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	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Syriza et la question strat&#233;gique</title>
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		<dc:date>2015-05-13T10:58:08Z</dc:date>
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		<dc:creator>Alex Callinicos, Stathis Kouv&#233;lakis</dc:creator>


		<dc:subject>Double pouvoir</dc:subject>
		<dc:subject>Front unique</dc:subject>
		<dc:subject>Front populaire</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>
		<dc:subject>Regroupement</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce qui suit est la traduction du d&#233;bat du 25&#160;f&#233;vrier 2015 &#224; Londres entre Stathis Kouvelakis, membre du Comit&#233; Central de Syriza, et Alex Callinicos, directeur de la revue International Socialism. Des interventions de la salle ont eu lieu entre les introductions des orateurs et leurs r&#233;ponses. Elles ne sont pas retranscrites ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction&#160;: Alex Callinicos Je veux commencer par remercier Stathis d'avoir accept&#233; ce d&#233;bat. Quand nous en discutions, il a dit qu'aujourd'hui serait une bonne date (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/archives" rel="directory"&gt;Archives&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Double-pouvoir" rel="tag"&gt;Double pouvoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Front-unique" rel="tag"&gt;Front unique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Regroupement" rel="tag"&gt;Regroupement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L50xH50/arton325-9cbe1.png&#034; width='50' height='50' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui suit est la traduction du d&#233;bat du 25&#160;f&#233;vrier 2015 &#224; Londres entre Stathis Kouvelakis, membre du Comit&#233; Central de Syriza, et Alex Callinicos, directeur de la revue &lt;I&gt;International Socialism&lt;/I&gt;. Des interventions de la salle ont eu lieu entre les introductions des orateurs et leurs r&#233;ponses. Elles ne sont pas retranscrites ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;H2&gt;Introduction&#160;: Alex Callinicos&lt;/H2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_487 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:200px;'&gt;
&lt;img src='http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L200xH187/callinicos-13b97.jpg' width='200' height='187' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je veux commencer par remercier Stathis d'avoir accept&#233; ce d&#233;bat. Quand nous en discutions, il a dit qu'aujourd'hui serait une bonne date pour avoir cette discussion, car alors nous aurions une id&#233;e de la fa&#231;on dont le gouvernement &#233;voluait et je pense que c'est encore plus vrai que ce que nous pensions &#224; l'&#233;poque. Et cela se voit au nombre de personnes qui sont ici &#224; cette r&#233;union.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ce que cela refl&#232;te, c'est que la victoire de Syriza dans les &#233;lections grecques &#224; la fin janvier &#233;tait bien s&#251;r une victoire historique pour la gauche en Gr&#232;ce, voir un parti qui provient essentiellement du mouvement communiste, dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le mouvement communiste a &#233;t&#233; le catalyseur de luttes immenses et violentes depuis la Seconde Guerre mondiale, la guerre civile qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, les grandes luttes contre la monarchie dans les ann&#233;es 1960, la dictature militaire qui a &#233;t&#233; impos&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1960, et les luttes qui se sont d&#233;velopp&#233;es depuis lors et bien s&#251;r jusqu'&#224; ce jour, voir un mouvement comme celui-ci arriver au gouvernement, dans une d&#233;mocratie bourgeoise d'Europe de l'ouest, c'est un d&#233;veloppement extr&#234;mement important en soi, compte tenu de l'histoire particuli&#232;re de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est un &#233;v&#233;nement tr&#232;s important parce que dans toute l'Europe, nous subissons les coups de l'aust&#233;rit&#233;. Que nous soyons ou non dans la zone euro, nous savons que nous souffrons de l'aust&#233;rit&#233;. En Grande-Bretagne, nous allons vers une &#233;lection g&#233;n&#233;rale o&#249; la diff&#233;rence entre les principaux partis est sur le degr&#233; d'aust&#233;rit&#233; &#224; venir. Et par cons&#233;quent, si Syriza r&#233;ussissait &#224; briser l'aust&#233;rit&#233; en Gr&#232;ce &#8212; et c'&#233;tait la base sur laquelle ils ont fait campagne lors de l'&#233;lection &#8212; cela pourrait avoir des implications &#233;normes ailleurs en Europe, ce pourrait &#234;tre un tournant dans la lutte de classe et pas seulement en Gr&#232;ce et en Europe .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est aussi un &#233;v&#233;nement &#8212; la victoire de Syriza &#8212; en raison de sa formation marxiste, en raison de la participation de th&#233;oriciens marxistes comme Stathis dans la direction de Syriza &#8212; c'est un &#233;v&#233;nement important strat&#233;giquement aussi, important th&#233;oriquement. Daniel Bensa&#239;d un dirigeant marxiste r&#233;volutionnaire fran&#231;ais, qui &#233;tait un ami pour Stathis et pour moi, a parl&#233; il y a quelques ann&#233;es du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;A HREF=&#034;http://www.marxau21.fr/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=42:sur-le-retour-de-la-question-politico-strategique&amp;catid=72:bensaid-daniel&amp;Itemid=105&#034;&gt;retour de la question politico-strat&#233;gique&lt;/A&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d'autres termes, nous commencions &#224; &#234;tre confront&#233;s &#224; une situation dans laquelle les grands d&#233;bats strat&#233;giques que les marxistes avaient men&#233;s de mani&#232;re cruciale dans les ann&#233;es 1910 et 1920, mais qui ont repris apr&#232;s 1968 en particulier en Europe, ce genre de d&#233;bats strat&#233;giques, et pas seulement sur la r&#233;forme et la r&#233;volution mais sur comment combiner diff&#233;rentes formes de luttes, les diff&#233;rentes sortes de partis qu'on construit et ainsi de suite, tous ces d&#233;bats revenaient. Et nous voyons cela tr&#232;s clairement dans le cas de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et Stathis a jou&#233; un r&#244;le important pour poser le d&#233;veloppement de Syriza dans ce contexte plus large. C'est pourquoi il est si bon de d&#233;battre avec lui. Il a &#233;crit notamment une s&#233;rie d'articles dans &lt;A HREF=&#034;https://www.jacobinmag.com/&#034;&gt;Jacobin&lt;/A&gt; qui ont attir&#233; beaucoup attention, et en particulier il y avait &lt;A HREF=&#034;https://www.jacobinmag.com/2015/01/phase-one/&#034;&gt;une interview tr&#232;s importante qu'il a donn&#233; avant l'&#233;lection&lt;/A&gt;, o&#249; il a dit que, dans ce qui se passe en Gr&#232;ce &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nous voyons une confirmation de l'attitude gramscienne-poulantzienne, avec une conqu&#234;te du pouvoir par des &#233;lections, mais en combinant cela avec des mobilisations sociales, et une rupture avec la notion d'un double pouvoir comme attaque insurrectionnelle contre l'Etat de l'ext&#233;rieur &#8212; l'Etat doit &#234;tre conquis de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, par en haut et par en bas&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon, personnellement, je pense que dans ce contexte, nous devrions laisser Gramsci de c&#244;t&#233;, le point de r&#233;f&#233;rence essentiel c'est Nicos Poulantzas. Je veux dire, ne mettons pas Gramsci de c&#244;t&#233; en g&#233;n&#233;ral, mais pour cette discussion sp&#233;cifique sur la strat&#233;gie, parce que je pense que le point de r&#233;f&#233;rence cl&#233; est Nicos Poulantzas et en particulier ses &#233;crits de la fin des ann&#233;es 1970, peu avant sa mort.&lt;A CLASS=&#034;sdfootnoteanc&#034; NAME=&#034;sdfootnote1anc&#034; HREF=&#034;#sdfootnote1sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/A&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_489 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:270px;'&gt;
&lt;img src='http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L270xH270/poulantzas-nicos-l-etat-le-pouvoir-le-socialisme-livre-40131430_ml-0ebb2.jpg' width='270' height='270' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Maintenant, je veux revenir &#224; cette strat&#233;gie un peu plus tard, mais le point critique c'est que Poulantzas &#233;laborait une version de gauche du type d'eurocommunisme qui avait &#224; cette &#233;poque beaucoup d'influence dans la gauche europ&#233;enne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et en particulier Poulantzas voulait combiner la lutte dans le parlement &#8212; gagner des &#233;lections &#8212; avec la lutte en dehors du parlement, la lutte des travailleurs en particulier, et le d&#233;veloppement de formes de d&#233;mocratie directe en dehors du Parlement. Il voulait combiner ces diff&#233;rentes m&#233;thodes de lutte afin de r&#233;aliser le socialisme d&#233;mocratique &#8212; en vue d'accomplir, en d'autres termes, une rupture avec le capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on parle de ce qui se passe en Gr&#232;ce maintenant, il est tr&#232;s important d'&#234;tre clair&#160;: cela peut &#234;tre le but de gens comme Stathis &#224; la gauche de Syriza, ce n'est pas l'objectif de la direction de Syriza.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un &lt;A HREF=&#034;http://www.theguardian.com/news/2015/feb/18/yanis-varoufakis-how-i-became-an-erratic-marxist&#034;&gt;texte &#224; pr&#233;sent c&#233;l&#232;bre&lt;/A&gt; qui date de quelques ann&#233;es par Yanis Varoufakis, l'actuel ministre grec des Finances, dans lequel il avance tr&#232;s clairement l'objectif suivant&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;c'est nous, les marxistes ad&#233;quatement erratiques, qui devons tenter de sauver le capitalisme europ&#233;en de lui-m&#234;me&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense que c'est l'objectif que Varoufakis n'a pas simplement exprim&#233; sur ce blog, mais qui refl&#232;te vraiment la strat&#233;gie du gouvernement Syriza depuis les &#233;lections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une id&#233;e parfaitement coh&#233;rente. Elle remonte, comme Varoufakis l'indique clairement, &#224; Keynes dans les ann&#233;es 1930. Le capitalisme est confront&#233; &#224; une crise structurelle profonde dont la source est une insuffisance de la demande effective. Dans ces circonstances, l'aust&#233;rit&#233; est pr&#233;cis&#233;ment le mauvais type de politique &#224; mettre un &#339;uvre d'un point de vue capitaliste. Par cons&#233;quent, la politique d'aust&#233;rit&#233; suivie par les forces dirigeantes dans le capitalisme europ&#233;en est irrationnelle. Et il n'est pas surprenant que les principaux keyn&#233;siens revendiqu&#233;s comme Paul Krugman ont fortement soutenu le type de politique mise en &#339;uvre par le gouvernement Syriza.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc une strat&#233;gie logique. Elle a un petit probl&#232;me. C'est que le capitalisme europ&#233;en ne montre absolument aucun volont&#233; d'&#234;tre sauv&#233; de lui-m&#234;me. Au contraire, si l'on regarde la politique de l'Eurogroupe, ce que nous avons vu dans la derni&#232;re semaine est la r&#233;imposition brutale de l'aust&#233;rit&#233; en utilisant tous les pouvoirs &#224; sa disposition, en particulier le contr&#244;le serr&#233; que la Banque centrale europ&#233;enne exerce sur les banques grecques &#8212; les banques grecques vont s'effondrer si la zone euro retire son soutien &#8212; pour obliger le gouvernement Syriza &#224; revenir pour l'essentiel aux politiques qui avaient &#233;t&#233; impos&#233;es aux gouvernements grecs pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce qui est int&#233;ressant ici n'est pas juste de dire que ces gens sont des salauds etc. &#8212; bien s&#251;r, ce sont des salauds &#8212; mais d'essayer de comprendre ce qu'ils font, quelles sont leurs motivations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne pense pas que la question cl&#233; soit la dette. Tout &#233;conomiste qui se respecte dira que la Gr&#232;ce ne pourra jamais rembourser la dette qu'elle a accumul&#233;e. Je pense que c'est plut&#244;t ce que le maintien de la dette comme question centrale permet de faire pour les principales forces dans la zone euro &#8212; et je veux me concentrer notamment bien s&#251;r sur le gouvernement allemand et la classe dirigeante allemande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question cruciale &#8212; et ceci est devenu tr&#232;s clair au cours de la derni&#232;re semaine &#8212; ce sont les r&#233;formes qui sont une condition du plan de sauvetage de la Gr&#232;ce qui continue. Soyons clairs, ce que nous entendons dans ce contexte par &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;formes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ce ne sont pas de v&#233;ritables r&#233;formes qui rendent la vie des gens meilleure et am&#233;liorent la soci&#233;t&#233;. C'est l'habituel paquet n&#233;olib&#233;ral&#160;: march&#233;s du travail flexibles, privatisation, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et il y a une citation tr&#232;s int&#233;ressante dans le &lt;I&gt;Financial Times&lt;/I&gt; la semaine derni&#232;re d'un haut responsable du minist&#232;re allemand des Finances qui a dit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;A HREF=&#034;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/889cce36-b535-11e4-8362-00144feab7de.html?siteedition=intl#axzz3V7Xiyo3X&#034;&gt;Si nous allons plus loin dans le d&#233;bat sur le d&#233;faut de la dette, il n'y aura plus de r&#233;formes en Europe&lt;/A&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d'autres termes, si ils c&#232;dent devant la Gr&#232;ce, ils ne seront pas en mesure de tenir la ligne en g&#233;n&#233;ral &#8212; sur la question de la dette, mais derri&#232;re la question de la dette, sur la question de l'imposition de r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un projet coh&#233;rent de la classe dirigeante qui combine deux choses&#160;: ce que nous avons vu ici, c'est &#224; dire utiliser la crise qui a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e par le n&#233;olib&#233;ralisme pour radicaliser et enraciner le n&#233;olib&#233;ralisme, mais je pense qu'il est &#233;galement vrai que la classe dirigeante allemande est tr&#232;s inqui&#232;te que leur mod&#232;le d'exportations importantes, qui est de plus en plus bas&#233; sur une pression sur les travailleurs et sur les salaires, serait menac&#233; si il y avait un assouplissement de l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est pourquoi Sch&#228;uble, le ministre allemand des Finances n'a pas comme but seulement de vaincre Syriza, mais aussi de faire en sorte que la d&#233;faite de Syriza soit visible. Ainsi, alors que Varoufakis, le vendredi apr&#232;s la conclusion de l'accord disait&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Bon, il y a une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ambigu&#239;t&#233; constructive&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et ainsi de suite, Sch&#228;uble &#224; lev&#233; toute ambigu&#239;t&#233;. Il a dit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;A HREF=&#034;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/808f5fb0-b90e-11e4-b8e6-00144feab7de.html#axzz3V7Xiyo3X&#034;&gt;les Grecs auront certainement des difficult&#233;s &#224; expliquer cela &#224; leurs &#233;lecteurs&lt;/A&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ceci refl&#232;te une chose sur laquelle Stathis et moi sommes d'accord, &#224; savoir que ce qui s'est pass&#233; cette semaine d&#233;voile la faillite de la strat&#233;gie consistant &#224; essayer de mettre fin &#224; l'aust&#233;rit&#233; par la n&#233;gociation avec les institutions europ&#233;ennes. Cette strat&#233;gie ne r&#233;ussira pas. Cette strat&#233;gie a subi une d&#233;faite tr&#232;s s&#233;v&#232;re. Et je veux revenir &#224; certaines des implications pratiques de ceci lors de ma conclusion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais &#233;tant donn&#233; que Stathis a une critique tr&#232;s forte de ce que le gouvernement Syriza a fait, je voulais consid&#233;rer un peu sa strat&#233;gie alternative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la strat&#233;gie de Poulantzas il s'agit de combiner la lutte &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de l'&#201;tat. Et cela suppose que l'Etat lui-m&#234;me est un ensemble relativement incoh&#233;rent d'institutions qui refl&#232;te dans son fonctionnement la pression de la lutte de classe. Et donc si vous d&#233;veloppez une assez forte s&#233;rie de luttes &#224; l'ext&#233;rieur et l'int&#233;rieur de l'Etat, vous pouvez augmenter l'incoh&#233;rence des institutions &#233;tatiques et amener des sections de l'Etat du c&#244;t&#233; du mouvement ouvrier, du c&#244;t&#233; de la gauche qui lutte pour la transformation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'&#233;poque, la strat&#233;gie de Poulantzas a &#233;t&#233; contest&#233;e par un gars qui s'appelle Henri Weber, qui &#233;tait un camarade de Bensa&#239;d et l'une des principales figures de l'extr&#234;me gauche en 1968. Il s'est ensuite transform&#233; en horrible salaud r&#233;formiste, mais ce qu'il disait &#224; l'&#233;poque &#233;tait correct. Il a dit que bien s&#251;r, c'est vrai qu'il y a des contradictions dans l'Etat, que nous devons organiser les travailleurs employ&#233;s par l'Etat, comme cela se faisait bien s&#251;r, de fa&#231;on massive &#224; l'&#233;poque, avec le syndicalisme qui se propageait parmi les enseignants, les fonctionnaires et ainsi de suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, il parlait du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;risque &#233;vident&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;qu'une grande majorit&#233; des appareils r&#233;pressifs d'Etat se polarise &#224; droite&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dans tout grand moment de crise, et qu'il devra donc y avoir ce qu'il appelle une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;preuve de force&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avec ce noyau.&lt;A CLASS=&#034;sdfootnoteanc&#034; NAME=&#034;sdfootnote2anc&#034; HREF=&#034;#sdfootnote2sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/A&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ceci est la base de l'option r&#233;volutionnaire, de l'option de double pouvoir, en d'autres termes de d&#233;veloppement de luttes et d'organisations de masse puissantes qui peuvent devenir la base d'une autre forme d'Etat que l'Etat capitaliste existant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et Weber a &#233;galement dit quelque chose qui r&#233;sonne dans le monde actuel, je pense. Il dit que si nous ne comprenons pas cela, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;on risque de se retrouver dans la situation classique de la d&#233;faite sans combat&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;A CLASS=&#034;sdfootnoteanc&#034; NAME=&#034;sdfootnote3anc&#034; HREF=&#034;#sdfootnote3sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/A&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et &#231;a ressemble un peu &#224; maintenant. Une d&#233;faite grave a eu lieu avec l'accord de Bruxelles la semaine derni&#232;re, mais sans v&#233;ritable combat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais qu'est-ce que nous appelons le c&#339;ur de l'Etat&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? De toute &#233;vidence les bons vieux appareils r&#233;pressifs de l'&#201;tat&#160;: l'arm&#233;e, la police, les services de renseignement, etc. En Gr&#232;ce, comme en Turquie et en Am&#233;rique latine, on appelle &#231;a l'Etat profond. Et l'Etat profond est une entit&#233; tr&#232;s tr&#232;s moche. C'est une entit&#233; dont l'histoire remonte &#224; ceux qui ont collabor&#233; avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, ceux qui formaient les troupes de choc royalistes de la monarchie pendant la guerre civile, ceux qui ont fait le sale boulot pour la monarchie, puis pour la dictature dans les ann&#233;es 1960 et au d&#233;but des ann&#233;es 1970, puis qui ont continu&#233; d'avoir une mainmise sur l'Etat aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une partie de l'importance de l'Aube Dor&#233;e &#8212; et rappelons-nous qu'Aube dor&#233;e a maintenu son score lors des &#233;lections, malheureusement l'Aube dor&#233;e n'a pas &#233;t&#233; &#233;cras&#233;e &#233;lectoralement &#8212; une partie de l'importance de l'Aube Dor&#233;e, ce sont ses liens avec l'Etat profond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une raison essentielle pour laquelle je pense que c'&#233;tait une erreur pour Syriza de former une coalition avec Anel, avec les Grecs Ind&#233;pendants. Diverses personnes, y compris des contributeurs &#224; International Socialism &#8212; ont fait des tentatives franchement embarrassantes pour justifier la coalition. Quand elle &#233;tait en discussion, Stathis a &#233;t&#233; beaucoup plus clair.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a dit&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt; Sa participation au gouvernement, fut-ce avec un seul minist&#232;re, signe la fin symbolique de l'id&#233;e du gouvernement de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gauche anti-aust&#233;rit&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; Par ailleurs c'est un parti de droite, soucieux notamment de prot&#233;ger le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;noyau dur&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l' appareil d'Etat (il faudra suivre avec attention le portefeuille qui lui sera attribu&#233;). Nul hasard si ses premi&#232;res demandes &#233;taient le minist&#232;re de la d&#233;fense ou de l'ordre public. Il semble n&#233;anmoins qu'il ne les obtienne pas.&lt;A CLASS=&#034;sdfootnoteanc&#034; NAME=&#034;sdfootnote4anc&#034; HREF=&#034;#sdfootnote4sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/A&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, Kammenos, le chef des Grecs ind&#233;pendants, a &#233;t&#233; nomm&#233; ministre de la D&#233;fense. Et la premi&#232;re chose qu'il a fait, c'&#233;tait envoyer un h&#233;licopt&#232;re sur une &#238;le qui est l'objet d'un conflit entre la Turquie et la Gr&#232;ce, ce qui donne une indication du genre d'esprit dans lequel il allait jouer ce r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense donc que cela indique les dangers &#8212; il ne faut pas sous-estimer l'ampleur et l'hostilit&#233; des forces qui se d&#233;ploient contre Syriza. Nous venons d'en avoir une illustration cette semaine avec ce qui a men&#233; &#224; l'accord de Bruxelles. Donc, je ne veux pas nier la force et la brutalit&#233; de ces forces, et les diff&#233;rents types de ressources qu'elles peuvent d&#233;ployer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il y a une tentation dans cette situation, et je pense que Varoufakis l'incarne tr&#232;s bien, qui est de penser qu'on va &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;jouer au plus malin&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En d'autres termes, qu'on va pouvoir effectuer des man&#339;uvres habiles qui mettront l'ennemi sur la d&#233;fensive et vous permettront de s'approcher du succ&#232;s. Je suis pour user de man&#339;uvres et essayer de diviser l'ennemi, etc., mais je ne pense pas que la coalition avec Anel est un bon exemple de ce genre de man&#339;uvre rus&#233;e, introduire une sorte de cinqui&#232;me colonne dans le gouvernement, une cinqui&#232;me colonne li&#233;e &#224; la droite grecque historique et &#224; l'Etat profond au sein du gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contre toutes les forces qui sont d&#233;ploy&#233;es contre Syriza, la seule force sur laquelle elle peut vraiment compter est la mobilisation et l'auto-organisation des masses grecques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et l'une des raisons pour lesquelles l'&#233;lection de Syriza &#233;tait si importante, c'est que sa mont&#233;e aux &#233;lections repr&#233;sente un processus politique dans lequel de tr&#232;s importants secteurs de la classe ouvri&#232;re et d'autres sections opprim&#233;es de la soci&#233;t&#233; en Gr&#232;ce sont devenus beaucoup politiquement conscientes de fa&#231;on beaucoup plus claire. C'est ce qui a amen&#233; Syriza l&#224; o&#249; elle est, et ce n'est que par le d&#233;veloppement de la force, de l'auto-organisation, de la confiance en elles des masses que l'aust&#233;rit&#233; peut &#234;tre vaincue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si l'on regarde l'histoire des gouvernements de gauche, il y a tr&#232;s souvent une tendance de ce gouvernement &#224; d&#233;courager la mobilisation ind&#233;pendante de masse parce qu'elle peut limiter sa marge de man&#339;uvre. Le gouvernement Syriza se trouve maintenant coinc&#233; dans la m&#234;me pi&#232;ce que les salauds qui ont impos&#233; l'aust&#233;rit&#233; en Gr&#232;ce. Ils ne s'appellent plus la Tro&#239;ka, on les appelle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les institutions&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mais ce sont les m&#234;mes salauds et les m&#234;mes forces du capital derri&#232;re eux. La tentation de jouer au plus malin peut conduire &#224; des man&#339;uvres pour apaiser ces institutions qui impliquent de mettre un frein &#224; l'activit&#233; ind&#233;pendante de masse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a pu constater un important d&#233;clin des luttes de masses avant les &#233;lections de 2015, &#224; partir du d&#233;but 2012 environ il me semble, et je pense que cela refl&#232;te principalement le fait que les gens disent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bon, nous avons besoin d'une solution politique, simplement se mettre en gr&#232;ve n'apportera pas cette solution, alors nous devrions mettre Syriza au gouvernement et nous allons voir ce qui se passe&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Donc il y avait un &#233;l&#233;ment d'attente de Tsipras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense que maintenant la responsabilit&#233; de la gauche radicale &#8212; qu'ils soient dans Syriza ou organis&#233;s ind&#233;pendamment, par exemple dans Antarsya, le front de la gauche anticapitaliste &#8212; est de mettre en avant la capacit&#233; des travailleurs et autres groupes opprim&#233;s et exploit&#233;s dans la soci&#233;t&#233; de s'organiser et d'agir pour eux-m&#234;mes. Et c'est aussi tr&#232;s important pour la gauche de conserver sa propre capacit&#233; organis&#233;e de critique ind&#233;pendante et d'initiative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, c'est g&#233;nial qu'il y ait tous ces gens de la gauche de Syriza qui sont maintenant ministres &#8212; comme [Panagiotis] Lafazanis, le leader de la gauche de Syriza, qui a maintenant un poste gouvernemental tr&#232;s important, mais nous avons vu cela ici. Rappelez-vous de l'exp&#233;rience de Tony Benn, quand il a eu des postes minist&#233;riels importants dans le gouvernement travailliste de 1974 &#224; 1979. Il est devenu prisonnier de ce gouvernement, plut&#244;t que ce qu'il avait &#233;t&#233; lorsque le gouvernement a &#233;t&#233; &#233;lu&#160;: le repr&#233;sentant politique des sections les plus militantes de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est donc merveilleux d'entendre la gauche s'exprimer, par exemple lorsque Manolis Glezos, le h&#233;ros de la r&#233;sistance, a d&#233;nonc&#233; l'accord conclu &#224; la fin de semaine. &#199;a c'est vraiment bien. Mais il y a toutes sortes de questions concr&#232;tes qui vont maintenant se poser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;I&gt;Financial Times&lt;/I&gt; a d&#233;clar&#233; hier que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;A HREF=&#034;http://www.ft.com/cms/s/0/8b60be34-bc38-11e4-b6ec-00144feab7de.html#axzz3V7Xiyo3X&#034;&gt;l'opposition de Syriza &#224; la privatisation semble s'&#234;tre &#233;vapor&#233;e&lt;/A&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais est-ce vrai&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Est-ce que cela signifie, par exemple, que la privatisation au Pir&#233;e, dont le gouvernement a annonc&#233; l'annulation lorsqu'il s'est form&#233;, sera en fait mise en &#339;uvre&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La &lt;I&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FAZ&lt;/span&gt;&lt;/I&gt; [&lt;I&gt;Frankfurter Allgemeine Zeitung&lt;/I&gt;], le journal allemand de droite, jubile, plus question d'augmenter le salaire minimum et ainsi de suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;formes promises lors de la campagne &#233;lectorale de Syriza et au moment de leur arriv&#233;e au gouvernement seront-elles bloqu&#233;es ou annul&#233;es&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et si il y a une tentative de le faire, ce que des gens comme Lafazanis vont faire est crucial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a eu au cours des derni&#232;res ann&#233;es un argument pour savoir s'il &#233;tait pr&#233;f&#233;rable pour la gauche anticapitaliste d'&#234;tre &#224; l'int&#233;rieur de Syriza ou organis&#233;e ind&#233;pendamment dans Antarsya (le Front de la gauche anti-capitaliste), et Antarsya a &#233;t&#233; tr&#232;s critiqu&#233;e parce qu'elle s'organisait de fa&#231;on ind&#233;pendante. Le test arrive maintenant, vraiment, pour ceux &#224; l'int&#233;rieur de Syriza qui d&#233;fendent une politique anticapitaliste &#8212; vont-ils r&#233;sister efficacement au genre de recul qui a eu lieu&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Juste un dernier point. Bien s&#251;r, on peut regarder ce qui s'est pass&#233; et sombrer dans le d&#233;sespoir, et dire que ceci prouve que Thatcher avait raison et qu'il n'y a pas d'alternative. Mais en r&#233;alit&#233;, il existe une alternative. Elle a &#233;t&#233; d&#233;crite tr&#232;s clairement par Antarsya, par la gauche de Syriza, par des gens comme Stathis et par notre vieil ami Costas Lapavitsas qui est maintenant d&#233;put&#233;&#160;: rupture avec l'euro, nationalisation des banques, contr&#244;le des capitaux &#8212; toute une s&#233;rie de mesures qui s'appuient, je dirais, sur de tr&#232;s vigoureux appels &#224; la solidarit&#233; du mouvement anti-aust&#233;rit&#233; et du mouvement ouvrier &#224; travers l'Europe .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non seulement il y avait une alternative, mais il y a toujours une alternative. La question importante est de savoir comment se battre pour cela. Et il faut un combat politique ouvert et clair pour l'alternative et contre tout recul du gouvernement par rapport &#224; son programme initial, qui est bien en de&#231;&#224; de ce programme plus radical.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un des articles de Stathis dans &lt;I&gt;Jacobin&lt;/I&gt; avait comme titre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'&#233;quation magique de Syriza&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est probablement quelqu'un de &lt;I&gt;Jacobin&lt;/I&gt; qui a donn&#233; ce titre &#224; l'article, parce que la r&#233;alit&#233; est qu'il n'y a pas d'&#233;quations magiques. Il y a juste la logique du capital et la logique de la lutte de classe. Et une partie du devoir de la gauche &#224; un moment tr&#232;s important comme celui-ci est de le dire clairement, pour pointer les r&#233;alit&#233;s, et non pas simplement pour pointer les r&#233;alit&#233;s mais ensuite de concentrer tous ses efforts, toute son organisation &#8212; quel que soit votre parti ou m&#234;me si vous n'&#234;tes dans aucun parti &#8212; de concentrer tous ses efforts pour changer ces r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;H2&gt;Introduction de Stathis Kouvelakis&lt;/H2&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_488 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:200px;'&gt;
&lt;img src='http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L200xH207/kouvelakis-0768e.jpg' width='200' height='207' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chers amis et camarades, merci beaucoup. Un grand merci &#224; Alex d'avoir propos&#233; ce d&#233;bat. Un grand merci aux camarades de la revue &lt;I&gt;International Socialism&lt;/I&gt; pour l'avoir organis&#233;. Je me souviens, je pense que c'&#233;tait il y a trois ans, Alex, nous avons eu un d&#233;bat sur la strat&#233;gie de la gauche dans la crise, et nous continuons dans le d&#233;bat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Beaucoup de choses se sont pass&#233;s durant ces trois ann&#233;es. Ce furent trois ann&#233;es extraordinaires. Habituellement, nous parlons de l'acc&#233;l&#233;ration du temps, nous devrions parler d'une sorte de nouvelle temporalit&#233; qui a &#233;merg&#233; comme cons&#233;quence de cette intensification des conflits, de la lutte, des processus politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Permettez-moi de faire une d&#233;claration pr&#233;liminaire. Je suis profond&#233;ment inquiet de ce qui se passe en Gr&#232;ce. Je pense que l'ensemble du projet de Syriza et que la perspective est en danger, et il y a des risques tr&#232;s s&#233;rieux d'&#233;chec. Et comme vous l'avez sans doute compris, je partage beaucoup des pr&#233;occupations et des critiques d'Alex.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, ce que je veux souligner, c'est que tout projet politique &#224; cette &#233;chelle est un pari. Il n'y a aucune garantie de succ&#232;s. Nous savons qu'il y a des risques tr&#232;s importants. Cependant ce n'est pas une sorte de jeu &#224; somme nulle, comme si la possibilit&#233; d'un &#233;chec annulait celle du succ&#232;s. Je pense que nous devons r&#233;fl&#233;chir un peu plus profond&#233;ment &#224; ce que veulent dire succ&#232;s et &#233;chec dans la lutte de classe et dans l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et il me semble que la trajectoire de Syriza ces derni&#232;res ann&#233;es a d'une certaine mani&#232;re chang&#233; les crit&#232;res du succ&#232;s et de l'&#233;chec dans la p&#233;riode actuelle. Bien s&#251;r, Syriza pourrait &#233;chouer maintenant. Bien s&#251;r, cela pourrait finir mal et reproduire, dans une certaine mesure au moins, les exp&#233;riences n&#233;gatives que nous avons vues, m&#234;me dans un pass&#233; r&#233;cent, pour des forces de gauche dans d'autres pays europ&#233;ens. Toutefois, cette possibilit&#233; d'un &#233;chec doit &#234;tre mesur&#233;e &#224; l'aune du succ&#232;s d&#233;j&#224; accompli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La victoire du 25&#160;Janvier est une victoire historique et Alex a donn&#233; beaucoup d'&#233;l&#233;ments sur son importance historique. C'est la premi&#232;re fois dans l'histoire europ&#233;enne qu'un parti de la gauche radicale, venant de la tradition communiste, remporte les &#233;lections dans un pays avec une tr&#232;s riche histoire de luttes populaires. Et l'onde de choc envoy&#233;e en Europe, tant en termes d'esp&#233;rance, mais aussi de peur bien s&#251;r pour les classes dominantes, ne peut &#234;tre compar&#233;e qu'&#224; ce qui a &#233;t&#233; ressenti dans les ann&#233;es 1970, quand de grands pays comme la France et l'Italie semblaient &#224; l'or&#233;e d'un changement social profond .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi je pense que la possibilit&#233; de l'&#233;chec de Syriza n'annule pas sa victoire. Et la preuve en est le d&#233;bat que nous avons aujourd'hui. Regardez cette salle. Nous nous sommes r&#233;unis ici &#8212; et il y a eu des d&#233;bats comparables dans d'autres pays &#224; travers l'Europe &#8212; et nous sommes ici pour parler de Syriza. Et je suis au regret de dire que nous ne sommes pas ici pour parler d'Antarsya.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors bien s&#251;r, non pas une, mais beaucoup d'&#233;preuves attendent Syriza, les camarades d'Antarsya et plus g&#233;n&#233;ralement la gauche radicale et anticapitaliste en Gr&#232;ce. Mais il y a d&#233;j&#224; eu une &#233;preuve qui se trouve derri&#232;re nous et c'est ce que je veux explorer un peu plus en d&#233;tail. Comment en sommes-nous arriv&#233;s l&#224; o&#249; nous sommes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quel type d'initiatives a amen&#233; Syriza &#224; sa position actuelle&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ce qui nous permet effectivement de juger ses actions actuelles de la mani&#232;re la plus exigeante et la plus s&#233;v&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais me concentrer sur quatre initiatives strat&#233;giques mises en &#339;uvre par Syriza qui sont un m&#233;lange de strat&#233;gies et d'&#233;laborations d&#233;lib&#233;r&#233;es mais aussi des conclusions qui peuvent &#234;tre tir&#233;es de l'exp&#233;rience concr&#232;te, le genre de concepts ou notions &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#224; l'&#233;tat pratique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme disait Althusser. Le point commun de ces quatre initiatives strat&#233;giques est qu'elles ont permis &#224; la gauche radicale de rompre avec la position subalterne dans laquelle elle se trouvait apr&#232;s la d&#233;faite historique du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle court avec l'effondrement des r&#233;gimes post-staliniens en Europe de l'Est et ce qui semblait &#234;tre une d&#233;faite historique pour l'id&#233;e m&#234;me de transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; et de renversement du capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re de ces initiatives porte sur la forme parti elle-m&#234;me, sur Syriza comme forme sp&#233;cifique de parti. Je pense que Syriza doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le projet d'un processus de recomposition de la gauche radicale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est, comme vous le savez, une organisation pluraliste, r&#233;unissant la plupart des traditions historiques de la gauche radicale du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, mais aussi des mouvements et des courants qui sont apparus plus r&#233;cemment &#224; partir des ann&#233;es 1990. Il rassemble des communistes de diff&#233;rentes sortes et de diff&#233;rentes couches du mouvement communiste, des trotskystes, des mao&#239;stes, des mouvementistes, et, dans une mesure limit&#233;e, des social-d&#233;mocrates de gauche. Cela signifie que Syriza est un parti h&#233;t&#233;rog&#232;ne, qui a cependant r&#233;ussi progressivement &#224; trouver un certain niveau de coh&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et &#224; ce stade, je tiens &#224; faire une remarque&#160;: si l'on veut juger le projet de Syriza &#8212; ou bien le projet de tout autre parti s&#233;rieux de la gauche radicale &#8212; nous ne pouvons pas utiliser par exemple les d&#233;clarations faites par certains ministres dans une certaine situation, des ministres qui ne sont m&#234;me pas membres de Syriza. Jusqu'&#224; il y a deux ans, Varoufakis n'avait aucun lien politique avec Syriza et par cons&#233;quent, je ne consid&#232;re pas que le type de lien sugg&#233;r&#233; par Alex en mettant dans la m&#234;me phrase Poulantzas et Varoufakis ait beaucoup de sens. Je pense qu'il y a l&#224; un genre d'extrapolation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je pense que Syriza doit &#234;tre jug&#233;e selon ses crit&#232;res propres, et dans une tr&#232;s large mesure, c'est ce qu'a fait Alex quand, vers la fin de son discours, il a &#233;voqu&#233; les objectifs programmatiques et strat&#233;giques de Syriza.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour en revenir &#224; ce que je disais, cette recomposition de la gauche radicale a deux versions. Il existe une version d&#233;fensive, et une version offensive.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La version d&#233;fensive est que pour surmonter une situation de d&#233;faite pour ce qui &#233;tait auparavant un mouvement de masse &#8212; et un mouvement relativement coh&#233;rent et unifi&#233; malgr&#233; ses diff&#233;renciations internes &#8212; il faut r&#233;unir tous ces morceaux, &#224; partir de cette unit&#233; vient en quelque sorte la force. En surmontant cette fragmentation, on a gagn&#233; quelque chose, on obtient une sorte d'agr&#233;gat qui est sup&#233;rieur &#224; ce qu'on avait avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il existe une version plus profonde et plus offensive de la recomposition, qui signifie travailler pour surmonter le principe m&#234;me de cette fragmentation, en travaillant vers une nouvelle unification, et la formation d'un nouveau type de culture politique anti-capitaliste, ce que Gramsci appellerait un nouveau type de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sens commun&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour les mouvements anti-capitalistes dans notre si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci signifie que tous ces diff&#233;rents courants, tous ces diff&#233;rents morceaux que j'ai mentionn&#233;s pr&#233;c&#233;demment, ne doivent pas &#234;tre vus comme un patchwork, comme une juxtaposition de diff&#233;rents fragments d'une culture. Ils doivent communiquer les uns avec les autres, ils doivent entrer dans une relation mutuellement critique. Ils doivent comprendre qu'il n'y a pas de culture unique ou pas de r&#233;f&#233;rence unique parmi toutes ces traditions qui se suffise &#224; elle-m&#234;me et qui puisse fournir en elle-m&#234;me &#8212; m&#234;me si nous pensons qu'il s'agit d'une version am&#233;lior&#233;e ou &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pure&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8212; la solution pour le probl&#232;me de la transformation sociale de notre temps. Ces courants doivent se critiquer les uns les autres et, bien s&#251;r, explorer de nouvelles voies et de nouvelles pratiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les cultures provenant du mouvement ouvrier, les cultures provenant de ce qu'on a appel&#233; les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nouveaux mouvements sociaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, qui ne sont plus si &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nouveaux&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que &#231;a, et les diverses cultures id&#233;ologiques et historiques provenant en particulier des courants critiques h&#233;t&#233;rodoxes, cr&#233;atifs, critiques de la gauche radicale, doivent contribuer &#224; ce type de discussion mutuelle et explorer comment surmonter les diff&#233;rences qui sont h&#233;rit&#233;es du pass&#233; et ouvrir une nouvelle perspective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, c'est un projet &#8212; je ne veux pas dire que Syriza a accompli cette unification. C'est un processus qui continue encore. Mais je pense que ce processus est la seule fa&#231;on de surmonter le traumatisme de la d&#233;faite du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle dont la gauche a h&#233;rit&#233;e. Il s'agit de comprendre que rompre avec la subalternit&#233; signifie rompre avec le caract&#232;re partiel et limit&#233; de chacune de ses cultures et entamer une nouvelle trajectoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et bien s&#251;r, comme je le disais, je ne pense pas que Syriza a accompli ce projet. Mais ce processus a &#233;t&#233; suffisamment &#233;labor&#233; pour permettre &#224; Syriza d'appara&#238;tre comme un candidat au pouvoir gouvernemental en tant que porteur d'une v&#233;ritable alternative &#8212; et non comme un compl&#233;ment ou une force subalterne, non comme une composante d'une alliance suppos&#233;e plus large de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;centre-gauche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du type que nous avons vu, par exemple, en France et en Italie dans les ann&#233;es 1980 et 90 avec les partis communistes ou des forces communistes de ces pays qui deviennent des satellites et des forces subalternes dans des coalitions domin&#233;es par une sociale-d&#233;mocratie sociale elle-m&#234;me convertie au n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde initiative strat&#233;gique de Syriza concerne la relation du parti aux mouvements. Elle se r&#233;f&#232;re &#224; la capacit&#233; d'une force organis&#233;e de traduire la dynamique de mobilisations sociales dans un projet politique appropri&#233;, dans une condensation politique de ces mouvements qui peut contester de mani&#232;re efficace, de mani&#232;re r&#233;elle, le pouvoir des classes dominantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme vous le savez, l'essor de Syriza, le succ&#232;s &#233;lectoral spectaculaire d'un parti qui obtenait 5&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des voix il y a quelques ann&#233;es et qui maintenant dirige le pays, ne peut pas &#234;tre comprise sans tout le cycle de puissantes mobilisations sociales que la Gr&#232;ce a connues ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela signifie qu'il y a, je pense, une diff&#233;rence qualitative entre non seulement Syriza en tant que parti, mais entre la situation grecque dans son ensemble et une s&#233;quence social-d&#233;mocrate typique. Toute cette atmosph&#232;re de mobilisation, de tension, de polarisation, et m&#234;me de violence, n'a absolument rien &#224; voir avec ce que nous avons vu lorsque le Pasok, par exemple, est arriv&#233; au pouvoir, rien &#224; voir avec ce que nous avons vu en France quand Mitterrand, en 1981, ou Jospin, en 1997, sont arriv&#233;s au pouvoir pour prendre des exemples comparables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a eu cette accumulation d'exp&#233;riences et de luttes, mais il ne faut pas la comprendre comme un processus lin&#233;aire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, c'est une bonne chose que les camarades parlent des 32 journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Il est indispensable de parler de l'importance de l'exp&#233;rience de l'occupation des places, mais nous devons &#233;galement r&#233;fl&#233;chir sur les limites et m&#234;me les &#233;checs de ces mouvements. Trente-deux jours de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, des centaines de milliers de personnes qui vont dans la rue, &#231;a n'a pas r&#233;ussi &#224; faire retirer ou &#224; d&#233;faire ne serait-ce qu'une seule mesure de ces memoranda.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une perspective politique &#233;tait absolument n&#233;cessaire, et c'est la conscience de cette n&#233;cessit&#233; qui a pr&#233;par&#233; le terrain pour ce qui est sp&#233;cifiquement politique, pour le moment de l'initiative politique, quand Syriza a saisi la dynamique de la situation, a m&#234;me focalis&#233; l'imagination du peuple en fournissant une traduction politique qui jusqu'alors avait &#233;t&#233; absente de la situation pr&#233;existante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette traduction politique &#233;tait la proposition de Syriza de former un gouvernement d'union, un gouvernement unitaire de l'ensemble de la gauche anti-aust&#233;rit&#233;. Cette proposition &#233;tait elle-m&#234;me, comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, enracin&#233;e dans la dynamique des mouvements sociaux dans lesquels Syriza a &#233;t&#233; immerg&#233;e en tant que parti, non seulement en participant &#224; ces mouvements, mais d'une mani&#232;re plus profonde par la compr&#233;hension de leur nouveaut&#233;, de leur innovation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et la raison pour laquelle il l'a fait est je pense li&#233;e &#224; la forme parti, &#224; la nouvelle forme de parti que j'ai d&#233;crite tout &#224; l'heure. Il y a quelque chose d'isomorphe entre la capacit&#233; de traduire la dynamique politique de la lutte sociale et la possibilit&#233; de traduire les diff&#233;rentes cultures des composantes politiques dans un projet unitaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette proposition politique du gouvernement unitaire de la gauche a radicalement chang&#233; le climat politique de la s&#233;quence &#233;lectorale cruciale de mai-juin 2012. Et ceci explique la dynamique que nous pouvions ressentir &#8212; physiquement, pour ceux d'entre nous qui &#233;taient en Gr&#232;ce &#8212; d'une ouverture de quelque chose, en particulier en Gr&#232;ce, o&#249; le mot &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gauche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour des raisons historiques ne se r&#233;f&#232;re pas &#224; la social-d&#233;mocratie. Comme il n'y avait pas de Parti Socialiste en Gr&#232;ce en 1974, le mot &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gauche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; lui-m&#234;me, par d&#233;finition, dans le langage ordinaire, pas de mani&#232;re pol&#233;mique &#8212; se r&#233;f&#232;re &#224; quelque chose &#224; la gauche de la social-d&#233;mocratie, quelque chose qui est reli&#233; &#224; la tradition communiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette proposition d'un gouvernement unitaire de la gauche a ouvert la possibilit&#233; d'une discussion sur la question du pouvoir politique. Elle a permis de surmonter l'&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;illusion sociale&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme l'appelait notre ami et camarade Daniel Bensa&#239;d, c'est l'illusion de l'autosuffisance des mouvements sociaux. Et en effet, comme Alex l'a d&#233;j&#224; soulign&#233;, cela a ouvert le d&#233;bat sur la strat&#233;gie &#8212; pour la premi&#232;re fois en Europe depuis de nombreuses d&#233;cennies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La troisi&#232;me initiative strat&#233;gique de Syriza concerne le programme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, cette proposition d'un gouvernement unitaire de la gauche anti-aust&#233;rit&#233; ne concernait pas simplement un gouvernement Syriza, ou du moins pas au d&#233;but. Il s'adressait aux autres forces de la gauche anticapitaliste, en particulier au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;KKE&lt;/span&gt; (Parti communiste) et &#224; Antarsya. Il a &#233;t&#233; rejet&#233; par les deux &#8212; pas de la m&#234;me mani&#232;re et pas pour les m&#234;mes raisons, mais tous les deux ont pay&#233; un prix tr&#232;s &#233;lev&#233; pour ce refus. Le Parti communiste a perdu entre mai et juin 2012 pr&#232;s de la moiti&#233; de son &#233;lectorat et Antarsya perdu trois quarts de son &#233;lectorat en un seul mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette division de la gauche radicale, mais en particulier l'attitude tr&#232;s sectaire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;KKE&lt;/span&gt;, qui jusqu'au d&#233;but de cette p&#233;riode a &#233;t&#233; la force principale, dominante, et est encore peut-&#234;tre la force mieux organis&#233;e dans le mouvement social et dans le mouvement syndical en Gr&#232;ce a eu des cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour le rapport de forces, mais aussi pour le type de projet politique et de perspective que Syriza a essay&#233; de construire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne pense pas &#234;tre le genre de personne qui tente de rejeter la responsabilit&#233; sur les autres. Mais je pense que ce qui se passe en Gr&#232;ce avec Syriza est quelque chose qui rel&#232;ve de la responsabilit&#233; collective de toutes les forces de la gauche radicale, pas seulement de Syriza, sans pour autant diminuer les responsabilit&#233;s de Syriza, de sa direction et de ses membres etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le programme sur lequel cette proposition a &#233;t&#233; construite &#233;tait une version de ce qui, dans notre tradition est appel&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;programme de transition&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, c'est-&#224;-dire est un ensemble de revendications transitoires. En apparence, c'est un programme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mod&#233;r&#233;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais ce programme apparemment mod&#233;r&#233; est en fait, dans la conjoncture sp&#233;cifique, un programme qui trace la ligne pertinente de d&#233;marcation avec la strat&#233;gie des classes dominantes, autour des id&#233;es principales de rupture avec les m&#233;morandums, sortir la Tro&#239;ka, rupture avec la politique d'aust&#233;rit&#233; et lib&#233;ration du pays du fardeau de la dette en r&#233;tablissant la souverainet&#233; d&#233;mocratique et populaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je crois que les grands changements dans l'histoire, les grandes ruptures, ne se produisent au nom d'objectifs &#224; long terme, de grandes id&#233;es. Ils se produisent lorsque des revendications en apparence modestes, mais correspondant &#224; des besoins absolument vitaux de la soci&#233;t&#233; &#224; ce moment particulier, ne peuvent &#234;tre satisfaites sans changer toute la structure sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;volution russe ne s'est pas faite pour le socialisme. Elle a &#233;t&#233; faite pour la paix imm&#233;diate, et pour la terre. Et L&#233;nine &#233;tait absolument clair sur le fait que lorsqu'il parlait de contr&#244;le ouvrier en 1917, il ne parlait pas de la socialisation des moyens de production. Il parlait en fait de plus de droits pour les travailleurs sur le lieu de travail. La r&#233;volution russe n'a pas &#233;t&#233; faite au nom du socialisme, cependant, elle a d&#233;clench&#233; la plus importante exp&#233;rience de r&#233;volution socialiste de l'histoire humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avoir la bonne &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ligne de masse&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, pour utiliser un jargon peu d&#233;suet, a permis &#224; Syriza de construire le type d'alliance large qui &#233;tait absolument n&#233;cessaire pour canaliser d'une certaine mani&#232;re la lib&#233;ration des forces sociales en raison de la crise politique en Gr&#232;ce et pour construire une nouvelle alternative pour le pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et maintenant j'en viens &#224; la quatri&#232;me initiative, &#224; la question du pouvoir, le centre de toute r&#233;flexion strat&#233;gique. Alex a r&#233;sum&#233; certains aspects de cette strat&#233;gie. Nous pouvons l'appeler gramscienne ou poulantzienne, quoiqu'il en soit, nous aurons le temps je pense lors de la discussion de revenir &#224; cet ensemble de probl&#232;mes. Mais ce que je tiens &#224; souligner est que le point de d&#233;part de cette strat&#233;gie, c'est Gramsci, mais aussi le L&#233;nine tardif. Elle correspond au moment o&#249; le mouvement communiste commence une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire sp&#233;cifique &#224; l'&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Occident&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, o&#249; &#224; la suite de la p&#233;riode de la Premi&#232;re Guerre mondiale, la r&#233;volution, ou la r&#233;volution sur le mod&#232;le russe, n'a pas eu lieu. Et c'est le point de d&#233;part de l'ensemble de la strat&#233;gie de Gramsci de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerre de positions&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Pourquoi cette voie russe n'est-elle pas disponible &#224; l'Ouest&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au centre de cette strat&#233;gie est, comme vous le savez, la relation entre ce que Gramsci appelle &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;soci&#233;t&#233; civile&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8212; ce par quoi il d&#233;signe le large r&#233;seau d'organisations qui structure la vie collective dans les soci&#233;t&#233;s avanc&#233;es de son &#233;poque. C'est ce qu'il entend par l'&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Occident&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et bien s&#251;r cette notion a compl&#232;tement chang&#233; maintenant. L'Am&#233;rique latine fait aujourd'hui compl&#232;tement partie de l'&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Occident&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au sens o&#249; l'entend Gramsci, donc ce n'est pas une d&#233;nomination g&#233;ographique, ni une d&#233;nomination eurocentrique, elle a une signification sociale et politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, il s'agit de repenser la relation entre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;soci&#233;t&#233; civile&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ainsi comprise, et soci&#233;t&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; c'est-&#224;-dire l'Etat au sens strict du terme, la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;superstructure&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, en voyant que les masses sont pr&#233;sentes dans les deux termes, bien que de fa&#231;on in&#233;gale. Toute leur vie collective est structur&#233;e par les institutions et les organisations de la soci&#233;t&#233; civile, et leurs formes de repr&#233;sentation et d'action politiques sont structur&#233;es par les institutions de l'Etat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au c&#339;ur de l'Etat bien s&#251;r, il y a l'&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Etat profond&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et la question de l'appareil r&#233;pressif de l'Etat. Cependant, la strat&#233;gie de la guerre de position &#8212; reformul&#233;e par Poulantzas et par la tradition eurocommuniste comme &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;voie d&#233;mocratique vers le socialisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8212; place en son centre la notion que, pour rompre leur subalternit&#233; la classe ouvri&#232;re et les classes populaires doivent appara&#238;tre comme une force dirigeante dans la soci&#233;t&#233;. Et cela signifie qu'elles doivent appara&#238;tre comme une force dirigeante dans la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;soci&#233;t&#233; civile&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et qu'elles doivent contester la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;soci&#233;t&#233; politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Parce qu'elles sont pr&#233;sentes dans les deux dans les r&#233;seaux d'organisations et d'institutions divers et vari&#233;s qui mat&#233;rialisent en quelque sorte leur autonomie, leur capacit&#233; politique, leur capacit&#233; &#224; diriger la soci&#233;t&#233; et &#224; s'emparer du pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une strat&#233;gie de d&#233;mocratisation, pas au sens instrumental de consid&#233;rer la d&#233;mocratie bourgeoise comme le terrain le plus favorable pour le socialisme, mais d'une mani&#232;re beaucoup plus profonde, par la compr&#233;hension que ce qui est d&#233;mocratique au sein de la d&#233;mocratie bourgeoise a &#233;t&#233; le r&#233;sultat des luttes populaires. En comprenant que le sens profond de la d&#233;mocratie implique de stimuler et d'&#233;largir la participation de la classe ouvri&#232;re et des classes populaires dans la vie collective, en construisant un nouveau bloc historique en mesure de conqu&#233;rir et d'exercer le pouvoir politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;double pouvoir&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est de ce fait transform&#233;e. Ce n'est pas une strat&#233;gie insurrectionnelle, parce que les &#233;lections jouent un r&#244;le crucial dans le processus menant &#224; la conqu&#234;te du pouvoir. Elles sont une &#233;tape n&#233;cessaire, mais aucunement suffisante. La voie d&#233;mocratique n'est pas une voie &#233;lectorale, c'est une route &#8212; et ceci est bien s&#251;r une grande diff&#233;rence avec par exemple Kautsky et le caract&#232;re gradualiste de cette strat&#233;gie &#8212; elle ne s'en tient pas au type de division entre l'&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;conomique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, en r&#233;duisant ce dernier au parlementarisme et aux luttes &#233;lectorales. C'est une combinaison de mobilisations sociales et de luttes avec la bataille pour gagner des majorit&#233;s &#233;lectorales, et l'exp&#233;rience grecque effectivement a en fait fourni le terrain appropri&#233; pour tester ce genre d'hypoth&#232;se strat&#233;gique, et &#224; cet &#233;gard de mani&#232;re r&#233;ussie je pense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais bien s&#251;r, cette strat&#233;gie comporte aussi des risques. Et ces risques sont assez bien connus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les probl&#232;mes auxquels Gramsci s'est confront&#233; sont une reformulation des probl&#232;mes qui ont &#233;t&#233; examin&#233;s par Marx et Engels eux-m&#234;mes &#224; la suite de la Commune de Paris et, par la suite, &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience de la Deuxi&#232;me Internationale. Marx et Engels ont tous deux d&#233;fendu la possibilit&#233; de victoires &#233;lectorales comme un moyen d'acc&#232;s au pouvoir, et ils ont imm&#233;diatement ajout&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nous ne devons avoir aucune illusion, les classes dominantes vont bien s&#251;r r&#233;agir aux progr&#232;s des partis socialistes, ils peuvent m&#234;me utiliser la violence contre-r&#233;volutionnaire, mais il faut d'une certaine mani&#232;re leur laisser l'initiative de la rupture avec la l&#233;galit&#233; et l'ordre constitutionnel&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marx a utilis&#233; la m&#233;taphore des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;guerres des nouveaux esclavagistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; la s&#233;cession des &#201;tats conf&#233;d&#233;r&#233;s du sud de l'Am&#233;rique, pour caract&#233;riser cette violence contre-r&#233;volutionnaire visant &#224; renverser un gouvernement socialiste &#233;lu et c'est ce que nous avons vu depuis, par exemple au Chili en 1973.&lt;A CLASS=&#034;sdfootnoteanc&#034; NAME=&#034;sdfootnote5anc&#034; HREF=&#034;#sdfootnote5sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/A&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est bien s&#251;r le premier risque. Et c'est bien s&#251;r la le&#231;on du Chili dont nous pouvons nous souvenir. Et vous savez, les Grecs n'ont pas besoin de se rappeler du Chili et de tirer ces le&#231;ons &#8212; ils ont leurs propres exp&#233;riences et Alex a parl&#233; de cette exp&#233;rience d'une mani&#232;re tr&#232;s explicite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toute r&#233;volution &#8212; et m&#234;me tout processus s&#233;rieux de changement social &#8212; qui ne se d&#233;fend pas de fa&#231;on cons&#233;quente, et par tous les moyens n&#233;cessaires, ne devrait pas &#234;tre prise au s&#233;rieux. Mais ce est une chose d'utiliser des moyens violents, y compris, si besoin est, des milices populaires arm&#233;s, pour d&#233;fendre un gouvernement de gauche &#233;lu contre les tentatives de renversement contre-r&#233;volutionnaire et une autre de penser que vous allez prendre le pouvoir sur le mod&#232;le de 1917. C'est le premier point.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me point concerne le parti lui-m&#234;me. Il ne faut pas se raconter d'histoires. Syriza, et toute l'exp&#233;rience grecque, ont &#233;volu&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent dans le cadre des institutions repr&#233;sentatives et de la d&#233;mocratie parlementaire. Le risque dans ces conditions pour le parti, c'est que si il ne transforme pas l'Etat, il sera transform&#233; par l'&#201;tat. Et l'Etat n'est pas quelque chose de neutre, c'est un Etat bourgeois qui reproduit des relations tr&#232;s sp&#233;cifiques de domination et un type tr&#232;s sp&#233;cifique de s&#233;parations au sein de la vie sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous savons par exp&#233;rience que ce processus de transformation par &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;tatisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des partis politiques des classes domin&#233;es peut commencer avant m&#234;me la conqu&#234;te du pouvoir. Et je ne pr&#233;tends pas que Syriza y est rest&#233;e insensible. Mais je pense que Syriza en tant que parti, en tant que force organis&#233;e au sein de la soci&#233;t&#233; grecque, comprend encore en son sein de nombreux militants, adh&#233;rents et cadres de valeur qui peuvent jouer un r&#244;le crucial dans les luttes populaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En conclusion, je dois &#224; pr&#233;sent dire quelque chose sur le grand &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mais&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ces quatre initiatives strat&#233;giques ont &#233;t&#233;, je pense, absolument indispensable pour que la gauche rompe avec sa position de subalternit&#233; h&#233;rit&#233;e de la d&#233;faite historique du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et apparaisse comme un candidat s&#233;rieux pour la r&#233;organisation de la vie d'une soci&#233;t&#233;, ouvrant ainsi une perspective d'importance internationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il est un domaine strat&#233;gique dans lequel Syriza elle-m&#234;me &#233;tait et demeure subalterne, et c'est la question la question de la strat&#233;gie vis-&#224;-vis de l'Union europ&#233;enne et des institutions europ&#233;ennes. Le point de d&#233;part est que le r&#233;cit de l'int&#233;gration europ&#233;enne a &#233;t&#233; le pilier de l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique des classes dirigeantes en Europe ces derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et je pense que la croyance de Syriza, comme pour le reste des partis de la gauche radicale en Europe &#8212; en une sorte de bonne version de l'Union europ&#233;enne, dans la possibilit&#233; de transformer ces institutions de l'int&#233;rieur est une illusion. Et c'est une fa&#231;on de reproduire en fait la subalternit&#233; dans le discours de la gauche radicale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Syriza et plus g&#233;n&#233;ralement la gauche radicale doivent &#233;laborer plus que ce qui est g&#233;n&#233;ralement appel&#233; un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;plan B&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; afin de contrer ceci. Le Plan B est bien s&#251;r est un objectif tr&#232;s ambitieux en soi, car il inclut une pr&#233;paration technique, mais aussi, et surtout peut-&#234;tre, une pr&#233;paration politique. Il implique un large d&#233;bat dans la soci&#233;t&#233;, et cela doit &#234;tre fait imm&#233;diatement, car si ce n'est pas fait maintenant, il est certain que dans quatre mois, lorsque seront finis ces quatre mois de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;pit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; suppos&#233; dus &#224; l'accord du 20&#160;F&#233;vrier, une nouvelle d&#233;faite viendra et je pense que cette fois ce sera d'une mani&#232;re ou d'une autre une d&#233;faite finale. Mais pour proposer une alternative il faut plus largement pr&#233;parer une contre-r&#233;cit par rapport &#224; celui qui domine actuellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et il doit avoir une puissance symbolique. Nous devons avoir en Europe le type de contre-discours que les forces progressistes et r&#233;volutionnaires en Am&#233;rique latine ont pour leur propre continent, un projet qui est &#224; la fois national et qui valorise la souverainet&#233; populaire d&#233;mocratique au sein des nations, mais va aussi au-del&#224; pour construire des formes d'int&#233;gration r&#233;gionale et des formes authentiques d'internationalisme. Parce que cela va sans dire&#160;: sans internationalisme il ne peut y avoir aucune perspective viable pour un projet de transformation sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelle est la condition pour faire cela&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je pense que la condition pour le faire c'est d'abord d'&#234;tre sinc&#232;re, et de ne pas avoir peur de dire la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui m'inqui&#232;te encore plus que le recul qui s'est pass&#233; dans l'Eurogroupe, c'est le fait que le gouvernement grec et la direction de Syriza ou au moins sa majorit&#233; l'ont presque pr&#233;sent&#233; comme un succ&#232;s. C'est tr&#232;s grave. D'une certaine mani&#232;re c'est plus grave que le recul lui-m&#234;me parce que cela pr&#233;pare le terrain pour une autre d&#233;faite, plus grave. Pensez &#224; ce qui aurait pu arriver &#224; la r&#233;volution russe si Brest-Litovsk avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme une victoire. Nous devons &#234;tre honn&#234;tes sur le fait que cela a &#233;t&#233; une retraite, un recul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous devons aussi &#234;tre honn&#234;tes sur le fait que ce recul n'est pas une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;trahison&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce n'est pas le fameux sc&#233;nario &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ils ont retourn&#233; leur veste&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Nous avons vu qu'il y avait une v&#233;ritable confrontation. Nous avons vu la quantit&#233; de pression, le chantage de la Banque Centrale Europ&#233;enne. Nous avons vu qu'ils veulent mettre le gouvernement Syriza &#224; genoux. Et ils ont besoin de le faire parce qu'il repr&#233;sente une menace r&#233;elle, pas une illusion de type r&#233;formiste. La r&#233;alit&#233; est que les repr&#233;sentants du gouvernement grec ont fait du mieux qu'ils pouvaient. Mais ils l'ont fait dans le mauvais cadre et avec la mauvaise strat&#233;gie et, de ce point de vue, le r&#233;sultat n'aurait pas pu &#234;tre diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Afin de d&#233;passer cela, nous devons &#234;tre sinc&#232;res, nous devons dire la v&#233;rit&#233;. Et cela est vrai non seulement pour Syriza, c'est vrai pour toute la gauche radicale. La v&#233;rit&#233; n'est pas une sorte d'autorit&#233;. La v&#233;rit&#233; n'est pas quelque chose de transcendant. La v&#233;rit&#233; est une lutte. La v&#233;rit&#233; est un combat. La v&#233;rit&#233; est partisane. Et dans cette lutte, je pense que nous sommes tous ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_490 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH333/imagen157115g-2caa2.jpg' width='500' height='333' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;H2&gt;Stathis Kouvelakis r&#233;pond au d&#233;bat&lt;/H2&gt;
&lt;p&gt;Un grand merci &#224; tous ceux qui ont contribu&#233; &#224; ce d&#233;bat. Je ne peux pas r&#233;pondre &#224; tout sans doute, mais je vais essayer de r&#233;pondre sur la plupart des questions au moins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Commen&#231;ons par Varoufakis. Je sais qu'il y a eu &#233;norm&#233;ment d'attention m&#233;diatique sur Varoufakis. Il a vraiment un style flamboyant et son code vestimentaire est remarquable et ainsi de suite, tout cela correspond bien &#224; ce genre de spectacle m&#233;diatique. Cependant ce que je veux souligner, c'est que vous ne devriez pas extrapoler en quelque sorte la strat&#233;gie de Syriza de telle ou telle d&#233;claration de Varoufakis. Je vais &#234;tre un peu plus concret. Ce qui est en jeu maintenant, ce n'est pas ce que dit Varoufakis dans ce texte publi&#233; dans le &lt;I&gt;Guardian&lt;/I&gt;, qui est le texte d'une conf&#233;rence qu'il a donn&#233; au Festival pour des Id&#233;es Subversives &#224; Zagreb en 2013.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui est en jeu maintenant, c'est l'implantation de ce qu'on appelle le programme de Thessalonique de Syriza, c'est-&#224;-dire un ensemble de mesures tr&#232;s concr&#232;tes qui sont peut-&#234;tre modestes d'une certaine fa&#231;on, parce qu'il ne parle pas de socialisme ou de la socialisation des moyens de production, mais il repr&#233;sente tout de m&#234;me une rupture radicale avec l'aust&#233;rit&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que l'Union Europ&#233;enne a exerc&#233; tant de pression, tout ce chantage, toute cette violence &#233;conomique, pour emp&#234;cher ces mesures d'&#234;tre mises en &#339;uvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ce qui est aussi en jeu aujourd'hui en Gr&#232;ce, c'est le fait que ces objectifs du programme de Thessalonique doivent devenir les objectifs des mouvements sociaux, des d&#233;bats, des processus politiques au sein de Syriza et &#224; l'ext&#233;rieur de Syriza pour briser la cage de fer qui a &#233;t&#233; impos&#233;e au gouvernement grec par la Tro&#239;ka.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne d&#233;formez pas la r&#233;alit&#233;. Le niveau de popularit&#233; maintenant &#8212; bien s&#251;r, cela pourrait changer tr&#232;s rapidement &#8212; du gouvernement Syriza dans la soci&#233;t&#233; grecque est tr&#232;s &#233;lev&#233;. En fait il n'a pas diminu&#233; par rapport &#224; ce qu'il &#233;tait avant la conclusion de l'accord. Mais pourquoi&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ceci doit &#234;tre interpr&#233;t&#233; d'une mani&#232;re tr&#232;s pr&#233;cise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les gens soutiennent le gouvernement parce que la perception qu'ils ont, c'est qu'ils ne pouvaient pas agir autrement dans cette situation tr&#232;s sp&#233;cifique. Ils ne voient pas du tout &#231;a comme une trahison, ou le fait que c'est ce qu'ils voulaient en v&#233;rit&#233;, et que maintenant ils r&#233;v&#232;lent leur vrai visage de sales r&#233;formistes qui ont vendu tout, et reni&#233; leurs engagements. Non, ils voient vraiment que le rapport de forces &#233;tait extr&#234;mement in&#233;gal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et nous devons travailler sur le fait que ce qui est arriv&#233; est tr&#232;s mauvais et cela s'est pass&#233; de cette fa&#231;on parce que l'approche strat&#233;gique elle-m&#234;me &#233;tait mauvaise, et qu'une alternative strat&#233;gique est possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et cela suppose bien s&#251;r la possibilit&#233; d'une rupture avec la zone euro, de s'en servir &#224; tout le moins comme une menace. Parce que vous n'avez pas d'autre arme, m&#234;me dans le cadre de la n&#233;gociation. En tant que partie faible, vous n'avez pas d'autre arme. C'est la seule, et beaucoup de gens qui ne viennent pas des rangs de la gauche radicale ont soulign&#233; cela tr&#232;s concr&#232;tement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce sera une bataille tr&#232;s dure et tr&#232;s difficile. Et cette bataille doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une bataille de toute la gauche radicale, comme je l'ai dit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Camarades, le genre de discours gauchiste qui traite Syriza comme une sorte d'ennemi est totalement hors de propos, d&#233;sol&#233; de le dire. Ce genre de verbalisme propagandiste, de discours rh&#233;torique radical a &#233;t&#233; test&#233; dans la pratique. Le r&#233;sultat est l'&#233;quilibre des forces que vous voyez maintenant dans la gauche radicale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et je n'utilise pas l'argument &#233;lectoral en lui-m&#234;me. J'ai moi-m&#234;me pass&#233; la plus grande partie de ma vie dans des partis et des organisations de gauche radicale relativement petits. Cela ne signifie pas que parce qu'ils &#233;taient petits, ils avaient tort. Mais dans cette situation &#8212; lorsqu'une soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re est en train d'&#234;tre boulevers&#233;e, alors que d'immenses masses rompent en quelque sorte leurs anciens liens politiques et explorent de nouvelles voies, quand vous avez toutes ces vagues de mobilisations &#8212; ne pas pouvoir jouer un r&#244;le dans cette situation, pour cr&#233;er une &#233;nergie et une dynamique autour de vous, c'est un test tr&#232;s important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis vraiment d&#233;sol&#233; de le dire sur les camarades de Antarsya mais si apr&#232;s quatre ann&#233;es de cette pratique, ils en sont encore &#224; 0,66&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, cela signifie quelque chose. Cela ne signifie pas que tout ce qu'ils disent est faux. Cela ne signifie pas qu'une grande partie de leur critique de Syriza, de sa direction, de sa position sur l'euro, est erron&#233;. Mais certainement, pour cet espace politique important, avec des milliers de militants combatifs et valeureux, cela signifie que sans doute, ils ont rat&#233; quelque chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La derni&#232;re chose que je veux dire, c'est sur l'importance des mouvements sociaux. Kevin Ovenden a expliqu&#233; que les gr&#232;ves et les mobilisations n'ont peut-&#234;tre pas vaincu les memorandums mais qu'elles ont renforc&#233; la conscience et l'organisation de la classe ouvri&#232;re. Il y a en effet un r&#233;seau d'organisations, d'organisations populaires disons, mais elles sont d'un type nouveau. Leur base ne se situe pas au niveau du lieu de travail &#8212; le mouvement syndical en Gr&#232;ce est en lambeaux, il doit &#234;tre reconstruit, sauf dans un certain nombre de secteurs en bonne sant&#233;, en fait il doit &#234;tre reconstruit &#224; partir de z&#233;ro. Les r&#233;seaux qui existent sont en fait ce que nous pouvons appeler un genre d'&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;organismes communautaires&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et je pense que Syriza et certaines sections d'Antarsya ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement efficaces en voyant en quelque sorte cette possibilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'essentiel est que le succ&#232;s politique, la victoire &#233;lectorale du Syriza, &#233;taient absolument n&#233;cessaires pour red&#233;marrer les mobilisations. Nous avons vu qu'en f&#233;vrier, &#224; partir du 5&#160;f&#233;vrier, le lendemain du chantage de la Banque Centrale Europ&#233;enne, avec le grand rassemblement spontan&#233; dans les rues d'Ath&#232;nes, avec les places qui &#233;taient &#224; nouveau pleines de gens, cette fois en m&#234;me temps pour soutenir le gouvernement et pour faire pression sur lui. Et ceci est le type de ligne que nous devons mettre en avant pour la perspective &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'ai pas le temps de r&#233;pondre &#224; toutes les questions. D&#233;mocratiser l'&#233;conomie, je pense que pour le moment cela signifie rompre r&#233;ellement avec le m&#233;morandum, briser la cage de fer, c'est le d&#233;but. Le simple fait de faire de la question de la dette un enjeu politique majeur, de mener une bataille autour de cette question, est la premi&#232;re &#233;tape vers la reconqu&#234;te d'un contr&#244;le politique de ces processus qui sont la pure violence du capitalisme financier dans lequel nous vivons. Donc, c'est notre premi&#232;re priorit&#233; maintenant, et c'est la ligne de front d&#233;cisive de la bataille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour conclure, oui, il y a le danger de la d&#233;moralisation. Si nous ne sommes pas en mesure de g&#233;rer ces situations tr&#232;s complexes et tr&#232;s contradictoires dans lesquels nous sommes maintenant, il y a le risque tr&#232;s grave que dans les mois qui viennent, la droite et l'extr&#234;me droite se r&#233;organisent et apparaissent comme des forces contestant en quelque sorte cette nouvelle version att&#233;nu&#233;e de la politique d'aust&#233;rit&#233; que Syriza imposera &lt;I&gt;nolens volens&lt;/I&gt; parce que ses mains sont li&#233;es par l'accord actuel. Il peut &#234;tre utilis&#233;, de fait il va provoquer la d&#233;moralisation des masses les plus larges.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi nous devons &#234;tre inventifs. Les gens qui pensent que &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;les r&#233;formistes vont &#233;chouer&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et que d'une mani&#232;re ou d'une autre l'avant-garde r&#233;volutionnaire est l&#224; dans les coulisses &#224; attendre de prendre les choses en main et conduire les masses &#224; une victoire, sont, je pense, compl&#232;tement en dehors de la r&#233;alit&#233;. C'est une orientation compl&#232;tement irresponsable. C'est une orientation qui a &#233;t&#233; vaincue strat&#233;giquement. Ce dont nous avons r&#233;ellement besoin, c'est de construire de nouvelles fa&#231;ons de travailler ensemble &#224; tous les niveaux &#8212; sur les lieux de travail, dans les quartiers, dans les mouvements, dans les d&#233;bats de type strat&#233;gique et politique &#8212; pour gagner cette bataille absolument d&#233;cisives pour l'avenir des forces anticapitalistes en Gr&#232;ce et en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;H2&gt;Alex Callinicos r&#233;pond&lt;/H2&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord je tiens &#224; remercier Stathis parce que cela a &#233;t&#233; un d&#233;bat, en particulier gr&#226;ce &#224; lui, qui a &#233;t&#233; men&#233; &#224; un niveau th&#233;orique tr&#232;s &#233;lev&#233;, de fa&#231;on s&#233;rieuse, et c'est ainsi que nous avons besoin d'aborder ces questions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci n'est pas une situation o&#249; il est utile de marquer des points, et quand j'ai cit&#233; Varoufakis, je ne voulais pas l'assimiler &#224; Poulantzas. Ce ne serait pas tr&#232;s gentil pour Poulantzas, en somme. Mais je l'utilisais comme exemple, une articulation, de ce qui me semble &#234;tre la strat&#233;gie de la direction de Syriza, suivant laquelle nous pouvons mettre fin &#224; l'aust&#233;rit&#233; en n&#233;gociant avec les ma&#238;tres &#8212; et bien s&#251;r la ma&#238;tresse &#8212; de la zone euro. Et c'est cette illusion qui a &#233;t&#233; d&#233;voil&#233;e ces derniers jours. C'est le premier point.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deuxi&#232;me point. Il y a beaucoup de choses sur lesquelles je suis d'accord avec Stathis. Syriza telle qu'elle existe actuellement, tant au niveau de sa composition interne que de son soutien de masse, est le produit d'un processus de profonde radicalisation politique qui a des racines bien ant&#233;rieures &#224; la crise actuelle. Nous n'avons pas le temps d'en discuter, mais je pense qu'il est tr&#232;s important de le comprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense qu'il est &#233;galement vrai que Syriza a partiellement r&#233;ussi &#224; surmonter une partie de la fragmentation de la gauche radicale en Gr&#232;ce, pas totalement &#8212; je veux dire que le sectarisme du Parti communiste, qui est un parti ouvrier de masse tr&#232;s important avec une base &#233;lectorale substantielle, et qui a en fait augment&#233; et s'est dans une certaine mesure relanc&#233; au cours des derni&#232;res &#233;lections, est un &#233;norme probl&#232;me pour tout le monde &#224; gauche en Gr&#232;ce &#8212; mais nous ne sommes pas en situation de critiquer. Je ne pense pas que quiconque dans la gauche radicale ou marxiste britannique pourrait dire que nous avons connu un grand succ&#232;s au cours des derni&#232;res ann&#233;es pour ce qui est d'atteindre un haut niveau d'unit&#233;, bien au contraire, donc nous ne sommes pas en mesure de jeter des pierres sur ce que Syriza a pu accomplir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et il est absolument vrai que, apr&#232;s les luttes entre 2010 et 2012, il y avait une n&#233;cessit&#233; de passer du social au politique. Je ne crois pas personnellement que c'est juste que 32 gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales n'ont pas fonctionn&#233;. Le probl&#232;me est que lorsque vous avez une crise de cette gravit&#233;, m&#234;me 32 gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales d'une journ&#233;e ne sont pas assez. Il &#233;tait n&#233;cessaire de passer &#224; un niveau sup&#233;rieur de la lutte en termes de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales reconductibles qui auraient produit une dynamique substantiellement diff&#233;rente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La direction du mouvement ouvrier grec n'&#233;tait pas pr&#234;te &#224; envisager cela, et les forces radicales et r&#233;volutionnaires au sein du mouvement ouvrier n'&#233;taient pas assez fortes pour l'imposer. Je pense que c'est &#233;galement vrai qu'il y a eu &#8212; et nous pouvons discuter des raisons &#8212; un certain manque de confiance en soi chez les travailleurs de base pour passer &#224; ce niveau sup&#233;rieur. Mais c'&#233;tait une alternative possible &#224; ce qui s'est pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tout cas la voie &#233;lectorale a &#233;t&#233; suivie. Et c'&#233;tait dans une certaine mesure in&#233;vitable. Une des choses importantes en mati&#232;re de politique &#233;lectorale &#8212; et ceci va &#224; l'encontre de toutes les absurdit&#233;s sur l'&#160;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;anti-politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; etc. &#8212; c'est que des &#233;lections particuli&#232;res peuvent amener de nouvelles couches de la population &#224; la politique et &#224; la politique de gauche d'une mani&#232;re nouvelle. Et je pense que c'est ce que nous voyons, non seulement en Gr&#232;ce, mais dans l'&#201;tat espagnol, nous l'avons vu en Ecosse avec le r&#233;f&#233;rendum etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci est une le&#231;on qui montre qu'il ne faut pas rejeter la politique &#233;lectorale. Et au niveau g&#233;n&#233;ral auquel Stathis a expos&#233; la strat&#233;gie gramscienne, je suis d'accord avec elle. Mais, et il y a un grand &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mais&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8212; si un parti r&#233;volutionnaire au sens large et ind&#233;fini peut atteindre la l&#233;gitimit&#233; par les &#233;lections c'est bien, mais l&#224; o&#249; je ne suis absolument pas d'accord avec Stathis, c'est pour laisser l'initiative &#224; l'ennemi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ennemi s'organisera pour d&#233;truire un v&#233;ritable gouvernement de gauche. Nous voyons &#231;a de l'ext&#233;rieur, mais nous allons aussi voir cela se d&#233;velopper &#8212; nous le voyons avec Sch&#228;uble et l'Eurogroupe, mais nous allons voir cette dynamique en se d&#233;velopper en interne si les forces de la droite et la classe dirigeante commencent &#224; sentir un affaiblissement et une recul de Syriza. Dans ces circonstances, il ne faut pas laisser l'initiative &#224; l'ennemi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la trag&#233;die d'Allende. Vous savez, il y a un livre tr&#232;s int&#233;ressant sur la politique internationale du gouvernement chilien.&lt;A CLASS=&#034;sdfootnoteanc&#034; NAME=&#034;sdfootnote6anc&#034; HREF=&#034;#sdfootnote6sym&#034;&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/A&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ambassade cubaine disait en fait des choses correctes &#224; Allende, c'est-&#224;-dire&#160;: ces salauds vous venir vous chercher, vous devez vous organiser, vous devez d&#233;velopper votre camp dans les forces arm&#233;es, vous devez armer les travailleurs et ainsi de suite. Allende a refus&#233; de le faire, parce qu'il voulait pr&#233;server l'illusion constitutionnelle, et essayer de diviser l'autre c&#244;t&#233; et gagner les &#233;l&#233;ments progressistes de l'arm&#233;e comme Pinochet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il n'y a aucune raison pour que l'histoire se r&#233;p&#232;te. Mais oui, Engels a parl&#233; de la r&#233;bellion de propri&#233;taire d'esclaves &#8212; ce n'&#233;tait pas le moment le plus glorieux d'Abraham Lincoln quand il a laiss&#233; la r&#233;bellion des propri&#233;taires d'esclaves se d&#233;velopper. Ils ont presque pris Washington. Et donc une strat&#233;gie gramscienne qui marche doit aborder la question de l'Etat et de ses appareils r&#233;pressifs centraux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En conclusion, je pense que c'est une erreur de parler d'un &#233;chec de Syriza. Ceci est juste la premi&#232;re phase de la lutte qui se d&#233;roule en Gr&#232;ce. De m&#234;me, je pense qu'il est trop t&#244;t pour dire que le projet alternatif repr&#233;sent&#233; par Antarsya a &#233;t&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;strat&#233;giquement vaincu&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Donnons &#224; l'histoire un peu plus de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis d'accord avec Stathis qu'il y a beaucoup de bons militants de Syriza &#8212; il y a aussi beaucoup de bons militants au Parti communiste, et il y a beaucoup de bons militants &#224; Antarsya. Toutes ces diff&#233;rentes forces devront se rassembler afin de vraiment faire avancer la situation, une situation o&#249; l'ennemi, soyons honn&#234;tes, a remport&#233; la premi&#232;re manche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reprendre l'offensive n&#233;cessite d'abandonner les illusions envers l'Europe. Nous sommes d'accord l&#224;-dessus. Cela signifie aussi commencer &#224; absorber les le&#231;ons cruciales des luttes r&#233;volutionnaires au cours des 150 derni&#232;res ann&#233;es, c'est &#224; dire la n&#233;cessit&#233; t&#244;t ou tard d'une &#233;preuve de force avec les forces r&#233;pressives de l'Etat, en poursuivant une strat&#233;gie qui nous donne la force d'y conna&#238;tre le succ&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un dernier point &#224; propos de la solidarit&#233;. Deux dates importantes pour la solidarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 21&#160;Mars, la journ&#233;e d'action antiraciste, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mentionn&#233;e. Elle a &#233;t&#233; lanc&#233;e l'ann&#233;e derni&#232;re &#224; la suite d'une initiative du mouvement anti-raciste et anti-fasciste grec qui recherchait une solidarit&#233; en raison de la menace pos&#233;e par l'Aube Dor&#233;e. La question du racisme est quelque chose que la classe dirigeante, si ils veulent d&#233;truire Syriza, utilisera en Gr&#232;ce pour s'efforcer de d&#233;truire le gouvernement. Et donc en faisant que cette journ&#233;e d'action soit aussi forte et massive que possible, nous ne luttons pas seulement pour nous-m&#234;mes contre toutes les horreurs qui nous viennent ici de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UKIP&lt;/span&gt;, c'est une forme de solidarit&#233; pour les camarades grecs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis le 24&#160;Mars Stathis et la section r&#233;gionale de mon syndicat &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UCU&lt;/span&gt; organisent un &#233;v&#233;nement de solidarit&#233; avec la lutte en Gr&#232;ce. C'est un exemple. Mais je pense qu'il devrait y avoir beaucoup d'autres actes de solidarit&#233; pour la lutte en Gr&#232;ce. Parce que ce qui se passe en Gr&#232;ce &#8212; soyons clairs, quelle que soit la position que nous prenons dans ces d&#233;bats &#8212; la lutte en Gr&#232;ce est notre lutte, notre destin est entra&#238;n&#233; tr&#232;s, tr&#232;s directement dans cette lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traduction&#160;: Sylvestre Jaffard&lt;/p&gt;
&lt;DIV ID=&#034;sdfootnote1&#034;&gt;&lt;p CLASS=&#034;sdfootnote&#034;&gt;&lt;A CLASS=&#034;sdfootnotesym&#034; NAME=&#034;sdfootnote1sym&#034; HREF=&#034;#sdfootnote1anc&#034;&gt;1&lt;/A&gt; En particulier &lt;I&gt;L'&#201;tat, le pouvoir, le socialisme&lt;/I&gt;, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt; &lt;DIV ID=&#034;sdfootnote2&#034;&gt;&lt;p CLASS=&#034;sdfootnote&#034;&gt;&lt;A CLASS=&#034;sdfootnotesym&#034; NAME=&#034;sdfootnote2sym&#034; HREF=&#034;#sdfootnote2anc&#034;&gt;2&lt;/A&gt; N. Poulantzas et H. Weber, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'Etat et la transistion au socialisme&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Critique communiste&lt;/i&gt; n&#176;16, juin 1977&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt; &lt;DIV ID=&#034;sdfootnote3&#034;&gt;&lt;p CLASS=&#034;sdfootnote&#034;&gt;&lt;A CLASS=&#034;sdfootnotesym&#034; NAME=&#034;sdfootnote3sym&#034; HREF=&#034;#sdfootnote3anc&#034;&gt;3&lt;/A&gt; Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt; &lt;DIV ID=&#034;sdfootnote4&#034;&gt;&lt;p CLASS=&#034;sdfootnote&#034;&gt;&lt;A CLASS=&#034;sdfootnotesym&#034; NAME=&#034;sdfootnote4sym&#034; HREF=&#034;#sdfootnote4anc&#034;&gt;4&lt;/A&gt; S. Kouvelakis, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;After Syriza's Victory, Confrontation of Capitulation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Jacobin (26&#160;juin 2015), &lt;A HREF=&#034;http://www.jacobinmag.com/2015/01/syriza-greece-victory-kouvelakis-left/&#034;&gt;www.jacobinmag.com/2015/01/syriza-greece-victory-kouvelakis-left/&lt;/A&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt; &lt;DIV ID=&#034;sdfootnote5&#034;&gt;&lt;p CLASS=&#034;sdfootnote&#034;&gt;&lt;A CLASS=&#034;sdfootnotesym&#034; NAME=&#034;sdfootnote5sym&#034; HREF=&#034;#sdfootnote5anc&#034;&gt;5&lt;/A&gt; Voir la pr&#233;face d'Engels &#224; l'&#233;dition anglaise du &lt;I&gt;Capital&lt;/I&gt;&lt;SPAN STYLE=&#034;font-style: normal&#034;&gt;, 1886.&lt;/&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPAN&lt;/span&gt;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt; &lt;DIV ID=&#034;sdfootnote6&#034;&gt;&lt;p CLASS=&#034;sdfootnote&#034;&gt;&lt;A CLASS=&#034;sdfootnotesym&#034; NAME=&#034;sdfootnote6sym&#034; HREF=&#034;#sdfootnote6anc&#034;&gt;6&lt;/A&gt; Tanya Harmer, &lt;I&gt; Allende's Chile and the Inter-American Cold War&lt;/I&gt; (University of North Carolina Press, 2011).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt; &lt;DIV ID=&#034;sdfootnote7&#034;&gt;&lt;p CLASS=&#034;sdfootnote&#034;&gt;&lt;A CLASS=&#034;sdfootnotesym&#034; NAME=&#034;sdfootnote7sym&#034; HREF=&#034;#sdfootnote7anc&#034;&gt;7&lt;/A&gt; Les deux orateurs aimeraient remercier Dave Sewell pour tout son travail transcrire notre d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://isj.org.uk/syriza-and-socialist-strategy/&quot;&gt;http://isj.org.uk/syriza-and-socialist-strategy/" class="spip_out"&gt;transcription du d&#233;bat par Dave Sewell, utilis&#233; pour cette traduction, ainsi que la vid&#233;o du d&#233;bat dans son int&#233;gralit&#233; &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France 2007&#160;: les le&#231;ons d'une d&#233;faite</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/France-2007-les-lecons-d-une</link>
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		<dc:date>2009-09-28T12:31:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Artous, Stathis Kouv&#233;lakis</dc:creator>


		<dc:subject>Regroupement</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en France marquent un tournant politique majeur dans ce pays. D'abord par la tr&#232;s nette victoire de Sarkozy. Ensuite par l'&#233;chec qu'elle traduit pour la gauche, pour le PS avant tout, mais aussi pour la gauche radicale et antilib&#233;rale. En fait, la pr&#233;sidentielle cl&#244;t ce que certains analystes ont appel&#233; le &#171;&#160;cycle politique antilib&#233;ral&#160;&#187; qui marquait la vie politique et sociale depuis 1993/94.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela, on le verra, n'est pas synonyme pour nous d'une &#171;&#160;droitisation&#160;&#187; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no06-septembre" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;06 - Septembre / Novembre 2007&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Regroupement" rel="tag"&gt;Regroupement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/PCF" rel="tag"&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en France marquent un tournant politique majeur dans ce pays. D'abord par la tr&#232;s nette victoire de Sarkozy. Ensuite par l'&#233;chec qu'elle traduit pour la gauche, pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; avant tout, mais aussi pour la gauche radicale et antilib&#233;rale. En fait, la pr&#233;sidentielle cl&#244;t ce que certains analystes ont appel&#233; le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;cycle politique antilib&#233;ral&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui marquait la vie politique et sociale depuis 1993/94&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir, par exemple, St&#233;phane Roz&#232;s, &#171;&#160;Penser la radicalit&#233; de la p&#233;riode&#160;&#187;, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela, on le verra, n'est pas synonyme pour nous d'une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;droitisation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Reste qu'il s'agit d'un tournant dont les effets vont bien au-del&#224; des fronti&#232;res, compte tenu de la situation particuli&#232;re qu'a connu ce pays dans la p&#233;riode pass&#233;e. Et cela engage des analyses et des discussions, notamment dans la gauche radicale, qui ne font que commencer. Cet article, &#233;crit avant de conna&#238;tre les r&#233;sultats des &#233;lections l&#233;gislatives, vise simplement &#224; souligner quelques points qui nous semblent importants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sarkozy, une victoire strat&#233;gique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Sarkozy est d'ordre strat&#233;gique&#160;: apr&#232;s plus d'une d&#233;cennie de crise sociale et politique, elle permet &#224; la droite fran&#231;aise de s'unifier, se reconstruire et se mettre en ordre de combat pour d&#233;velopper une politique ultralib&#233;rale. Depuis 25 ans, le m&#233;canisme de l'alternance se traduisait par un d&#233;saveu du pouvoir en place. Or, alors que l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UMP&lt;/span&gt; gouverne le pays depuis 2002, Sarkozy obtient l'un des meilleurs scores de la droite sous la V&#7497; R&#233;publique. Il mord fortement sur l'&#233;lectoral de Le Pen, r&#233;duisant ainsi la nuisance du Front national pour la droite. Alors que durant l'&#232;re Jacques Chirac, la droite semblait politiquement paralys&#233;e et sur la d&#233;fensive, la victoire de Sarkozy traduit une dynamique importante de renouvellement de ses &#233;quipes dirigeantes, mais &#233;galement une rupture politique et id&#233;ologique avec cette &#232;re. Selon une formule souvent r&#233;p&#233;t&#233;e, la droite est &#224; pr&#233;sent &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;d&#233;complex&#233;e&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et a la volont&#233; d'assumer clairement, au plan politique comme id&#233;ologique, un n&#233;olib&#233;ralisme dur, ouvertement autoritaire. Le ralliement &#224; la majorit&#233; pr&#233;sidentielle de la plupart des d&#233;put&#233;s &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UDF&lt;/span&gt; qui avaient soutenu Bayrou &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle renforce l' h&#233;g&#233;monie de Sarkozy.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il a jou&#233; la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;rupture&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au plan politico-id&#233;ologique, il n'en f&#251;t pas de m&#234;me en ce qui concerne les institutions de la V&#7497; R&#233;publique, alors que Bayrou, puis S&#233;gol&#232;ne Royal, avan&#231;aient des &#233;l&#233;ments de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;modernisation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, en proposant notamment d'introduire une dimension de proportionnelle dans l'&#233;lection des d&#233;put&#233;s. Sans entrer ici dans les d&#233;tails, il faut souligner que ces institutions &#233;taient devenues un facteur d'immobilisme et de crise. Notamment, &#224; cause du verrouillage politique produit par le syst&#232;me du bipartisme, les deux grands partis se transformant eux-m&#234;mes en &#233;curies des deux candidats (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UMP&lt;/span&gt; et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;) &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. D'o&#249; un d&#233;calage important entre le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pays r&#233;el&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pays l&#233;gal&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et des r&#233;actions &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;antisyst&#232;me&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; l'origine, parmi d'autres facteurs, de la forte pouss&#233;e de Le Pen en 2002. En 2007, la r&#233;action anti-syst&#232;me s'est surtout exprim&#233;e &#224; travers la mont&#233;e (impr&#233;vue) de Bayrou, d'autant qu'il n'existait pas de candidature cr&#233;dible &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sarkozy n'entend pas remettre en cause le bipartisme, il lui permet de structurer son h&#233;g&#233;monie sur la droite, tout en maintenant la polarisation politique entre la droite et la gauche (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;). Toutefois, l'accent fortement populiste de sa campagne &#233;tait une fa&#231;on de r&#233;pondre au d&#233;calage entre le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; pays r&#233;el&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pays l&#233;gal&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il va poursuivre dans ce sens, en accentuant ce que l'on appelle la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233;sidentialisation&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des institutions. Pour le dire vite, le Pr&#233;sident de la r&#233;publique ne se donnera pas la figure d'un arbitre, mais deviendra un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;super premier ministre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dirigeant l'action politique quotidienne. Tout en gardant un statut &#224; part, puisqu'il est &#233;lu au suffrage universel, tout en ayant le droit de dissoudre l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que classiquement, dans la V&#7497; R&#233;publique, le Premier ministre jouait le r&#244;le d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;fusible&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Sarkozy sera donc directement expos&#233;. Mais cela correspond bien &#224; son orientation qui vise &#224; mettre en oeuvre une politique ultra-lib&#233;rale, sans craindre la conflictualit&#233; sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au contraire, il veut plut&#244;t en jouer et y r&#233;pondre par une forme autoritaire de pr&#233;sidentialisme, appuy&#233;e sur une forte dimension populiste (s&#233;curit&#233;, immigration, identit&#233; fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;droitisation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La rupture est donc importante. Pour autant, peut-on dire - comme on l'entend souvent, et pas seulement dans les m&#233;dias - que le succ&#232;s de Sarkozy est le simple reflet d'une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;droitisation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Au cycle anti-lib&#233;ral succ&#233;derait ainsi un cycle lib&#233;ral&#160;: le lib&#233;ralisme serait devenu dominant dans le corps social. Cette th&#232;se nous semble erron&#233;e, non pas au sens o&#249; elle serait fausse, mais parce qu'elle s'av&#232;re unilat&#233;rale. La victoire de Sarkozy n'est certes pas un accident, elle a des racines profondes, notamment id&#233;ologiques. Elle s'inscrit dans des tendances ant&#233;rieures au durcissement des politiques n&#233;olib&#233;rales, qu'elle radicalise &#224; son tour. Pour autant, cette victoire n'est en rien un simple prolongement lin&#233;aire et in&#233;luctable de ces tendances. Les gouvernements auxquels a particip&#233; Sarkozy ont connu des d&#233;faites importantes dans toutes les &#233;lections interm&#233;diaires depuis 2002. Ils ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; de fortes mobilisations sociales, et si la droite a marqu&#233; des points en 2003 (retraites), elle a d&#251; &#224; nouveau reculer d&#233;but 2006 (sur le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPE&lt;/span&gt;). Par ailleurs, s'il existe des fractures au sein des classes populaires (exclusion, pr&#233;carit&#233;, ch&#244;mage..) favorisant le discours populiste de Sarkozy, du point de vue politico-id&#233;ologique la situation n'a pas qualitativement chang&#233;e. Le Front national en jouait d'ailleurs depuis longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le succ&#232;s de Sarkozy r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; transformer les coordonn&#233;es d'une situation, en intervenant activement dans ses contradictions, et pas simplement &#224; les refl&#233;ter ou les consolider. Les contradictions port&#233;es par le cycle anti-lib&#233;ral s'&#233;taient concentr&#233;es sur le plan politique central (nous y revenons plus loin). Saisissant l'enjeu politique particulier de cette &#233;lection pr&#233;sidentielle dans cette conjoncture, Sarkozy a compris qu'elle ne pouvait pas se gagner &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;au centre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il fallait apporter une r&#233;ponse &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;radicale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; une situation prolong&#233;e de crise politique et sociale que connaissait la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise depuis plus d'une d&#233;cennie. Si Bayrou a essay&#233; de surfer sur les r&#233;actions &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;anti-syst&#232;me&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'&#233;lectorat, Sarkozy a su, lui, avancer une perspective de sortie de crise&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la rupture&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi le caract&#232;re non-pr&#233;d&#233;termin&#233;, activement construit, de la victoire de Sarkozy n'est en rien une bonne nouvelle&#160;: s'il ne se contente pas de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;traduire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;lectoralement une droitisation pr&#233;existante, Sarkozy est d'autant mieux plac&#233; pour la faire advenir et l'inscrire durablement dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Rien ne serait plus illusoire que de penser que les r&#233;sistances sociales pourront faire face seules &#224; cette l&#233;gitimit&#233; nouvelle, construite sur le terrain politique. Avec son arriv&#233;e au pouvoir devient pr&#233;cis&#233;ment envisageable, en France, ce que les rapports de forces &#233;tablis au cours de la p&#233;riode pass&#233;e &#233;taient parvenus &#224; mettre en &#233;chec, &#224; savoir une th&#233;rapie de choc &#224; la Thatcher. Th&#233;rapie dont il faut souligner que, en Grande-Bretagne m&#234;me, elle n'&#233;tait en rien in&#233;vitable, m&#234;me apr&#232;s le premier succ&#232;s des conservateurs (1979). La contre-r&#233;forme thatch&#233;rienne d&#251;t &#234;tre gagn&#233;e de haute lutte (notamment contre les mineurs en 1984-85) et, malgr&#233; toutes les th&#233;orisations sur le caract&#232;re pr&#233;tendument &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;h&#233;g&#233;monique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de son &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;populisme autoritaire&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, elle ne s'appuyait en rien sur une adh&#233;sion majoritaire de la population &#224; la liquidation de l'&#201;tat social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du c&#244;t&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa pouss&#233;e spectaculaire lors des &#233;lections r&#233;gionales, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; s'est trouv&#233; dans une situation d'impasse et de crise, qui faisait suite au bilan calamiteux du gouvernement de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;gauche plurielle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et de l'&#233;limination de Jospin au second tour de la pr&#233;sidentielle de 2005. Sa division ouverte au moment du r&#233;f&#233;rendum sur le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCE&lt;/span&gt;, avec l'apparition de courants significatifs remettant en cause l'orientation n&#233;olib&#233;rale, en a &#233;t&#233; l'expression manifeste. Laurent Fabius, qui s'&#233;tait prononc&#233; pour le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;non&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en 2005, entendait se situer dans le prolongement de l'&#232;re mitterrandienne, en maintenant l'encrage du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;gauche&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais, outre la faible cr&#233;dibilit&#233; du personnage, qui avait &#233;t&#233; une des figures &#233;minentes du social-lib&#233;ralisme, la perspective, du point de vue du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, paraissait peu cr&#233;dible. Les anciens alli&#233;s de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;g&lt;i&gt;auche plurielle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, s'&#233;taient effondr&#233;s et/ou avaient pris des distances. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; lui-m&#234;me, parti traditionnellement priv&#233; des structures de masse de la sociald&#233;mocratie, est devenu largement autonome de la base sociale de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Happ&#233; par les institutions &#233;tatiques et le jeu des alternances gouvernementales, d&#233;pourvu de r&#233;elle substance militante, il est &#233;troitement contr&#244;l&#233; par un appareil central fortement bureaucratis&#233; et un pl&#233;thorique contingent d'&#233;lus. C'est la gauche radicale et antilib&#233;rale qui occupait l'espace politique &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. Mais, pour cette m&#234;me raison, et du fait des divisions internes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Lors du r&#233;f&#233;rendum interne de novembre 2004, 42&#160;% des membres du PS s'&#233;taient (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; ne pouvait poursuivre de fa&#231;on ouverte sa marche au social-lib&#233;ralisme, surtout apr&#232;s la victoire du non au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#233;gol&#232;ne Royal a donc lanc&#233; sa candidature en contournant le parti. Elle a jou&#233; sur l'aspiration au renouvellement (et la candidature d'une femme), la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;modernisation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la d&#233;mocratie (d&#233;mocratie participative, etc.), faisant des clins d'oeil sur sa gauche et/ou vers les couches moyennes, tout en reprenant &#224; son compte une version att&#233;nu&#233;e de la th&#233;matique sarkozyenne des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;valeurs&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: ordre, travail, identit&#233; nationale, &#233;loge de la famille. Sur les questions &#233;conomiques et sociales, elle a oscill&#233; entre un projet initial inspir&#233; de Tony Blair, et peu distinct sur le fond de celui de Sarkozy, (&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; r&#233;conciliation avec les entreprises &lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, remplacement des droits sociaux par un discours compassionnel et moralisant, d&#233;nonciation de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;assistanat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et r&#233;habilitation &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#233;thique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;travail&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;) et des concessions, souvent de pure circonstance, &#224; des &#233;l&#233;ments plus classiquement social-d&#233;mocrates, sous la pression de son parti ou de la n&#233;cessit&#233; de s'adresser &#224; l'&#233;lectorat de gauche. Et lorsque la pouss&#233;e Bayrou s'est accentu&#233;e dans les sondages, elle a clairement fait appara&#238;tre son orientation&#160;: en finir avec l'h&#233;ritage de l'&#232;re Mitterrand pour se tourner vers le centre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une telle orientation, agr&#233;ment&#233;e de zig-zags, n'&#233;tait en rien capable de proposer une &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;rupture&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, alternative &#224; celle de Sarkozy. Elle a, au contraire, acc&#233;l&#233;r&#233; le d&#233;litement id&#233;ologique du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; et confort&#233; la posture offensive de la droite, ravie de voir le d&#233;bat sur les &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;valeurs&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; se substituer aux choix en mati&#232;re de politique &#233;conomique et sociale. Si S&#233;gol&#232;ne Royal a engrang&#233; au premier tour une partie des voix &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;anti-sarkozy&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;vote utile&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; contre la droite), les votes &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;anti-syst&#232;me&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ont &#233;t&#233; principalement capt&#233;s par Bayrou. Son score m&#233;diocre fait appara&#238;tre que le rel&#226;chement des liens entre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; et des secteurs d&#233;cisifs de son &#233;lectorat s'est non seulement poursuivi mais qu'il s'est m&#234;me s'accentu&#233;&#160;: &#224; la s&#233;cession des couches populaires est venue s'ajouter la distanciation d'une partie significative du salariat interm&#233;diaire et intellectuel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au second tour, le r&#233;sultat de Royal est, certes, presque identique &#224; celui de Jospin en 1995. Toutefois, alors que Jospin et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; se trouvaient au centre d'un dispositif strat&#233;gique (d'alliances, d'orientation etc.), qui allait d&#233;boucher sur &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;la gauche plurielle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; deux ans plus tard, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; sort de cette d&#233;faite profond&#233;ment d&#233;sorient&#233; et d&#233;pourvu de perspectives lisibles. Une crise de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;refondation&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est en train de s'ouvrir, dont il est trop t&#244;t de d&#233;finir les contours pr&#233;cis. Toutefois, compte tenu du ph&#233;nom&#232;ne Bayrou ( et audel&#224; du devenir politique propre du personnage et du parti qu'il vient de lancer) et de l'affaissement de ses anciens partenaires de gauche (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;, Verts), la tendance largement dominante de l'appareil sera celle d'un tournant vers le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;centre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dans le sens d'une rencontre entre le social-lib&#233;ralisme et le lib&#233;ralisme-social qui se d&#233;veloppe d'ailleurs au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La marginalisation de la gauche antilib&#233;rale lors de ces &#233;lections donne, naturellement, de l'espace pour une telle orientation. Sa politique autosuicidaire, dont la fragmentation est &#224; la fois le r&#233;sultat et l'une des causes, qui a men&#233; &#224; cette marginalisation n'aura pas seulement des effets, qui se font d&#233;j&#224; fortement sentir, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; gauche de la gauche&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est une donn&#233;e qui a pes&#233; sur l'ensemble de la situation politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et donc de sa dynamique &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bilan des r&#233;sultats &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au premier tour de la pr&#233;sidentielle, Olivier Besancenot (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;) atteint 4,08&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, contre 4,25&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en 2002, Arlette Laguiller (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LO&lt;/span&gt;) 1,33&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% contre 5,72&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, G&#233;rard Schivardi (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PT&lt;/span&gt;) 0,34&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% contre 0,45&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pour le candidat du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PT&lt;/span&gt; en 2002.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les voix d'extr&#234;me gauche passent donc de 10,4&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; 5,75&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marie Georges Buffet (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;), obtient 1,93&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% contre 3,37&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pour le candidat du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; en 2002 et Jos&#233; Bov&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Jos&#233; Bov&#233; est un ancien dirigeant de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne et leader (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; 1,32 %3. Enfin, les Verts passent de 5,3&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; 1,57&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Le constat est sans appel&#160;: par rapport &#224; 2002, le recul des voix qui se sont port&#233;es &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; est consid&#233;rable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seul Olivier Besancenot tire son &#233;pingle du jeu (gagnant m&#234;me 200 000 voix), sur la base d'une campagne qui a eu un &#233;cho r&#233;el et a vu venir &#224; ses meetings des jeunes &#233;tudiants et salari&#233;s, dont c'&#233;tait souvent la premi&#232;re exp&#233;rience politique, et qui compose une partie significative de son &#233;lectorat. Il existe deux fa&#231;ons de pr&#233;senter ces r&#233;sultats qui renvoient &#224; des analyses diff&#233;rentes de la conjoncture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La direction de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; ne se contente pas de se f&#233;liciter du bon r&#233;sultat de son candidat, elle souligne sa port&#233;e quasi historique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Tout d'abord, dans l'&#233;volution des rapports de force au sein de l'extr&#234;me gauche. Le cycle &#233;lectoral d'Arlette Laguiller est bien termin&#233;, alors que celui d'Olivier Besancenot ne fait que commencer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Par ailleurs, toujours selon cette logique, un processus de d&#233;cantation se serait op&#233;r&#233; &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. Certes, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; aurait men&#233; une bataille pour l'unit&#233; de la gauche antilib&#233;rale. Mais les divergences &#233;taient trop importantes avec des courants qui n'ont pas clairement affirm&#233; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. De surcro&#238;t, il faut bien constater que ces courants et militants &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#224; gauche de la gauche&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont le produit de l'exp&#233;rience pass&#233;e, alors que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, elle, gr&#226;ce notamment &#224; la candidature Olivier Besancenot, est en phase avec les nouvelles g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre analyse est diff&#233;rente. Le bilan est un &#233;chec pour l'ensemble de la gauche radicale eu &#233;gard au enjeux politiques que repr&#233;sentait la n&#233;cessit&#233; d'une candidature unitaire antilib&#233;rale qui, de plus, &#233;tait possible. Le faible r&#233;sultat de l'ensemble des voix &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; renvoie principalement &#224; l'absence d'une alternative unitaire cr&#233;dible. Le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;vote utile&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour S&#233;gol&#232;ne Royal, qui, selon les enqu&#234;tes, &#224; touch&#233; pr&#232;s de la moiti&#233; de l'&#233;lectorat de l'extr&#234;me-gauche de 2002, traduit lui-m&#234;me la perception du vote pour l'un(e) des multiples candidats de la gauche radicale comme un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;vote inutile&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;troitement identitaire ou protestataire, incapable de peser sur le rapport de forces d'ensemble et d'ouvrir une perspective de rupture &#224; gauche. Car l'enjeu se situait bien &#224; ce niveau, et c'est pourquoi l'abandon de la perspective unitaire &#233;quivalait &#224; un abandon du terrain de l'alternative politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; s'en sort certes nettement mieux que les autres, mais, justement, cela montre la place qu'elle occupe et les responsabilit&#233;s particuli&#232;res qui sont les siennes. Il semble difficile de consid&#233;rer que le maintien d'Olivier Besancenot autour de 4% des suffrages soit un r&#233;sultat &#224; la hauteur des potentalit&#233;s d'une p&#233;riode de mobilisations sociales et &#233;lectorales exceptionnelles, parfois m&#234;me victorieuses, et alors que, pour la premi&#232;re fois depuis des d&#233;cennies, le social-lib&#233;ralisme &#233;tait ouvertement bouscul&#233; sur sa gauche par le &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;non&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au r&#233;f&#233;rendum et, surtout, par la force de la campagne unitaire du &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;non&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de gauche. Enfin, il est illusoire de croire qu'une nouvelle force politique va se construire essentiellement &#224; partir de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;jeunes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui font leur premi&#232;re exp&#233;rience, en contournant les courants politiques issus du cycle pass&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, loin de l&#224;, n'est pas la seule responsable de ce bilan. Mais, compte tenu de sa place et du fait que nous en sommes des militants, nous nous contenterons de quelques remarques sur sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Retour en arri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;clairer ce qui s'est jou&#233;, il faut entrer plus en d&#233;tail dans la p&#233;riode pass&#233;e et souligner l'inflexion dans les cordonn&#233;es de la situation politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour le dire un peu sch&#233;matiquement, l'&#233;chec des luttes contre la r&#233;forme des retraites en 2003 (comme les effets des difficult&#233;s internationales du mouvement altermondialiste) annonce l'essoufflement de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;phase sociale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;mouvementiste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du cycle antilib&#233;ral, dans laquelle le mouvement social semblait pouvoir se d&#233;velopper par l'effet de sa seule dynamique propre. S'annonce alors un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;retour de la politique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui s'exprime spectaculairement dans la pouss&#233;e du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; aux &#233;lections r&#233;gionales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Antoine Artous &#171;&#160;Un d&#233;calage avec le mouvement r&#233;el&#160;&#187;, Critique communiste n&#176; (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis 1995, la force de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; - et le succ&#232;s de la candidature d'Olivier Besancenot en 2002 en &#233;tait l'expression - r&#233;sidait dans sa capacit&#233; &#224; &#233;pouser l'aspect multiforme du mouvement social pour, en quelque sorte, se positionner comme son aile radicale. Toutefois, l'&#233;chec de 2003 fait appara&#238;tre les limites d'un tel profil politique articul&#233; autour de deux axes&#160;: une bataille pour les luttes et la pr&#233;paration d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et un discours propagandiste sur la n&#233;cessaire &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;rupture&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avec le syst&#232;me capitaliste. Le contenu de l'accord et de la campagne &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LO&lt;/span&gt; lors &#233;lections r&#233;gionales de 2004 montre que la direction de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; a du mal &#224; se repositionner par rapport aux d&#233;placements des conflits sur le terrain politique. En effet, elle pr&#233;sente ces listes comme le seul vote de gauche utile au premier tour contre la droite. C'est une vision un peu hallucin&#233;e de la r&#233;alit&#233;&#160;: du point de vue du vote utile contre la droite, les &#233;lecteurs ont choisi le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. Mais, au second tour, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; n'appelle pas &#224; voter pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; (ni m&#234;me simplement &#224; battre la droite). La politique unitaire vis-&#224;-vis de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LO&lt;/span&gt; ne s'est pas poursuivie. Par contre, une certaine vision du champ politique &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; s'est de plus en plus clairement affirm&#233;e. Pour la direction de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, tout se passe comme si l'ensemble des courants existant entre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; et la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; expriment, au mieux, un simple processus de d&#233;composition politique sans avenir, au pire, un pont tendu vers le social-lib&#233;ralisme. Il ne s'agit pas de nier la difficult&#233; li&#233;e &#224; l'absence de cristallisation nationale de courants significatifs, autonomes vis&#224;- vis du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; et/ou critiques vis &#224; vis de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;, mais la direction de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; a tendance &#224; consid&#233;rer tout processus allant dans ce sens comme un obstacle. Pour elle, au-del&#224; des discours, tout se passe comme si la Ligue &#233;tait la seule alternative politique au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, capable de polariser directement autour d'elle les militants qui veulent s'engager dans la construction d'une nouvelle force politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est avec ce profil que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; s'engage dans la bataille contre le Trait&#233; constitutionnel, lors du r&#233;f&#233;rendum de mai 2005. Conform&#233;ment &#224; ses traditions (et contrairement &#224; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LO&lt;/span&gt;), elle est tr&#232;s active dans la campagne unitaire pour un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;n&lt;i&gt;on de gauche&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cela, naturellement, est important.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois lorsque, au-del&#224; de l'unit&#233; d'action r&#233;alis&#233;e sur le terrain, il s'agit de prendre la mesure des enjeux de la conjoncture ouverte par la victoire du non et les enjeux politiques ouvert pour la gauche radicale, alors des probl&#232;mes apparaissent &#224; nouveau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le regroupement des partisans d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;non de gauche au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCE&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avait certes un aspect h&#233;t&#233;rog&#232;ne&#160;: un courant de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;gauche&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRS&lt;/span&gt;, dirig&#233; par Jean- Luc M&#233;lenchon), la gauche des Verts, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;, des courants et des personnalit&#233;s &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ATTAC&lt;/span&gt;, une personnalit&#233; comme Jos&#233; Bov&#233;, embl&#233;matique de l'altermondialisme... Mais il apparaissait comme l'expression d'une gauche radicale, se d&#233;marquant nettement du social-lib&#233;ralisme du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi s'y est reconnue une part tr&#232;s importante des militants critiques (syndicalistes, associatifs, altermondialistes..) qui avaient &#233;t&#233; des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;animateurs&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des mobilisations pass&#233;es. Il en est r&#233;sult&#233; une innovation importante, un r&#233;seau de plusieurs centaines de comit&#233;s unitaires, forts de dizaines de milliers de participants (dont une part importante sans affiliation partidaire) et couvrant une large partie du territoire national. Ce r&#233;seau a permis, pour la premi&#232;re fois sans doute depuis les ann&#233;es 1970, de d&#233;passer la fragmentation entre courants oppos&#233;s et de poser concr&#232;tement la question d'une recomposition politique en rupture avec le social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Naturellement, il fallait un contenu &#224; cette unit&#233; et un projet qui permette de structurer politiquement ce d&#233;but de recomposition sur le terrain militant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question essentielle &#233;tait celle de l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. L'affirmation selon laquelle le candidat unitaire et les forces le soutenant ne participeraient pas ni &#224; un gouvernement, ni &#224; une majorit&#233; parlementaire avec le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. Cette exigence &#233;tait d&#233;fendue (il faut le souligner) par tous les courants de la Ligue. Et d&#232;s septembre 2006, les collectifs (inclus le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;) adopt&#232;rent un premier texte allant clairement dans ce sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il &#233;tait possible d'am&#233;liorer ce texte. Surtout si la direction de la Ligue avait explicitement dit qu'elle serait d'accord pour un candidat unitaire si cette condition &#233;tait remplie. Mais elle ne proc&#233;da jamais ainsi, multipliant les surench&#232;res et refusant obstin&#233;ment de prendre la mesure de l'acquis que constituait l'existence du r&#233;seau de comit&#233;s unitaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faisant comme si les positions politiques prises par les comit&#233;s n'existaient pas, s'abstenant de la bataille qui s'y est men&#233;e, elle a centr&#233; ses critiques sur l'orientation politique de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; qui, effectivement, poussait dans le sens du maintien d'un accord possible avec le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. Tout en ayant comme objectif (non d&#233;clar&#233;) de pr&#233;senter Marie-Georges Buffet comme candidat unitaire de la gauche antilib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une candidature unitaire &#233;tait possible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La politique de la direction de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; laissa alors de grandes marges de man&#339;uvre &#224; celle de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;, surtout apr&#232;s l'annonce officielle de la candidature d'Olivier Besancenot (juin 2006), qui s'est traduite par le retrait de facto du processus des candidatures unitaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Ligue se trouva dans l'incapacit&#233; de peser dans la crise du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; qui devenait de plus en plus ouverte, touchant m&#234;me sa direction nationale et de nombreux &#233;lus, qui se sont d&#233;clar&#233;s pour une candidature unitaire et non pour celle de M.G Buffet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Fin 2007, M.G. Buffet s'autoproclame candidate unitaire de la gauche (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il &#233;tait illusoire de croire que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; dans son ensemble allait se rallier &#224; une candidature unitaire sur la base d'une claire ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;. Par contre, il est apparu qu'une telle candidature &#233;tait possible sur la base d'une crise ouverte du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;, en regroupant une partie tr&#232;s importante de ses militants (et une partie de sa direction et de ses &#233;lus) et l'ensemble des autres composantes du mouvement&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; l'exception possible du courant &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;gauche&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, m&#234;me si une telle candidature aurait un impact sur des militants socialistes. Compte tenu de sa place, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; avait ici un r&#244;le cl&#233; &#224; jouer. Notamment, au plan politique car il est &#233;vident que sa pr&#233;sence active au sein de ce mouvement unitaire &#233;tait une garantie de son profil et de sa dynamique politique. Il n'en a rien &#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reste &#224; expliquer les raisons de cette orientation politique de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;. Au-del&#224; des jeux d'alliance entre divers courants internes, deux questions d&#233;cisives apparaissent. La premi&#232;re tient &#224; l'analyse d'ensemble de la conjoncture et de la place de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Manifestement, la direction de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; n'a pas compris les enjeux politiques qui s'y cristallisaient du point de vue de la condensation des rapports de forces entre les classes et, en cons&#233;quences, les enjeux que repr&#233;sentait une candidature unitaire de la gauche radicale. Et c'est d'ailleurs une constante de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; durant le cycle pass&#233; de sous-estimer les moments politiques de cristallisation des luttes des classes, au profit d'une approche essentiellement &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;sociale&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;mouvementiste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, (qui n'en en rien contradictoire &#224; un propagandisme politique abstrait) de ces luttes. Cette sous-estimation de la dimension politique &#233;tait &#233;troitement li&#233;e &#224; une compr&#233;hension &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;statique&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la conjoncture r&#233;cente, qui en sous-estimait les &#233;l&#233;ments de crise et d'instabilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette vision &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;pessimiste&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; para&#238;t aujourd'hui confort&#233;e par la victoire de Sarkozy (qui, comme nous l'avons sugg&#233;r&#233; auparavant, a su trancher &#224; vif, et &#224; droite, dans la crise), mais c'est au prix d'un v&#233;ritable refoulement des potentialit&#233;s de la p&#233;riode &#233;coul&#233;e et des responsabilit&#233;s de la gauche radicale dans une issue qui &#233;tait, &#224; notre sens, tout sauf in&#233;luctable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;lections pr&#233;sidentielles ont ainsi &#233;t&#233; prises dans une vision &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;routini&#232;re&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dont la fonction principale &#233;tait, est de faire appara&#238;tre la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; dans le champ politique, en s'appuyant sur la personnalit&#233; d'Olivier Besancenot et en g&#233;rant au mieux son capital &#233;lectoral. Au demeurant, il est &#224; pr&#233;sent clair que, d&#232;s le d&#233;but, une partie non n&#233;gligeable de la direction pensait qu'il fallait annoncer tout de suite sa candidature (mais cela aurait &#233;t&#233; minoritaire dans la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;). Et cela - c'est la seconde question d&#233;cisive - parce que, fondamentalement, sa direction estime que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; est la seule alternative politique &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi, d'ailleurs, dans la campagne pour les l&#233;gislatives, qui suivent la pr&#233;sidentielle et o&#249; la gauche radicale, sauf quelques exceptions, se pr&#233;sente de fa&#231;on totalement &#233;clat&#233;e, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; s'auto-affirme, face au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, comme la repr&#233;sentante da la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;gauche de combat&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Et, outre l'appel &#224; la mobilisation et l'unit&#233; qu'elle propose &#224; l'ensemble de la gauche des syndicats contre les futurs mauvais coups de Sarkozy, elle s'adresse aux jeunes &#233;tudiants et travailleurs qui ont vot&#233; pour Olivier Besancenot afin de construire une nouvelle force anticapitaliste, dont elle serait le creuset. Cela au moment o&#249; le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; annonce qu'il va s'engager dans une refondation, en s'ouvrant vers le centre, renfor&#231;ant ainsi le besoin d'une alternative de la gauche radicale qui, &#224; moins d'avoir une vision d&#233;form&#233;e de la r&#233;alit&#233;, ne peut se cristalliser autour de la seule &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;... Mais ici commence une autre histoire et d'autres d&#233;bats...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;France 1995-2007&#160;: quelques dates cl&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 1995&#160;: Pr&#233;sidentielle&#160;: &#233;lection de Chirac (contre Jospin), gr&#232;ves de novembre/d&#233;cembre qui mettent en &#233;chec le plan du premier ministre Jupp&#233;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 1997&#160;: Chirac dissout l'Assembl&#233;e, victoire de la gauche, gouvernement Jospin de la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;gauche plurielle&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;+ &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; + Verts)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 2002&#160;: Forte pouss&#233;e de l'extr&#234;me gauche aux &#233;lections pr&#233;sidentielles d'avril-mai (10,4%), effondrement du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; (3,4%), Le Pen au second tour, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; &#233;limin&#233;, Chirac &#233;lu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 2003&#160;: fortes mobilisations sociales au printemps contre la r&#233;forme des retraites, qui se soldent par un &#233;chec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 2004&#160;: &#233;lections r&#233;gionales de mars, d&#233;faite de la droite, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; devient majoritaire dans la quasi-totalit&#233; des r&#233;gions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 2005&#160;: victoire du non au r&#233;f&#233;rendum de mai sur le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCE&lt;/span&gt; ( Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en), &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;&#233;meutes&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dans les quartiers populaires &#224; l'automne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 2006&#160;: de l'hiver au printemps, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tudiante et mobilisations de masse des syndicats font reculer le gouvernement sur le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCE&lt;/span&gt; (contrat de travail pr&#233;caire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&#034; width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 2007&#160;: &#233;lections pr&#233;sidentielles d'avril-mai, avec une tr&#232;s forte participation &#233;lectorale (8 millions d'&#233;lecteurs suppl&#233;mentaires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au premier tour, Nicolas Sarkozy (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UMP&lt;/span&gt;, droite) obtient 31,18&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des voix et S&#233;gol&#232;ne Royal (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;) 25,87&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Le centriste Bayrou (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UF&lt;/span&gt;) obtient 18, 57&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des voix, contre 6,8&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en 2002, alors que Le Pen (Front national recule &#224; 10,44&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% contre 6,84 en 2002. M&#234;me si Ollivier Besancenot (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt;) fait un bon score par rapport aux autres candidats &#224; gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, la gauche radicale et antilib&#233;rale recule fortement (9,1% contre 13,8% en 2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au second tour, Nicolas Sarkozy est &#233;lu avec 53,06&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% contre 46,94&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pour S&#233;gol&#232;ne Royal. Sarkozy l'emporte largement parmi les retrait&#233;s, les agriculteurs, les artisans et les commer&#231;ants, mais aussi les cadres, et il obtient plus de 40% des voix parmi les classes populaires (ouvriers, employ&#233;s), un niveau comparable &#224; celui de Chirac en 1995. Royal l'emporte nettement parmi les jeunes et, de fa&#231;on moins nette, dans les classes populaires et le salariat interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.vientosur.info/" class="spip_out"&gt;Article publi&#233; dans Viento Sur et reproduit avec l'accord de leurs auteurs.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, St&#233;phane Roz&#232;s, &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Penser la radicalit&#233; de la p&#233;riode&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;ContreTemps&lt;/i&gt; n&#176;11, septembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lors du r&#233;f&#233;rendum interne de novembre 2004, 42&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% des membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; s'&#233;taient prononc&#233;s contre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jos&#233; Bov&#233; est un ancien dirigeant de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne et leader altermondialiste tr&#232;s m&#233;diatis&#233; en France, Jos&#233; Bov&#233; &#233;tait le candidat de militants des comit&#233;s pour une candidature antilib&#233;rale unitaire qui ne se reconnaissait pas dans la candidature d'O. Besancenot et de M.G Buffet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Artous &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un d&#233;calage avec le mouvement r&#233;el&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Critique communiste&lt;/i&gt; n&#176;&#160;173, &#233;t&#233; 2004&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Stathis Kouv&#233;lakis &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un nouveau cycle politique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;ContreTemps&lt;/i&gt; n&#176;11, septembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fin 2007, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;M.G.&lt;/span&gt; Buffet s'autoproclame candidate unitaire de la gauche antilib&#233;rale, des courants critiques du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; et certains &#233;lus iront alors jusqu'au soutien de la candidature de Jos&#233; Bov&#233;, d&#233;clar&#233; tr&#232;s peu de temps avec l'&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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