retentissante a &#233;t&#233; la d&#233;faite de l'arm&#233;e isra&#233;lienne face au Hezbollah libanais en &#233;t&#233; 2006. L'invasion isra&#233;lienne &#233;tait con&#231;ue comme une mani&#232;re d'infliger une d&#233;faite exemplaire &#224; l'un des ennemis les plus d&#233;test&#233;s de Washington dans le Moyen-Orient, le Hezbollah. Une telle d&#233;monstration de force aurait eu l'effet de d&#233;moraliser les forces antiam&#233;ricaines et antiisra&#233;liennes, isoler le Hamas en Palestine et priver la Syrie et notamment l'Iran, d'un alli&#233; se trouvant &#224; la fronti&#232;re nord isra&#233;lienne. Elle aurait aussi eu l'effet d'une nouvelle d&#233;monstration de l'invincibilit&#233; de l'arm&#233;e isra&#233;lienne. Ce qui s'est pass&#233; a eu exactement l'impact oppos&#233; &#224; tous les niveaux. Pire encore pour l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, la capacit&#233; du Hezbollah &#224; d&#233;passer sa base traditionnelle chiite a contribu&#233; &#224; solidifier l'unit&#233; de ceux qui ha&#239;ssent les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; et Isra&#235;l par del&#224; leurs divisions confessionnelles. Durant la guerre, m&#234;me une majorit&#233; des libanais chr&#233;tiens soutenaient le Hezbollah. En termes de l&#233;gitimit&#233;, le vrai gagnant est le r&#233;gime iranien, seul r&#233;gime r&#233;gional &#224; avoir soutenu ouvertement le Hezbollah durant la guerre. Les cons&#233;quences en termes g&#233;opolitiques de l'&#233;chec de la doctrine Bush s'&#233;tendent bien audel&#224; du Moyen-Orient. Embourb&#233;e l&#224;-bas, l'arm&#233;e am&#233;ricaine aurait du mal &#224; intervenir ailleurs dans le monde o&#249; l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine est contest&#233;e, notamment en Am&#233;rique Latine et au Venezuela. Le pr&#233;sident Chavez provoque d&#233;sormais ouvertement Washington et argumente dans le sens de la formation d'un front antiam&#233;ricain avec des pays comme l'Iran ou la Russie. La Russie elle-m&#234;me semble retrouver depuis quelques ann&#233;es une partie de la puissance qu'elle d&#233;tenait avant la chute du stalinisme. Le pr&#233;sident Poutine d&#233;fie frontalement et avec force le projet am&#233;ricain de bouclier anti-missile en Pologne et en R&#233;publique Tch&#232;que et d&#233;but d&#233;cembre a fait suspendre la participation de la Russie au trait&#233; sur les Forces conventionnelles en Europe (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FCE&lt;/span&gt;). Et bien s&#251;r, la flamb&#233;e du cours du p&#233;trole, directement li&#233;e &#224; l'instabilit&#233; g&#233;opolitique g&#233;n&#233;r&#233;e par les exploits de l'administration Bush, non seulement renforce ses adversaires mentionn&#233;s ci-dessus mais aggrave le danger d'une r&#233;cession de l'&#233;conomie am&#233;ricaine sous le poids de l'augmentation de la facture p&#233;troli&#232;re, ce qui vaut pour l'Europe aussi. Or, une r&#233;cession aurait un impact non seulement sur l'&#233;conomie mondiale mais &#233;galement sur les marges financi&#232;res de l'&#233;tat am&#233;ricain, rendant le poids du co&#251;t de la guerre encore plus important.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi l'Iran&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs raisons &#224; cela, dont la volont&#233; des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; de reconstruire leur r&#233;putation de puissance militaire omnipr&#233;sente et invincible. Mais il y a surtout des raisons sp&#233;cifiques &#224; l'Iran, comme son histoire et le caract&#232;re farouchement antiam&#233;ricain du r&#233;gime qui en r&#233;sulte, son poids &#233;conomique, strat&#233;gique et &#233;nerg&#233;tique dans la r&#233;gion et l'influence qu'il exerce sur une partie tr&#232;s importante de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;rue arabe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, la population des pays de la r&#233;gion. La mesure de l'importance de la question iranienne pour l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est donn&#233;e par cette d&#233;claration de Nicholas Burns, soussecr&#233;taire d'&#233;tat&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)Nous devons inscrire l'Iran dans le contexte de ce que nous faisons au Moyen-Orient et dans le monde. Nous pensons que l'Iran est un d&#233;fi pour notre g&#233;n&#233;ration. Ce n'est pas un d&#233;fi &#233;pisodique ou passager, il sera au centre de notre politique &#233;trang&#232;re en 2010, en 2012 et probablement en 2020.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Disponible sur La d&#233;claration de Burns est cit&#233;e par Alain Gresh dans son (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avant la r&#233;volution iranienne de 1979, l'Iran &#233;tait le principal pilier, avec Isra&#235;l, sur lequel reposait l'influence am&#233;ricaine dans le Moyen-Orient. Le Shah Reza Pahlavi jouait le r&#244;le du gendarme r&#233;gional. Il avait &#233;t&#233; restaur&#233; au pouvoir en 1953, apr&#232;s un coup d'&#233;tat organis&#233; par la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CIA&lt;/span&gt; contre le gouvernement de Mohammed Mossadegh. Ce dernier venait de nationaliser l'exploitation du p&#233;trole iranien en 1951 suite au d&#233;veloppement d'un puissant mouvement contre la domination &#233;trang&#232;re de l'industrie p&#233;troli&#232;re qui l'avait port&#233; au pouvoir. Le Shah signa un nouvel accord sur l'exploitation du p&#233;trole avec un consortium compos&#233; essentiellement par des compagnies am&#233;ricaines et britanniques. 500 millions de dollars en aide militaire furent accord&#233;s au Shah par les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; entre 1953 et 1963. Les revenus provenant du p&#233;trole augment&#232;rent par douze durant les ann&#233;es cinquante et le Shah fit passer le nombre de troupes iraniennes de 120 000 &#224; 200 000. Il consacrait entre 40&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% et 50&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% du budget de l'&#233;tat aux d&#233;penses militaires alors qu'aucun effort n'&#233;tait fait pour am&#233;liorer le sort de la population. Le Shah d&#233;veloppa en plus un r&#233;gime dictatorial dont le principal organe &#233;tait sa police politique, la Savak. Tr&#232;s vite un mouvement de contestation se d&#233;veloppa, anim&#233; par les sentiments nationalistes qui avaient port&#233; Mossadegh au pouvoir quelques ann&#233;es auparavant. Le mouvement culmina aux &#233;v&#233;nements de juin 1963, lorsque apr&#232;s des journ&#233;es de protestations violentes &#224; T&#233;h&#233;ran, l'arm&#233;e r&#233;prima dans le sang le soul&#232;vement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_22 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH432/artoff9650-0c485.jpg' width='500' height='432' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements firent prendre conscience au r&#233;gime qu'il avait besoin de reformer la soci&#233;t&#233; iranienne par le haut afin de cr&#233;er une base sociale suffisamment importante qui lui soit acquise. Cette prise de conscience aboutit &#224; la mise en place de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;r&#233;volution blanche du Shah et du peuple&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La r&#233;forme agraire a cr&#233;&#233; une vaste arm&#233;e de r&#233;serve de travailleurs qui &#233;migr&#232;rent vers les villes. Ils furent absorb&#233;s dans le march&#233; du travail gr&#226;ce au d&#233;veloppement &#233;conomique rapide que connut l'Iran entre 1963 et 1975, d&#251; aux revenus p&#233;troliers et aux investissements venant de l'&#233;tranger, notamment des &#201;tats-Unis et du Japon. Ce processus gonfla les rangs des couches d'employ&#233;s d'&#233;tat et surtout du prol&#233;tariat. En 1979, on estimait qu'il y avait en Iran deux millions et demi de travailleurs dans le secteur manufacturier et quelques trois millions dans le secteur des services (fonctionnaires, &#233;ducation et sant&#233;, transports, &#233;nergie). Cependant, ce d&#233;veloppement &#233;conomique continua de reposer sur un taux d'exploitation &#233;norme, et ce fut la raison pour laquelle il ne fut pas accompagn&#233; par une d&#233;mocratisation du r&#233;gime mais plut&#244;t par une expansion de son appareil r&#233;pressif, notamment de la Savak. Parall&#232;lement, le rapport client&#233;liste avec les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; se d&#233;veloppa. En 1973, T&#233;h&#233;ran devint le quartier g&#233;n&#233;ral de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CIA&lt;/span&gt; pour le Moyen-Orient et le nombre de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;conseillers militaires&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; am&#233;ricains atteignit les vingt-quatre milles. Enfin, le d&#233;veloppement &#233;conomique s'accompagna par l'approfondissement des in&#233;galit&#233;s r&#233;gionales et de classe. Des courants r&#233;gionaux s&#233;paratistes se d&#233;velopp&#232;rent et l'activisme ouvrier renaquit &#224; partir des ann&#233;es 1971. Les &#233;quilibres sur lesquels reposait le r&#233;gime purent se maintenir jusqu'au moment o&#249; les revenus p&#233;troliers commenc&#232;rent &#224; chuter &#224; partir de 1975. L'inflation rongea le niveau de vie des travailleurs et le ch&#244;mage atteignit les 15&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. D&#232;s ce moment-l&#224;, un processus de r&#233;volution sociale se mit en marche qui aboutit en 1979. Le prol&#233;tariat iranien joua le r&#244;le cl&#233; dans l'affrontement avec le r&#233;gime du Shah et la bourgeoisie, et dans la premi&#232;re phase de la r&#233;volution, c'est-&#224;dire jusqu'au moment o&#249; l'Ayatollah Khomeiny arriva au pouvoir en f&#233;vrier 1979, le prol&#233;tariat s'allia avec les forces sociales constituant la base sociale des courants fondamentalistes men&#233;s par le clerg&#233;, &#224; savoir la petite bourgeoisie commer&#231;ante bas&#233;e dans les bazaars et les vieux propri&#233;taires terriens d&#233;chus par la r&#233;forme agraire. Cette alliance se concr&#233;tisa id&#233;ologiquement dans l'as-pect farouchement anti-imp&#233;rialiste de la r&#233;volution&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en abattant le Shah, les iraniens s'en prenaient aux int&#233;r&#234;ts &#233;trangers et notamment &#224; la pr&#233;sence am&#233;ricaine en Iran. C'&#233;tait une sorte de r&#233;p&#233;tition des luttes des ann&#233;es cinquante et soixante, &#224; la diff&#233;rence que cette foisci le poids relatif du prol&#233;tariat &#233;tait beaucoup plus important dans le processus r&#233;volutionnaire. Mais l'anti-imp&#233;rialisme de Khomeiny n'&#233;tait pas de la m&#234;me nature que celui des travailleurs iraniens, qui se dot&#232;rent des conseils ouvriers, les shoras, pour mener la r&#233;volution. &#192; partir de f&#233;vrier 1979, l'affrontement eut lieu entre les travailleurs et le gouvernement de Khomeiny, la personnification d&#233;sormais de la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'incapacit&#233; de la gauche iranienne, domin&#233;e par des courants staliniens, mao&#239;stes et autres variantes du tiers-mondisme, &#224; saisir cet aspect d&#233;terminant du processus laissa le prol&#233;tariat iranien sans la direction r&#233;volutionnaire qu'il m&#233;ritait, ce qui le mena &#224; la d&#233;faite. Le gouvernement de Khomeiny put &#233;craser les shoras. De plus, le r&#233;gime islamiste s'en sortit relativement fort puisqu'il sut jouer sur les sentiments anti-imp&#233;rialistes des travailleurs pour gagner leur consentement. Ainsi, la guerre contre l'Irak, dans laquelle pas loin d'un million d'Iraniens p&#233;rirent, fut utilis&#233;e par le r&#233;gime pour imposer un strict contr&#244;le sur la soci&#233;t&#233; et pour r&#233;primer toute dissension, en plus de servir &#224; attiser les sentiments nationalistes des travailleurs iraniens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire de la r&#233;volution iranienne de 1979 est donc un &#233;l&#233;ment important pour comprendre les enjeux de l'affrontement am&#233;ricano-iranien. La r&#233;volution de 1979 fut le plus grand revers qu'ait subi l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain au Moyen- Orient jusqu'&#224; ce jour. Elle a priv&#233; les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; d'un alli&#233; cl&#233;, juste au moment o&#249; ils avaient besoin de renforcer leur contr&#244;le sur la r&#233;gion. Les ann&#233;es soixante-dix ont &#233;t&#233; entre autre les ann&#233;es des deux chocs p&#233;troliers. Pour la premi&#232;re fois, l'approvisionnement en p&#233;trole des pays imp&#233;rialistes, notamment des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt;, &#233;tait mis en danger et c'est ce qui a motiv&#233; les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; &#224; changer de strat&#233;gie &#224; travers la doctrine Carter, &#224; savoir qu'ils n'h&#233;siteraient plus &#224; intervenir militairement au Moyen- Orient &#224; chaque fois que leurs int&#233;r&#234;ts vitaux seraient attaqu&#233;s, c'est-&#224;-dire &#224; chaque fois que leur approvisionnement en p&#233;trole serait menac&#233;. C'est ce besoin des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; de contre-attaquer qui les a pouss&#233;s &#224; armer et &#224; soutenir Saddam Hussein contre l'Iran entre 1980 et 1988, qui les a oblig&#233;s &#224; couper court aux ambitions de ce dernier avec la guerre du Golfe de 1991 et les sanctions contre l'Irak qui ont suivi et c'est bien &#233;videmment le m&#234;me besoin de renforcer leur contr&#244;le sur le Moyen-Orient qui motive la doctrine Bush. De ce point de vue, la continuit&#233; de la politique moyen-orientale am&#233;ricaine date des ann&#233;es soixante-dix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les origines du r&#233;gime iranien actuel d&#233;terminent en grande partie les orientations de sa classe dirigeante. Le seul m&#233;canisme dont dispose le r&#233;gime pour souder la population derri&#232;re lui est l'anti-am&#233;ricanisme. Si la r&#233;publique islamique peut se permettre un degr&#233; de d&#233;mocratie plus important que le r&#233;gime du Shah, c'est bien pour cette raison-l&#224;. Vu son profil anti-am&#233;ricain, le r&#233;gime iranien est aussi un p&#244;le d'attraction pour les sentiments anti-imp&#233;rialistes des populations musulmanes du Moyen- Orient, et ce surtout suite &#224; la capitulation des diff&#233;rents r&#233;gimes arabes, notamment le r&#233;gime &#233;gyptien, face &#224; l'imp&#233;rialisme. D'o&#249; un enjeu central pour les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt;, &#224; savoir d'&#233;craser l'un des p&#244;les anti-am&#233;ricains dans la r&#233;gion, les autres &#233;tant le Hezbollah, la r&#233;sistance palestinienne, et d&#233;sormais, la r&#233;sistance irakienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le poids &#233;conomique de l'Iran est l'&#233;l&#233;ment qui le rend incontournable dans la r&#233;gion et donc dans la strat&#233;gie am&#233;ricaine. Selon le Oil and Gas Journal, l'Iran occupe la deuxi&#232;me position mondiale pour les ressources p&#233;troli&#232;res inexploit&#233;es (avec 125,8 milliards de barils), derri&#232;re l'Arabie Saoudite (260 milliards) et devant l'Irak (115 milliards). Une reprise de l'investissement &#233;tranger, tr&#232;s r&#233;duit dans l'industrie p&#233;troli&#232;re depuis la r&#233;volution de 1979, pourrait en doubler la production. De surcro&#238;t, l'Iran poss&#232;de les deuxi&#232;mes plus importantes ressources de gaz, derri&#232;re la Russie. 80&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de ces ressources en gaz sont inexploit&#233;es pour le moment. L'Iran a une population de soixante-dix millions, presque trois fois celle de l'Irak ou de l'Arabie Saoudite, des infrastructures tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es et une classe ouvri&#232;re tr&#232;s qualifi&#233;e, en plus de poss&#233;der une arm&#233;e tr&#232;s nombreuse. Son &#233;conomie est plus grande que celle d'Isra&#235;l et deux fois plus grande que celle de l'&#201;gypte ou du Pakistan. La flamb&#233;e du cours du p&#233;trole depuis 2002 a renforc&#233; la croissance iranienne, qui s'est &#233;tablie &#224; un taux annuel de 7&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% depuis&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; son &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PIB&lt;/span&gt; a cr&#251; en quatre ans de 6O&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le but des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; n'est pas de d&#233;truire l'&#233;conomie iranienne, mais de faire qu'elle ne soit pas utilis&#233;e comme un outil g&#233;opolitique contre les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; et en dehors de leur contr&#244;le. Tous les imp&#233;rialismes concurrents des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; ont d&#233;velopp&#233; des liens &#233;conomiques avec l'Iran derni&#232;rement. L'Union Europ&#233;enne compte pour un tiers du commerce iranien avec le reste du monde et les exportations chinoises vers l'Iran ont tripl&#233; en quatre ans. L'Iran s'appuie sur ces liens &#233;conomiques pour renforcer sa position r&#233;gionale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ainsi en 2000 il a &#233;tabli comme objectif la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;coop&#233;ration entre l'Iran, la Russie, l'Inde et la Chine pour affronter les politiques h&#233;g&#233;moniques de l'Am&#233;rique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La Russie construit aujourd'hui le site nucl&#233;aire de Bushehr, la Chine a sign&#233; un accord de cent milliards de dollars avec l'Iran en 2004 pour acheter du p&#233;trole iranien et pour d&#233;velopper ses r&#233;serves de gaz, et l'Inde contribue &#224; la modernisation de l'arm&#233;e iranienne. Le plus important peut-&#234;tre est que l'Iran, l'Inde et le Pakistan n&#233;gocient la construction d'un pipeline de quatre milliards de dollars qui transporterait le p&#233;trole iranien &#224; travers le Pakistan jusqu'&#224; l'Inde. En dehors de ses partenaires r&#233;gionaux, l'Iran d&#233;veloppe aussi ses liens avec le Venezuela, non seulement au niveau de la coop&#233;ration &#233;conomique, mais aussi au niveau politique. Les pr&#233;sidents iranien et v&#233;n&#233;zu&#233;lien ont tenu des discours similaires devant l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des Nations Unies, o&#249; ils ont attaqu&#233; les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; et la Grande Bretagne et o&#249; ils ont accus&#233; la structure onusienne d'&#234;tre un outil dans leurs mains, demandant une d&#233;mocratisation de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ONU&lt;/span&gt;. Toutes ces affaires montrent que l'Iran devient un point focal de l'opposition globale aux Etats- Unis. Vu le projet am&#233;ricain tel qu'il a &#233;t&#233; d&#233;crit plus haut, ce d&#233;veloppement doit &#234;tre enti&#232;rement renvers&#233; si les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; veulent se rapprocher de leur but, &#224; savoir de contrecarrer la tendance de fond &#224; leur d&#233;clin relatif. Pour ce faire, un compromis avec l'Iran ne suffira pas&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tout au plus, un tel choix ne fera que ralentir le recul de l'influence am&#233;ricaine dans le Moyen-Orient. C'est pourquoi le but de la politique &#233;trang&#232;re am&#233;ricaine est le changement de r&#233;gime &#224; T&#233;h&#233;ran, tout comme cela a &#233;t&#233; le cas pour l'Irak depuis le milieu des ann&#233;es quatre-vingt dix. Il faut retenir le fait qu'en mai 2003, au moment de l'invasion de l'Irak, le gouvernement iranien, dirig&#233; &#224; ce moment-l&#224; par le courant r&#233;formateur et plus enclin &#224; un compromis avec les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt;, a envoy&#233; &#224; Washington une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;proposition d&#233;taill&#233;e pour l'organisation de n&#233;gociations globales dans le but de r&#233;soudre les diff&#233;rends bilat&#233;raux&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='F. Leverett (ancien conseiller de l'administration Bush au National Security (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Y &#233;taient &#233;voqu&#233;s les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ADM&lt;/span&gt;, l'arr&#234;t du soutien aux organisations antiisra&#233;liennes et une solution &#224; deux &#233;tats de la question palestinienne. Washington n'y a pas r&#233;pondu. Ce n'est pas le seul exemple de la volont&#233; de Washington de faire &#233;chouer toute possibilit&#233; d'aboutir par la voie diplomatique. La preuve la plus visible de l'attitude de Washington est de poser comme condition au d&#233;but des n&#233;gociations ce qu'elle cherche &#224; obtenir, &#224; savoir l'arr&#234;t unilat&#233;ral du programme nucl&#233;aire iranien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aussi r&#233;cemment qu'en 2006, un haut fonctionnaire iranien d&#233;clarait au &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'Iran est encore dispos&#233; &#224; entrer en pourparlers &#233;largis, &#224; condition que les &#201;tats-Unis soient s&#233;rieux lorsqu'ils affirment &#234;tre dispos&#233;s &#224; aborder les pr&#233;occupations iraniennes et qu'ils ne consid&#232;rent pas la table de n&#233;gociations comme simplement un moyen parmi d'autres de tenter d'effectuer un &#034;changement de r&#233;gime&#034;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='N. Chomsky et G. Achcar, op cit., page 333.' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. La classe dirigeante iranienne a bien compris le message venant de Washington. Les pr&#233;paratifs de guerre (d&#233;ploiement d'un deuxi&#232;me porte-avion dans le Golfe notamment), les sanctions &#233;conomiques qui montent d'un cran, le financement de mouvements s&#233;paratistes et la propagande anti-iranienne qui s'accentue ne sont que des indices de la d&#233;termination de Washington &#224; acc&#233;l&#233;rer le rythme. Pour Washington, la seule question qui se pose est de savoir quand et dans quelles conditions frapper, et non pas s'il est n&#233;cessaire de le faire. Le d&#233;bat &#224; Washington et les possibilit&#233;s d'une attaque Le r&#233;cent rapport des agences de s&#233;curit&#233; am&#233;ricaines qui se conclut par l'estimation que l'Iran a interrompu son projet nucl&#233;aire militaire en 2003 pourrait &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme le signe d'un changement d'orientation de Washington sur la question iranienne. Notons d&#233;j&#224; que le soir m&#234;me de la publication du rapport, le pr&#233;sident Bush a d&#233;clar&#233; que l'Iran continuait d'&#234;tre susceptible de d&#233;velopper la bombe atomique (sur ce point, il a plut&#244;t raison) et continuait de constituer une menace pour la s&#233;curit&#233; des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt; (sur ce point, il a enti&#232;rement tort). Par cons&#233;quent, toutes les options restaient sur la table. S'il en fallait, c'est la preuve que la question du nucl&#233;aire est r&#233;ellement un pr&#233;texte (pas seulement bien s&#251;r, un Iran nucl&#233;aris&#233; serait autrement plus capable d'affronter les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, depuis cet &#233;t&#233;, la propagande am&#233;ricaine s'est infl&#233;chie, mettant d&#233;sormais l'accent sur le r&#244;le de l'Iran en Irak et au Liban, l'accusant avec la plus grande hypocrisie d' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;ing&#233;rence &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en Irak.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le rapport en question met en relief les divergences tactiques qui polarisent la classe dirigeante am&#233;ricaine. L'establishment militaire est tr&#232;s sceptique quant &#224; l'efficacit&#233; militaire et politique d'une attaque. Une telle attaque aiguiserait &#233;norm&#233;ment toutes les tensions qui couvent partout dans la r&#233;gion. L'administration Bush elle-m&#234;me est partag&#233;e entre les derniers faucons autour du vice-pr&#233;sident Dick Cheney et les plus pragmatiques dont Condoleeza Rice et Robert Gates, le nouveau secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un autre &#233;l&#233;ment &#224; prendre en compte, et qui constitue une &#233;volution par rapport &#224; 2003. L'Europe est dirig&#233;e aujourd'hui par des courants plus atlantistes qu'&#224; ce moment-l&#224;. Les deux cl&#233;s de ce changement sont le retour au pouvoir des conservateurs en Allemagne et la victoire &#233;lectorale de Sarkozy en France. Dans une interview au Financial Times au mois d'octobre, John Bolton &#8211; l'un des faucons des n&#233;o-conservateurs &#8211; expliquait que le nouveau pouvoir fran&#231;ais &#233;tait un des &#233;l&#233;ments qui lui permettaient d'&#234;tre optimiste quant &#224; un bombardement de l'Iran. L'accueil r&#233;serv&#233; &#224; Sarkozy le 7&#160;novembre 2007 &#224; Washington, lorsqu'il s'est exprim&#233; devant le congr&#232;s am&#233;ricain en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re, t&#233;moigne de l'enthousiasme dont est saisie la classe dirigeante am&#233;ricaine &#224; son &#233;gard. Cet &#233;v&#233;nement rappelle de mani&#232;re frappante le voyage de Tony Blair &#224; Washington juste avant l'invasion de l'Irak, o&#249;, comme Sarkozy, il avait eu droit &#224; une ovation de la part des congressistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a aussi des &#233;l&#233;ments qui vont dans l'autre sens, comme la visite du pr&#233;sident russe Poutine en Iran il y a quelques mois ou la position de la Chine qui est pour le moins d&#233;nu&#233;e d'enthousiasme. Cependant la doctrine Bush visant ces pays principalement, ce serait &#233;tonnant qu'ils soient tr&#232;s enclins &#224; appuyer les actions de Washington.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est tr&#232;s difficile voire impossible de savoir quand il y aura des frappes sur l'Iran. Cela d&#233;pend d'une multiplicit&#233; des facteurs. Une chose est s&#251;re&#160;: il n'y aura pas de revirement pacifiste de la politique am&#233;ricaine au Moyen-Orient et l'Iran repr&#233;sente un enjeu tellement important que l'option du compromis n'est pas envisageable &#224; Washington. Le ministre fran&#231;ais des affaires &#233;trang&#232;res a tout &#224; fait raison, il faut se pr&#233;parer au pire, c'est-&#224;-dire &#224; la guerre. Ce qui pour nous signifie la construction d'un puissant mouvement anti-guerre r&#233;clamant la fin de la politique am&#233;ricaine de guerre sans limites, et la non-participation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Kagan &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://www.newamericancentury.org/global-091302.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Multilateralism, American style&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt;, 13&#160;Septembre 2002, cit&#233; par Alex Callinicos in &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://pubs.socialistreviewindex.org.uk/isj97/callinicos.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;The Grand strategy of the American empire&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;International Socialism Journal&lt;/i&gt; n&#176;&#160;97.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2004, selon les donn&#233;es de la Banque Mondiale, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PIB&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; des pays de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; constituait d&#233;j&#224; 34&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PIB&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; mondial, contre 28&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PIB&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; am&#233;ricain, et 4&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PIB&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; chinois. Par contre, &#224; l'horizon de 2050, les estimations de la m&#234;me institution pr&#233;voient la r&#233;partition suivante&#160;: &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; avec 15&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; avec 26&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, Chine avec 28&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% et Inde avec 17&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Les donn&#233;es du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FMI&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; pour la croissance mondiale depuis 1980 montrent que l'&#233;conomie chinoise a cr&#251; cinq fois plus vite que l'&#233;conomie mondiale durant les vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es. Autre fait parlant, en 2006, la Chine a d&#233;tr&#244;n&#233; les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;US&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de la deuxi&#232;me place du classement des exportateurs mondiaux, restant derri&#232;re l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le cours du baril &#233;chang&#233; sur le march&#233; new-yorkais a atteint pour la premi&#232;re fois le seuil des cent dollars le 2&#160;janvier dernier, alors qu'il &#233;tait &#224; vingt dollars en 1997. En 2006, la consommation quotidienne de l'&#233;conomie mondiale en p&#233;trole &#233;tait de 85 millions de barils, dont 50 dans les pays de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OCDE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;. Ceux-ci ont vu pour la premi&#232;re fois leur consommation quotidienne baisser de cent mille barils, alors que celle des pays dits &#233;mergeants (notamment Chine et Inde) a augment&#233; de 463 000 barils.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/11/19/AR2006111900287_pf.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;H. Kissinger&lt;/a&gt;, cit&#233; in &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://www.isj.org.uk/index.php4?id=271&amp;issue=113&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Analysis&#160;: The wounded beast&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;International Socialism Journal&lt;/i&gt; n&#176;113.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Tariq Ali, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://www.newleftreview.org/?view=2605&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Mid-point in the Middle East&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in &lt;i&gt;New Left Review&lt;/i&gt; n&#176;38, Mars-Avril 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Disponible sur &lt;a href=&#034;http://bostonreview.net/BR32.3/burns.php&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://bostonreview.net/BR32.3/burns.php&lt;/a&gt; La d&#233;claration de Burns est cit&#233;e par Alain Gresh dans son article &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/11/GRESH/15285&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Du chaos irakien &#224; l'escalade contre l'Iran&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, disponible sur le site du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Leverett (ancien conseiller de l'administration Bush au National Security Council), &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2006/01/24/opinion/24leverett.html?_r=1&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;The Gulf Between Us&lt;/a&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, 24&#160;janvier 2006. Cit&#233; par N. Chomsky in N. Chomsky et G. Achcar, &lt;i&gt;La Poudri&#232;re du Moyen-Orient&lt;/i&gt;, Paris 2007, &#233;d. Fayard, page 332.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N. Chomsky et G. Achcar, &lt;i&gt;op cit.&lt;/i&gt;, page 333.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Parti r&#233;volutionnaire</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/Le-Parti-revolutionnaire</link>
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		<dc:date>2009-10-07T08:59:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;once Aguirre</dc:creator>


		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des camarades sachant que j'&#233;tais en d&#233;saccord avec la conception du centralisme d&#233;mocratique telle qu'elle est exprim&#233;e par John Rees dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro de la revue Que faire&#160;? m'ont demand&#233; d'y r&#233;agir. Je vais simplement faire quelques remarques disparates, discordantes et h&#233;t&#233;rodoxes &#224; propos de cette contribution, &#233;tant entendu que derri&#232;re cette question du centralisme d&#233;mocratique se cachent des probl&#232;mes plus g&#233;n&#233;raux, et notamment celui du parti r&#233;volutionnaire d'avant-garde.&lt;br class='autobr' /&gt;
John Rees est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des camarades sachant que j'&#233;tais en d&#233;saccord avec la conception du centralisme d&#233;mocratique telle qu'elle &lt;a href=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/Pourquoi-faut-il-un-parti&#034; class='spip_in'&gt;est exprim&#233;e par John Rees dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro&lt;/a&gt; de la revue &lt;i&gt;Que faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt; m'ont demand&#233; d'y r&#233;agir. Je vais simplement faire quelques remarques disparates, discordantes et h&#233;t&#233;rodoxes &#224; propos de cette contribution, &#233;tant entendu que derri&#232;re cette question du centralisme d&#233;mocratique se cachent des probl&#232;mes plus g&#233;n&#233;raux, et notamment celui du parti r&#233;volutionnaire d'avant-garde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;John Rees est obs&#233;d&#233; par la n&#233;cessaire coh&#233;rence et coh&#233;sion interne d'une organisation r&#233;volutionnaire qui &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;est n&#233;cessaire pour mener une strat&#233;gie et des tactiques correctes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et notamment une politique de front unique cons&#233;quente. Et de poser la question &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Comment obtenir ce type de coh&#233;rence dans une organisation r&#233;volutionnaire, particuli&#232;rement quand elle op&#232;re sous la pression d'organisations plus larges, de forces politiques plus importantes dans le mouvement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Pour lui, deux &#233;l&#233;ments permettent de r&#233;soudre le probl&#232;me, la m&#233;moire de la classe et le centralisme d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La m&#233;moire de classe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire de la classe, c'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;est d'avoir dans l'organisation des cadres rompus &#224; l'histoire et aux traditions du mouvement&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Et de pr&#233;ciser que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la th&#233;orie et la tradition sont &#224; la fois une appropriation des exp&#233;riences de l'histoire et une exp&#233;rience v&#233;cue &#224; partir du mouvement actuel. Donc, un cadre qui est exp&#233;riment&#233; pratiquement et ancr&#233; th&#233;oriquement est absolument essentiel pour &#233;mettre des jugements corrects dans le mouvement&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il ne s'agit pas de nier l'importance des exp&#233;riences historiques, mais il y a deux dangers &#224; &#233;viter&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'un est de proc&#233;der par analogie, les r&#233;f&#233;rences historiques prenant le pas sur l'analyse de la situation concr&#232;te dans laquelle nous nous trouvons. Li&#233;e &#224; cette mani&#232;re de proc&#233;der, il y a parfois la manie des citations de Marx, de L&#233;nine ou de Trotsky. Le recours &#224; des citations de ces derniers, ou d'autres, comme argument d'autorit&#233; justifiant la justesse d'une orientation concr&#232;te dans une situation concr&#232;te rel&#232;ve &#224; mon avis d'une appr&#233;hension quasi religieuse de l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et cette manie de la citation est quelque part li&#233;e au deuxi&#232;me danger&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; de la lecture de l'article de John Rees se d&#233;gage quelque chose qui ressemble &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; une histoire officielle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du parti. On a l'impression qu'un parti r&#233;volutionnaire doit avoir une appr&#233;hension commune de l'histoire du mouvement ouvrier, de ses diverses exp&#233;riences, sinon il manque de coh&#233;rence et de coh&#233;sion. Et c'est probl&#233;matique. Prenons un exemple&#160;: Cronstadt. En ce qui me concerne, je ne pense pas que Cronstadt ait &#233;t&#233; une tragique n&#233;cessit&#233;. Je pense au contraire qu'il s'agit d'un r&#233;v&#233;lateur de l'impasse &#224; laquelle conduisait la politique men&#233;e par le parti bolchevik et qu'un retour critique sur la p&#233;riode 1917/1923 est indispensable. Cette vision n'est malheureusement pas partag&#233;e par tous les r&#233;volutionnaires, loin s'en faut, mais est-ce que des lectures contradictoires de cet &#233;v&#233;nement et de la p&#233;riode 1917/1923 devraient emp&#234;cher de se retrouver dans la m&#234;me organisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#192; mon avis, non, sur cette question, comme sur d'autres. Et ces diverses visions doivent pouvoir s'exprimer publiquement dans des livres, des revues et dans les &#233;coles de formation du parti r&#233;volutionnaire. Sauf &#224; penser que la compr&#233;hension de l'histoire rel&#232;ve elle aussi du centralisme d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le centralisme d&#233;mocratique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;John Rees donne une d&#233;finition ultrarestrictive du centralisme d&#233;mocratique se r&#233;f&#233;rant, par ailleurs abusivement &#224; mon sens, &#224; L&#233;nine&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;L&#233;nine le d&#233;fend ainsi&#160;: c'est la libert&#233; absolue des discussions, suivie par l'unit&#233; absolue dans l'action&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Outre le fait que L&#233;nine l'ait dit ou pas de cette fa&#231;on ne me fait ni chaud, ni froid, il faudrait tout de m&#234;me commencer par rappeler que le d&#233;bat dans la social-d&#233;mocratie russe se d&#233;roulait sous le tsarisme, dans une situation marqu&#233;e par la r&#233;pression et &#224; la clandestinit&#233;, et dans des conditions sociales qui n'ont rien &#224; voir avec celles dans lesquelles nous intervenons aujourd'hui. De plus, cette vision du centralisme d&#233;mocratique est contradictoire avec toute l'histoire de la social-d&#233;mocratie russe et de ses deux fractions, les bolcheviks et les mencheviks, dont les rapports vont sans cesse fluctuer de 1903 &#224; 1917. John Rees pense-t-il s&#233;rieusement que les bolcheviks jusqu'en 1917 fonctionnaient suivant la r&#232;gle du centralisme d&#233;mocratique ou que L&#233;nine se pliait toujours aux d&#233;cisions prises lorsqu'il &#233;tait minoritaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ce n'est qu'apr&#232;s la victoire de 1917 que des conceptions visant d'une part &#224; restreindre la d&#233;mocratie dans le parti, avec notamment cette erreur funeste qu'a &#233;t&#233; l'interdiction des fractions, et d'autre part &#224; imposer une discipline absolue dans l'action, ont vu le jour, l&#224; encore dans des conditions historiques tout &#224; fait particuli&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;John Rees nous explique qu'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Un parti, particuli&#232;rement un parti minoritaire, ne peut &#234;tre efficace sans unit&#233;, qu''une fois que ces discussions ont eu lieu, parfois m&#234;me en fait avant que ces discussions aient lieu dans l'urgence d'une lutte, l'unit&#233; dans l'action est absolument essentielle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ces affirmations sont pr&#233;sent&#233;es comme des &#233;vidences mais ne sont absolument pas d&#233;montr&#233;es. Mais en plus, la lecture attentive fait appara&#238;tre qu'en fait ce n'est pas tellement l'efficacit&#233; dans l'action qui pr&#233;occupe John Rees, mais les risques que le parti soit gangren&#233; par les pressions ext&#233;rieures, notamment dans le cadre d'une politique de front unique. &#201;videmment, il est pr&#233;f&#233;rable que le parti soit uni, qu'il m&#232;ne des campagnes impliquant toute l'organisation, que toutes ses militantes et militants interviennent sur la m&#234;me orientation dans les organisations de masse, etc. Mais voil&#224;, la vie est bien plus compliqu&#233;e. Il existe des moments o&#249; des militants estiment que l'ampleur des divergences non seulement les emp&#234;che d'appliquer l'orientation majoritaire, mais les conduit &#224; mettre en oeuvre une autre orientation que celle d&#233;cid&#233;e majoritairement par leur organisation. Au milieu des ann&#233;es quatre-vingtdix s'est constitu&#233; au sein de la Ligue une fraction publique, la Tendance R&#233;volution&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TR&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!) qui estimait, &#224; tort ou &#224; raison, ce n'est pas ici l'objet du d&#233;bat, que l'orientation majoritaire de la Ligue &#233;tait une orientation gravement opportuniste &#224; l'&#233;gard de la gauche plurielle. Cette fraction &#233;ditait une revue avec la minorit&#233; de Lutte ouvri&#232;re, sortait ses propres tracts hebdomadaires sign&#233;s &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; - &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TR&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ou m&#234;me &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; tout court dans les sections o&#249; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TR&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#233;tait majoritaire, &#233;ditait ses propres brochures, nouait des relations avec d'autres courants de l'extr&#234;me gauche et organisait m&#234;me &#224; certaines occasions ses propres initiatives publiques. Quatre ans plus tard, un processus de rapprochement avec la majorit&#233; de l'ancienne majorit&#233; s'enclenchait et aboutissait au congr&#232;s suivant &#224; la constitution d'une nouvelle majorit&#233;, dont la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TR&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#233;tait partie prenante. Quelles le&#231;ons peut-on en tirer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'&#233;l&#233;ment essentiel est l'importance de la reconnaissance du droit de fraction au sein d'une organisation, m&#234;me au sein d'une petite organisation r&#233;volutionnaire comme la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; ou le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SWP&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et de ne pas le reconna&#238;tre de mani&#232;re purement formelle. La direction de la Ligue, malgr&#233; son opposition radicale &#224; l'orientation de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TR&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!, avait accept&#233; de financer sur le budget de la Ligue un demi-permanent et une partie du fonctionnement de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TR&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!, cette derni&#232;re ayant par ailleurs ses propres cotisations. Je suis s&#251;r que cela est inconcevable au sein du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SWP&lt;/span&gt;. Mais que ce serait-il pass&#233; si ce droit de fraction n'avait pas &#233;t&#233; reconnu&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et bien, il y aurait eu une scission si la majorit&#233; de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TR&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! avait d&#233;cid&#233; de ne pas c&#233;der aux injonctions de la direction ou d'importants d&#233;parts de ses militant-e-s si elle avait accept&#233; de se soumettre &#224; la conception du centralisme d&#233;mocratique pr&#233;conis&#233;e par John Rees. Et la Ligue se serait consid&#233;rablement affaiblie, sans commune mesure avec les aspects n&#233;gatifs d'une division se manifestant y compris publiquement. Mais on peut aller m&#234;me plus loin&#160;: c'est la capacit&#233; &#224; tirer le bilan &#224; la fois de l'intervention majoritaire et de celle de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TR&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!, le tout li&#233; &#224; des changements dans la situation politique, qui a permis aux uns et aux autres, parce qu'il n'y a pas eu de ralliement ni d'un c&#244;t&#233;, ni de l'autre, de d&#233;passer les divergences. On pourrait aussi &#233;voquer l'&#233;pisode de la derni&#232;re campagne pr&#233;sidentielle, mais je pr&#233;f&#232;re le laisser de c&#244;t&#233;, l'histoire &#233;tant encore trop br&#251;lante pour pouvoir en tirer sereinement toutes les le&#231;ons. L'existence d'une fraction au sein d'une organisation ne repr&#233;sente pas, en tant que telle, un affaiblissement de l'organisation, mais peut &#234;tre un &#233;l&#233;ment qui permet de contenir des dynamiques scissionnistes, de maintenir l'unit&#233; du parti. Cela dit, pour que ce soit possible, cela implique un certain nombre de r&#232;gles tr&#232;s simples et notamment&#160;: la transparence (les r&#233;unions de la fraction sont ouvertes), la loyaut&#233; (tout ce que fait la fraction est annonc&#233; &#224; la direction &#224; l'avance), le maintien de cadres communs au sein de l'organisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui est vrai, pour une orientation g&#233;n&#233;rale, devrait l'&#234;tre aussi sur des questions plus circonscrites. John Rees est paniqu&#233; &#224; l'id&#233;e que les 13 camarades du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SWP&lt;/span&gt; qui sont &#224; la direction du syndicat &#233;tudiant ne votent pas la m&#234;me chose ou, pire encore, que le parti soit en d&#233;saccord avec leur vote&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;C'est un d&#233;sastre s'ils ne votent pas tous dans le bon sens ou si le parti est en d&#233;saccord avec ce qu'ils ont fait&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. D&#233;sastre, le mot est fort. Selon une telle vision, l'histoire de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; serait marqu&#233;e par une succession de d&#233;sastres. Prenons, l&#224; encore, un exemple pr&#233;cis. Lorsque le syndicat &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CFDT&lt;/span&gt; des postes et t&#233;l&#233;communications s'est fait exclure par la direction de la Conf&#233;d&#233;ration, il y avait deux choix possibles&#160;: soit adh&#233;rer &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, soit former un nouveau syndicat, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUD&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PTT&lt;/span&gt;. L'essentiel des &#233;quipes syndicales concern&#233;es, du national au local, &#233;tait favorable &#224; la cr&#233;ation de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUD&lt;/span&gt;, estimant que tout autre choix entra&#238;nerait la dislocation des &#233;quipes syndicales, patiemment construites pendant des ann&#233;es. Un d&#233;bat a eu lieu &#224; la direction nationale de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; et celle-ci s'est exprim&#233;e contre la cr&#233;ation d'un nouveau syndicat et pour le passage &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;. La quasi totalit&#233; des militant-e-s et militants de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; concern&#233;-e-s ont fait le choix de cr&#233;er &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUD&lt;/span&gt;, contre l'avis de leur direction. Et ils ont eu raison de le faire, la r&#233;alit&#233; leur a donn&#233; raison et quasi plus personne aujourd'hui ne conteste ce choix. Quelles le&#231;ons en tirer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'abord que d'avoir enfreint le centralisme d&#233;mocratique n'a pas eu de cons&#233;quence n&#233;gative au niveau de l'action. Ensuite, et c'est peut-&#234;tre le plus important, c'est que les &#233;quipes syndicales qui ont fait le choix de cr&#233;er &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUD&lt;/span&gt;, et, parmi eux il y avait de nombreux-euses militant-e-s de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, avaient plus raison que le parti, si r&#233;volutionnaire soit-il.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et l&#224; derri&#232;re, il y a un probl&#232;me beaucoup plus profond, c'est une certaine conception du parti d'avant-garde et du centralisme d&#233;mocratique, lourde de danger (et l&#224; je me retiens pour ne pas citer le Trotsky de Nos t&#226;ches politiques). Parce qu'il est d'avant-garde, le parti aurait raison. Et au sein du parti, la tendance majoritaire a raison, et au sein de la tendance majoritaire la direction a raison, et au sein de la direction, le noyau historique a raison, et parfois au sein du noyau historique un individu a raison, c'est ce qui explique d'ailleurs l'existence de v&#233;ritables gourous au sein d'organisations trotskistes (Hardy &#224; Lutte ouvri&#232;re ou Lambert &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OCI&lt;/span&gt;/Parti des travailleurs). Non, ce n'est pas parce qu'on est membre d'une organisation r&#233;volutionnaire, et cela est encore plus vrai pour une petite organisation dont la surface sociale est limit&#233;e, que l'on a forc&#233;ment raison pour d&#233;terminer une orientation cons&#233;quente dans le travail de masse et dans les mobilisations. Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; a abandonn&#233; toute conception d'intervention en fraction dans le travail de masse, et notamment dans les organisations syndicales. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de discussions g&#233;n&#233;rales sur l'orientation syndicale, sur les ph&#233;nom&#232;nes de recomposition syndicale &#8211; nous en avons eu une, importante &#224; notre congr&#232;s qui a suivi les grandes gr&#232;ves de 1995&#160;-, mais la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; ne donne pas de consignes pr&#233;cises et toute id&#233;e selon laquelle toutes et tous les militantes et militants doivent imp&#233;rativement voter la m&#234;me chose, sous peine de d&#233;sastre, lui est &#233;trang&#232;re. Cette conception a &#233;galement l'avantage d'&#233;viter une forme de schizophr&#233;nie dans le militantisme quotidien. Les organisations de masse sont aussi travers&#233;es par des d&#233;bats, intenses parfois, qui ne sont pas uniquement des d&#233;bats entre r&#233;formistes tra&#238;tres et r&#233;volutionnaires cons&#233;quents. L&#224; encore, prenons un exemple, la question de l'exclusion des lyc&#233;ennes qui portaient le foulard. La Ligue &#233;tait fortement divis&#233;e et est toujours fortement divis&#233;e sur cette question. La position majoritaire s'opposait &#224; la loi, mais n'excluait pas la possibilit&#233; d'exclure une lyc&#233;enne, une fois toutes les d&#233;marches possibles ayant &#233;t&#233; faites pour la convaincre d'enlever son foulard en classe. La position minoritaire refusait, &#224; juste titre, toute exclusion d'une lyc&#233;enne qui porte le foulard. Mais ce d&#233;bat, il existait aussi au sein de la direction de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSU&lt;/span&gt;, de ses sections, au sein des tendances syndicales de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSU&lt;/span&gt;, et enfin dans les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AG&lt;/span&gt; des professeurs. Imaginons un-e militant-e de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, en accord avec la position minoritaire, qui se trouve &#224; la direction du syndicat ou dans une &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AG&lt;/span&gt; o&#249; se discutent des motions contradictoires, qui de fait reprennent les termes du d&#233;bat qui a eu lieu au sein de la Ligue. Au nom de la n&#233;cessaire discipline du parti, il/elle va devoir voter contre une motion dont il/elle partage le contenu avec des membres de son syndicat ou des coll&#232;gues de son &#233;tablissement, et pour une motion avec laquelle il/elle est en d&#233;saccord total. Et bien, je pense que c'est impossible, et en ce qui me concerne, je ne le ferais pas, et cela m&#234;me si je devais subir les foudres de John Rees. Pratiquer de la sorte ne renforce aucunement le parti, parce quand les autres membres du syndicat ou les coll&#232;gues de travail voient des militant-e-s voter contre leur propre conviction au nom de la discipline du parti, alors ce dernier ne peut que leur appara&#238;tre comme une secte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela veut-il dire que tout est possible au sein d'un m&#234;me parti&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Non. Il peut y avoir des moments o&#249; la s&#233;paration est n&#233;cessaire quand des positions sont contraires aux int&#233;r&#234;ts historiques de l'ensemble travailleurs ou de minorit&#233;s particuli&#232;res&#160;: ainsi, si une tendance dans un parti justifiait le soutien &#224; une intervention militaire imp&#233;rialiste, ou si elle approuvait des mesures discriminatoires &#224; l'&#233;gard des immigr&#233;-e-s, ou si elle approuvait la r&#233;pression de minorit&#233;s sexuelles, alors la s&#233;paration serait n&#233;cessaire. Mais, ces cas sont marginaux et ne peuvent justifier une th&#233;orie du centralisme d&#233;mocratique d'un autre &#226;ge, une th&#233;orie marqu&#233;e par des circonstances historiques particuli&#232;res, magnifi&#233;e par le stalinisme et reprise, certes avec des consid&#233;rants diff&#233;rents, par nombre d'organisations se r&#233;clamant du trotskisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volutionnaire, il ne suffit pas de dire qu'on l'est pour l'&#234;tre&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais terminer ces remarques en abordant un dernier probl&#232;me&#160;: qu'est-ce qui permet de caract&#233;riser une organisation ou un courant de r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Dans sa contribution, John Rees peine &#224; r&#233;pondre &#224; cette question, et c'est normal, parce que la r&#233;ponse n'est pas simple, et y a-t-il m&#234;me une r&#233;ponse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il justifie l'existence d'un parti r&#233;volutionnaire par l'&#233;cart pouvant exister entre le niveau de conscience de la classe ouvri&#232;re d'une part et ses int&#233;r&#234;ts historiques d'autre part&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;nous vivons dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le pouvoir, non seulement sur les aspects &#233;conomiques de la vie, mais aussi sur toute la production d'id&#233;es de la soci&#233;t&#233; moderne &#8211; l'&#233;cole, le gouvernement, les m&#233;dias &#8211; est dans les mains d'une autre classe. Ce n'est donc pas tr&#232;s &#233;tonnant que les gens aient des id&#233;es contraires &#224; leurs int&#233;r&#234;ts&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le constat est juste sauf que cela justifie et d&#233;finit la n&#233;cessit&#233; d'un parti ouvrier ind&#233;pendant, d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts historiques de la classe ouvri&#232;re et du plus grand nombre, ce qui passe notamment par la remise en cause de l'exploitation capitaliste et par cons&#233;quent de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des principaux moyens de production, l'&#233;tablissement d'une soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de toutes les formes d'exploitation, d'oppressions et de discriminations et dirig&#233;e par les producteurs et productrices autoorganis&#233;e- s &#224; tous les niveaux. Mais la d&#233;finition d'un parti r&#233;volutionnaire ne se r&#233;sume pas &#224; cela. Dans les diverses composantes de la n&#233;buleuse trotskiste, le sens du qualificatif de r&#233;volutionnaire est li&#233; &#224; la question strat&#233;gique de la crise r&#233;volutionnaire et de la prise du pouvoir autour de, tr&#232;s sch&#233;matiquement&#160;: d&#233;veloppement d'organes de double pouvoir qui se structurent &#224; l'&#233;chelle nationale (comit&#233;s d'usine, soviets, etc.), situation de double pouvoir, confrontation avec l'&#201;tat bourgeois et son appareil militaire et r&#233;pressif, ce qui pose la question de l'armement des travailleur-euse-s et des opprim&#233;-e-s, et d&#233;nouement de la crise (soit victoire de la r&#233;volution avec la destruction de l'&#201;tat bourgeois et instauration d'un autre pouvoir, soit victoire de la contrer&#233;volution et restauration de l'ordre existant). Mais ces r&#233;f&#233;rences suffisent- elles &#224; d&#233;finir une organisation ou un courant comme r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je ne le crois pas. Il y a trop de cas dans l'histoire o&#249; des organisations se r&#233;clamant d'un programme r&#233;volutionnaire en b&#233;ton se sont av&#233;r&#233;es incapables de jouer le moindre r&#244;le dans des situations de crises r&#233;volutionnaires. La difficult&#233;, c'est que la caract&#233;risation de r&#233;volutionnaire d'une organisation ne peut se faire qu'a posteriori, lorsque celle-ci a &#233;t&#233; capable d'&#234;tre partie prenante d'un r&#233;el processus r&#233;volutionnaire et d'y jouer un r&#244;le positif, et il faut bien avouer que, hors leurs r&#233;f&#233;rences &#224; des exp&#233;riences historiques, les organisations qui se qualifient aujourd'hui de r&#233;volutionnaires en Europe, n'ont sur cette question aucune exp&#233;rience pratique et par cons&#233;quent aucune autorit&#233; pour se caract&#233;riser elles-m&#234;mes de r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un deuxi&#232;me probl&#232;me&#160;: des partis r&#233;volutionnaires de masse, comme les ont d&#233;fini pendant de longues ann&#233;es, aussi bien le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SWP&lt;/span&gt; que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, n'ont jamais exist&#233; dans la r&#233;alit&#233; et n'existeront jamais. On pourrait m&#234;me prendre le cas de la fraction bolchevique. Jusqu'en 1917, on aurait pu la caract&#233;riser comme une organisation anticapitaliste, et encore une organisation anticapitaliste assez particuli&#232;re puisqu'elle voulait certes abattre le tsarisme, mais pour le remplacer par une d&#233;mocratie bourgeoise, les partisans d'une transcroissance de la r&#233;volution bourgeoise en r&#233;volution prol&#233;tarienne n'&#233;tant pas, et notamment le principal d'entre eux, membre dudit parti bolchevik. Ce n'est que parce qu'elle a conduit &#224; son terme une dynamique r&#233;volutionnaire qu'on peut aujourd'hui la qualifier de parti r&#233;volutionnaire tout en pr&#233;cisant par ailleurs qu'elle n'&#233;tait pas le seul courant r&#233;volutionnaire qui a particip&#233; &#224; cette r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela pose aussi la question de l'intervention et de la construction, au sein d'un parti anticapitaliste large qui se fixe comme objectif non pas d'am&#233;nager le capitalisme mais de le remplacer par une soci&#233;t&#233; socialiste, sans exploitation et sans oppression, d'un courant r&#233;volutionnaire. Je suis tr&#232;s m&#233;fiant sur la mani&#232;re d'aborder cette question, et encore plus, si le dit courant fonctionne suivant la r&#232;gle du centralisme d&#233;mocratique. On ne peut consid&#233;rer un parti anticapitaliste large comme &#233;tant fait de diff&#233;rents cercles concentriques d&#233;limit&#233;s par des r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques et programmatiques diverses, avec au centre un petit noyau form&#233; par les militants du (ou des) courant r&#233;volutionnaire, qui interviendrait en fraction au sein de ce parti large, avec comme objectif, soit de devenir majoritaire pour en &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;prendre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; la direction, soit pour organiser une scission le moment venu et opportun, pour former un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;vrai&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; parti r&#233;volutionnaire strictement d&#233;limit&#233;, conception qui justifie &#233;videmment une intervention en fraction. Il faut plus concevoir ce parti comme &#233;tant form&#233; de sous-ensembles dont les recoupements varieront au cours de son histoire et r&#233;serveront surprises et &#233;tonnements. Le courant r&#233;volutionnaire sera un de ces sous-ensembles, qu'il sera important de construire, mais qui conna&#238;tra lui aussi des transformations constantes, voire des mutations au feu de la lutte des classes, qui sera lui aussi travers&#233; par des d&#233;bats qui ne se r&#233;soudront pas seulement en son sein, mais aussi dans le cadre du parti large. Car les apports ne fonctionnent pas &#224; sens unique&#160;: le courant r&#233;volutionnaire s'enrichit, lui aussi de l'exp&#233;rience, de l'activit&#233; du parti large et une conception restrictive du centralisme d&#233;mocratique peut &#234;tre un obstacle &#224; la r&#233;alisation de v&#233;ritables symbioses d'histoires et d'exp&#233;riences diff&#233;rentes qui cohabiteront au sein du parti large et &#224; l'assimilation des exp&#233;riences port&#233;es par ce parti large lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>C'est la classe</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Godard</dc:creator>


		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Classes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des ouvrages de plus en plus nombreux t&#233;moignent de la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s et, pour certains, parlent du &#171;&#160;retour des classes sociales&#160;&#187;. Pourtant, pour paraphraser Marx, il faut voir dans le d&#233;veloppement des in&#233;galit&#233;s sociales, non seulement les in&#233;galit&#233;s elles-m&#234;mes, mais aussi l'&#233;l&#233;ment r&#233;volutionnaire capable de mettre &#224; bas l'ordre ancien. Et c'est ce qui donne une place &#224; part dans la production actuelle au livre de Stathis Kouvelakis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le livre de Stathis Kouvelakis ne fait pas que r&#233;v&#233;ler (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L118xH150/arton118-5a079.jpg&#034; width='118' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des ouvrages de plus en plus nombreux t&#233;moignent de la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s et, pour certains, parlent du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;retour des classes sociales&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pourtant, pour paraphraser Marx, il faut voir dans le d&#233;veloppement des in&#233;galit&#233;s sociales, non seulement les in&#233;galit&#233;s elles-m&#234;mes, mais aussi l'&#233;l&#233;ment r&#233;volutionnaire capable de mettre &#224; bas l'ordre ancien. Et c'est ce qui donne une place &#224; part dans la production actuelle au livre de Stathis Kouvelakis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le livre de Stathis Kouvelakis ne fait pas que r&#233;v&#233;ler l'antagonisme de classe, mais en fait le c&#339;ur de son analyse de la situation en France et de son &#233;volution sur les derni&#232;res d&#233;cennies. C'est ce qui lui permet d'&#234;tre &#224; la fois un outil pr&#233;cieux dans la lutte contre l'id&#233;ologie dominante mais aussi de poser les bases du d&#233;bat strat&#233;gique &#224; la fois pour le mouvement et pour les r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme en tant qu'offensive politique de la classe dirigeante Par d&#233;finition la lutte de classe n'a pas qu'un seul terme, la lutte des travailleurs contre les capitalistes, elle est aussi la lutte des capitalistes contre la classe ouvri&#232;re. Pour Stathis, l'&#233;mergence du n&#233;olib&#233;ralisme, terme dont il pr&#233;cise qu'il le reprend pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;parler concr&#232;tement du capitalisme contemporain, en discernant la sp&#233;cificit&#233; de ses transformations tout autant que la permanence de ses traits les plus fondamentaux dans l'histoire des formations sociales&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, est un produit de la lutte de classe. De mani&#232;re plus pr&#233;cise &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; cette modernisation d'ensemble du syst&#232;me social est la manifestation de la tendance capitaliste de la lutte de classe&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La mise en place du post-fordisme comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nouveau r&#233;gime productif&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est la r&#233;ponse de la classe dirigeante &#224; la crise du taylorisme/fordisme (ce r&#233;gime productif qui a permis l'av&#232;nement de la production de masse &#224; la place de l'ouvrier de m&#233;tier).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette crise s'est cristallis&#233;e dans les ann&#233;es 1960-1970 en une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;double-limite&#160;: d'un c&#244;t&#233; la r&#233;volte de l'ouvrier- masse, capable de bloquer les flux de production avec un co&#251;t relativement r&#233;duit, de l'autre, les nouvelles contraintes de la valorisation impos&#233;es par la crise capitaliste de l'apr&#232;s-1974&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une th&#232;se d'autant plus importante que, comme l'explique Stathis l'enjeu de cette &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;r&#233;volution passive&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;tait de d&#233;sarmer la classe ouvri&#232;re en la rendant invisible. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Au cours des ann&#233;es 1980, le constat de la disparition des classes sociales et de l'&#233;tiolement des antagonismes constitutivement li&#233;s &#224; leur existence avait la force de l'&#233;vidence. Atteintes dans leurs fondements sociologiques et dans leurs dispositifs de structuration de l'action collective, les classes se voyaient brusquement priv&#233;es de leur consistance.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre de Stathis d&#233;montre l'&#233;chec de cette tentative qui trouve son origine dans l'exacerbation des antagonismes sociaux et dans le retour des luttes ouvri&#232;res et populaires. Il n'en reste pas moins que, bien qu'elle soit une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e de la classe dirigeante, cette offensive n'a pas eu seulement des cons&#233;quences id&#233;ologiques. Ou, dit autrement, son impact id&#233;ologique sur les classes populaires elles-m&#234;mes, a trouv&#233; des racines dans les modifications induites des rapports sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il en r&#233;sulte que le retour des luttes ne peut se suffire. Le d&#233;veloppement d'une strat&#233;gie permettant leur victoire exige de d&#233;voiler aux yeux de ses acteurs le r&#244;le central qu'y joue l'antagonisme de classe. Et il s'agit de pr&#233;ciser les d&#233;placements op&#233;r&#233;s par la restructuration du capitalisme pour pouvoir d&#233;velopper cette strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nature de classe des r&#233;sistances&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas pour Stathis de se limiter &#224; r&#233;affirmer la justesse d'une analyse de la soci&#233;t&#233; contemporaine en terme de lutte de classe. L'enjeu est largement au-del&#224; de cela. Il s'agit de d&#233;montrer que, plus que jamais, le capitalisme a radicalement &#233;chou&#233; &#224; supprimer les contradictions qui fondent la possibilit&#233; d'une transformation sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se livre ainsi &#224; une &#233;tude de l'&#233;volution des chiffres des gr&#232;ves et de leur nature qui d&#233;montre l'inflexion que repr&#233;sente la p&#233;riode ouverte depuis la fin des ann&#233;es 1980, et surtout &#224; partir de 1995, par rapport au reflux dramatique de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. Cela lui permet de contester la vision faisant des gr&#232;ves une activit&#233; r&#233;siduelle propre &#224; certains secteurs et appel&#233;e &#224; dispara&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il contredit aussi l'id&#233;e d'un report de la conflictualit&#233;, de la gr&#232;ve (qui s'organise, par d&#233;finition, sur la base du lieu de production) vers la manifestation de rue. Plut&#244;t que d'opposer les deux formes d'expression de la conflictualit&#233; il d&#233;montre comment celles-ci se nourrissent&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les pics de l'action de rue, qui renvoient aux manifestations-mouvements, correspondent &#224; une articulation de gr&#232;ve et de manifestation, dont ils scellent la r&#233;ussite et l'effet d'entra&#238;nement mutuel, plut&#244;t qu'un d&#233;placement de la premi&#232;re vers la seconde.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs il rel&#232;ve, contredisant le sens commun, que les &#233;tudes montrent que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les manifestants sont avant tout... des ouvriers, suivis par les agriculteurs, les enseignants et les lyc&#233;ens/&#233;tudiants eux-m&#234;mes suivis par les autres cat&#233;gories du salariat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, tandis que les organisateurs pr&#233;pond&#233;rants des manifestations sont les syndicats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette analyse ouvre &#224; une critique des th&#233;ories du mouvement social. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Cela n'&#233;quivaut pas au rejet du terme de mouvement social car, plut&#244;t que de l'opposer &#224; celui de mouvement ouvrier comme le voudrait le point de vue actuellement dominant, nous lui donnons un sens historique, ou plus exactement historicis&#233;&#160;: une validit&#233; localis&#233;e dans le temps et l'espace&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; correspondant &#224; une premi&#232;re phase dans le retour des luttes. Dans ce d&#233;bat men&#233; par Stathis, l'enjeu est clairement strat&#233;gique&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le choix qui s'offre actuellement semble donc se limiter &#224; celui entre la fragmentation du social dans une multitude de micro-acteurs et la r&#233;duction des groupes sociaux &#224; l'&#233;tat d'objets fonctionnellement encastr&#233;s dans les m&#233;canismes de la domination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux peuvent du reste se rejoindre, si l'on interpr&#232;te les mouvements sociaux, soigneusement d&#233;coup&#233;s en fonction des principes &#233;voqu&#233;s pr&#233;c&#233;demment, comme un champ distinct et autonome, dont l'articulation avec les autres demeure aussi probl&#233;matique que l'unit&#233; d'ensemble de la formation sociale dans la th&#233;orie de Bourdieu. Est ainsi &#233;vacu&#233; le r&#244;le structurant de la contradiction capitaltravail, compl&#233;ment n&#233;cessaire de l'invisibilisation de la classe des travailleurs au profit des micro-acteurs du social.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des bases pour une orientation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Stathis analyse concr&#232;tement les formes que prend cette contradiction, condition indispensable pour &#233;laborer une politique pour le mouvement. D'o&#249; l'utilit&#233; d'une &#233;tude des caract&#233;ristiques du r&#233;gime de production postfordiste, des formes d'organisation du travail et des formes de pouvoir au sein de l'entreprise comme au niveau de l'Etat. Mais il &#233;tudie aussi les formes que prennent les r&#233;sistances ouvri&#232;res et leur possible lien avec les autres luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi Stathis revient &#224; plusieurs reprises dans ce livre sur le ph&#233;nom&#232;ne des coordinations y voyant, plut&#244;t qu'une alternative &#224; l'organisation syndicale, le d&#233;but d'un processus permettant de renouveler les formes d'organisation r&#233;pondant aux exigences du nouveau r&#233;gime de production. Il &#233;crit ainsi que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;d'&#233;l&#233;ment de contestation, l'auto-organisation est devenue, &#224; compter du mouvement de 1995, un puissant outil de construction unitaire de la mobilisation et de son &#233;largissement, qui prend appui et compl&#232;te le front syndical (en g&#233;n&#233;ral partiel) existant au sommet. La r&#233;organisation post-fordiste de la production et des services a ainsi trouv&#233; un d&#233;but de r&#233;ponse dans la recomposition des identit&#233;s et des pratiques collectives au sein des entreprises.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; D'une mani&#232;re purement dialectique il refuse d'opposer identit&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;de m&#233;tier&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et unit&#233; de classe, montrant comment le premier terme, la reconnaissance d'une identit&#233; commune &#224; un groupe (celle de cheminot, de postier...) facilite la reconnaissance d'une unit&#233; de classe entre les diff&#233;rents groupes. Par ailleurs, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la reconstruction de l'h&#233;g&#233;monie ouvri&#232;re repr&#233;sente aujourd'hui la condition pour faire reculer les divisions internes cr&#233;&#233;es ou amplifi&#233;es par la restructuration capitaliste (clivage g&#233;n&#233;rationnel, public/priv&#233; ou Fran&#231;ais/immigr&#233;s) et saper durablement l'influence du Front national parmi l'&#233;lectorat populaire.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Il pointe par ailleurs des exemples, &#224; g&#233;n&#233;raliser, d'&#233;volutions du syndicalisme, - comme le d&#233;veloppement de syndicats de site (Saint-Nazaire, par exemple) qui &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;redonne au syndicalisme les moyens de contrer l'&#233;clatement de la force de travail et la d&#233;concentration productive qui marquent le capitalisme post-fordiste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du mouvement social au mouvement politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce que d&#233;crit Stathis (notamment dans la partie sur le retour des luttes) est un processus &#233;volutif d'o&#249; l'importance de la mise en parall&#232;le de d&#233;veloppement des gr&#232;ves et des luttes avec les enqu&#234;tes qui montrent un retour d'une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;conscience de classe&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cela s'accompagne aussi d'une reprise de la syndicalisation m&#234;me si c'est plus par le d&#233;veloppement de l'implantation syndicale (notamment dans de nouveaux secteurs) que de mani&#232;re absolue. Cependant le plus important pour Stathis (qui justifie le sous-titre du livre) est l'articulation dans ce processus entre le retour des luttes sociales et la question politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re phase du mouvement (celle qui voit la domination des th&#232;ses de l'autonomie du mouvement social) correspond &#224; ce qu'il caract&#233;rise comme une s&#233;quence antipolitique caract&#233;ris&#233;e par &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un refus de toute conception visant &#224; conqu&#233;rir (dans un sens r&#233;volutionnaire ou r&#233;formiste, cela &#233;tant d'une importance seconde du point de vue qui nous pr&#233;occupe ici) le pouvoir d'&#201;tat (ou, plus modestement, dans le cadre de cet exercice du pouvoir dont parlait L&#233;on Blum, le pouvoir gouvernemental), comme condition indispensable &#224; la transformation d'ensemble des rapports sociaux.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La phase du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;retour de la politique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est le produit des limites auxquelles se confronte le mouvement et qui sont v&#233;cues comme deux &#233;checs&#160;: la pr&#233;sence de Le Pen au second tour des pr&#233;sidentielles de 2002 et l'&#233;chec du mouvement de 2003. Le premier a conduit &#224; une vague d'adh&#233;sion dans les partis et le second a conduit au constat &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;qu'un mouvement social ne peut, &#224; lui seul, enrayer le rouleau compresseur n&#233;olib&#233;ral. [...] Le durcissement de l'affrontement a ainsi plac&#233; &#224; l'ordre du jour tant le d&#233;bat strat&#233;gique au sein du mouvement syndical que l'exigence d'un r&#233;investissement du terrain politique.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce retour de la politique a &#233;t&#233; confirm&#233; et amplifi&#233;, de mani&#232;re positive cette fois, par la campagne r&#233;f&#233;rendaire de 2005 mais aussi par la victoire de la lutte contre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPE&lt;/span&gt;, produit d'une jonction entre les &#233;tudiants et les travailleurs. Pour Stathis cette analyse conduit &#224; d&#233;finir les contours du combat politique &#224; mener, la n&#233;cessit&#233; de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;structurer politiquement un bloc populaire antilib&#233;ral [&#160;:] Constitution d'un p&#244;le anticapitaliste d&#233;passant la fragmentation organisationnelle actuelle et construction d'une politique h&#233;g&#233;monique de classe se pr&#233;sentent ainsi comme la double condition du succ&#232;s d'un front antilib&#233;ral capable de conduire les forces populaires &#224; la contre-offensive et &#224; la victoire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Et d'avertir qu'en l'absence d'initiatives en ce sens, la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;r&#233;action syst&#233;mique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (entendu comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un projet n&#233;oconservateur visant &#224; remodeler en profondeur la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;) l'emportera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La postface au livre, &#233;crite apr&#232;s le r&#233;sultat des &#233;lections pr&#233;sidentielles et la victoire de Sarkozy, est beaucoup plus pessimiste que le reste du livre. Tout en &#233;crivant que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la question de la traduction sur le terrain social du succ&#232;s de Sarkozy dans les urnes reste ouverte&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, il affirme que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le cycle politique bid&#233;cennal dont il a &#233;t&#233; question tout au long de ces pages se cl&#244;t sur ce qu'il faut bien appeler une d&#233;faite cinglante des forces qui se sont oppos&#233;es au remodelage n&#233;olib&#233;ral de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Un peu plus loin il ajoute&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ce n'est du reste pas la premi&#232;re fois dans l'histoire qu'en l'absence de solution alternative &#8216;&#224; gauche', une situation de crise tend &#224; se r&#233;soudre &#8216;&#224; droite'par un &#8216;parti de l'ordre'mieux &#224; m&#234;me de s'emparer de la radicalit&#233; de la conjoncture.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dialectique du processus et parti r&#233;volutionnaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage de Stathis ne se donne pas comme une analyse d&#233;finitive de l'histoire des derni&#232;res d&#233;cennies. Son importance d&#233;passe cependant tr&#232;s largement l'ambition pr&#233;sent&#233;e dans son introduction de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;restituer quelques &#233;l&#233;ments de son ambiance&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce serait cependant lui faire injure que de ne pas en faire aussi un sujet de d&#233;bat visant &#224; &#233;claircir nos analyses. Je me limiterai &#224; soulever rapidement deux questions qui me semblent cependant centrales dans les d&#233;bats qui nous pr&#233;occupent actuellement et qui me conduisent &#224; ne pas partager les conclusions de Stathis sur la p&#233;riode actuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re question a trait au lien entre luttes sociales et luttes politiques. Dans le d&#233;veloppement du processus de lutte de classe se produisent des changements qualitatifs. Il est donc tout &#224; fait juste, comme le fait Stathis, de voir la politisation des jeunes et des travailleurs comme un produit de ce processus confront&#233; &#224; ses propres limites. Mais tout se passe, dans l'analyse de Stathis comme si cette politisation &#233;tait uniforme. Si la classe ouvri&#232;re &#233;tait homog&#232;ne le processus r&#233;volutionnaire serait le produit d'une succession de phases franchies par l'ensemble de la classe de mani&#232;re lin&#233;aire. Ce sentiment est renforc&#233; par l'accent exclusif mis, en ce qui concerne la lutte politique, sur la lutte &#233;lectorale semblant sugg&#233;rer que le succ&#232;s dans ce domaine est le pivot de la construction de l'h&#233;g&#233;monie de classe et d'une progression ult&#233;rieure. Il &#233;crit ainsi que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la mise en oeuvre [d'un projet antilib&#233;ral] par un bloc populaire majoritaire au niveau des institutions existantes (y compris gouvernementales) ne peut que conduire &#224; courtterme &#224; des affrontements de classes de tr&#232;s grande ampleur.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devant ce type d'enjeu on comprend ais&#233;ment que l'&#233;chec des collectifs antilib&#233;raux et de la construction d'une candidature unitaire soit analys&#233; de mani&#232;re aussi dramatique. Si le processus des luttes est le point d'appui pour un d&#233;veloppement de la conscience de classe, il n'en reste pas moins que celui-ci se produit de mani&#232;re h&#233;t&#233;rog&#232;ne en fonction des situations et exp&#233;riences. C'est l&#224; l'origine de la description par Rosa Luxemburg de ce processus comme une combinaison de flux et de reflux, de luttes partielles et de luttes nationales, de luttes &#233;conomiques et de luttes politiques alternant sans cesse, les unes fertilisant les autres. Cet apparent chaos ne prend un sens que lorsqu'on l'aborde de mani&#232;re globale et dans sa dynamique de d&#233;veloppement. Le pivot de la construction de points d'appui pour une h&#233;g&#233;monie d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;bloc social populaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne peut &#234;tre dans les institutions. Nous devons viser &#224; construire des embryons d'organes de double-pouvoir en face des institutions capitalistes &#224; l'image des conseils d'usine d&#233;fendus par Gramsci. Cela ne s'oppose pas &#224; l'utilisation des s&#233;quences &#233;lectorales ni m&#234;me &#224; l'&#233;lection de repr&#233;sentants au sein des institutions. Mais l'acquisition de ces positions au sein des institutions doit &#234;tre conditionn&#233;e &#224; la construction d'un rapport de forces bas&#233; sur des structures ind&#233;pendantes de ces institutions, dans les lieux de travail, dans les quartiers populaires... Ce vers quoi, par ailleurs, les collectifs ne se sont jamais orient&#233;s en se focalisant exclusivement sur les enjeux &#233;lectoraux. La seconde question, a un lien &#233;troit avec la premi&#232;re. Il s'agit du r&#244;le (et partant de la n&#233;cessit&#233;) d'une organisation r&#233;volutionnaire se construisant dans ce processus mais aussi indispensable pour le d&#233;velopper. Cette ques-tion est totalement absente du propos de Stathis. Le combat pour organiser les fractions les plus avanc&#233;es de la classe dans un front politique (qu'on l'appelle front antilib&#233;ral ou parti anticapitaliste n'est pas la question ici) ne supprime pas la n&#233;cessit&#233; de l'intervention organis&#233;e des r&#233;volutionnaires &#224; moins de penser que la divergence entre r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes n'influence pas la strat&#233;gie &#224; mettre en oeuvre dans le processus de la lutte des classes. Comme l'&#233;crit Chris Harman (dans un texte qui est un compl&#233;ment utile au livre de Stathis)&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Rompre avec un parti r&#233;formiste particulier ne signifie pas automatiquement rompre avec le r&#233;formisme. Le r&#233;formisme est nourri par la fa&#231;on dont les membres d'une classe exploit&#233;e grandissent dans la soci&#233;t&#233; qui les exploite et dont ils prennent en grande partie les id&#233;es &#224; la lettre. Une rupture compl&#232;te avec le r&#233;formisme ne peut se produire que lorsqu'une combinaison de leur propre exp&#233;rience et de l'acc&#232;s aux id&#233;es r&#233;volutionnaires les ouvre &#224; une vision du monde totalement diff&#233;rente. Et cela implique que les r&#233;volutionnaires soient immerg&#233;s dans la lutte pour briser avec les vieux partis r&#233;formistes, fassent l'exp&#233;rience de la tentative de construire une alternative avec des gens qui sont encore au moins &#224; moiti&#233; influenc&#233;s par les id&#233;es r&#233;formistes &#8211; mais aussi ne dissimulent pas leur vision distincte et saisissent toutes les occasions de gagner les gens &#224; celle-ci &#224; travers leurs publications, leurs r&#233;unions et leurs discussions individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; lire &#233;galement&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Chris Harman, &lt;i&gt;Spontan&#233;it&#233;, strat&#233;gie et politique&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://tintinrevolution.free.fr/fr/spontaneite.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://tintinrevolution.free.fr/fr/spontaneite.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Rosa Luxemburg, &lt;i&gt;Gr&#232;ve de masse, parti et syndicats&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, ou &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve7.htm&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve7.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une Arme, pas une Proph&#233;tie</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/Une-Arme-pas-une-Prophetie</link>
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		<dc:date>2009-10-07T08:38:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vanina Giudicelli</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Classes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les hommes font leur propre histoire, mais dans des conditions qu'ils n'ont pas choisies, disait Marx il y a 150 ans. En 2008, l'objectif de la th&#233;orie est de comprendre quelles sont ces circonstances et, en lien avec la pratique, en liquider les limites.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alex Callinicos, marxiste britannique, a &#233;crit un ouvrage qui tente de reconstruire, en termes accessibles, les id&#233;es marxistes centrales. Ce livre, Les id&#233;es r&#233;volutionnaires de Karl Marx, sera publi&#233; en fran&#231;ais en mars aux &#233;ditions Syllepse. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Marx" rel="tag"&gt;Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les hommes font leur propre histoire, mais dans des conditions qu'ils n'ont pas choisies, disait Marx il y a 150 ans. En 2008, l'objectif de la th&#233;orie est de comprendre quelles sont ces circonstances et, en lien avec la pratique, en liquider les limites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alex Callinicos, marxiste britannique, a &#233;crit un ouvrage qui tente de reconstruire, en termes accessibles, les id&#233;es marxistes centrales. Ce livre, &lt;i&gt;Les id&#233;es r&#233;volutionnaires de Karl Marx&lt;/i&gt;, sera publi&#233; en fran&#231;ais en mars aux &#233;ditions Syllepse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y expose les th&#233;ories marxistes, remet chaque ouvrage de Marx dans son contexte historique et identifie les questions auxquelles ces ouvrages r&#233;pondent. Il guide ainsi le lecteur dans la richesse de la production th&#233;orique de Marx. On trouvera dans ce livre des &#233;l&#233;ments sur la vie de Marx, les id&#233;es socialistes avant lui, sur Ricardo, Hegel et Feuerbach dont Marx a su parachever, critiquer et continuer les th&#233;ories, sur sa m&#233;thode, l'analyse du capitalisme, le pouvoir des travailleurs, et l'actualit&#233; du marxisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marx est souvent assimil&#233; dans la culture g&#233;n&#233;rale &#224; la simple id&#233;e que la soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en classes. Ce qu'en dit Marx lui-m&#234;me, en mars 1852, dans une lettre &#224; Joseph Weydemeyer, peut para&#238;tre du coup assez surprenant&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Maintenant, en ce qui me concerne, ce n'est pas &#224; moi que revient le m&#233;rite d'avoir d&#233;couvert l'existence des classes dans la soci&#233;t&#233; moderne, pas plus que la lutte qu'elles s'y livrent. Des historiens bourgeois avaient expos&#233; bien avant moi l'&#233;volution historique de cette lutte des classes et des &#233;conomistes bourgeois en avaient d&#233;crit l'anatomie &#233;conomique.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Mais il poursuit en mettant l'accent sur le sens de son travail&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ce que j'ai apport&#233; de nouveau, c'est de d&#233;montrer&#160;: 1&#176; que l'existence des classes n'est li&#233;e qu'&#224; des phases historiques d&#233;termin&#233;es du d&#233;veloppement de la production, 2&#176; que la lutte des classes m&#232;ne n&#233;cessairement &#224; la dictature du prol&#233;tariat, 3&#176; que cette dictature elle-m&#234;me ne repr&#233;sente qu'une transition vers l'abolition de toutes les classes et vers une soci&#233;t&#233; sans classe.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objectif de cet article n'est pas de condenser le livre de Callinicos, mais en d&#233;veloppant la signification de cette citation, de montrer l'enjeu d'une connaissance plus approfondie de Marx pour tous ceux et celles dont le projet est de transformer le monde. Marx disait lui-m&#234;me que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;s'adresser aux ouvriers sans avoir des id&#233;es rigoureusement scientifiques et une doctrine concr&#232;te... revenait &#224; un jeu malhonn&#234;te et vain, &#224; une propagande o&#249; l'on supposait, d'un c&#244;t&#233;, un proph&#232;te inspir&#233; et, de l'autre c&#244;t&#233;, des imb&#233;ciles l'&#233;coutant bouche b&#233;e&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est ce qui rend pr&#233;cieuse la publication en fran&#231;ais du livre de Callinicos au moment o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'une transformation sociale est mise &#224; l'ordre du jour &#224; la fois par la situation du capitalisme et l'&#233;mergence de r&#233;sistances de masse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les classes ont une histoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toute classe dominante dans l'histoire a toujours d&#233;velopp&#233; l'id&#233;e que la nature de la soci&#233;t&#233; qui lui accordait cette domination &#233;tait l'&#233;tat naturel de la soci&#233;t&#233; humaine et donc qu'on n'avait aucun int&#233;r&#234;t (voire possibilit&#233;) de le changer fondamentalement. La derni&#232;re illustration est dans la c&#233;l&#232;bre conclusion de Fukuyama &#224; la chute du mur de Berlin proclamant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la fin de l'histoire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et c&#233;l&#233;brant la victoire d&#233;finitive du capitalisme lib&#233;ral. Proclamation &#224; laquelle r&#233;pondait au m&#234;me moment le changement des statuts du Parti socialiste en France (sous la direction de Lionel Jospin) pour inclure l'id&#233;e que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le capitalisme borne notre horizon historique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marx analyse la division de la soci&#233;t&#233; en classes comme un produit de l'histoire et non un &#233;tat de chose naturel. C'est une th&#232;se de port&#233;e cruciale car, alors la fin de cette division peut aussi &#234;tre un produit de l'histoire. Son point de d&#233;part est un mat&#233;rialisme rigoureux&#160;: dans toute soci&#233;t&#233;, la n&#233;cessit&#233; premi&#232;re des individus est de produire les moyens d'assurer leur existence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout ce qui permet d'augmenter la capacit&#233; productive (travail humain, organisation de la production, moyens de production tels que les outils) constitue les forces productives. Pour comprendre une soci&#233;t&#233;, comment elle fonctionne et comment elle est susceptible d'&#233;voluer, il faut donc regarder qui contr&#244;le les moyens de production. Quand ces moyens de production sont aux mains d'une minorit&#233;, la soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en classes et il y a exploitation. Une partie des individus de la soci&#233;t&#233; se sert de ce contr&#244;le pour obliger la majorit&#233; &#224; travailler pour elle. Les producteurs effectuent alors un travail suppl&#233;mentaire par rapport &#224; celui qui leur est n&#233;cessaire pour vivre, un surtravail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme l'exprime Engels dans l'Anti-D&#252;hring&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La scission de la soci&#233;t&#233; entre une classe exploiteuse et une classe exploit&#233;e, en une classe dominante et une classe opprim&#233;e &#233;tait une cons&#233;quence du faible d&#233;veloppement de la production dans le pass&#233;. Tant que le travail total de la soci&#233;t&#233; ne fournit qu'un rendement exc&#233;dant &#224; peine ce qui est n&#233;cessaire pour assurer strictement l'existence de tous, tant que le travail r&#233;clame donc tout ou presque tout le temps de la grande majorit&#233; des membres de la soci&#233;t&#233;, celle-ci se divise n&#233;cessairement en classes. A c&#244;t&#233; de cette grande majorit&#233;, exclusivement vou&#233;e &#224; la corv&#233;e du travail, il se forme une classe lib&#233;r&#233;e du travail productif, qui se charge des affaires communes de la soci&#233;t&#233;&#160;: direction du travail, affaires politiques, justice, science, beaux-arts, etc. C'est donc la loi de la division du travail qui est &#224; la base de la division en classes. Cela n'emp&#234;che pas d'ailleurs que cette division en classes n'ait &#233;t&#233; accomplie par la violence et le vol, la ruse et la fraude, et que la classe dominante, une fois mise en selle, n'ait jamais manqu&#233; de consolider sa domination aux d&#233;pens de la classe travailleuse et de transformer la direction sociale en exploitation des masses.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est cette exploitation qui d&#233;finit la division de la soci&#233;t&#233; en classes, entre les exploiteurs et les exploit&#233;s&#160;: ma&#238;tre et esclave sous la Rome antique, seigneur et paysan sous le f&#233;odalisme, bourgeoisie (classe capitaliste) et prol&#233;tariat (classe ouvri&#232;re) sous le capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne signifie pas que ce sont les deux seules classes en pr&#233;sence (il y a &#233;galement les paysans, les classes moyennes, etc.) mais qu'en dernier ressort leur importance d&#233;pend de la fa&#231;on dont elles se relient avec ces deux classes fondamentales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les individus qui se situent dans la m&#234;me relation aux moyens de production partagent donc des int&#233;r&#234;ts communs et forment une classe, qui est la base d'organisations collectives pour d&#233;fendre ces int&#233;r&#234;ts. Ce faisant, ils entrent en conflit avec d'autres groupes aux int&#233;r&#234;ts diff&#233;rents&#160;: les classes sont indissociables des luttes entre ces classes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les classes font l'histoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; un certain stade, la relation entre les forces productives et les rapports de production qui favorisaient leur d&#233;veloppement devient un obstacle &#224; leur d&#233;veloppement ult&#233;rieur. C'est l'&#233;poque &#224; laquelle une crise r&#233;volutionnaire s'ouvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parlant des r&#233;volutions sociales, Marx &#233;crit&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quand on consid&#232;re ces bouleversements, il faut toujours distinguer deux ordres de choses. Il y a le bouleversement mat&#233;riel des conditions de production &#233;conomique... Mais il y a aussi les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques, philosophiques, bref les formes id&#233;ologiques, dans lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le poussent jusqu'au bout. On ne juge pas un individu sur l'id&#233;e qu'il a de lui-m&#234;me. On ne juge pas une &#233;poque de r&#233;volution d'apr&#232;s la conscience qu'elle a d'elle-m&#234;me. Cette conscience s'expliquera plut&#244;t par les contrari&#233;t&#233;s de la vie mat&#233;rielle, par le conflit qui oppose les forces productives sociales et les rapports de production.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il y a alors trois possibilit&#233;s&#160;: - les forces productives (incarn&#233;es dans l'activit&#233; d'une classe sociale &#233;mergente) poursuivent leur d&#233;veloppement avec l'instauration d'un nouveau rapport de production (lors de la r&#233;volution bourgeoise en France par exemple) - les forces productives d&#233;clinent et les classes en pr&#233;sence se d&#233;truisent (comme pour le d&#233;clin de Rome) - il y a une stagnation des forces productives, comme ce fut le cas des soci&#233;t&#233;s de l'Egypte ancienne, de Babylone et de l'Empire chinois. Les modes de production successifs (asiatique, antique, f&#233;odal et capitaliste), qui ont mis en place de nouveaux rapports de production, apparaissent donc comme historiquement progressistes. C'est la lutte des classes qui constitue le moteur de ce d&#233;veloppement social et du changement de soci&#233;t&#233; et tranche entre ces alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les sp&#233;cificit&#233;s du capitalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Capital est la r&#233;alisation majeure de Marx, qui indiquera que son but est &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;de r&#233;v&#233;ler les lois &#233;conomiques du mouvement de la soci&#233;t&#233; moderne&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le capitalisme fonctionne sur la base de deux grandes s&#233;parations&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; division des unit&#233;s de production qui sont en concurrence&#160;: les objets produits deviennent des marchandises car ils sont le produit de travaux priv&#233;s, ex&#233;cut&#233;s ind&#233;pendamment les uns des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; division &#224; l'int&#233;rieur de chaque unit&#233; de production entre les exploiteurs et les exploit&#233;s. C'est sur la base de la s&#233;paration des travailleurs des moyens de production que cette production de marchandises peut &#234;tre qualifi&#233;e de capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; de la dictature de prol&#233;tariat est une n&#233;cessit&#233; au sens du d&#233;veloppement historique. Une autre voie existe mais elle signifie une r&#233;gression de la soci&#233;t&#233; dans la barbarie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce syst&#232;me de production, bas&#233; sur l'&#233;change de marchandises dans le but de faire un profit plut&#244;t que de satisfaire les besoins sociaux, est intrins&#232;quement porteur de contradictions et de crises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La concurrence entre les diff&#233;rentes unit&#233;s de production rend n&#233;cessaire pour chaque capitaliste de rationaliser en permanence ses moyens de production, afin de rester comp&#233;titif, ce qui conduit &#224; une accumulation permanente de capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon Marx, les formes particuli&#232;res d'extraction du surtravail (le profit dans le syst&#232;me capitaliste) d&#233;finissent les formes &#233;conomiques de soci&#233;t&#233;. Il existe pour lui deux fa&#231;ons d'accro&#238;tre l'exploitation&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'une commune &#224; tous les modes de production, que Marx appelle la plusvalue absolue, qui consiste &#224; augmenter la dur&#233;e du travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'autre sp&#233;cifique au capitalisme, que Marx appelle la plus-value relative, qui consiste &#224; augmenter la productivit&#233; (gr&#226;ce &#224; l'introduction de nouvelles machines).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette sp&#233;cificit&#233; du capitalisme conduit &#224; un d&#233;veloppement des forces productives sans commune mesure avec les modes de production pass&#233;s. Mais le taux d'accumulation est d&#233;termin&#233; par le taux de profit. Plus la proportion de capital par rapport au travail (la composition organique du capital) augmente, moins il y a de travail vivant duquel un profit peut-&#234;tre extrait. Il y a donc une tendance &#224; la baisse du taux de profit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, la production a tendance &#224; cro&#238;tre plus rapidement que les d&#233;bouch&#233;s disponibles. Cela cr&#233;e un dilemme. Redresser les taux de profit peut signifier diminuer les salaires, mais cela r&#233;duit davantage les d&#233;bouch&#233;s possibles. Elargir les d&#233;bouch&#233;s peut signifier les augmenter, mais cela r&#233;duit les taux de profit. Marx conclut donc que cette tendance peut &#234;tre contrecarr&#233;e de diff&#233;rentes fa&#231;ons, par de violentes crises si n&#233;cessaires, mais qu'elle reste une tendance fondamentale du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers le pouvoir des travailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De ce qui a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; plus haut, levons d'abord une premi&#232;re ambigu&#239;t&#233;&#160;: la n&#233;cessit&#233; de la dictature du prol&#233;tariat n'est pas assimilable pour Marx &#224; celle de fatalit&#233; ou d'automaticit&#233;. La n&#233;cessit&#233; de la dictature de prol&#233;tariat est une n&#233;cessit&#233; au sens du d&#233;veloppement historique. Une autre voie existe mais elle signifie une r&#233;gression de la soci&#233;t&#233; dans la barbarie. L'issue d&#233;pend de l'activit&#233; conscience des &#234;tres humains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autre ambigu&#239;t&#233;, qui ne l'&#233;tait pas au temps de Marx est le terme de dictature qui apr&#232;s les catastrophes du stalinisme et du nazisme a pris un sens qui ne correspond pas au contenu que lui donnait Marx pour qui le terme indiquait une forme de pouvoir transitoire. L'essence de la production capitaliste est la domination du capital sur le travail, et la n&#233;cessit&#233; d'accumuler en permanence du capital. L'exploitation ne peut donc pas &#234;tre abolie graduellement, m&#234;me si les travailleurs peuvent la limiter. Le capitalisme essaye continuellement d'accro&#238;tre l'accumulation au d&#233;triment des salaires, les travailleurs essayent continuellement d'y r&#233;sister. Cette lutte g&#233;n&#232;re donc des conflits qui ne peuvent &#234;tre d&#233;finitivement r&#233;solus que par un changement des rapports de production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire r&#233;elle, l'histoire du genre humain, peut uniquement &#234;tre comprise comme l'activit&#233; d'individus r&#233;els luttant collectivement pour r&#233;aliser leurs int&#233;r&#234;ts. Donc un changement r&#233;volutionnaire dans la soci&#233;t&#233; peut uniquement &#234;tre le r&#233;sultat d'une classe dont les int&#233;r&#234;ts sont objectivement oppos&#233;s &#224; l'organisation actuelle de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;volution ne peut &#234;tre un coup de force d'une minorit&#233;. Elle est un processus global, produit des conflits, au cours duquel la classe ouvri&#232;re devient consciente de ses positions sous le capitalisme et des possibilit&#233;s de r&#233;organiser la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, de construire ses propres institutions qui rendront cette possibilit&#233; effective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, Marx a &#233;volu&#233; au cours des exp&#233;riences pratiques faites par la classe ouvri&#232;re et de ses recherches th&#233;oriques sur la nature de l'&#201;tat. Callinicos explique ce processus dans son livre. Contrairement &#224; Hegel, Marx conclut que la lutte de classe ne peut que d&#233;boucher sur la victoire d'un p&#244;le sur un autre ou leur destruction mutuelle (et non pas dans leur r&#233;conciliation dans un Absolu, qui pouvait pour Hegel &#234;tre incarn&#233; dans l'&#201;tat). L'agent de la lib&#233;ration ne peut donc &#234;tre que le prol&#233;tariat lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#201;tat constitue un pouvoir qui exprime les antagonismes de classe de la soci&#233;t&#233; capitaliste. C'est un instrument utilis&#233; par la classe dirigeante pour maintenir l'exploitation de la classe ouvri&#232;re et emp&#234;cher toute tentative d'y rem&#233;dier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En dernier ressort, l'&#201;tat utilise la violence pour y parvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la plupart du temps, ce contr&#244;le est exerc&#233; par des moyens id&#233;ologiques (&#233;ducation, m&#233;dias, etc.). L'&#201;tat peut ainsi appara&#238;tre comme une entit&#233; neutre et au-dessus des classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a deux erreurs &#224; ne pas commettre dans l'analyse de la nature de l'&#201;tat sous le capitalisme&#160;: une qui consisterait &#224; penser que l'&#201;tat est simplement une superstructure qui s'&#233;l&#232;ve sur l'&#233;difice &#233;conomique, l'autre que l'&#201;tat est &#233;quivalent &#224; la classe des capitalistes et fait donc partie des bases &#233;conomiques de la soci&#233;t&#233;. La premi&#232;re erreur conduit &#224; penser que l'&#233;conomie et la politique sont s&#233;par&#233;s et donc que l'&#201;tat peut &#234;tre utilis&#233; &#224; d'autres fins, l'autre am&#232;ne &#224; la conclusion que toute lutte &#233;conomique est une lutte politique et suffit pour changer de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'&#201;tat a pris diff&#233;rentes formes dans l'histoire du capitalisme, qui d&#233;montrent que la bourgeoisie peut diriger sans n&#233;cessairement gouverner, sans contr&#244;ler directement l'appareil d'&#201;tat (bonapartisme, fascisme, etc.). Mais l'&#201;tat a toujours soutenu les int&#233;r&#234;ts de la classe capitaliste, l'expansion du capital au moyen de l'exploitation de la classe ouvri&#232;re. La vision anarchiste, qui s'oppose &#224; tout &#201;tat de transition, occulte le fait que la lutte de classe ne dispara&#238;tra pas m&#233;caniquement apr&#232;s la prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re. Toute l'histoire montre que la bourgeoisie comme d'autres groupes qui ont int&#233;r&#234;t au maintien du syst&#232;me capitaliste combattront l'instauration d'autres rapports de production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re aura donc besoin de s'organiser pour d&#233;truire toute opposition r&#233;actionnaire. L'&#201;tat que la classe ouvri&#232;re devra instaurer dans ce but sera tr&#232;s diff&#233;rent. De l'exp&#233;rience de la Commune en 1871, Marx put mettre en &#233;vidence ce que seraient les bases de fonctionnement de cet &#201;tat&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'armement du peuple, au lieu d'un corps sp&#233;cial d'hommes arm&#233;s&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; l'absence de bureaucratie, tout le personnel &#233;tant &#233;lu et r&#233;vocable, r&#233;mun&#233;r&#233; au niveau d'un travailleur&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le remplacement du Parlement par la d&#233;mocratie directe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers l'abolition des classes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions pass&#233;es n'ont pas aboli les classes. Chaque classe qui a pris le pouvoir l'a fait en fonction de ces int&#233;r&#234;ts, au d&#233;triment de la majorit&#233; de la population exploit&#233;e. Pourtant, Marx identifie qu'avec la formation capitaliste et son renversement s'ach&#232;ve la pr&#233;histoire du genre humain. C'est la place particuli&#232;re de la classe ouvri&#232;re dans un syst&#232;me particulier qui conduit Marx &#224; penser que l'abolition du capitalisme ne m&#232;nera pas &#224; une nouvelle soci&#233;t&#233; de classe. Cette place correspond &#224; celle du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;travailleur collectif&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; rassembl&#233; dans de vastes unit&#233;s de production et n'ayant d'autre choix face au capitalisme que de mener un combat collectif. Cela diff&#232;re de la production agricole par exemple, dans laquelle chaque paysan produit presque tout ce qui lui est n&#233;cessaire ind&#233;pendamment des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette conception est tr&#232;s diff&#233;rente de celle g&#233;n&#233;ralement admise, celle que Marx lui-m&#234;me adoptait dans sa jeunesse, selon laquelle la classe ouvri&#232;re aurait un r&#244;le &#224; jouer pour changer la soci&#233;t&#233; uniquement car c'est la classe opprim&#233;e. En effet, il existe des parties de la population plus opprim&#233;es encore mais qui ne peuvent jouer ce r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ni la mis&#232;re, ni l'exploitation ne suffisent &#224; expliquer que la classe ouvri&#232;re est la force qui peut changer la soci&#233;t&#233; (les paysans seraient par exemple selon ce crit&#232;re tout aussi bien plac&#233;s). C'est la s&#233;paration totale du producteur individuel des moyens de production s'accompagnant de la socialisation de la production qui explique cette position particuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme la base d'existence du prol&#233;tariat n'est pas l'exploitation d'une autre classe, mais la coop&#233;ration (forc&#233;e) au sein du processus de production, la lutte de la classe ouvri&#232;re repr&#233;sente la lib&#233;ration potentielle de tous les groupes opprim&#233;s. Contrairement aux autres classes qui ont pris le pouvoir dans le pass&#233;, la classe ouvri&#232;re repr&#233;sente l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, la libert&#233; et la satisfaction des besoins de l'humanit&#233;, sur la base d'une organisation de la production libre et d&#233;mocratique pour satisfaire ces besoins.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie de la pratique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour que la classe ouvri&#232;re soit capable de mettre fin au capitalisme, il faut que se d&#233;veloppe en son sein une claire conscience de ce que sont r&#233;ellement les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, une conscience socialiste r&#233;volutionnaire. Marx &#233;crira ainsi que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;... nous ne confrontons pas le monde de fa&#231;on doctrinaire en brandissant un nouveau principe&#160;: voici la v&#233;rit&#233;, inclinez-vous devant elle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous d&#233;veloppons de nouveaux principes pour le monde &#224; partir des vieux principes du monde. Nous ne disons pas au monde&#160;: cessez vos disputes, elles sont stupides&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous allons vous donner le bon mot d'ordre de lutte. Nous nous bornons &#224; montrer au monde ce pour quoi il est r&#233;ellement en train de se battre, et la conscience est quelque chose qu'il doit acqu&#233;rir, m&#234;me s'il n'en veut pas.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme l'exprime A.Callinicos en introduction de son livre&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;L'avenir du socialisme d&#233;pend de la transformation des id&#233;es contenues dans ce livre, comme Marx l'a lui-m&#234;me formul&#233;, en forces mat&#233;rielles mettant en mouvement des millions de travailleurs contre un syst&#232;me capitaliste qu'il est depuis longtemps urgent de remplacer&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est ainsi qu'il faut comprendre les lignes c&#233;l&#232;bres du Manifeste du Parti communiste&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les communistes ne forment pas un parti distinct en face des partis ouvriers. Ils n'ont pas d'int&#233;r&#234;ts distincts de ceux du prol&#233;tariat dans son ensemble. Ils ne posent pas de principes particuliers d'apr&#232;s lesquels ils pr&#233;tendent modeler le mouvement prol&#233;tarien. Voil&#224; ce qui distingue les communistes des autres partis prol&#233;tariens&#160;: d'une part, dans les diverses luttes nationales des prol&#233;taires, ils mettent en avant et font valoir les int&#233;r&#234;ts communs du prol&#233;tariat tout entier, sans consid&#233;ration de nationalit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'autre part, dans les diverses phases de lutte entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie, ils repr&#233;sentent toujours l'int&#233;r&#234;t du mouvement dans son ensemble. Pratiquement, les communistes sont donc la partie la plus r&#233;solue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui va toujours de l'avant&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du point de vue th&#233;orique, ils ont sur le reste de la masse prol&#233;tarienne l'avantage de comprendre les conditions, la marche et les r&#233;sultats g&#233;n&#233;raux du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autonomie du Mouvement Social et Rapports Sociaux</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/Autonomie-du-Mouvement-Social-et</link>
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		<dc:date>2009-10-07T08:23:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis-Marie Barnier</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'autonomie du mouvement social est un d&#233;bat aussi ancien que le mouvement ouvrier. Il porte sur l'intervention des mouvements r&#233;volutionnaires en son sein. Il avait &#233;t&#233; au centre du congr&#232;s d'Amiens d&#233;battant d'une motion qui deviendrait une &#171;&#160;charte&#160;&#187; en 1906. Plus r&#233;cemment, l avait fait l'objet d'une d&#233;claration, sign&#233;e notamment par plusieurs militants de la LCR en 1999. Le mouvement des femmes a d&#251; aussi approfondir cette question. Le texte que je pr&#233;sente ici a donc une port&#233;e de r&#233;appropriation de ces (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Syndicalisme" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'autonomie du mouvement social est un d&#233;bat aussi ancien que le mouvement ouvrier. Il porte sur l'intervention des mouvements r&#233;volutionnaires en son sein. Il avait &#233;t&#233; au centre du congr&#232;s d'Amiens d&#233;battant d'une motion qui deviendrait une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;charte&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en 1906&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir le texte de la Charte d'Amiens dans Critique Communiste N&#176;&#160;178 de (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus r&#233;cemment, l avait fait l'objet d'une d&#233;claration, sign&#233;e notamment par plusieurs militants de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; en 1999. Le mouvement des femmes a d&#251; aussi approfondir cette question. Le texte que je pr&#233;sente ici a donc une port&#233;e de r&#233;appropriation de ces d&#233;bats. Mais la relation entre parti et mouvements sociaux m&#233;rite d'&#234;tre sans cesse r&#233;fl&#233;chie, car elle est au c&#339;ur de notre projet d'&#233;mancipation par les travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois arguments sont traditionnellement mis en avant dans notre courant pour pr&#233;server l'autonomie des mouvements sociaux&#160;: ces mouvements posent des questions politiques avec une perception propre que nous devons int&#233;grer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la dimension &#233;mancipatrice de ces combats sp&#233;cifiques ne peut &#234;tre inf&#233;od&#233;e &#224; la strat&#233;gie de partis&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la r&#233;volution ne r&#233;soudra pas ces oppressions sp&#233;cifiques (m&#234;me si les conditions mat&#233;rielles permettent de les d&#233;passer). Nous nous proposons de reprendre ce d&#233;bat ici, &#224; partir de l'hypoth&#232;se que cette autonomie est essentielle pour notre projet r&#233;volutionnaire, parce que les sch&#233;mas d'&#233;mancipation que nous d&#233;fendons reposent sur la prise en charge par les opprim&#233;s eux-m&#234;mes de la lutte contre leur oppression. Un approfondissement th&#233;orique, tr&#232;s limit&#233;, visera alors &#224; montrer que c'est au sein des rapports sociaux, et donc au sein m&#234;me de leur refus collectif, que s'&#233;laborent les outils/bases pour d&#233;passer les oppressions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Petit historique de la question&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le centenaire de la Charte d'Amiens a &#233;t&#233; l'occasion pour le mouvement ouvrier de se r&#233;approprier les d&#233;bats qui avaient abouti &#224; ce texte fondateur du syndicalisme fran&#231;ais. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Cette conception syndicaliste r&#233;volutionnaire s'accompagne d'une m&#233;fiance totale &#224; l'&#233;gard du &#8216;politique'&#160;: les partis, les institutions, les &#233;lus ne sont pas, eux, des ouvriers. Ils cherchent des compromis en permanence, ils n'iront jamais jusqu'au bout&#8230; C'est la raison pour laquelle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;autonomie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est synonyme d'orientation radicale anticapitaliste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='H&#233;l&#232;ne Adam, &#171;&#160;Actualit&#233; de la Charte d'Amiens&#160;&#187;, Critique Communiste N&#176;&#160;182, (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour le courant anarcho-syndicaliste, l'ind&#233;pendance institutionnelle permettrait, contrairement au parti &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;qui compte avec le pouvoir&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Un des d&#233;fenseurs de la Charte d'Amiens en 1906, cit&#233; par H. Adam, (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de poser le changement radical de la soci&#233;t&#233;. Se situant dans la continuit&#233; politique de la Charte d'Amiens, l'appel de 1999 pour une autonomie du mouvement social montre une m&#233;fiance vis-&#224;-vis des m&#233;canismes institutionnels&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;D&#233;gag&#233; des pr&#233;occupations de gestion du syst&#232;me et des institutions, le mouvement social pourra s'immiscer dans le d&#233;bat et imposer d'autres choix&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le mouvement social serait &#224; m&#234;me de d&#233;fricher de nouveaux terrains, de nouvelles formes de radicalisation, enrichissant la d&#233;marche collective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, le mouvement des femmes a &#233;t&#233; l'occasion d'approfondir cette question. Le mouvement f&#233;ministe qui a &#233;merg&#233; en 1970 s'est heurt&#233; &#224; des mouvements de femmes inf&#233;od&#233;s &#224; des partis comme l'Union des femmes fran&#231;aises qui &#233;tait totalement d&#233;pendante du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; mais n'&#233;tait pas f&#233;ministe (m&#234;me si cette union l'a &#233;t&#233; quelques mois apr&#232;s la Lib&#233;ration)&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le mouvement f&#233;ministe (mais aussi le mouvement homo) a par ailleurs contest&#233; l'id&#233;e pr&#233;sente dans la gauche et l'extr&#234;me gauche au lendemain de 1968 suivant laquelle il y aurait une contradiction principale opposant les classes, les autres contradictions &#233;tant secondaires et pouvant &#234;tre r&#233;gl&#233;es par la r&#233;volution. Confront&#233; &#224; une conception du f&#233;minisme qui inf&#233;odait la lutte des femmes &#224; celle des classes, ou bien qui inf&#233;odait le mouvement lui-m&#234;me au parti et &#224; ses objectifs, le mouvement a pos&#233; l'autonomie comme une exigence&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Par ind&#233;pendant ou autonome, nous voulons dire que le mouvement est organis&#233; et dirig&#233; par des femmes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'il consid&#232;re la lutte pour le droit des femmes comme une priorit&#233; absolue et qu'il refuse de subordonner cette lutte &#224; d'autres int&#233;r&#234;ts&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'il n'est subordonn&#233; aux d&#233;cisions ou &#224; l'orientation d'aucune tendance politique ni d'aucun groupe social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'il est d&#233;cid&#233; &#224; mener jusqu'au bout la lutte par tous les moyens et avec toutes les forces qui se r&#233;v&#232;leront n&#233;cessaires&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;L'oppression des femmes&#160;&#187;, Contribution du secr&#233;tariat femme de la LCR, in (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cette lutte doit &#234;tre reli&#233;e &#224; la lutte de classe&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;seule une convergence entre les objectifs f&#233;ministes et la lutte pour une transformation radicale de la soci&#233;t&#233; permettra le rassemblement des forces n&#233;cessaires pour atteindre les buts des femmes.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Plus r&#233;cemment, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, dans son manifeste, r&#233;affirme cet approche&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Seule une lutte consciente contre la domination masculine peut la faire reculer, voire l'&#233;radiquer. Les femmes, les premi&#232;res concern&#233;es, doivent s'organiser pour cr&#233;er un rapport de forces&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Manifeste de la LCR, 2004, p. 58.' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceci a pu conduire &#224; th&#233;oriser la n&#233;cessit&#233; d'une organisation non mixte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Marie-Th&#233;r&#232;se Patry, &#171;&#160;SUD-CRC-Sant&#233;-Sociaux&#160;&#187;, Actes des rencontres (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Soulignons aussi, ce que le mouvement f&#233;ministe ne cesse de mettre en avant, que les diff&#233;rentes oppressions trouvent aussi des expressions au sein m&#234;me des partis. Ceci impose de ne pas confier &#224; ce m&#234;me parti la seule responsabilit&#233; de la lutte contre ces oppressions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ces deux approches, le mouvement social repose sur des sp&#233;cificit&#233;s&#160;: il est mouvement, donc action, mobilisation collective&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est social, donc portant sur des questions de la vie sociale, il se situe en dehors des institutions. Ces approches sont motiv&#233;es par une perception &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pr&#233;datrice&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des partis politiques qui expliquent notamment ces positionnements. Mais si nous sommes d'accord avec les syndicalistes r&#233;volutionnaires pour ne pas limiter la lutte des syndicats &#224; la d&#233;fense des revendications imm&#233;diates comme le souhaitent les r&#233;formistes, puisque l'id&#233;e qu'il faut transformer la soci&#233;t&#233; et sa logique traverse ces diff&#233;rents mouvements, nous ne sommes pas d'accord pour inscrire les syndicats ou les associations dans un programme complet, ce qui conduirait &#224; les minoriser. Nous proposons de reprendre ce d&#233;bat actuel du r&#244;le des partis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Appr&#233;hender les mouvements sociaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux abordent une oppression sp&#233;cifique et organisent la r&#233;sistance &#224; partir d'une r&#233;action collective contre cette oppression. Les mouvements d'handicap&#233;s, par exemple, les mouvements pour le logement, le mouvement f&#233;ministe, mais aussi, dans une certaine mesure, le mouvement syndical, sont autant de mobilisations collectives contre des aspects particuli&#232;rement injustes de la soci&#233;t&#233;. Un mouvement social est l'expression d'une lutte collective, dans la dur&#233;e, &#233;manant d'un groupe social. Mais il interroge toute la soci&#233;t&#233;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un mouvement est &#8216;social' quand il a interpell&#233; toute &#8216;la soci&#233;t&#233;', &#224; la fois ses membres, ses structures et ses choix&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Xavier Dunezat, &#171;&#160;Presse et mouvement social sexu&#233;, in Hommes et femmes dans (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette multiplicit&#233; des engagements est li&#233;e &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la multiplicit&#233; des rapports de domination qui interf&#232;rent dans l'&#233;mergence des rapports sociaux&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Josette Trat, Introduction, &#171;&#160;Hommes et femmes dans le mouvement social&#160;&#187;, (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Notre projet r&#233;volutionnaire int&#232;gre le refus de toutes les oppressions. Notre intervention vise donc &#224; donner sens &#224; ces interventions forc&#233;ment partielles. Elle repose aussi sur l'id&#233;e que la prise en charge militante de la lutte par le maximum de personnes est le vecteur essentiel de la transformation sociale. Le manifeste de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; pose l'organisation des personnes comme le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;moteur de la transformation sociale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Jamais un parti, m&#234;me r&#233;volutionnaire, ne doit se substituer &#224; un engagement conscient. (&#8230;) L'&#233;mancipation est l'affaire de ceux et celles qui luttent pour s'&#233;manciper, ou elle n'est pas. Seule une force mobilis&#233;e, organis&#233;e, prenant conscience de ses possibilit&#233;s et de ses responsabilit&#233;s peut y parvenir. Il souligne les possibilit&#233;s nouvelles, de force subversive pr&#233;cieuse dans des luttes autod&#233;velopp&#233;es selon des logiques propres, sans plan pr&#233;con&#231;u et g&#233;n&#233;ral, sans vis&#233;e du pouvoir&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Manifeste de la LCR, 2004.' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette vision impose de respecter les mouvements sociaux non seulement dans la d&#233;finition de leurs objectifs, mais aussi dans leur fonctionnement, dans le rythme de leur prise de conscience. C'est l'approche de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, qui propose d'int&#233;grer dans un projet commun les diff&#233;rentes mobilisations contre les oppressions, tout en respectant l'autonomie de chaque mouvement. Mais ce sens, celui d'une transformation radicale de la soci&#233;t&#233; et du renversement du capitalisme, ne peut &#234;tre vu comme &#233;manant d'une conscience ext&#233;rieure, donn&#233;e par la parti. Il doit &#234;tre, en partie, trouv&#233; par les acteurs eux-m&#234;mes dans le mouvement de leur lutte. C'est le m&#233;canisme de cette prise de conscience qu'il faut expliciter.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au c&#339;ur des oppressions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc reprendre le raisonnement &#224; partir de quelques consid&#233;rations th&#233;oriques. Nous proposons de partir de la notion de rapport social qui place au centre de l'analyse non pas les groupes sociaux, mais leur relation r&#233;ciproque, ainsi que l'objet m&#234;me de leur conflit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#234;tre humain est relation sociale. Mais ces relations ne sont pas simplement des liens sociaux, individuels, vus abstraitement. Ils s'inscrivent dans des rapports entre des groupes sociaux. Ces rapports sociaux peuvent &#234;tre &#233;gaux ou in&#233;galitaires (reposant alors sur des formes de domination sp&#233;cifiques), mais dans tous les cas ils sont centr&#233;s sur un objet, un enjeu qui leur donne sens et qui sont constitutifs des groupes sociaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Kergoat D. &#171;&#160;Division sexuelle du travail et rapports sociaux de sexe&#160;&#187;, in&#160;: (...)' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'objet du rapport social est d&#233;fini par la relation entre les deux groupes, cette d&#233;finition est l'objet m&#234;me de leur relation (comme le travail dans le rapport salarial). Cette notion permet de penser la soci&#233;t&#233; comme &#233;tant en m&#234;me temps, dialectiquement, lutte et unit&#233;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;unit&#233; dans/par/contre la lutte, et lutte dans/par/contre l'unit&#233;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Roland Pfefferkorn, In&#233;galit&#233;s et rapports sociaux, rapports de classe, (...)' id='nh2-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De ces rapports sociaux, multiples, nous en identifions certains, notamment ceux qui sont les plus conflictuels tels que les rapports de race, de genre, entre jeunes et anciens. Ils se combinent dans le syst&#232;me capitaliste autour de rapports d'exploitations&#160;: on utilise les diff&#233;rentes formes de domination pour b&#226;tir un syst&#232;me o&#249; la femme immigr&#233;e, le jeune issu de banlieue se trouvent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;naturellement&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dans la partie la plus exploit&#233;e du prol&#233;tariat, avec un travail d&#233;valoris&#233; du fait de celui qui le r&#233;alise. Le rapport social de sexe met au centre des enjeux la division du travail, avec un double syst&#232;me de s&#233;paration et de hi&#233;rarchisation des t&#226;ches, y compris des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec Josette Trat, Critique Communiste N&#176;183, mai 2007, pp. (...)' id='nh2-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De la m&#234;me fa&#231;on, les rapports de race structurent une r&#233;partition in&#233;galitaires des travaux, avec une valeur diff&#233;rente attribu&#233;e &#224; ces t&#226;ches, et donc aux personnes qui les font.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette approche permet de saisir le rapport de production comme un des rapports sociaux. Comme marxiste, nous lui donnons une place centrale dans l'affrontement de classe, tout en saisissant que de multiples autres formes d'oppressions c&#339;xistent. Le syst&#232;me capitaliste les transforme en un syst&#232;me, leur donne coh&#233;rence autour de l'exploitation capitaliste. A partir de ce rapport de production, deux sch&#233;mas d'&#233;mancipation c&#339;xistent, si l'on suit Antoine Artous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Antoine Artous, Travail et &#233;mancipation sociale, Marx et le travail, (...)' id='nh2-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, trouvant racines dans les textes m&#234;mes de Marx. Soit l'&#233;mancipation se con&#231;oit &#224; partir du travail lui-m&#234;me, par une r&#233;appropriation de la finalit&#233; du travail, de son organisation, dans un cadre collectif (d'o&#249; la notion d'autogestion). Soit elle repose sur la r&#233;duction de la situation de subordination, par exemple en d&#233;fendant la r&#233;duction du temps de travail et l'&#233;mancipation par le temps libre. Les deux d&#233;marches ne sont certes pas contradictoires, mais la premi&#232;re nous int&#233;resse ici&#160;: elle exprime que c'est &#224; partir de sa situation d'exploit&#233;, et donc au c&#339;ur de son exploitation, que le prol&#233;tariat peut poser les conditions du d&#233;passement de celle-ci. La centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re dans l'affrontement avec le capitalisme n'est pas seulement li&#233;e au r&#244;le &#233;conomique jou&#233; par le prol&#233;tariat dans le syst&#232;me capitaliste, qui lui permettrait de remettre en cause le fondement du capitalisme, l'exploitation &#233;conomique, mais parce que cette position &#233;conomique lui permet de penser des rapports de production qui ne soient plus des rapports d'exploitation. Cette position permet de repenser toute l'organisation de la soci&#233;t&#233; et des diff&#233;rents rapports sociaux qui recouvrent en partie et compl&#232;tent ces rapports d'exploitation. La classe ouvri&#232;re se construit comme sujet, &#224; partir d'autres syst&#232;mes de valeurs qu'elle &#233;labore au sein m&#234;me de la relation d'exploitation et de la coop&#233;ration qu'elle implique. Elle propose alors &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; un autre syst&#232;me social int&#233;grant le refus de toute oppression. Ceci suppose de reconna&#238;tre les autres formes d'oppression et de les int&#233;grer dans ce sch&#233;ma global d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le passage de la notion de rapport social &#224; l'objectif d'&#233;mancipation pourrait, &#224; partir de cet exemple de la production, s'&#233;noncer ainsi&#160;: les diff&#233;rents mouvements sociaux, &#224; partir d'une mobilisation contre des formes sp&#233;cifiques d'oppression, fournissent les moyens de d&#233;passer ces oppressions en utilisant contre elles ce qui fait leur c&#339;ur, l'objet du rapport social. Ici, pour la classe ouvri&#232;re, le travail&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l&#224;, pour l'oppression des femmes, la division sociale du travail&#8230; Les autres formes d'oppression, qui se conjuguent avec la premi&#232;re dans le syst&#232;me d'exploitation, fournissent elles aussi aux diff&#233;rents groupes opprim&#233;s les moyens de d&#233;passer leur situation, &#224; partir d'une lutte contre ce qui fait le c&#339;ur m&#234;me de leur oppression.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour conclure, partis et mouvements sociaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La construction du parti repose sur un triptyque int&#233;grant l'exp&#233;rience de l'histoire, le programme, et un certain rapport entre pratique et programme. Le dialogue entre les mouvements sociaux et le parti est aussi un &#233;change entre un projet de soci&#233;t&#233; et une action transformatrice, port&#233; simultan&#233;ment par les deux. Dans le d&#233;bat des ann&#233;es 1995, le mouvement social se pr&#233;tendait porteur de l'implantation dans les luttes sociales, ce qui lui permettait d'affirmer que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;seul le mouvement social a en quelque sorte la capacit&#233; de remplir cette double besogne&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-14' class='spip_note' rel='footnote' title='H&#233;l&#232;ne Adam, &#171;&#160;Actualit&#233; de la Charte d'Amiens&#160;&#187;, Critique Communiste N&#176;&#160;182, (...)' id='nh2-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la d&#233;fense de revendications imm&#233;diates et le projet de transformation sociale. Un parti implant&#233; dans les luttes changerait ce qui appara&#238;t, finalement, comme une position conjoncturelle li&#233;e &#224; l'apr&#232;s-1995&#160;: une r&#233;surgence des luttes sociales sans force politique pour exprimer cette radicalit&#233;. Cette question de la relation entre mouvement social et parti est d&#233;terminante pour le mode de construction de ce nouveau parti que nous voulons, de son insertion dans une construction plus large du rapport de force, dans une approche non sectaire, mais aussi non manipulatrice des mouvements sociaux. La r&#233;ussite du projet passe aussi par ces remises en question permanentes, pour laquelle ce texte n'est qu'une contribution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le texte de la &lt;a href=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/Voir le texte de la Charte d'Amiens dans Critique Communiste N&#176;&#160;178 de d&#233;cembre 2005.&#034; class='spip_out'&gt;Charte d'Amiens&lt;/a&gt; dans &lt;i&gt;Critique Communiste&lt;/i&gt; N&#176;&#160;178 de d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Adam, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Actualit&#233; de la Charte d'Amiens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Critique Communiste&lt;/i&gt; N&#176;&#160;182, f&#233;vrier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un des d&#233;fenseurs de la Charte d'Amiens en 1906, cit&#233; par H. Adam, &lt;i&gt;idem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'oppression des femmes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Contribution du secr&#233;tariat femme de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, in&#160;: &lt;a href=&#034;http://pagesperso-orange.fr/revuesocialisme/s8secretariat.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://pagesperso-orange.fr/revuesocialisme/s8secretariat.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Manifeste de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, 2004, p. 58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie-Th&#233;r&#232;se Patry, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SUD&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CRC&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;-Sant&#233;-Sociaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Actes des rencontres intersyndicales femmes&lt;/i&gt;, 1998, &lt;a href=&#034;http://www.penelopes.org/xarticle.php3?id_article=5285&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.penelopes.org/xarticle.php3?id_article=5285&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Xavier Dunezat, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Presse et mouvement social sexu&#233;, in Hommes et femmes dans le mouvement social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Cahiers du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GEDISST&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; N&#176;18, 1997, pp. 61-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Josette Trat, Introduction, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Hommes et femmes dans le mouvement social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Cahiers du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GEDISST&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; N&#176;18, 1997, pp. 5-17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Manifeste de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kergoat D. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Division sexuelle du travail et rapports sociaux de sexe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in&#160;: &lt;i&gt;Dictionnaire critique du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, Paris&#160;: &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PUF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-11' class='spip_note' title='Notes 2-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roland Pfefferkorn, &lt;i&gt;In&#233;galit&#233;s et rapports sociaux, rapports de classe, rapports de sexes&lt;/i&gt;, La Dispute, 2007, p.128.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-12' class='spip_note' title='Notes 2-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Josette Trat, &lt;i&gt;Critique Communiste&lt;/i&gt; N&#176;183, mai 2007, pp. 119-128.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-13' class='spip_note' title='Notes 2-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Artous, &lt;i&gt;Travail et &#233;mancipation sociale, Marx et le travail&lt;/i&gt;, Syllepse, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-14' class='spip_note' title='Notes 2-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Adam, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Actualit&#233; de la Charte d'Amiens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Critique Communiste&lt;/i&gt; N&#176;&#160;182, f&#233;vrier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Charte d'Amiens&#160;: mythe et r&#233;alit&#233;s&#8230;</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/La-Charte-d-Amiens-mythe-et</link>
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		<dc:date>2009-10-06T17:12:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila Soula</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Anarchisme/Autonomisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;cente mobilisation des cheminots de la SNCF et de la RATP contre la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, a repos&#233; le d&#233;bat sur la place des syndicats dans les mobilisations et de leurs relations avec les r&#233;volutionnaires. Les syndicats sont les organisations de base des travailleurs. Pourtant depuis les ann&#233;es quatre-vingt, les syndicats ont connu un net recul des adh&#233;sions. Ils ont connu des divisions de plus en plus grandes entres les conf&#233;d&#233;rations sur les modalit&#233;s d'action ou de n&#233;gociation. Ils (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Syndicalisme" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Anarchisme" rel="tag"&gt;Anarchisme/Autonomisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;cente mobilisation des cheminots de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SNCF&lt;/span&gt; et de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RATP&lt;/span&gt; contre la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, a repos&#233; le d&#233;bat sur la place des syndicats dans les mobilisations et de leurs relations avec les r&#233;volutionnaires. Les syndicats sont les organisations de base des travailleurs. Pourtant depuis les ann&#233;es quatre-vingt, les syndicats ont connu un net recul des adh&#233;sions. Ils ont connu des divisions de plus en plus grandes entres les conf&#233;d&#233;rations sur les modalit&#233;s d'action ou de n&#233;gociation. Ils ont surtout connu un changement de nature au cours du si&#232;cle pass&#233;. En effet, sept syndicats (la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FO&lt;/span&gt;, l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UNSA&lt;/span&gt;, l'Union syndicale Solidaire, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CNT&lt;/span&gt;, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FGAAC&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='La FGAAC a recueilli pr&#233;s de 2.9% des voix aux derni&#232;res &#201;lections (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FSU&lt;/span&gt;) se revendiquent de la Charte d'Amiens, texte fondateur d'un syndicalisme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Peut-on dire que cette motion devenue charte quelques ann&#233;es apr&#232;s est toujours d'actualit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Devons-nous en tant que r&#233;volutionnaires la d&#233;fendre et s'en revendiquer dans nos syndicats&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Devons-nous, avant tout, comprendre la Charte d'Amiens dans son contexte politique et social d'&#233;laboration et non pas comme un mythe atemporel, sacralis&#233;, du syndicalisme fran&#231;ais&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La naissance de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France, les syndicats n'ont pu l&#233;galement exister qu'&#224; la suite d'une loi du 21&#160;mars 1884, remettant en cause la loi Le Chapelier (1791) qui interdisait tout regroupement ou association de travailleurs. La loi de 1884, ne faisait alors qu'&#233;tablir un &#233;tat de fait et a permis la naissance de plusieurs organisations ouvri&#232;res qui fonderont plus tard la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;. Les Bourses du travail naissent en 1892 dans plusieurs grandes villes, pour se rassembler en une F&#233;d&#233;ration nationale des Bourses du travail. Fernand Pelloutier en est l'un des instigateurs et ses id&#233;es anarchistes influenceront le syndicalisme r&#233;volutionnaire de la future &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;. La Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail na&#238;t le 23&#160;septembre 1895 lors de son congr&#232;s constitutif &#224; Limoges. Les principaux piliers en sont les syndicats du livre, dont Auguste Keufer est le secr&#233;taire, des cheminots et la f&#233;d&#233;ration nationale des syndicats (n&#233;e en 1889), qui rejoint la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; apr&#232;s une scission avec les guesdistes &#224; propos de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. D&#232;s sa fondation, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; est tr&#232;s influenc&#233;e par les anarcho-syndicalistes. Le programme qu'elle adopte rapidement met en avant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le boycott et le sabotage quand ils deviennent n&#233;cessaires selon le principe &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; mauvaise paye, mauvais travail&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En 1900 elle cr&#233;e son organe&#160;: &lt;i&gt;La Voix du peuple&lt;/i&gt; dont Emile pouget est charg&#233; de la r&#233;daction. Enfin, c'est en 1902 qu'elle parach&#232;ve son unit&#233; au Congr&#232;s de Montpellier, o&#249; les f&#233;d&#233;rations des Bourses du travail disparaissent. Elle compte alors 100 000 syndiqu&#233;s et adopte son programme d&#233;finitif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;1- le groupement des salari&#233;s pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts moraux et (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s sa fondation, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; s'affirme apolitique et veut r&#233;unir les travailleurs au-del&#224; des clivages politiques. Pourtant, d&#232;s le congr&#232;s de 1904 &#224; Bourges, les rapports de forces commencent &#224; se dessiner entre les r&#233;formistes et les r&#233;volutionnaires. Les r&#233;formistes &#233;taient d&#233;j&#224; impliqu&#233;s dans la f&#233;d&#233;ration du textile, avec &#224; sa t&#234;te Victor Renard, et dans la f&#233;d&#233;ration du livre, avec A. Keufer, tous deux membres du Parti socialiste et favorables aux rapprochements avec les partis. Les r&#233;volutionnaires sont influenc&#233;s par les id&#233;es anarchistes d'E. Pouget et de Georges Yvetot. Ces deux tendances s'affrontent &#224; propos des modalit&#233;s d'action et les questions tactiques. Les r&#233;formistes sont partisans d'une action l&#233;gale, voire parlementariste, en se rapprochant du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; alors que les r&#233;volutionnaires sont attach&#233;s &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et &#224; la participation active des ouvriers dans les luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;s avant 1906, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, se disant apolitique, est travers&#233;e par deux courants politiques et doit sans cesse balancer entre les deux, en fonction des rapports de forces internes. Ces deux tendances vont devoir affronter la mainmise de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='footnote' title='La SFIO (section fran&#231;aise de l'internationale ouvri&#232;re) na&#238;t en 1905 de la (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; n&#233;e en 1905 et trouver un compromis avec la Charte d'Amiens.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Charte d'Amiens&#160;: quand, comment, pourquoi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est lors du congr&#232;s d'Amiens, tenu en octobre 1906, que la motion r&#233;dig&#233;e par Victor Griffuelhes, E. Pouget et la F&#233;d&#233;ration du Textile est vot&#233;e &#224; une &#233;crasante majorit&#233; de 843 voix, 8 contre et 1 abstention. Cette motion, qui ne sera appel&#233;e &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Charte d'Amiens&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'en octobre 1908 dans un article de &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, pose les bases du syndicalisme r&#233;volutionnaire. Dans un premier temps elle r&#233;affirme les principes de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'apolitisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du syndicat et demande &#224; ses syndiqu&#233;s de ne pas faire de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pros&#233;lytisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en son sein. &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; groupe, en dehors de toute &#233;cole politique, tous les travailleurs conscients de la lutte &#224; mener pour la disparition du salariat et du patronat [&#8230;] Le Congr&#232;s affirme l'enti&#232;re libert&#233; pour le syndiqu&#233; de participer en dehors du groupement corporatif, &#224; telles formes de lutte correspondant &#224; sa conception philosophique ou politique, se bornant &#224; lui demander en r&#233;ciprocit&#233; de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu'il professe en dehors&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce passage permet d'affirmer l'ind&#233;pendance totale vis-&#224;-vis des partis politiques comme la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; qui voit dans la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, alors &#224; son apog&#233;e, une courroie de transmission. Des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;formistes et anarchistes op&#232;rent alors un rapprochement tactique contre les guesdistes du Nord pour faire voter cette motion, mais aussi pour rejeter celle de Victor Renard qui pr&#233;conise de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;s'entendre avec le parti socialiste toutes les fois que les circonstances l'exigeront pour faire triompher les principales r&#233;formes ouvri&#232;res&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. D'un autre c&#244;t&#233;, la Charte est soutenue par les r&#233;formistes pour emp&#234;cher les anarchistes de d&#233;velopper leurs th&#233;ories au sein du syndicat. Ils ont d'ailleurs accept&#233; de retirer la motion de A. Keufer, autorisant les syndicalistes &#224; avoir des liens officieux ou officiels avec les partis politiques et pr&#233;cisant que&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'action parlementaire doit se faire parall&#232;lement &#224; l'action syndicale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce compromis entre r&#233;formistes et anarchistes se retrouve aussi dans les objectifs du syndicat. En effet, la Charte d'Amiens fait du syndicalisme au quotidien un outil pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'accroissement du mieux-&#234;tre des travailleurs par la r&#233;alisation d'am&#233;liorations imm&#233;diates (diminution du temps de travail, augmentation des salaires etc.)&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mais aussi un outil pour &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l'&#233;mancipation int&#233;grale [&#8230;] par l'expropriation capitaliste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et surtout &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;il pr&#233;conise comme moyen d'action la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et consid&#232;re que le syndicat sera le groupement de production et de r&#233;partition, base de l'organisation sociale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ainsi le syndicat est contre les partis politiques mais se veut aussi l'outil au service des travailleurs pour leur &#233;mancipation, un syst&#232;me d'&#233;laboration politique complet qui pr&#233;pare l'&#233;mancipation des travailleurs par eux-m&#234;mes mais qui serait aussi la base de l'organisation de la future soci&#233;t&#233; sans classe. Il se suffit &#224; tout et &#224; lui-m&#234;me, il se veut l'outil de la transformation sociale mais un outil apolitique, sans doctrine. Les syndicalistes d'Amiens pensent que la conscience de classe na&#238;t seulement par les luttes et qu'elle se conserve, que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en est le moyen unique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Du fait m&#234;me du rejet des motions des r&#233;formistes et des pro et anti-socialistes, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; devient un syndicat avec des id&#233;es politiques qui le traversent. Produit d'un rapport de forces conjoncturel, la Charte d'Amiens installe donc la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; sur un paradoxe&#160;: diff&#233;rentes conceptions politiques sont bel et bien pr&#233;sentes mais leurs confrontations in&#233;vitables n'y seront pas publiquement reconnues et n'auront pas d'espace pour s'exprimer. Fatalement, ces contradictions devaient s'exacerber au moment de la Premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Charte d'Amiens ne survit pas &#224; l'union sacr&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa fondation, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; a toujours d&#233;fendu des positions anti-guerre en d&#233;veloppant une propagande antimilitariste dans les organes de presse, les brochures, lors des meetings. Les diff&#233;rents congr&#232;s de 1900 &#224; 1912 votent r&#233;guli&#232;rement des r&#233;solutions antimilitaristes et antipatriotiques rappelant que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les travailleurs n'ont pas de Patrie&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. D&#232;s 1912, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; vote &#224; son congr&#232;s ordinaire une r&#233;solution pour mettre en place une mobilisation dans les grandes villes d'Europe. Mais les syndicalistes allemands et autrichiens posent comme condition son organisation avec les Partis socialistes d'Europe, ce que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; refuse au nom de la Charte d'Amiens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1913, les rapports de forces changeant au sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, elle accepte d'organiser avec la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, une mobilisation contre la loi du retour au trois ans de service militaire. La r&#233;ussite de la mobilisation entra&#238;ne une f&#233;roce r&#233;pression de l'&#201;tat. En juillet 1913, la conf&#233;d&#233;ration organise &#224; Paris une conf&#233;rence pour r&#233;affirmer ses positions antimilitaristes mais refuse de d&#233;clarer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale propos&#233;e par les anarchistes. Cependant, les dirigeants de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; d'alors ne s'opposent pas au principe d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, mais des f&#233;d&#233;rations annoncent que les forces manquent. &#192; la veille de la Grande guerre la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; est divis&#233;e entre les r&#233;formistes, qui se r&#233;jouissent de son alliance avec la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, et les anarchistes, de plus en plus offensifs, accusant la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;l&#226;cher et renoncer &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le d&#233;clin des forces militantes est aussi le r&#233;sultat des rapports de forces qui d&#233;gradent de plus en plus le climat interne et &#233;loignent le syndicat de sa p&#233;riode d'apog&#233;e. Pour les dirigeants de 1913, on doit autant se m&#233;fier de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; que des anarchistes. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; d'avant guerre est donc affaiblie. Les diff&#233;renciations vont s'accentuer au moment de la course vers la guerre. La Charte d'Amiens est toujours brandie comme une loi d'airain garantissant l'ind&#233;pendance du syndicat vis-&#224;-vis des courants politiques. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; refuse la plupart du temps des accords tactiques avec la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; et d&#233;laisse progressivement l'objectif de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale tout en r&#233;affirmant abstraitement ses principes &#224; chaque occasion&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; est r&#233;solue &#224; ne rien sacrifier &#224; la guerre, au contraire elle est d&#233;cid&#233;e &#224; profiter de toute crise sociale pour recourir &#224; une action r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; force d'affirmer qu'elle n'est pas un parti politique, mais en voulant organiser les travailleurs et &#234;tre l'outil de la transformation sociale, de l'organisation de la production, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; fonctionne comme un parti sans doctrine, laissant les doctrines des autres s'y exprimer en coulisse. Les r&#233;formistes, m&#234;me sans parti, ont une doctrine&#160;: ils pr&#244;nent une transformation sociale sans violence, par l'accumulation de r&#233;formes gagn&#233;es l&#233;galement par voix parlementaire ou m&#234;me par la gr&#232;ve quand cela est n&#233;cessaire. Les anarchistes, eux, pr&#244;nent la destruction imm&#233;diate de l'&#201;tat. Ils se sont affront&#233;s sur des questions tactiques et finalement strat&#233;giques&#160;: si la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; est l'outil de la transformation sociale, quelle est la forme de cet outil&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La Charte d'Amiens n'a pas r&#233;pondu &#224; cette question car elle voulait &#233;vincer les questions politiques. Paradoxalement, ce sont ces questions politiques non d&#233;battues au grand jour qui ont favoris&#233; l'affaiblissement du syndicat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;Ao&#251;t 1914, l'Etat fran&#231;ais d&#233;clare la guerre par l' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Appel &#224; la Nation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le gouvernement s'attend &#224; des r&#233;ticences de la part des socialistes qui se rallient pourtant &#224; l'Union sacr&#233;e. La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, divis&#233;e, se rallie aussi par le discours de Jouhaux, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, sur la tombe de Jean Jaur&#232;s (mort assassin&#233; le 31&#160;juillet 1914), dans lequel il pr&#233;tend exprimer le sentiment de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la classe ouvri&#232;re au c&#339;ur meurtri&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, les ouvriers devenant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;des soldats de la libert&#233; [&#8230;] Au nom de ceux qui vont partir et dont je suis, je crie devant son cercueil que ce n'est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c'est la haine de l'imp&#233;rialisme allemand&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les divisions internes, le manque de doctrine politique, ou au contraire la pr&#233;sence de divers courants politiques en concurrence officieuse, ont emp&#234;ch&#233; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, syndicat forc&#233;ment politis&#233;, de comprendre la nature de la Premi&#232;re guerre mondiale. Seule une petite poign&#233;e de syndicalistes, autour de Pierre Monatte notamment, condamna et refusa le ralliement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nos jours la Charte d'Amiens reste encore une r&#233;f&#233;rence pour certains syndicats et pour les r&#233;volutionnaires. Si ce texte permet de fa&#231;on th&#233;orique d'affirmer l'ind&#233;pendance des syndicats vis-&#224;-vis des partis politiques, de doter le syndicat d'un programme r&#233;volutionnaire de transformation sociale, il n'a h&#233;las pas permis d'&#233;viter les divisions internes entre les courants politiques. Ces divisions, qui se concentraient notamment sur la tactique de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, se sont exacerb&#233;es &#224; la veille de la Grande guerre. La course &#224; la guerre de l'Etat fran&#231;ais a &#233;t&#233; un test crucial pour les partis de gauche comme pour la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;, qui refusait d'&#234;tre un parti mais avait pour ambition d'organiser la classe ouvri&#232;re. La Charte d'Amiens fut le r&#233;sultat d'un compromis de circonstance entre des r&#233;formistes peu critiques vis-&#224;-vis des institutions et des anarchistes. Si cette Charte refuse toute subordination aux partis politiques, cela ne signifie pas pour autant que les r&#233;volutionnaires devraient s'abstenir aujourd'hui de faire de la politique dans les syndicats. Il est important de caract&#233;riser la nature des syndicats de notre &#233;poque pour &#233;laborer collectivement une intervention des r&#233;volutionnaires. Alors que sept syndicats se r&#233;clament de la Charte d'Amiens, peut-on dire qu'ils ont encore une politique syndicale r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Bien sur que non&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Devons-nous en tant que r&#233;volutionnaires d&#233;fendre le syndicat comme seul outil pour la transformation sociale et comme base de l'organisation de la production&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? R&#233;pondre &#224; cette question implique de relancer le n&#233;cessaire d&#233;bat sur les relations entre le parti et le syndicat, le parti et la classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&#160;:&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ROSMER&lt;/span&gt; Alfred, &lt;i&gt;Le mouvement ouvrier pendant la Premi&#232;re guerre mondiale&lt;/i&gt;, Tome 1 &#8211; De l'Union sacr&#233;e &#224; Zimmerwald, r&#233;&#233;dition en fac-simil&#233;, &#233;ditions d'Avron, 1993.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PIGENET&lt;/span&gt; Michel, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ROBIN&lt;/span&gt; Pierre, sous la direction de, &lt;i&gt;Victor, Emile, Georges, Fernand et les autres&#8230; Regards sur le syndicalisme r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, actes du colloque de N&#233;rac pour les cent ans de la Charte d'Amiens, &#233;dition d'Albret, 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DUVAL&lt;/span&gt; Fran&#231;ois, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Syndicalisme r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Rouge&lt;/i&gt; n&#176;2154, 13&#160;avril 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COMBES&lt;/span&gt; G&#233;rard, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un mythe centenaire&#160;: la Charte d'Amiens&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Bulletin Avanti&lt;/i&gt; n&#176;&#160;37, Octobre 2006, &lt;a href=&#034;http://www.avanti-lcr.org/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.avanti-lcr.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernand Pelloutier (1867-1901)&lt;/strong&gt;&#160;: Militant anarchiste qui a quitt&#233; le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POF&lt;/span&gt; apr&#232;s un grand d&#233;saccord avec Guesde &#224; propos de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Il a du mal &#224; faire accepter aux anarchistes le fait d'entrer dans les syndicats car ils n'y voient qu'une organisation pour assurer la d&#233;fense des travailleurs. Il persiste dans son engagement et devient syndicaliste r&#233;volutionnaire. Il meurt en 1901 bien avant la r&#233;daction et l'adoption de la Charte d'Amiens mais il en a inspir&#233; beaucoup de ses r&#233;dacteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auguste Keufer (1851-1924)&lt;/strong&gt;&#160;: Cofondateur de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; dont il devient le tr&#233;sorier en 1895, r&#233;formiste mais membre du parti socialiste, disciple des positivistes. Pour lui, le syndicat doit &#234;tre l'outil de l'obtention des am&#233;liorations imm&#233;diates des conditions de travail, par le biais de la gr&#232;ve s'il le faut, non pour sp&#233;culer sur la future soci&#233;t&#233; meilleure mais pour obtenir des am&#233;liorations imm&#233;diates, soit par le progr&#232;s des l&#233;gislations, soit par les conventions collectives de travailleurs n&#233;goci&#233;es avec le patronat. Il souhaite le d&#233;veloppement des caisses de solidarit&#233; en temps de gr&#232;ve, de ch&#244;mage, de maladie, de d&#233;c&#232;s, et la lutte pour la journ&#233;e des 9h etc&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jules Guesde (1847 &#8211; 1922)&lt;/strong&gt;&#160;: Il collabora sous l'Empire &#224; plusieurs journaux r&#233;publicains et fit de la prison. Apr&#232;s la Commune, il se r&#233;fugie en Suisse, puis en Italie, s&#233;jours durant lesquels il &#233;crit plusieurs ouvrages. Rentr&#233; en France en 1876, il fonde L'Egalit&#233; (le premier journal socialiste &#224; r&#233;appara&#238;tre apr&#232;s la Commune) et retourne en prison &#224; deux reprises, en 1876 et 1882. Il r&#233;dige dans sa cellule le programme du Parti Ouvrier et, rendu &#224; la libert&#233;, collabore au Citoyen et au Cri du Peuple. Il fonde ensuite Le Socialiste et est &#233;lu d&#233;put&#233; en 1893. On dit que ce sont les &#034;guesdistes&#034; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POF&lt;/span&gt; (Parti ouvrier fran&#231;ais fond&#233; en 1893) qui &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;vulgarisent&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; le marxisme en France. Se dotant d'une organisation centralis&#233;e, ils essayent de subordonner l'action des syndicats &#224; celle du parti. J. Guesde se retrouve ensuite &#224; la t&#234;te du Parti Socialiste de France, et continue de d&#233;fendre ses th&#233;ories &#224; la Chambre. En 1914, il entre dans le cabinet d' &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;union sacr&#233;e&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &#192; la scission du congr&#232;s de Tours, il se rallie &#224; la fraction minoritaire de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; qui refuse de rejoindre l'Internationale communiste (la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale) provoquant la scission entre Parti Communiste Fran&#231;ais naissant et la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emile Pouget (1860-1931)&lt;/strong&gt;&#160;: Employ&#233;, anarchiste, fondateur du P&#232;re Peinard, se rapproche des organisations syndicales vers 1895, devient d&#233;l&#233;gu&#233; au congr&#232;s de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; &#224; Toulouse en 1897, charg&#233; de la r&#233;daction de l'organe de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;&#160;: La Voix du peuple &#224; sa fondation en 1900. Il arr&#234;te toute activit&#233; conf&#233;d&#233;rale suite &#224; une r&#233;pression sanglante &#224; Villeneuve d'Ascq, fonde le quotidien La R&#233;volution en 1909. Il cesse ses activit&#233;s syndicales &#224; la veille de la Grande guerre, ne prend pas part aux mobilisations antimilitaristes et meurt en 1931, reclus et isol&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Victor Renard (1864 &#8211; 1914)&lt;/strong&gt;&#160;: Ouvrier dans une filature de Reims, membre du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POF&lt;/span&gt; puis de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, proche de Jules Guesde, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration du Textile en 1903, d&#233;l&#233;gu&#233; au Congr&#232;s d'Amiens. Il se fait remarquer par ses interventions pendant le congr&#232;s d'Amiens visant la majorit&#233;, sur le fait que de parler d'antimilitarisme, d'antipatriotisme et d'abstention &#233;lectorale revient &#224; faire de la politique libertaire et donc ne respecte pas les principes de la Charte d'Amiens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Yvetot (1868- 1942)&lt;/strong&gt;&#160;: Antipatriotique et antimilitariste, devient anarchiste sous l'influence de Pelloutier. Il s'est battu toute sa vie contre la guerre et l'union sacr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Victor Griffuelhes (1874-1923) Ouvrier cordonnier, membre du syndicat g&#233;n&#233;ral de la cordonnerie de la Seine, puis secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration des cuirs et peaux (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FNCP&lt;/span&gt;), &#233;lu en 1901 secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; en constitution. Proche du Parti blanquiste vers 1896 (petite minorit&#233; bien organis&#233;e qui esp&#232;re donner l'impulsion &#224; la r&#233;volution) il s'en &#233;loigne par sa propre exp&#233;rience des luttes ouvri&#232;res. D&#233;&#231;u par le blanquisme et le parlementarisme, il d&#233;fend le syndicalisme r&#233;volutionnaire pour &#233;manciper la classe ouvri&#232;re. Il d&#233;missionne de son mandat en 1909 suite &#224; des querelles internes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Jouhaux (1879-1954)&lt;/strong&gt;&#160;: Milite &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; o&#249; il devient repr&#233;sentant f&#233;d&#233;ral des allumettiers. Il est &#233;lu secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; de 1909 &#224; 1947. Puis il devient pr&#233;sident de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FO&lt;/span&gt; (scission de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; en 1947, se r&#233;clamant de la Charte d'Amiens contre la mainmise du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;) en 1948 et jusqu'&#224; sa mort. Il devient &#233;galement vice-pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration internationale des syndicats libres fond&#233;e en 1949.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Monatte (1881-1960)&lt;/strong&gt;&#160;: Ouvrier du livre et syndicaliste fran&#231;ais, responsable de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt; au d&#233;but du si&#232;cle, dont il fonde la revue La Vie ouvri&#232;re en 1909. Oppos&#233; &#224; l'union sacr&#233;e, il d&#233;missionne en 1915 des instances conf&#233;d&#233;rales. Se r&#233;f&#233;rant &#224; Fernand Pelloutier, il ne cache pas ses sympathies anarchistes, mais s'&#233;loigna de ce courant apr&#232;s le Congr&#232;s d'Amsterdam (1907).Leader de l'opposition interne, il cr&#233;e en 1919 les Comit&#233;s syndicalistes r&#233;volutionnaires au sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CGT&lt;/span&gt;. Il rejoint le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; en 1923, o&#249; il est proche d'Alfred Rosmer. Il en est exclu en 1924. Il fonde en 1925 la revue &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FGAAC&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; a recueilli pr&#233;s de 2.9% des voix aux derni&#232;res &#201;lections professionnelles &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SNCF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;. Le syndicat place son action sous la devise &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Ni politique, ni religion. Pour le droit. Pour la Justice&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Sa nature de syndicat cat&#233;goriel lui donne une place particuli&#232;re dans le paysage syndical de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SNCF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;. Lors des n&#233;gociations de 2007 sur la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FGAAC&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; a ainsi n&#233;goci&#233; des conditions sp&#233;cifiques pour les seuls conducteurs, ind&#233;pendamment des autres cat&#233;gories de salari&#233;s. Cette attitude lui a valu de s&#233;v&#232;res critiques de la part des autres organisations syndicales pour avoir rompu l'unit&#233; syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;1- le groupement des salari&#233;s pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts moraux et mat&#233;riels, &#233;conomiques et professionnels. 2- elle groupe en dehors de toute &#233;cole politique, tous les travailleurs conscients de la lutte &#224; mener pour la disparition du salariat et du patronat, les congr&#232;s ont lieu tous les deux ans&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; (section fran&#231;aise de l'internationale ouvri&#232;re) na&#238;t en 1905 de la fusion entre les diff&#233;rents courants socialistes fran&#231;ais dont le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; (Parti ouvrier fran&#231;ais) de Guesde et Lafargue, le Parti socialiste r&#233;volutionnaire (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;) de Blanqui et Vaillant et le Parti socialiste de Jean Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le nouveau parti comme cadre de front unique</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/Le-nouveau-parti-comme-cadre-de</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.quefaire.lautre.net/Le-nouveau-parti-comme-cadre-de</guid>
		<dc:date>2009-10-06T16:38:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvestre Jaffard</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Regroupement</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>
		<dc:subject>Front unique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si l'opportunit&#233; de la construction d'un nouveau regroupement politique o&#249; la gauche r&#233;volutionnaire et des secteurs plus larges pourraient militer c&#244;te &#224; c&#244;te est tr&#232;s largement partag&#233;e, les contours que doit avoir ce regroupement sont toujours l'objet de d&#233;bats &#224; la LCR. D&#233;bats souvent confus, car les participants mettent souvent derri&#232;re les m&#234;mes mots des significations diff&#233;rentes. Qu'est-ce qu'un &#171;&#160;r&#233;volutionnaire&#160;&#187;&#160;? Qu'est-ce qu'un &#171;&#160;antilib&#233;ral&#160;&#187;&#160;? Qu'est-ce m&#234;me qu'un &#171;&#160;parti&#160;&#187;, puisqu'il s'agit (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/NPA" rel="tag"&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NPA&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Regroupement" rel="tag"&gt;Regroupement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Front-unique" rel="tag"&gt;Front unique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'opportunit&#233; de la construction d'un nouveau regroupement politique o&#249; la gauche r&#233;volutionnaire et des secteurs plus larges pourraient militer c&#244;te &#224; c&#244;te est tr&#232;s largement partag&#233;e, les contours que doit avoir ce regroupement sont toujours l'objet de d&#233;bats &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;. D&#233;bats souvent confus, car les participants mettent souvent derri&#232;re les m&#234;mes mots des significations diff&#233;rentes. Qu'est-ce qu'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Qu'est-ce qu'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;antilib&#233;ral&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Qu'est-ce m&#234;me qu'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;parti&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, puisqu'il s'agit d'en construire un nouveau&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or s'il est une source de danger en politique, c'est bien l'ambigu&#239;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Commen&#231;ons donc par &#234;tre pr&#233;cis sur une question de vocabulaire assez cruciale&#160;: dans cet article, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d&#233;signe la tradition marxiste enrichie notamment par les exp&#233;riences de la r&#233;volution russe, de la lutte pour l'opposition de gauche contre le stalinisme, la tradition de Luxemburg, L&#233;nine, Trotsky, tradition qui se distingue notamment d'autres courants radicaux par la reconnaissance de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;truire l'&#233;tat de la bourgeoisie, et d'instaurer un r&#233;gime transitionnel (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pouvoir r&#233;volutionnaire des travailleurs&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;dictature du prol&#233;tariat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;) se basant sur des conseils ouvriers pour pouvoir commencer la transition vers le socialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que les partenaires avec qui nous sommes susceptibles de construire le nouveau parti mettent souvent tout autre chose derri&#232;re le mot &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (tendances libertaires ou r&#233;formistes radicales), ou parce qu'ils ne s'y reconnaissent pas du tout, le concept du front unique est indispensable pour nous guider dans la construction d'une organisation qui nous unisse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce qu'un front unique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du front unique s'est cristallis&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 20 lors des d&#233;bats strat&#233;giques qui eurent lieu au sein de l'Internationale communiste, mais on peut en tracer la g&#233;n&#233;alogie jusqu'au Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les communistes ne forment pas un parti distinct oppos&#233; aux autres partis ouvriers.(...)&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Ils sont &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la fraction la plus r&#233;solue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; th&#233;oriquement, ils ont sur le reste du prol&#233;tariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins g&#233;n&#233;rales du mouvement prol&#233;tarien.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Marx et Engels, Manifeste du Parti Communiste' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La th&#233;orie du front unique ne pouvait pas pleinement se d&#233;velopper avant la th&#233;orie et la pratique du parti r&#233;volutionnaire qu'ont d&#233;velopp&#233;es L&#233;nine et les bolcheviks, c'est &#224; dire avant que soit plus concr&#232;tement connu et exp&#233;riment&#233; ce que Marx et Engels avaient indiqu&#233; de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale&#160;: l'importance pour les r&#233;volutionnaires &#224; la fois de s'organiser sp&#233;cifiquement, de fa&#231;on s&#233;par&#233;e des autres travailleurs, et en m&#234;me temps de s'unir avec les autres forces du mouvement ouvrier. Cette exigence peut para&#238;tre contradictoire, mais en r&#233;alit&#233;, la nature contradictoire du front unique r&#233;pond &#224; une contradiction qui existe dans la r&#233;alit&#233;&#160;: c'est la classe ouvri&#232;re dans son ensemble qui poss&#232;de le potentiel de changer la soci&#233;t&#233;, mais au sein de la classe ouvri&#232;re la conscience de ce potentiel et des moyens de le lib&#233;rer est in&#233;gale. En effet, dans la soci&#233;t&#233; de classe les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats des travailleurs et leurs int&#233;r&#234;ts historiques entrent en contradiction (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;si je pense &#224; court terme je ne fais pas gr&#232;ve car je perds une journ&#233;e de salaire et le patron va me regarder d'un sale oeil, mais si je pense de mani&#232;re plus globale et &#224; plus long terme je sais que si je ne fais jamais gr&#232;ve mes conditions de vie, celles de ma famille et de mes amis se d&#233;graderont&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les marxistes r&#233;volutionnaires sont les militants qui centralisent de la fa&#231;on la plus cons&#233;quente les enseignements des luttes des travailleurs dans le cadre d'une compr&#233;hension scientifique globale du monde et de l'histoire, afin d'&#233;laborer une strat&#233;gie et une tactique les plus efficaces possibles. Comme l'a &#233;crit Chris Harman&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ceci semble impliquer une vision tr&#232;s &#233;litiste du parti [r&#233;volutionnaire]. Dans une certaine mesure c'est le cas, mais ce n'est pas la faute du parti mais de la vie elle-m&#234;me qui cr&#233;e toutes ces in&#233;galit&#233;s au sein de la conscience de la classe ouvri&#232;re. Le parti, s'il veut &#234;tre efficace, doit recruter ceux qu'il consid&#232;re comme les plus &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;avanc&#233;s&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il ne peut pas r&#233;duire volontairement son niveau de connaissances et de conscience sous le simple pr&#233;texte de ne pas devenir une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;lite&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il ne peut pas, par exemple, accepter l'id&#233;e que les travailleurs internationalistes qui sont membres du parti ne valent pas mieux que les travailleurs nationalistes de fa&#231;on &#224; tenir compte de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'activit&#233; autonome&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la classe.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Chris Harman, Parti et Classe' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si l'in&#233;galit&#233; de la conscience rend n&#233;cessaire la clart&#233; quant &#224; la d&#233;finition du parti r&#233;volutionnaire, la lutte des classes rend aussi n&#233;cessaire l'unit&#233; entre r&#233;volutionnaires et ceux qui ont des id&#233;es plus confuses, sur les questions o&#249; ils sont d&#233;cid&#233;s &#224; se battre contre la classe dirigeante. Les id&#233;es ne sont pas immuables, mais le sentiment qu'on est incapable de changer les choses fait penser qu'elles le sont. Si l'on commence &#224; se mettre en mouvement et &#224; changer les choses, il est plus facile de remettre en question ses id&#233;es, et de prendre conscience du potentiel de la classe ouvri&#232;re &#224; changer toute la soci&#233;t&#233;. De plus, en entrant en mouvement, ceux qui ont des id&#233;es confuses sont oblig&#233;s de les clarifier sur une s&#233;rie de points au fur et &#224; mesure de la lutte, en les confrontant &#224; leur exp&#233;rience directe&#160;: untel qui avait des illusions sur la police voit les choses sous un autre angle lorsqu'il se trouve dans une manifestation qui subit la r&#233;pression, telle autre qui avait des illusions envers la bureaucratie syndicale doit constater leur trahison des int&#233;r&#234;ts du mouvement, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le front unique n'est donc pas quelque chose de statique. Ce n'est pas un outil qui servirait pour obtenir satisfaction sur une revendication bien d&#233;limit&#233;e, puis qu'on remiserait imm&#233;diatement apr&#232;s, pour revenir au militantisme r&#233;volutionnaire. C'est au contraire une approche tactique &#224; utiliser de fa&#231;on constante &#224; toutes les &#233;tapes de la lutte de classe, et dont la compr&#233;hension et l'utilisation judicieuse permet justement d'avancer d'une &#233;tape &#224; l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut garder &#224; l'esprit par exemple, que pour Trotsky, le front unique est loin de se cantonner &#224; des questions partielles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='footnote' title='La r&#233;volution allemande et la bureaucratie stalinienne, 1932' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que le syndicat est la forme &#233;l&#233;mentaire du front unique dans la lutte &#233;conomique, de m&#234;me le Soviet est la forme la plus &#233;lev&#233;e du front unique, quand arrive pour le prol&#233;tariat l'&#233;poque de la lutte pour le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ou encore&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Le gouvernement ouvrier en France, 1922' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cette formule [Le gouvernement ouvrier] couronne la politique du Front Unique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On pourrait multiplier les exemples.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La situation historique, la n&#233;cessit&#233; des regroupements&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si pour beaucoup de militants d'extr&#234;me-gauche aujourd'hui la conception du front unique se limite &#224; des alliances ponctuelles sur des revendications tr&#232;s limit&#233;es, c'est sans aucun doute parce que la gauche r&#233;volutionnaire sort &#224; peine d'une longue p&#233;riode de marginalit&#233;. Pourtant l'&#233;vidence de l'utilit&#233; d'un regroupement plus large que les seuls marxistes r&#233;volutionnaires appara&#238;t aujourd'hui largement. Rappelons que la raison principale en est la disparition des bases sur laquelle la gauche se structurait pendant des d&#233;cennies en France&#160;: disparition de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;URSS&lt;/span&gt; et de ses satellites comme r&#233;f&#233;rences, et avec elle crise d'identit&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;, qui s'additionne au renoncement de plus en plus explicite de la part du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; de toute confrontation avec les forces du capital. Des millions de travailleurs, des dizaines de milliers de militants ont de ce fait une relation de plus en plus t&#233;nue envers les organisations politiques r&#233;formistes existantes, sans que pour autant ils aient &#233;t&#233; gagn&#233;s aux id&#233;es r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme le dit le dicton, la politique a horreur du vide, et il ne fait pas de doute que se cristallisera &#224; plus ou moins longue &#233;ch&#233;ance une organisation capable d'accueillir ces &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;orphelins du r&#233;formisme&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires - particuli&#232;rement en France o&#249; ils ont acquis une large audience tant dans les p&#233;riodes &#233;lectorales que dans les luttes sociales - ont un r&#244;le capital &#224; jouer pour que cette organisation s'enracine dans les luttes, qu'elle les alimente et les renforce tout en d&#233;veloppant les liens entre les diff&#233;rents fronts, et que les questions strat&#233;giques y soient pos&#233;es et tranch&#233;es de mani&#232;re ouverte et claire. Dans la p&#233;riode, l'existence d'un tel regroupement est la condition n&#233;cessaire pour commencer &#224; inverser le rapport de force aux profit des travailleurs &#8211; c'est aussi la condition pour gagner largement aux id&#233;es r&#233;volutionnaires, donc pour la construction et le d&#233;veloppement d'un parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'inverse si les r&#233;volutionnaires se tiennent &#224; distance de ce processus, les regroupements qui na&#238;tront in&#233;vitablement en-dehors d'eux seront beaucoup plus faibles, et condamn&#233;s &#224; rejoindre &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance les organisations r&#233;formistes existantes dans la participation &#224; la gestion du capitalisme r&#233;ellement existant, ou &#224; se maintenir eux-m&#234;mes dans une posture isolationniste sectaire. On a pu avoir un premier aper&#231;u du r&#233;sultat d'une telle politique et de la d&#233;moralisation qu'elle peut entra&#238;ner lors du processus pour une candidature unitaire au cours de 2006-d&#233;but 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nouvelle orientation de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; pour la construction d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Nouveau Parti Anticapitaliste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; comme objectif concret &#224; court terme n&#233;cessite donc de clarifier la m&#233;thode de construction, et en particulier la place des r&#233;volutionnaires et des autres forces dans le nouveau parti.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;voie du milieu&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est une impasse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La forme sous laquelle le d&#233;bat a &#233;t&#233; pos&#233; concr&#232;tement jusqu'&#224; pr&#233;sent correspond en gros au sch&#233;ma suivant&#160;: il s'agirait d'&#233;viter deux &#233;cueils. L'un serait, au nom de la pr&#233;servation du programme r&#233;volutionnaire, de pratiquer une ouverture dans des limites trop restreintes, de sorte que cette ouverture ne serait que purement symbolique, et ne r&#233;pondrait pas aux enjeux de la p&#233;riode. Le second, &#224; l'inverse, au nom d'une ouverture large, ouvrirait trop grand les vannes et ferait courir le risque de la dissolution effective du courant r&#233;volutionnaire dans le parti large.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment &#233;viter ces deux &#233;cueils&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La d&#233;marche la plus courante jusqu'&#224; pr&#233;sent est de chercher un juste milieu&#160;: une ouverture calcul&#233;e pr&#233;cis&#233;ment - le programme du nouveau parti ne devant &#234;tre ni trop &#233;loign&#233; de celui de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, ni tout &#224; fait le m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant toute une s&#233;rie de probl&#232;mes apparaissent rapidement. En premier lieu celui de la d&#233;marcation exacte, d'o&#249; les longues discussions sur la signification exacte des mots &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;antilib&#233;ral&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;anticapitaliste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Deuxi&#232;mement, et de mani&#232;re plus fondamentale, si l'on a une id&#233;e tr&#232;s pr&#233;cise des d&#233;limitations programmatiques du nouveau parti, il est logique de vouloir &#233;crire nous-m&#234;me ce programme... en fermant donc la porte &#224; son &#233;laboration collective, avec les forces qui seraient pr&#234;tes &#224; rejoindre le nouveau parti (car &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;On ne sait jamais o&#249; cela pourrait nous entra&#238;ner...&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On en arrive du coup &#224; une situation qui conjugue les inconv&#233;nients de l'approche &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;identitaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et de l'approche &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;dissolution dans le parti large&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: nous adopterions un programme un peu moins exigeant, un peu plus flou, (qui n'incluerait pas par exemple la n&#233;cessit&#233; de d&#233;truire l'&#201;tat bourgeois ou la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution mondiale, qui se contenterait de formules ambigu&#235;s sur la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;remise en question de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou sur &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;le partage des richesses&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; plut&#244;t que l'appropriation collective des moyens de production, etc.). Mais tout en rabaissant le programme, on fermerait en m&#234;me temps la porte &#224; la construction effective en commun d'un nouveau parti avec les forces militantes les plus importantes susceptibles de le rejoindre, et qui peuvent avoir quant &#224; elles sur une s&#233;rie de points des conceptions pr&#233;cises &#8211; et diff&#233;rentes des n&#244;tres &#8211; qu'elles ne sont pas pr&#234;tes &#224; passer sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mirage des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;anonymes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors le probl&#232;me devient &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;comment donc ouvrir le nouveau parti sans risquer de devoir le construire avec des forces r&#233;formistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est pour r&#233;soudre ce probl&#232;me qu'est apparue l'id&#233;e qu'on pouvait s'adresser directement aux &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;anonymes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - c'est &#224; dire &#224; des individus isol&#233;s, qui ne sont pas encore militants d'une structure politique, syndicale ou associative &#8211; mais qui se retrouvent cependant dans un projet radical de contestation de l'ordre existant. Olivier Besancenot d&#233;clarait ainsi lors de l'universit&#233; d'&#233;t&#233; 2007 de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les choses &#233;tant bloqu&#233;es par le haut, on essaie par la base (...) On ne va pas mettre Buffet, Laguillier et Bov&#233; autour d'une table mais parler aux anonymes des quartiers populaires et aux collectifs locaux.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-5' class='spip_note' rel='footnote' title='La LCR r&#234;ve de m&#233;tamorphose anticapitaliste, Lib&#233;ration, 27&#160;ao&#251;t (...)' id='nh4-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est tout &#224; fait certain qu'il existe dans les quartiers populaires &#8211; dans les couches populaires &#8211; des centaines de milliers d'individus &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;non-encart&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; susceptibles de rejoindre une organisation qui se prononce clairement contre le syst&#232;me lib&#233;ral, contre le racisme, l'imp&#233;rialisme, le sexisme, pour une soci&#233;t&#233; plus &#233;galitaire, etc. Mais cela ne peut pas vouloir dire que la construction d'un parti anticapitaliste capable de rassembler les secteurs les plus combatifs de la classe ouvri&#232;re peut se faire sans qu'il soit crucial de gagner &#224; cette perspective les militants ouvriers, associatifs et politiques qui sont d&#233;j&#224; organis&#233;s dans des structures, et qui d&#233;j&#224; aujourd'hui, au quotidien, organisent la contre-offensive id&#233;ologique et sociale contre Sarkozy &#8211; en premier lieu ceux qui ont construit ces derniers mois les gr&#232;ves dans les transports, la fonction publique, les entreprises priv&#233;es ou les facs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;anonymes des quartiers populaires&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont des individus atomis&#233;s. Pour contrer leur atomisation il faut la consid&#233;rer dans toute sa mesure, donc &#234;tre conscient de ses causes fondamentales&#160;: le capitalisme met en concurrence les travailleurs les uns avec les autres, les m&#233;dias, le syst&#232;me &#233;ducatif font tout pour d&#233;courager l'auto-organisation, la famille capitaliste, l'urbanisme, l'organisation des loisirs encouragent la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;privatisation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la vie en-dehors du temps de travail, et de plus la m&#233;moire historique des trahisons des organisations social-d&#233;mocrates et staliniennes finit de rendre minoritaire &#224; notre &#233;poque l'engagement militant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'antidote &#224; l'atomisation ne peut donc pas &#234;tre constitu&#233; simplement par un appel particuli&#232;rement juste, ou un programme particuli&#232;rement bien calibr&#233; pour &#234;tre jug&#233; correct par un grand nombre de gens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette conception a d'ailleurs aliment&#233; l'id&#233;e dangereuse suivant laquelle ce (...)' id='nh4-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La meilleure arme contre l'atomisation c'est l'organisation elle-m&#234;me, c'est l'exp&#233;rience pratique de son utilit&#233;. Cela veut dire qu'il faut utiliser au maximum la force des secteurs combatifs d&#233;j&#224; organis&#233;s pour les unifier dans une perspective commune et b&#226;tir &#224; partir d'eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour peu que la situation sociale et politique rende visible pour un grand nombre l'utilit&#233; d'une organisation radicale pour changer la soci&#233;t&#233;, une nouvelle organisation anticapitaliste peut cro&#238;tre rapidement, et de nombreux individus aujourd'hui isol&#233;s la rejoindront directement. Mais il est chim&#233;rique de penser pouvoir construire une telle organisation en sautant les &#233;tapes, sans poser des fondations solides, sans s'adresser d'abord &#224; celles et &#224; ceux qui ont construit le mouvement de 2003 contre la r&#233;forme des retraites, la campagne de 2005 contre le Trait&#233; Constitutionnel Europ&#233;en, le mouvement de 2006 contre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPE&lt;/span&gt;, les associations contre la guerre, contre le racisme et les discriminations, etc. Quand bien m&#234;me on le pourrait, ces secteurs n'en dispara&#238;traient pas pour autant. Leur existence en-dehors du parti large constituerait alors en elle-m&#234;me la preuve de son &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Questions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Adopter la m&#233;thode du front unique pour la construction du nouveau parti ne donne pas de r&#233;ponses &#224; toutes les questions qui se poseront, loin de l&#224;. Mais cela permet de se poser les bonnes questions et de regarder les difficult&#233;s en face, d'aborder ces questions dans la clart&#233;, avec une compr&#233;hension des enjeux qui correspond &#224; la r&#233;alit&#233; des dynamiques politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;num&#233;rer quelques questions imm&#233;diates permet d&#233;j&#224; de comprendre l'utilit&#233; de la d&#233;marche de front unique&#160;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il s'agit d'abord de d&#233;terminer quelles sont les orientations d&#233;terminantes pour la p&#233;riode sur laquelle l'unit&#233; doit &#234;tre trouv&#233;e, et quelles sont les questions sur lesquelles on pourra pour le moment &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#234;tre d'accord qu'on n'est pas d'accord&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il faudra pr&#233;server une autonomie de l'organisation r&#233;volutionnaire, tant d'un point de vue organisationnel et th&#233;orique que pratique, donc une capacit&#233; de mobilisation autonome. Conserver une presse ind&#233;pendante semble donc un minimum. Mais il faudra aussi se demander, cas par cas, dans quelles circonstances l'organisation r&#233;volutionnaire mobilisera avec et au sein du parti large sur les m&#234;mes mot d'ordre, sur ses propres mots d'ordre, en-dehors du parti large, voir m&#234;me contre lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les r&#233;volutionnaires cherchent &#224; combiner d&#233;bat libre en leur sein et unit&#233; d'action. Cela est valable aussi pour l'action des r&#233;volutionnaires dans le cadre du parti large&#160;: tout en accordant toute la souplesse pratique n&#233;cessaire suivant les cas, il faut chercher &#224; construire sur toutes les questions importantes une orientation correcte des r&#233;volutionnaires et la d&#233;fendre de fa&#231;on cons&#233;quente. Pour prendre un exemple, si le parti large dans son ensemble d&#233;fend la participation &#224; un ex&#233;cutif de gestion du capitalisme, ou si sa direction cherche &#224; &#233;touffer le d&#233;bat sur la d&#233;signation des candidats, ou toute autre question d&#233;terminante, les r&#233;volutionnaires doivent se mettre en mesure de s'y opposer de fa&#231;on efficace donc unie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet il faut avoir conscience qu'une organisation o&#249; se c&#244;toient r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes est par nature instable, que des tensions plus ou moins s&#233;v&#232;res suivant les p&#233;riodes y sont in&#233;vitables &#8211; on a pu le constater ces derni&#232;res ann&#233;es dans une s&#233;rie de pays o&#249; des partis de ce type existent. Nous devrons nous battre pour une unit&#233; de combat, et contre une unit&#233; de renoncement. Si nous faisons le pari de construire une organisation en commun avec des forces plus larges, c'est que nous pensons que son existence permettra d'am&#233;liorer le rapport de forces en faveur de la classe ouvri&#232;re, mais nous savons aussi que payer l'unit&#233; &#224; n'importe quel prix, c'est renoncer &#224; soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx et Engels, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000b.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Manifeste du Parti Communiste&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chris Harman, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://tintinrevolution.free.fr/fr/harmanpartietclasse.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Parti et Classe&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/01/320127i.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La r&#233;volution allemande et la bureaucratie stalinienne, 1932&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/11/lt19221130.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Le gouvernement ouvrier en France, 1922&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-5' class='spip_note' title='Notes 4-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/actualite/politiques/274381.FR.php&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; r&#234;ve de m&#233;tamorphose anticapitaliste&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 27&#160;ao&#251;t 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-6' class='spip_note' title='Notes 4-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette conception a d'ailleurs aliment&#233; l'id&#233;e dangereuse suivant laquelle ce serait la r&#233;f&#233;rence &#224; la tradition marxiste &#8211; &#224; L&#233;nine ou &#224; Trotsky notamment - qui poserait un obstacle important &#224; ce que de nombreux &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;anonymes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous rejoignent, et qu'il faudrait donc les mettre de c&#244;t&#233;. D'autant, rench&#233;rissent les camarades qui d&#233;fendent cette conception, que la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;p&#233;riode historique ouverte par la r&#233;volution russe s'&#233;tant referm&#233;e en 1989&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ces r&#233;f&#233;rences ne seraient plus d&#233;terminantes... Outre que c'est l&#224; la porte ouverte &#224; l'abandon de l'h&#233;ritage marxiste par les r&#233;volutionnaires eux-m&#234;mes, cette conception traduit une vision erron&#233;e des dits &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;anonymes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; comme une masse politiquement vierge. Les individus ainsi d&#233;sign&#233;s ont en fait un nom, une histoire, des conceptions politiques, tr&#232;s vari&#233;es, mais qui existent n&#233;anmoins, et &#224; laquelle il faudra donc se confronter. En r&#233;alit&#233; la popularisation des id&#233;es du marxisme et la construction d'un front plus large ne s'opposent pas, mais se renforcent l'une l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#171;&#160;double pouvoir&#160;&#187; entre nos mains</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/Le-double-pouvoir-entre-nos-mains</link>
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		<dc:date>2009-10-06T16:06:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex Callinicos</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Classes</dc:subject>
		<dc:subject>Double pouvoir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le cent-quaranti&#232;me anniversaire de la Commune de Paris doit aussi nous inciter &#224; r&#233;fl&#233;chir aux formes de contre-pouvoir qui peuvent surgir aujourd'hui. La classe ouvri&#232;re de 2011 en France n'est pas celle de 1917 en Russie, qui n'&#233;tait pas celle de 1871... &#224; Paris. Dans cet article Alex Callinicos explore la fa&#231;on dont diff&#233;rents contextes peuvent donner naissance &#224; diff&#233;rentes articulations entre organisations dans les entreprises, dans les quartiers, etc.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Double-pouvoir" rel="tag"&gt;Double pouvoir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L150xH96/arton113-0fbbb.jpg&#034; width='150' height='96' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand les travailleurs se r&#233;voltent, ils peuvent forger leurs propres structures politiques, mais les institutions qu'ils cr&#233;ent ne r&#233;pondent pas &#224; des mod&#232;les pr&#233;con&#231;us.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de Dominique Angelini.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les grands soul&#232;vements r&#233;volutionnaires du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par un mod&#232;le particulier. Les travailleurs ont organis&#233; des gr&#232;ves de masse qui ont &#233;t&#233; &#224; l'origine ou ont d&#233;velopp&#233; des confrontations avec l'&#201;tat. Pour rendre leur lutte plus efficace, les travailleurs commenc&#232;rent &#224; cr&#233;er leurs propres organisations. Ils devaient en finir avec les divisions existantes en cr&#233;ant des liens entre les diff&#233;rents m&#233;tiers et secteurs industriels, en unissant les syndicalistes et les travailleurs non organis&#233;s et en reliant tous ceux dont les engagements politiques sont diff&#233;rents et ceux qui n'en ont pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces organisations de toute la classe devaient &#234;tre bas&#233;es sur les lieux de travail. La premi&#232;re version en ont &#233;t&#233; les soviets de travailleurs qui ont &#233;merg&#233; &#224; Saint-P&#233;tersbourg pendant la r&#233;volution de 1905. Le soviet de Saint-P&#233;tersbourg rassemblait des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'usine de toute la ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus les organisations de travailleurs &#233;taient efficaces plus elles pouvaient d&#233;fier l'&#201;tat. De mani&#232;re plus ou moins ouverte, une situation que le grand r&#233;volutionnaire russe Vladimir L&#233;nine a appel&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;double pouvoir&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, s'est d&#233;velopp&#233;e. L&#233;nine d&#233;crivait ainsi la situation en f&#233;vrier 1917 quand les travailleurs prirent Petrograd (Saint-P&#233;tersbourg avait chang&#233; de nom), renversant le tsar&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cette dualit&#233; du pouvoir se traduit par l'existence de deux gouvernements&#160;: le gouvernement principal, v&#233;ritable, effectif, de la bourgeoisie, le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Gouvernement provisoire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8230; qui a en mains tous les organes du pouvoir, et un gouvernement &#224; c&#244;t&#233;, compl&#233;mentaire, un gouvernement &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de contr&#244;le&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, repr&#233;sent&#233; par le Soviet des d&#233;put&#233;s ouvriers et soldats de P&#233;trograd, qui n'a pas en main les organes du pouvoir d'Etat, mais s'appuie directement sur la majorit&#233; ind&#233;niable du peuple, sur les ouvriers et les soldats en armes.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le &#8211; la coexistence de deux formes de pouvoir de classe dans le champ d'action d'un m&#234;me &#201;tat &#8211; a &#233;merg&#233; dans une forme plus ou moins d&#233;velopp&#233;e dans les grandes luttes des travailleurs du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, depuis la Russie en 1905 jusqu'&#224; la Pologne en 1980.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le double pouvoir est une situation instable. Comme l'&#233;crivait L&#233;nine, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Il ne fait aucun doute que cet &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;enchev&#234;trement&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne peut durer longtemps. Il ne saurait exister deux pouvoirs dans un Etat. L'un des deux doit dispara&#238;tre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'&#233;crasante majorit&#233; des cas, le pouvoir capitaliste tire avantage des h&#233;sitations et des divisions du camp des travailleurs pour passer &#224; l'offensive et d&#233;truire les conseils ouvriers et restaurer l'ordre bourgeois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exception est venue de Russie en octobre 17. L&#224;, le Parti bolchevik, s'appuyant sur les analyses de L&#233;nine, emporta le d&#233;bat dans les soviets, et les persuada de renverser le gouvernement provisoire pour prendre le pouvoir. C'est ce qui a fait de la r&#233;volution russe un mod&#232;le pour les socialistes r&#233;volutionnaires jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais comment ce mod&#232;le peut-il survivre au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le soul&#232;vement politique le plus important des vingt derni&#232;res ann&#233;es, les r&#233;volutions en Europe de l'Est en 1989, n'ont pas comport&#233; d'exp&#233;rience significative de double pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;gime politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela refl&#232;te le fait que la structure de base du pouvoir de classe dans ces soci&#233;t&#233;s, n'a pas &#233;t&#233; transform&#233;e par ces r&#233;volutions. Elles n'ont chang&#233; que le r&#233;gime politique, en permettant au capitalisme de march&#233; de l'Ouest de remplacer le capitalisme d'&#201;tat de l'Est.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, cependant, c'est la vision dominante du capitalisme de march&#233; qui est remise en cause, surtout par les mouvements de masse qui se sont d&#233;velopp&#233;s en Am&#233;rique latine dans les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en Bolivie, en octobre 2003 et juin 2005, lorsque des blocages de masse de la capitale, La Paz, ont oblig&#233; plusieurs pr&#233;sidents lib&#233;raux &#224; d&#233;missionner, qu'on s'est approch&#233; le plus pr&#232;s d'une situation de double pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les blocages ont &#233;t&#233; organis&#233;s depuis El Alto, sur les hauteurs de La Paz, o&#249; vit une population pauvre de 800 000 personnes. El Alto s'est d&#233;velopp&#233;e ces deux derni&#232;res d&#233;cennies par une migration massive depuis la campagne et les mines d'acier, largement d&#233;truites par la politique lib&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; El Alto, les traditions militantes de la classe ouvri&#232;re d&#233;velopp&#233;es pendant de nombreuses d&#233;cennies par les mineurs ont rencontr&#233; d'autres traditions comme celles des peuples indig&#232;nes pour cr&#233;er de nouvelles formes d'organisations de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Raul Zibechi les d&#233;crivait dans Socialist Worker en avril 2006&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats classiques existent &#224; peine. Il y a deux formes principales d'organisation. L'une d'elle est l'assembl&#233;e de quartier. Il en existe 550, une par quartier (barrio). Les assembl&#233;es sont rassembl&#233;es dans la F&#233;d&#233;ration des assembl&#233;es de quartier d'El Alto. Il s'agit de la plus importante organisation, &#224; l'origine les soul&#232;vements de 2003 et 2005. L'autre principale forme d'organisation est l'association syndicale des forains qui se regroupent dans les centre r&#233;gionaux de travailleurs&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces organisations sont toutes bas&#233;es sur des territoires, elles contr&#244;lent une zone, un quartier ou un march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre 2003 les gens se sont servis de ce contr&#244;le territorial pour bloquer les routes et contr&#244;ler les autoroutes. Ils ont coup&#233; les routes, emp&#234;chant ainsi le gaz et la nourriture d'atteindre La Paz.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Force collective&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette forme d'organisation est largement diff&#233;rente des soviets classiques qui mobilisent la force collective des travailleurs dans les entreprises pour d&#233;fier le pouvoir politique de l'Etat capitaliste. Mais une forme d'organisation territoriale a un sens dans une ville comme El Alto, domin&#233;e par le petit commerce employant au plus quatre salari&#233;s. Ce mod&#232;le de d&#233;pendance de ce qu'on appelle le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;secteur informel&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du petit commerce et du travail temporaire est tr&#232;s courant dans les villes du Sud. Il est familier &#224; ceux qui vivent dans les bidonvilles, estim&#233;s par les Nations unies &#224; un milliard de personnes &#224; travers le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce type d'organisations a connu des pr&#233;c&#233;dents dans l'histoire. Karl Marx et Fr&#233;d&#233;ric Engels caract&#233;ris&#232;rent la Commune de Paris comme le premier &#201;tat des travailleurs. Mais la Commune &#233;tait organis&#233;e selon les quartiers et non les lieux de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela a un sens dans un ville domin&#233;e &#233;conomiquement par les petits commerces. En 1860, il y avait en moyenne trois travailleurs par entreprises dans la plus grande industrie c'est-&#224;-dire les v&#234;tements et le textile, sept par entreprises dans la sid&#233;rurgie et la m&#233;canique, dix-neuf dans la construction et douze dans les &#233;quipements pour le transport.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans son livre Paris, capitale de la modernit&#233;, David Harvey explique &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;de nombreuses petites entreprises ne sont rien d'autre que des soustraitants de structures plus grosses. Elles fonctionnent donc plus comme un syst&#232;me redevable vis-&#224;-vis des producteurs capitalistes et des marchands qui les contr&#244;lent &#224; distance&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, &#233;crit Harvey, les ouvriers de Paris restent confiants au point d'&#234;tre arrogants, but&#233;s, turbulents et incurablement indisciplin&#233;s. Ils continuent d'exercer une pression collective sur le march&#233; du travail, notamment en restant dans leurs quartiers traditionnels (malgr&#233; la r&#233;novation de la ville et l'augmentation des loyers). Si les industries ont besoin de leurs comp&#233;tences, c'est &#224; elles de se d&#233;placer.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas surprenant que ces travailleurs confront&#233;s &#224; la guerre, et menant la r&#233;volution de 1871, se soient attach&#233;s &#224; leurs traditions de militantisme dans les quartiers lorsqu'ils ont organis&#233; la Commune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les soviets du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, en revanche, ont &#233;merg&#233; des usines g&#233;antes, de plus en plus bas&#233;es sur les lignes de production, depuis l'usine Poutilov &#224; Petrograd, le bastion des Bolcheviks en 1917, jusqu'au chantier naval L&#233;nine de Gdansk d'o&#249; partit la r&#233;bellion des travailleurs polonais en ao&#251;t 1980.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; Petrograd en 1917, pr&#232;s de 68&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de la classe ouvri&#232;re &#233;tait employ&#233;e dans des entreprises comptant 1 000 travailleurs ou plus. Les usines &#233;taient encore plus grandes dans la sid&#233;rurgie qui dominait la ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En comparaison, la Commune pourrait appara&#238;tre comme une &#233;tape ant&#233;rieure de l'organisation de classe. Mais le capitalisme n&#233;olib&#233;ral a remis au go&#251;t du jour des formes d'organisation apparemment obsol&#232;tes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.socialistworker.co.uk/art.php?id=10387" class="spip_out"&gt;Article paru dans l'hebdomaire Socialist Worker, du 8&#160;janvier 2007&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Venezuela&#160;: Pouvoir, &#201;tat &amp; Classe ouvri&#232;re</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/Venezuela-Pouvoir-Etat-Classe</link>
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		<dc:date>2009-10-06T15:57:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>William Vey</dc:creator>


		<dc:subject>Contr&#244;le ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tat</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis son accession au pouvoir en 1999, Hugo Ch&#225;vez n'est pas simplement identifi&#233; au processus de transformation sociale en cours au Venezuela, il est &#233;galement un point de ralliement pour tous ceux qui r&#233;sistent &#224; l'ordre &#233;tabli et &#224; l'imp&#233;rialisme partout sur la plan&#232;te. Sur le march&#233; du Caire, par exemple, son nom est ainsi aussi c&#233;l&#232;bre que celui de Hassan Nasrallah.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est ind&#233;niable que Hugo Ch&#225;vez a &#233;t&#233; un formidable levier pour am&#233;liorer le sort de tous ceux qui souffrent au Venezuela, donnant (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Controle-ouvrier" rel="tag"&gt;Contr&#244;le ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/l-Etat" rel="tag"&gt;&#201;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis son accession au pouvoir en 1999, Hugo Ch&#225;vez n'est pas simplement identifi&#233; au processus de transformation sociale en cours au Venezuela, il est &#233;galement un point de ralliement pour tous ceux qui r&#233;sistent &#224; l'ordre &#233;tabli et &#224; l'imp&#233;rialisme partout sur la plan&#232;te. Sur le march&#233; du Caire, par exemple, son nom est ainsi aussi c&#233;l&#232;bre que celui de Hassan Nasrallah&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir l'anecdote sur le march&#233; aux dattes racont&#233;e par Stuart Piper dans Stuart (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que Hugo Ch&#225;vez a &#233;t&#233; un formidable levier pour am&#233;liorer le sort de tous ceux qui souffrent au Venezuela, donnant l'impression, pour partie avec raison, que sans lui rien n'aurait &#233;t&#233; possible jusque l&#224;. Et plus loin, que rien ne serait possible sans lui &#224; l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la personnalisation du processus autour de Ch&#225;vez n'est pas sans cons&#233;quences dans l'optique de la construction du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;socialisme du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pour les militants r&#233;volutionnaires le socialisme signifie que ceux qui produisent les richesses doivent d&#233;cider de leur r&#233;partition et plus g&#233;n&#233;ralement diriger la soci&#233;t&#233;. Il ne s'agit pas simplement d'une position de principe, les exp&#233;riences les plus abouties d'&#233;mancipation sociale (depuis la Commune de Paris en 1871 jusqu'&#224; la Commune de Oaxaca en 2007, en passant par l'Espagne de 1936 et les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution russe de 1917) sont celles o&#249; les exploit&#233;s et les opprim&#233;s ont pu d&#233;cid&#233; pour eux-m&#234;mes, et ce sur toutes les questions qu'elles soient de d&#233;veloppement &#233;conomique ou d'organisation militaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, il est important d'&#233;valuer la mani&#232;re dont ce mouvement de masse est organis&#233; et le contr&#244;le effectif que d&#233;tient la classe ouvri&#232;re v&#233;n&#233;zu&#233;lienne sur l'&#233;conomie et le pouvoir politique. Ceci, dans un contexte o&#249; la structure des rapports de classes est inchang&#233;&#160;: les capitalistes n'ont pas &#233;t&#233; expropri&#233;s, les latifundiaires et leurs milices sont bien-portants (malgr&#233; l'assassinat de plus d'une centaine de paysans depuis 1999), les structures du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;vieil &#201;tat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont toujours en place et le pouvoir politique reste accapar&#233; par une couche de dirigeants bureaucratiques, tant &#224; l'&#233;chelle nationale que locale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Activit&#233; et niveau de structuration de la classe ouvri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Quel contr&#244;le ouvrier&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;gestion ouvri&#232;re&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; recouvre aujourd'hui une r&#233;alit&#233; tr&#232;s diverse. &#192; Alcasa (entreprise nationale de production d'aluminium), par exemple, un syst&#232;me de gestion ouvri&#232;re bas&#233; sur des &#233;lections dans les ateliers a &#233;t&#233; mis en place &#224; partir de 2005&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;[E]n remontant les niveaux on a &#233;t&#233; jusqu'&#224; l'&#233;lection des cadres dirigeants. L'&#233;quipe de direction a &#233;t&#233; consid&#233;rablement &#233;largie&#160;: pour chaque ancien dirigeant, on en a &#233;lu trois nouveaux. Face &#224; eux, il y a 300 d&#233;l&#233;gu&#233;s porte-parole &#233;lus &#224; la base par les travailleurs. Aujourd'hui chaque d&#233;partement a son &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;conseil d'administration&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avec des porte-parole &#233;lus dans chaque &#233;quipe o&#249; on planifie et discute tous les probl&#232;mes de la production. Quand il y a un probl&#232;me &#224; trancher, on convoque une assembl&#233;e des travailleurs du d&#233;partement. On proc&#232;de de m&#234;me &#224; l'&#233;chelle de l'ensemble de l'entreprise. &#192; la r&#233;union centrale, la direction soumet ses projets aux repr&#233;sentants des travailleurs et ceux-ci posent leurs probl&#232;mes. Ce n'est plus seulement le directeur qui d&#233;cide, il doit tenir compte de la volont&#233; des travailleurs (...) Pour nous [la cogestion] doit s'&#233;tendre &#224; tout l'environnement social et se poser tous les probl&#232;mes, y compris la question militaire.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec Rafael Rodriguez, Exp&#233;rience de &#171;&#160;cogestion&#160;&#187; dans la fabrique (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs 1 200 usines auraient &#233;t&#233; reprises et occup&#233;s apr&#232;s leur fermeture. Dans une soixantaine d'entre elles les travailleurs demanderaient la nationalisation sous &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;contr&#244;le ouvrier&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Kiraz Janicke, &#034;La cogestion &#224; Inveval&#160;: survivre dans un oc&#233;an de (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il existe des tentatives de coordination des entreprises &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;autog&#233;r&#233;es&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En 2006, les travailleurs d'Inveval (coop&#233;rative de production de valves d&#233;tenue &#224; 51&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% par l'&#201;tat et &#224; 49&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% par les travailleurs) ont pris l'initiative de cr&#233;er un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;front&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des usines cog&#233;r&#233;es et occup&#233;es. Celui-ci ne regroupe pour l'instant qu'une vingtaine d'usines autour d'une proposition unifi&#233;e de statuts pour mettre en oeuvre le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;contr&#244;le ouvrier&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Article de Kiraz Janicke d&#233;j&#224; cit&#233;.' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais dans certains cas, comme &#224; Invepal (entreprise de papier v&#233;n&#233;zu&#233;lienne), les travailleurs constitu&#233;s en coop&#233;rative ont engag&#233; des travailleurs int&#233;rimaires, reproduisant les relations capitalistes dans l'usine. Dans un autre genre, le cas de Sidor (production d'acier) est exemplaire de la faiblesse du mouvement ouvrier &#224; imposer ses propres modes de gestion et d'organisation. Sidor est la propri&#233;t&#233; de capitalistes argentins qui ont licenci&#233; un nombre importants d'ouvriers et ont eu recours &#224; des contrats d&#233;rogatoires au code du travail en vigueur, n'offrant pas les garanties des contrats courants. Face &#224; la mobilisation des travailleurs qui demandaient la nationalisation de l'usine, Ch&#225;vez a r&#233;pondu par l'affirmative avant de se r&#233;tracter suite &#224; une intervention de Kirschner, le pr&#233;sident argentin. L'affaire s'est provisoirement conclue par la promesse de ne pas nationaliser en &#233;change de tarifs pr&#233;f&#233;rentiels accord&#233;s par Sidor.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au final, dans le meilleur des cas le contr&#244;le ouvrier est pr&#233;sent dans des secteurs marginaux, sinon il rel&#232;ve plut&#244;t d'une cogestion &#201;tat/syndicalistes de gauche o&#249; l'avis des travailleurs est pris en compte. Ce qui reste &#233;loign&#233; des situations de v&#233;ritable contr&#244;le ouvrier que le Venezuela a connu, par exemple, lors du lock-out patronal de l'hiver 2002-2003&#160;: face &#224; la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;gr&#232;ve&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de 18 000 cadres de l'entreprise de p&#233;trole &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PDVSA&lt;/span&gt; (sur 30 000 salari&#233;s de l'entreprise) les travailleurs soutenus, par l'arm&#233;e, les habitants, les &#233;tudiants et d'anciens retrait&#233;s de l'entreprise remettaient en route la production. Des forums ont eu lieu, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PDVSA&lt;/span&gt; de l'int&#233;rieur&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, o&#249; les travailleurs informaient sur le fonctionnement de l'entreprise mais o&#249; &#233;taient &#233;galement discut&#233;s les plans de l'opposition. Des assembl&#233;es r&#233;unissant diff&#233;rentes cat&#233;gories de travailleurs ont ainsi programm&#233; le fonctionnement des &#233;coles, des lyc&#233;es, des universit&#233;s, des march&#233;s populaires, occup&#233;s les terminaux d'approvisionnement en p&#233;trole, etc. Pendant deux mois les travailleurs ont contr&#244;l&#233; la production et la distribution du p&#233;trole, le versement des salaires, etc. Pour autant le ministre de l'&#233;nergie d&#233;clarait que le contr&#244;le ouvrier n'&#233;tait pas &#224; l'ordre du jour dans les secteurs strat&#233;giques de l'&#233;conomie et le gouvernement r&#233;installait une gestion plus classique, une fois le lock-out lev&#233;, en int&#233;grant des repr&#233;sentants des travailleurs &#224; la direction de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quels organes de pouvoir politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment d'organisation et de cadre pour l'activit&#233; du mouvement de masse est constitu&#233; par les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;conseils communaux&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Depuis avril 2006, ces conseils sont cens&#233;s regrouper, sur une base g&#233;ographique, de 200 &#224; 400 familles, dans le but de discuter des infrastructures &#224; mettre en place dans la commune&#160;: construction d'&#233;gouts, approvisionnement d'un h&#244;pital, gestion des d&#233;chets, &#233;cole, etc. Ces conseils devraient se rassembler en association, puis en f&#233;d&#233;ration. &#192; moyen terme, les maires, les conseils municipaux, les conseils paroissiaux et les gouverneurs d'Etat devraient dispara&#238;tre5 au profit, selon Ch&#225;vez, de la construction d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#201;tat communal&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, outil de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat bourgeois et de transformation de cet &#201;tat contre-r&#233;volutionnaire en &#201;tat r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir la citation du discours d'investiture de Ch&#225;vez du 8&#160;janvier 2007, cit&#233; (...)' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y aurait actuellement 18 000 de ces conseils, l'objectif affich&#233; est de couvrir l'ensemble du territoire de 30 000 conseils communaux. Ces conseils seraient associ&#233;s &#224; des conseils de travailleurs, conseils de paysans, conseils indig&#232;nes et conseils des officiers militaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains de ces conseils on tiss&#233; des liens avec des entreprises autog&#233;r&#233;e pour l'approvisionnement en mat&#233;riel (cas de l'entreprise Sanitarios Maracay) et la collecte des ordures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Erik Demeester, Quand un conseil d'usine rencontre les conseils communaux, &#192; (...)' id='nh5-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ces conseils restent des structures limit&#233;es d'exercice d'un pouvoir alternatif. Ils sont r&#233;gl&#233;s par la loi et d&#233;pendent directement de Ch&#225;vez pour leur financement, ce qui en fait de possible structures client&#233;listes. Ces conseils ne contr&#244;lent pas les budgets existants et re&#231;oivent leur financement d'une banque communale, apr&#232;s l'accord du gouvernement sur les projets &#224; mettre en oeuvre. Par ailleurs leur statut par rapport aux maires, gouverneurs et assembl&#233;es locales &#233;lues n'est pas totalement &#233;clairci. Enfin pr&#232;s de la moiti&#233; d'entre eux seraient inactifs, surtout du fait de la difficult&#233; &#224; organiser l'activit&#233; des travailleurs du secteur informel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Erik Demeester, article cit&#233;.' id='nh5-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle direction collective&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces diff&#233;rentes exp&#233;riences du mouvement de masse, il est difficile de distinguer si la strat&#233;gie de Ch&#225;vez rel&#232;ve d'un d&#233;passement de l'&#201;tat bourgeois, en prenant des initiatives pour le contourner puis le saborder de l'int&#233;rieur, ou bien plut&#244;t d'une int&#233;gration des inventions r&#233;alis&#233;es par la classe ouvri&#232;re, notamment lors des affrontements de classes (cas du lock-out patronal), &#224; l'appareil d'&#201;tat existant. Mais ce qui est s&#251;r c'est que sont aujourd'hui pos&#233;es en des termes nouveaux des questions strat&#233;giques cl&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir l'article de S. Piper qui fait tr&#232;s justement le lien entre le Venezuela (...)' id='nh5-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#160;: peut-on transformer un vieil &#201;tat bourgeois en &#201;tat r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quelle importance accorder &#224; une situation de double pouvoir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quelle temporalit&#233;&#160;: affrontement brutal et centralis&#233; ou guerre d'usure pendant laquelle coexistent diff&#233;rentes l&#233;gitimit&#233;s et formes de pouvoir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Concr&#232;tement, l'expropriation des capitalistes doit-elle se faire par la loi ou par l'action directe des travailleurs et des paysans&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les exp&#233;riences de contr&#244;le ouvrier peuvent-elles &#234;tre &#233;tendues &#224; des secteurs cl&#233;s priv&#233;s et publics de l'&#233;conomie (notamment l'industrie p&#233;troli&#232;re)&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les conseils communaux peuvent-ils &#234;tre transform&#233;s et centralis&#233;s pour former un nouveau pouvoir qui prenne en charge non seulement les questions de d&#233;veloppement &#233;conomique mais &#233;galement les questions militaires&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas tant celui des r&#233;ponses apport&#233;es par Ch&#225;vez &#224; ces questions mais celui de la mani&#232;re dont elles sont &#233;labor&#233;es. En mati&#232;re de r&#233;volution on ne peut s&#233;parer la forme du fond. Une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;bonne&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; direction, acclam&#233;e pour la justesse de ses mesures est-elle pr&#233;f&#233;rable &#224; une orientation fausse prise dans la d&#233;mocratie la plus r&#233;solue&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La situation n'est bien &#233;videmment jamais aussi caricaturale mais la solution que repr&#233;sente Ch&#225;vez, celle du caudillo, le leader charismatique, n'est pas une solution nouvelle et les risques qu'elle pr&#233;sente sont connus. C'est par exemple Castro &#224; Cuba et dans une autre mesure Allende au Chili.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ch&#225;vez est une solution, dans la mesure o&#249; il se substitue &#224; la fois &#224; la faible structuration historique du mouvement ouvrier v&#233;n&#233;zu&#233;lien et &#224; l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire ou de classe. Mais Ch&#225;vez repr&#233;sente dans le m&#234;me temps, pour la bureaucratie, un moyen d'assurer la paix sociale et d'&#233;viter un d&#233;nouement violent du processus. Son attitude face aux exp&#233;riences du mouvement de masse &#233;tant plut&#244;t de s'appuyer sur celles-ci pour leur donner une expression constitutionnelle, il tend &#224; renforcer son r&#244;le substitutiste et &#224; terme peut contribuer &#224; maintenir un statu quo favorable &#224; l'organisation de la droite et de la bureaucratie. Enfin la concentration du processus autour de Ch&#225;vez n'est pas en mesure de pr&#233;munir celui-ci d'une &#233;volution &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; &#224; la cubaine&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte l'appel de Chavez &#224; la formation d'un nouveau Parti socialiste unifi&#233; (Partido Socialista Unificado de Venezuela &#8211; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSUV&lt;/span&gt;) appara&#238;t comme un pas en avant possible vers la structuration du mouvement de masse et la construction d'une direction collective en son sein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui devait &#234;tre au d&#233;part une organisation relativement petite, bureaucratique et enti&#232;rement contr&#244;l&#233;e par le haut se retrouve &#234;tre une organisation de masse&#160;: elle regrouperait presque 6 millions de travailleurs sur les 12 millions qu'en compte le Venezuela. Et ceci en un plus d'un mois de temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Le PSUV a commenc&#233; &#224; se former en avril 2007. Fin juin 2007, &#224; la cl&#244;ture des (...)' id='nh5-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour l'instant tout dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSUV&lt;/span&gt; est flou&#160;: pas de programme, pas de statuts, des conditions d'adh&#233;sion non d&#233;finies, etc. De plus, il y a un pas entre une organisation d'adh&#233;rents (voire de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;fans&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; chavistes) et une organisation de militants &#224; m&#234;me de structurer le mouvement de masse et de prendre des initiatives politiques d'ampleur, discut&#233;es d&#233;mocratiquement dans les instances de l'organisation. Les r&#233;volutionnaires v&#233;n&#233;zu&#233;liens sont divis&#233;s sur le fait d'int&#233;grer ou non le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSUV&lt;/span&gt;, mais le processus de constitution de ce nouveau parti est en cours (le congr&#232;s fondateur devait se tenir le 12&#160;janvier 2008) et pour l'instant l'avenir reste ouvert. Et il est clair que la pr&#233;sence de r&#233;volutionnaires organis&#233;s en son sein et capables d'argumenter pour une organisation de classe, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;un parti ouvrier sans patron&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, sera d&#233;terminante.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Stuart Piper rapproche cette bataille de celle men&#233;e par les camarades (...)' id='nh5-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ch&#225;vez joue un r&#244;le important en permettant une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; irruption violente des masses [v&#233;n&#233;zu&#233;lienne] dans le domaine o&#249; se r&#232;glent leurs propres destin&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5-11' class='spip_note' rel='footnote' title='L&#233;on Trotsky, Histoire de la r&#233;volution russe, Seuil, 1995.' id='nh5-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais le fait que le processus anti-capitaliste et anti-imp&#233;rialiste en cours, puisse &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;transcro&#238;tre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; vers une r&#233;volution socialiste, d&#233;pendra de la capacit&#233; de la classe ouvri&#232;re et des opprim&#233;s &#224; agir pour leur propre compte et &#224; prendre les commandes du processus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb5-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'anecdote sur le march&#233; aux dattes racont&#233;e par Stuart Piper dans Stuart Piper, &#034;Le d&#233;fi du socialisme au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&#8220;, &lt;i&gt;Inprecor&lt;/i&gt;, n&#176;&#160;528/529, juin-juillet 2007, p. 39-42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Rafael Rodriguez, &lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=272&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Exp&#233;rience de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cogestion&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dans la fabrique d'aluminium Alcasa&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Inprecor&lt;/i&gt;, n&#176;&#160;510, octobre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kiraz Janicke, &#034;La cogestion &#224; Inveval&#160;: survivre dans un oc&#233;an de capitalisme&#034;, Venezuelanalysis.com, juillet 2007, article disponible sur le site du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RISAL&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/spip.php?article2143&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://risal.collectifs.net/spip.php?article2143&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article de Kiraz Janicke d&#233;j&#224; cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la citation du discours d'investiture de Ch&#225;vez du 8&#160;janvier 2007, cit&#233; dans Stuart Piper, &lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=21&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Le d&#233;fi du socialisme au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Inprecor&lt;/i&gt;, n&#176;&#160;528/529, juin-juillet 2007, p. 39-42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-6' class='spip_note' title='Notes 5-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Erik Demeester, &lt;a href=&#034;http://www.pastoucheauvenezuela.be/content/view/40/1/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Quand un conseil d'usine rencontre les conseils communaux&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;&#192; l'encontre&lt;/i&gt;, 30&#160;avril 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-7' class='spip_note' title='Notes 5-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Erik Demeester, &lt;a href=&#034;http://www.pastoucheauvenezuela.be/content/view/40/1/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;article cit&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-8' class='spip_note' title='Notes 5-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article de S. Piper qui fait tr&#232;s justement le lien entre le Venezuela et le renouveau du d&#233;bat strat&#233;gique en citant explicitement les n&#176;179 et 181 de &lt;i&gt;Critique communiste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-9' class='spip_note' title='Notes 5-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSUV&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; a commenc&#233; &#224; se former en avril 2007. Fin juin 2007, &#224; la cl&#244;ture des candidatures, il comptait 5 669 305 &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;aspirants&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Voir Stalin P&#233;rez Borges, Vilma Vivas, Marco Garc&#237;a, Ismael Hern&#225;ndez, &lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=472&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Du manque de l'organisation des secteurs honn&#234;tes et cons&#233;quents qui fondent le processus r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Inprecor&lt;/i&gt;, n&#176;&#160;532/533, novembre-d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-10' class='spip_note' title='Notes 5-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Stuart Piper rapproche cette bataille de celle men&#233;e par les camarades br&#233;siliens de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; internationale &#224; la cr&#233;ation du parti des travailleurs (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;) dans les ann&#233;es 80, voir &lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=21&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Le d&#233;fi du socialisme au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Inprecor&lt;/i&gt;, n&#176;&#160;528/529, juin-juillet 2007, p. 41. Le m&#234;me type de d&#233;bat agitent l'Union Nationale des Travailleurs (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UNT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;), centrale syndicale cr&#233;&#233;e apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 2002, en rupture de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CTV&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; r&#233;actionnaire, voire la brochure de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, Le V&#233;n&#233;zu&#233;la en r&#233;volution, parue en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5-11' class='spip_note' title='Notes 5-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;on Trotsky, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr00.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Histoire de la r&#233;volution russe&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Seuil, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'internationalisme &#224; l'&#233;poque du Che</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/L-internationalisme-a-l-epoque-du</link>
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		<dc:date>2009-10-06T15:36:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ambre Ivol, Leo Zeilig, Vincent Touchaleaume</dc:creator>


		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les combats du Che s'inscrivent dans une s&#233;quence historique qui voit l'effondrement des anciens empires coloniaux europ&#233;ens et la contestation plan&#233;taire de la domination des &#201;tats-Unis. &#192; travers de nombreuses conf&#233;rences &#8211; de Bandung, en 1955, &#224; la Tricontinentale, qui se tient &#224; La Havane en 1966 &#8211; chefs d'&#201;tats nouvellement ind&#233;pendants et dirigeants des luttes de lib&#233;ration tentent de faire parler d'une seule voix ce qu'on commence &#224; appeler le Tiers-monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; lire en conjonction avec Quelle strat&#233;gie (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Imperialisme" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les combats du Che s'inscrivent dans une s&#233;quence historique qui voit l'effondrement des anciens empires coloniaux europ&#233;ens et la contestation plan&#233;taire de la domination des &#201;tats-Unis. &#192; travers de nombreuses conf&#233;rences &#8211; de Bandung, en 1955, &#224; la Tricontinentale, qui se tient &#224; La Havane en 1966 &#8211; chefs d'&#201;tats nouvellement ind&#233;pendants et dirigeants des luttes de lib&#233;ration tentent de faire parler d'une seule voix ce qu'on commence &#224; appeler le Tiers-monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; lire en conjonction avec &lt;a href=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/Quelle-strategie-pour-lutter&#034; class='spip_in'&gt;Quelle strat&#233;gie pour lutter contre l'imp&#233;rialisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce mouvement sera fragilis&#233; par l'assassinat de beaucoup de ses dirigeants par les services secrets occidentaux, dont le principal artisan de la Tricontinentale, le marocain Mehdi Ben Barka. Plus fondamentalement, les limites de la d&#233;colonisation sont inscrites dans la d&#233;pendance vis-&#224;-vis des anciennes m&#233;tropoles, et dans le poids du mod&#232;le stalinien comme seule alternative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, un certain nombre de militant-e-s ont tent&#233; d'aller jusqu'au bout de la lib&#233;ration nationale, en l'articulant avec la perspective d'une r&#233;volution mondiale. A titre d'illustration des d&#233;bats de cette p&#233;riode, trois figures marquantes, contemporaines du Che, sont pr&#233;sent&#233;es dans des encadr&#233;s&#160;: Patrice Lumumba, Franz Fanon et Malcolm X.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Patrice Lumumba&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La formation d'un dirigeant nationaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Leo Zeilig&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu nos terres saisies au nom de lois pr&#233;tendument l&#233;gitimes, qui en fait reconnaissaient seulement que la force est le droit. La R&#233;publique du Congo a &#233;t&#233; proclam&#233;e, et notre pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Discours du 30&#160;juin 1960, jour de l'ind&#233;pendance du Congo&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la naissance de Lumumba, en 1924, le travail forc&#233; est encore un &#233;l&#233;ment central de l'&#233;conomie coloniale. Au d&#233;but des ann&#233;es 1940, le Congo b&#233;n&#233;ficie d'un d&#233;veloppement limit&#233;. C'est un processus in&#233;gal, qui touche principalement les villes. La capitale L&#233;opoldville a dans l'apr&#232;s-guerre tout d'une m&#233;tropole moderne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un des aspects important de ce d&#233;veloppement in&#233;gal est l'apparition de ce qu'on appelle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;les &#233;volu&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; hommes congolais qui occupent des positions subalternes dans l'administration coloniale belge. Ils sont consid&#233;r&#233;s comme plus &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;civilis&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ils vont mener la lutte pour l'ind&#233;pendance. Lumumba devient dirigeant de ce groupe &#224; Stanleyville. Au milieu des ann&#233;es 1950, ses id&#233;es ne sont pas diff&#233;rentes de celles de son groupe&#160;: il loue la mission civilisatrice de la Belgique, qui est &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;parmi les grandes puissances coloniales, et nous, parmi les populations sous-d&#233;velopp&#233;es les mieux colonis&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, les &#233;volu&#233;s commencent &#224; voir que leur avenir au Congo belge est ferm&#233; par le racisme. Leur organisation en associations contraste avec la relative inorganisation de la classe ouvri&#232;re urbaine. Lumumba devient rapidement le dirigeant de la principale organisation nationaliste, le Mouvement national congolais (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MNC&lt;/span&gt;), qui recherche au d&#233;part un processus n&#233;goci&#233; d'accession &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une col&#232;re populaire &#233;clate dans la capitale en 1959. La puissance coloniale est terrifi&#233;e et ouvre le feu sur une manifestation, 500 personnes sont tu&#233;es. Des gr&#232;ves &#233;clatent, l'autorit&#233; coloniale est partout contest&#233;e et les gens commencent &#224; s'organiser eux-m&#234;mes. C'est l'ann&#233;e de la r&#233;volution congolaise. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MNC&lt;/span&gt; et Lumumba se radicalisent et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MNC&lt;/span&gt; atteint 58 000 membres. En avril 1959, au cours d'une tourn&#233;e de conf&#233;rences en Belgique, Lumumba d&#233;clare&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les masses sont bien plus r&#233;volutionnaires que nous [&#8230;] lorsque nous sommes avec elles ce sont les masses qui nous poussent, et elles veulent avancer plus vite que nous.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Lorsque des cellules locales du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MNC&lt;/span&gt; sont cr&#233;&#233;es, les patrons sont critiqu&#233;s, des appels &#224; la gr&#232;ve sont lanc&#233;s. Mais limit&#233;e &#224; l'objectif de l'ind&#233;pendance, l'organisation s'av&#232;re incapable d'exprimer ces exigences g&#233;n&#233;rales de changement social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lumumba est c&#233;l&#233;br&#233; pour sa d&#233;fense de l'ind&#233;pendance apr&#232;s la victoire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MNC&lt;/span&gt; aux &#233;lections de mai 1960. Il refuse d'accepter la s&#233;cession des riches provinces mini&#232;res du Katanga et du Kasai, puis essaye de mobiliser ses partisans contre l'occupation ill&#233;gale du pays par l'arm&#233;e belge. Lumumba est arr&#234;t&#233; par des soldats de Mobutu et, le 17&#160;janvier 1961, sept mois apr&#232;s son accession au pouvoir, il est assassin&#233; par les Belges. Ce meurtre exprime la r&#233;alit&#233; du monde post-colonial, dans lequel le v&#233;ritable pouvoir est encore d&#233;tenu par l'ordre ancien. Lumumba d&#233;couvre trop tard le r&#244;le des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#233;volu&#233;s&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et il n'eut aucun moyen de d&#233;fendre le genre d'ind&#233;pendance qu'ils voulaient. Mais il combattit l'imp&#233;rialisme avec un courage extraordinaire. Avant d'&#234;tre assassin&#233; il &#233;crivit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;L'histoire aura un jour son mot &#224; dire, mais ce ne sera pas l'histoire qui est enseign&#233;e &#224; Bruxelles, &#224; Paris, &#224; Washington ou aux Nations unies, mais celle qu'on apprendra dans les pays &#233;mancip&#233;s du colonialisme et de ses fantoches.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Franz Fanon et la violence r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Touchaleaume&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Franz Fanon est une figure marquante des luttes de lib&#233;ration anticoloniale. Son livre &lt;i&gt;Les damn&#233;s de la terre&lt;/i&gt; (1961) est r&#233;v&#233;lateur des forces et des contradictions de la pens&#233;e tiersmondiste de l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa lecture inspira une g&#233;n&#233;ration de r&#233;volutionnaires, du Che qui partit combattre au Congo apr&#232;s l'avoir lu, aux militants des Black Panthers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fanon na&#238;t en Martinique en 1925. Apr&#232;s des &#233;tudes de psychiatrie &#224; Lyon, il &#233;crit son premier livre, Peau noire, masques blancs, en 1952. Reprenant le concept marxiste d'ali&#233;nation, il montre que le rapport colonial ne se limite pas &#224; la violence physique mais suppose l'int&#233;riorisation de la domination par le colonis&#233;, qui conduit en g&#233;n&#233;ral &#224; la haine de soi. L'ann&#233;e suivante, il est nomm&#233; &#224; l'h&#244;pital psychiatrique de Blida, en Alg&#233;rie. En tant que m&#233;decin, il est confront&#233; &#224; la violence des rapports sociaux au sein d'une soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne d&#233;structur&#233;e par la colonisation, frustr&#233;e par la toute-puissance des blancs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peu apr&#232;s le d&#233;but de l'insurrection alg&#233;rienne, Fanon adh&#232;re au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLN&lt;/span&gt;. Il d&#233;veloppe alors l'id&#233;e que la reconqu&#234;te de leur humanit&#233; par les colonis&#233;s passe par le retournement de la violence contre les colons. Fanon s'illusionne cependant sur le r&#244;le salvateur de la violence. S'il souligne &#224; juste titre les changements profonds n&#233;s de la lutte, il imagine que la violence r&#233;volutionnaire suffit &#224; fonder une soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de l'oppression, &#224; engendrer un homme nouveau, th&#232;me qu'il partage avec Guevara. Fanon meurt en 1961, peu avant l'ind&#233;pendance alg&#233;rienne, sans conna&#238;tre la trag&#233;die des luttes de pouvoir entre chefs de guerre, des assassinats de dissidents, puis la r&#233;alit&#233; d'un syst&#232;me politique qui tire sa l&#233;gitimit&#233; de la glorification constante des martyrs. Pourtant, ses &#233;crits montrent qu'il a pris conscience de la caricature de socialisme repr&#233;sent&#233;e par les r&#233;gimes issus des ind&#233;pendances, &#224; travers son exp&#233;rience de repr&#233;sentant du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLN&lt;/span&gt; &#224; de nombreux sommets africains. Tr&#232;s t&#244;t, il critique les compromis avec la bourgeoisie nationale et l'imp&#233;rialisme, les nationalismes &#233;triqu&#233;s qui endorment les masses, les partis uniques o&#249; r&#232;gne la corruption.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le probl&#232;me central de sa pens&#233;e politique, qui l'emp&#234;che de proposer une alternative aux impasses des r&#233;gimes postcoloniaux, r&#233;side dans son analyse des classes sociales. Sa strat&#233;gie est fond&#233;e sur la mobilisation spontan&#233;e des paysans pauvres et du lumpenprol&#233;tariat urbain, dirig&#233;e par les intellectuels nationalistes r&#233;volutionnaires. Il rejette le prol&#233;tariat urbain, le consid&#233;rant comme privil&#233;gi&#233; et domestiqu&#233; par les colons. Il exprime &#224; cet &#233;gard les limites de la pens&#233;e tiers-mondiste, construite en opposition &#224; l'orthodoxie stalinienne de l'&#233;poque. Les partis communistes refusant d'engager le mouvement ouvrier dans la lutte pour l'ind&#233;pendance et le socialisme au nom du fait que les pays colonis&#233;s ne seraient pas m&#251;rs, de nombreux intellectuels r&#233;volutionnaires se sont alors tourn&#233;s vers d'autres forces sociales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La (re)d&#233;couverte de Franz&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Fanon est cependant bienvenue en ces temps de renouveau des combats internationalistes. Le Forum social mondial de Nairobi a choisi de lui consacrer une place particuli&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en France, son nom r&#233;appara&#238;t dans de nombreux travaux sur l'empreinte du colonialisme aujourd'hui, et accompagne les efforts de construction d'un mouvement de l'immigration &#224; la hauteur des durcissements de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concluons avec une citation qui montre bien l'actualit&#233; de Fanon aujourd'hui&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce travail colossal qui consiste &#224; r&#233;introduire l'homme dans le monde, l'homme total, se fera avec l'aide massive des masses europ&#233;ennes qui, il faut qu'elles le reconnaissent, se sont souvent ralli&#233;es sur les probl&#232;mes coloniaux aux positions de nos ma&#238;tres communs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Malcolm X, du s&#233;paratisme &#224; l'internationalisme&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Ambre Ivol&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;volution cubaine de 1959 co&#239;ncida avec l'av&#232;nement de la nouvelle gauche am&#233;ricaine. La vague de r&#233;pression politique du maccarthysme des ann&#233;es cinquante commen&#231;ait alors &#224; refluer sous la pression d'un mouvement de masse contre le racisme. en parall&#232;le, mais en convergence croissante avec un mouvement &#233;tudiant ancr&#233; dans le sud, une mouvance s&#233;paratiste gagna en popularit&#233; au nord du pays, principalement structur&#233;e par la Nation of Islam.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intransigeance des Black Muslims quant &#224; l'hypocrisie du gouvernement concernant le racisme structurel du pays (dans le logement, l'&#233;ducation et sur le march&#233; du travail), combin&#233;e &#224; la fiert&#233; de leurs origines africaines et &#224; leurs revendications d'autonomie, avaient gagn&#233; en popularit&#233; dans les ghettos durant les ann&#233;es cinquante. Converti comme beaucoup d'autres &#224; l'Islam en prison, Malcom X lorsqu'il rejoignit la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOI&lt;/span&gt;, fut particuli&#232;rement touch&#233; par le militantisme des Black Muslims.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paradoxalement, Malcom X deviendra le porte-parole principal d'une organisation de plus en plus en porte &#224; faux par rapport aux soul&#232;vements du pays. Face &#224; la violence des s&#233;gr&#233;gationnistes et &#224; la passivit&#233; du gouvernement f&#233;d&#233;ral, le mouvement des droits civiques allait se tourner vers des strat&#233;gies plus radicales, d&#233;laissant la non-violence et ses principaux porteparole. Dans un pays o&#249; toute tradition de gauche &#233;tait quasiment invisible, les militants de l'aile &#233;tudiante du mouvement se tourn&#232;rent vers l'actualit&#233; internationale pour y puiser inspiration et solutions. Les mouvements de d&#233;colonisation du continent africain, ainsi que les r&#233;volutions chinoise et cubaine prirent un sens particulier pour de jeunes afroam&#233;ricains en prise avec une histoire hant&#233;e par la d&#233;portation et l'esclavage et nourrie par un s&#233;paratisme remontant &#224; Marcus Garvey dans les ann&#233;es vingt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malcom X avait &#233;t&#233; lui aussi attir&#233; par le s&#233;paratisme noir au d&#233;but des ann&#233;es soixante. Sa critique de la politique am&#233;ricaine s'approfondit, en particulier apr&#232;s son voyage &#224; la Mecque en 1964, suite auquel il alla &#224; la rencontre de nombreux chefs d'&#201;tat africains. Leur exp&#233;rience politique avait &#233;t&#233; tremp&#233;e dans les luttes anticoloniales et ils aspiraient &#224; construire une forme de socialisme d'&#201;tat, sur le mod&#232;le chinois ou cubain. De retour au pays, Malcom X rompit avec la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOI&lt;/span&gt;, sur des bases politiques (critique de l'apolitisme de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOI&lt;/span&gt;) et personnelles (corruption du chef spirituel Elijah Muhammad) et fonda l'Organisation pour l'unit&#233; afro-am&#233;ricaine (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OAAU&lt;/span&gt;), groupement sans pr&#233;suppos&#233; religieux cette fois. Dans les quelques mois qu'il lui restait &#224; vivre avant d'&#234;tre assassin&#233; en f&#233;vrier 1965, il sillonna le pays pour s'adresser &#224; des centaines de milliers de jeunes sur les campus universitaires alors en &#233;bullition grandissante face &#224; la guerre du Vietnam. Son fameux discours de 1963 &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Message &#224; la base militante&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; insistait sur la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;volution pour renverser un ordre social raciste. La conf&#233;rence des pays non-align&#233;s de Bandung de 1955, ainsi que les exp&#233;riences r&#233;volutionnaires de pays autrefois colonis&#233;s &#233;taient devenus des r&#233;f&#233;rences majeures pour un homme qui appelait alors &#224; la solidarit&#233; internationale entre tous les peuples opprim&#233;s du monde et d&#233;non&#231;ait la violence militaire de la politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malcom X &#233;tait devenu une figure incontournable de la nouvelle gauche am&#233;ricaine juste avant sa mort. Dans les ann&#233;es suivantes, en 1966 notamment avec l'&#233;mergence du Black Power, puis en 1967 avec la plus large explosion d'&#233;meutes dans les ghettos, son influence allait continuer de s'&#233;tendre. Mais surtout, son flambeau serait bient&#244;t repris par d'autres, comme Angela Davis, Stokely Carmichael et les Black Panthers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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