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	<title>Revue Que Faire ?</title>
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	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>Front unique et regroupement</title>
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		<dc:date>2009-10-02T16:52:24Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nicolas Verdon</dc:creator>


		<dc:subject>Regroupement</dc:subject>
		<dc:subject>Front unique</dc:subject>

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&lt;p&gt;La d&#233;cennie pass&#233;e a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le retour de mobilisations de masse apr&#232;s une longue p&#233;riode de l&#233;thargie du mouvement ouvrier. Au travers des luttes sociales, de d&#233;cembre 1995 aux gr&#232;ves contre le CPE, du mouvement altermondialiste et antiguerre des millions de personnes ont renou&#233; avec l'action collective, souvent radicale, ou en ont fait une premi&#232;re exp&#233;rience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Nicolas Verdon&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un contexte d'offensive lib&#233;rale &#224; l'&#233;chelle internationale concomitante &#224; une d&#233;rive droiti&#232;re des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no06-septembre" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;06 - Septembre / Novembre 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Regroupement" rel="tag"&gt;Regroupement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Front-unique" rel="tag"&gt;Front unique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;cennie pass&#233;e a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le retour de mobilisations de masse apr&#232;s une longue p&#233;riode de l&#233;thargie du mouvement ouvrier. Au travers des luttes sociales, de d&#233;cembre 1995 aux gr&#232;ves contre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPE&lt;/span&gt;, du mouvement altermondialiste et antiguerre des millions de personnes ont renou&#233; avec l'action collective, souvent radicale, ou en ont fait une premi&#232;re exp&#233;rience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas Verdon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un contexte d'offensive lib&#233;rale &#224; l'&#233;chelle internationale concomitante &#224; une d&#233;rive droiti&#232;re des organisations social-d&#233;mocrates qui encadraient traditionnellement le mouvement ouvrier, ces mouvements ont remis en avant la question politique donnant une responsabilit&#233; nouvelle aux mouvements qui s'opposent &#224; ces d&#233;rives. Ainsi en France, la gauche antilib&#233;rale a contribu&#233; de mani&#232;re essentielle &#224; la victoire contre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCE&lt;/span&gt;. Ce retour de la politique s'est accompagn&#233; d'une radicalisation d'une frange cons&#233;quente du mouvement. En 2002, l'extr&#234;me gauche r&#233;alisait un score &#233;lectoral sans pr&#233;c&#233;dent et suite &#224; la victoire du Non, la question d'une alternative antilib&#233;rale commen&#231;a &#224; se poser &#224; une &#233;chelle de masse sous la forme d'une recherche de candidature unitaire antilib&#233;rale pour les &#233;lections de 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette situation interpelle la gauche radicale et principalement la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; qui a pris une place importante dans ces mobilisations et compte, aujourd'hui bien plus qu'auparavant, dans le paysage politique. Ses militants sont non seulement capables de d&#233;battre &#224; une &#233;chelle bien plus large, mais ils sont &#233;galement amen&#233;s &#224; se confronter &#224; d'autres courants politiques et sont interpell&#233;s par le mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il para&#238;t donc important de faire un retour sur la fa&#231;on dont la tradition marxiste aborde la question de son intervention politique au sein des mouvements de masse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D'o&#249; vient la politique du front unique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette question fut longuement abord&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 20 au sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale et th&#233;oris&#233;e en termes de Front unique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous l'impulsion de la R&#233;volution russe, des partis communistes s'&#233;taient d&#233;velopp&#233;s dans de nombreux pays. Ils rompaient avec les partis sociaux-d&#233;mocrates dont l'orientation r&#233;formiste dominante s'&#233;tait traduite par le ralliement &#224; leurs propres bourgeoisies dans la guerre inter-imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais malgr&#233; leur caract&#232;re de masse dans certains pays, comme en France, les partis communistes ne repr&#233;sentaient qu'une minorit&#233; de la classe ouvri&#232;re, une majorit&#233; de celle-ci restant influenc&#233;e par la tradition r&#233;formiste. De surcro&#238;t, la vague r&#233;volutionnaire s'att&#233;nuant, l'objectif d'une crise r&#233;volutionnaire imm&#233;diate n'&#233;tait plus &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale le d&#233;bat se d&#233;veloppait sur la mani&#232;re d'accro&#238;tre l'influence des partis communistes. Certains courants y d&#233;veloppaient des tendances sectaires qui focalisaient sur la n&#233;cessit&#233; de d&#233;noncer les dirigeants r&#233;formistes comme des tra&#238;tres et refusaient par principe tout type d'alliance avec les partis de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; internationale. Ce faisant, le risque &#233;tait grand de se couper de tout lien avec la majorit&#233; des travailleurs encore influenc&#233;s par le r&#233;formisme et de ne plus &#234;tre en mesure de les convaincre de la n&#233;cessit&#233; d'une orientation r&#233;volutionnaire. Les principaux dirigeants de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale, en particulier L&#233;nine et Trotsky argument&#232;rent qu'il &#233;tait au contraire essentiel pour accro&#238;tre leur influence que les communistes trouvent le moyen de lutter aux c&#244;t&#233;s de ces travailleurs sur des questions sp&#233;cifiques qui puissent unir de larges fractions de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1922, Trotsky d&#233;fendait ainsi la politique du front unique&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; de front suppose donc de notre part la d&#233;cision de faire concerter pratiquement nos actions, dans certaines limites et dans des questions donn&#233;es, avec les organisations r&#233;formistes pour autant qu'elles repr&#233;sentent encore aujourd'hui la volont&#233; de fractions importantes du prol&#233;tariat en lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous nous sommes s&#233;par&#233;s des organisations r&#233;formistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Oui, parce que nous sommes en d&#233;saccord avec elles sur les questions fondamentales du mouvement ouvrier. Et pourtant, nous recherchons un accord avec elles&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, chaque fois que la masse qui les suit est pr&#234;te &#224; agir de concert avec la masse qui nous suit, et chaque fois que les r&#233;formistes sont plus ou moins forc&#233;s &#224; se faire l'instrument de cette action.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Trotsky, [Le Front unique et le communisme en France, 1922.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;parer pour unir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La trahison de la social-d&#233;mocratie avait rendu patente la n&#233;cessit&#233; de s&#233;parer les courants r&#233;volutionnaires de la social-d&#233;mocratie r&#233;formiste. Le r&#233;formisme s'&#233;tait d&#233;velopp&#233; suite &#224; la p&#233;riode d'expansion du capitalisme &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qui avait vu la possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re d'obtenir des gains substantiels dans le cadre du syst&#232;me capitaliste. Le d&#233;veloppement de la routine parlementaire dans de nombreux pays comme la France et l'Allemagne renfor&#231;ait l'illusion que le cadre pacifique et polic&#233; du Parlement devenait un substitut &#224; la lutte de classe. Ce courant r&#233;formiste avait des racines solidement ancr&#233;es dans la classe ouvri&#232;re. Influenc&#233;e de mani&#232;re contradictoire par l'exp&#233;rience des luttes sociales et politiques mais aussi par la pression des id&#233;es dominantes, elle adh&#233;rait en majorit&#233; &#224; la conception r&#233;formiste d'une gestion pacifique des antagonismes de classe. En p&#233;riode non r&#233;volutionnaire, seule une minorit&#233;, de par son exp&#233;rience de la lutte des classes et l'influence des courants r&#233;volutionnaires pr&#233;existants pouvait se forger une conscience r&#233;volutionnaire. Conserver un m&#234;me cadre organisationnel pour les courants r&#233;formiste et r&#233;volutionnaire paralysait in&#233;vitablement ce dernier en p&#233;riode de crise. Les Bolcheviks qui avaient th&#233;oris&#233; tr&#232;s t&#244;t la n&#233;cessit&#233; de cette s&#233;paration, avaient &#233;t&#233; en mesure de d&#233;velopper une politique d'opposition ind&#233;pendante et radicale &#224; la bourgeoisie pendant la guerre. En revanche, les r&#233;volutionnaires allemands, autour de Rosa Luxemburg, ne s'&#233;taient convaincus que tardivement de cette n&#233;cessit&#233; alors que la guerre faisait rage, et que la politique de collaboration de classes de la social-d&#233;mocratie avait entra&#238;n&#233; un recul et une passivit&#233; de la classe ouvri&#232;re. Alors que la r&#233;volution se pr&#233;parait &#224; l'issue de la guerre, les r&#233;volutionnaires allemands ne disposaient que d'un cadre organisationnel num&#233;riquement faible et peu exp&#233;riment&#233;. Cela devait peser lourdement par la suite sur le d&#233;veloppement de la r&#233;volution allemande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais s'il &#233;tait essentiel de se s&#233;parer organisationellement des partis r&#233;formistes pour pouvoir d&#233;velopper une politique ind&#233;pendante des bourgeoisies, il &#233;tait tout aussi n&#233;cessaire de se relier d'une mani&#232;re ou d'une autre &#224; l'ensemble des travailleurs qu'ils influen&#231;aient car la transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; ne pouvait aboutir sans que la majorit&#233; de la classe ne soit convaincue de sa n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; l'impossibilit&#233; dans une telle p&#233;riode de rassembler une majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re sur la question de la r&#233;volution, il &#233;tait possible qu'elle s'unisse sur des questions de luttes &#233;conomiques, de la d&#233;fense g&#233;n&#233;rale des droits des travailleurs. D&#233;velopper ces cadres de luttes communes au sein desquels pouvaient se c&#244;toyer r&#233;formistes et r&#233;volutionnaires favorisait la possibilit&#233; pour de larges fractions de la classe ouvri&#232;re de faire l'exp&#233;rience de luttes de masse et de cr&#233;er un rapport de forces favorable. Cela permettait en m&#234;me temps &#224; ces fractions de tirer un bilan politique des orientations r&#233;formistes et r&#233;volutionnaires et &#224; ces derniers de convaincre de la justesse de leur politique et de renforcer ainsi le courant r&#233;volutionnaire. C'est &#224; cette double n&#233;cessit&#233; que r&#233;pondait la politique de front unique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Th&#233;oris&#233;e dans une p&#233;riode particuli&#232;re, la politique du front unique n'a cependant rien de conjoncturelle. Elle est la m&#233;diation indispensable qui permet aux r&#233;volutionnaires de se lier aux masses dans une &#233;poque o&#249; la maturit&#233; du capitalisme a install&#233; l'h&#233;g&#233;monie du r&#233;formisme sur le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Si nous avions pu unir les masses ouvri&#232;res autour de notre drapeau ou sur nos mots d'ordre courants, en n&#233;gligeant les organisations r&#233;formistes, partis ou syndicats, ce serait certes, la meilleure des choses. Mais alors la question du front unique ne se poserait m&#234;me pas dans sa forme.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Trotsky reprit et d&#233;veloppa la politique du front unique face &#224; la mont&#233;e du fascisme en Allemagne. Elle est depuis constitutive du mouvement trotskiste, en particulier de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; aujourd'hui, dont elle guide la pratique politique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;N&#233;cessit&#233; d'une lutte politique pour une orientation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle pratique qui se caract&#233;rise par une tension permanente entre s&#233;paration et unit&#233;, se confronte constamment &#224; deux &#233;cueils.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier consiste &#224; se satisfaire d'une posture purement propagandiste ou &#224; rester en dehors de structures unitaires en raison du manque de radicalit&#233; des mots d'ordre. Cela revient &#224; vider de son sens le front unique. La revendication sur laquelle peut s'&#233;tablir le front unique n'a pas pour vocation de radicaliser la classe ouvri&#232;re. Elle part au contraire de la situation concr&#232;te dans laquelle se trouve la classe, et donc ses organisations, de ce qu'elle est susceptible de faire. Le mot d'ordre revendicatif a pour vocation d'&#234;tre la base minimale qui permette de l'unir dans l'action. C'est la dynamique et le rapport de force que peut cr&#233;er la mobilisation ainsi que l'intervention politique des r&#233;volutionnaires qui donnent la possibilit&#233; que le niveau de conscience s'&#233;l&#232;ve au sein du mouvement. Pendant la lutte contre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPE&lt;/span&gt;, une partie des organisations de jeunesse &#233;taient tent&#233;e par un &#233;largissement de la plate-forme revendicative sur la question plus g&#233;n&#233;rale de la pr&#233;carit&#233; de la jeunesse. Aussi l&#233;gitimes que soient ces revendications, elles auraient constitu&#233; une base trop large pour permettre de rassembler tout l'arc de force syndical et politique qui contribua aux c&#244;t&#233;s de la jeunesse &#224; faire reculer le gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant cette question de la radicalit&#233; renvoie au second &#233;cueil qui consiste &#224; s'abstenir de mener, au nom de l'unit&#233;, une lutte politique au sein du front unique, et en particulier contre les orientations r&#233;formistes. Comme l'expliquait Trotsky, cette lutte est pourtant essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En concluant des accords avec d'autres organisations nous nous imposons sans doute une certaine discipline d'action. Mais cette discipline ne peut avoir un caract&#232;re absolu. Si les r&#233;formistes sabotent la lutte, contrecarrent les dispositions des masses, nous nous r&#233;servons le droit de soutenir l'action jusqu'&#224; la fin, sans nos demi-alli&#233;s temporaires, &#224; titre d'organisation ind&#233;pendante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un renouvellement acharn&#233; des luttes entre nous et les r&#233;formistes, pourra en r&#233;sulter. Mais ce ne sera plus une simple r&#233;p&#233;tition des m&#234;mes id&#233;es dans un cercle ferm&#233;, cela signifiera &#8212; si notre tactique est bonne &#8212; un &#233;largissement de notre influence dans de nouveaux milieux prol&#233;tariens.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la mobilisation anti-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPE&lt;/span&gt;, le Parti socialiste proposa &#224; toute la gauche de s'unir pour d&#233;battre &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;avec les citoyennes et les citoyens sous forme de rencontres publiques sur l'ensemble des propositions alternatives pour 2007&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Appel de la gauche, 8&#160;f&#233;vrier 2006.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est clair qu'une telle orientation avait pour vocation de substituer la politique institutionnelle par en haut &#224; la mobilisation de masse, comme le fit malheureusement avec succ&#232;s par exemple le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; en 1968&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; n'avait certes plus le cr&#233;dit suffisant ni la force militante pour imposer cette orientation, mais il &#233;tait cependant indispensable que la gauche r&#233;volutionnaire la combatte au sein du mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ne pas mener une telle lutte au sein d'un front unique priverait l'ensemble des travailleurs de la possibilit&#233; de tirer les meilleurs bilans politiques des mouvements de masse et en particulier sur les orientations propos&#233;es par les diff&#233;rentes organisations qui le composent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la discussion sur le d&#233;bat strat&#233;gique, Sabado revient sur cette question en citant Daniel Bensaid&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le front unique a toujours un aspect tactique. Les organisations r&#233;formistes ne le sont pas par confusion, incons&#233;quence ou manque de volont&#233;. Elles expriment des cristallisations sociales et mat&#233;rielles. Les directions r&#233;formistes peuvent donc &#234;tre des alli&#233;s politiques tactiques pour contribuer &#224; unifier la classe. Mais elles demeurent strat&#233;giquement des ennemis en puissance. Le front unique vise donc &#224; cr&#233;er les conditions permettant de rompre dans le meilleur rapport de forces possible avec ces directions, au moment de choix d&#233;cisifs, et d'en d&#233;tacher les plus larges masses possible.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Daniel Bensa&#239;d, Crise et strat&#233;gie, 1986.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle rupture n'a rien &#224; voir avec une quelconque manoeuvre de r&#233;cup&#233;ration. Lorsque les mobilisations de masse se d&#233;veloppent, elles se trouvent confront&#233;es &#224; de nouvelles questions, comme l'extension du mouvement ou la r&#233;pression par l'&#201;tat. Les r&#233;ponses et orientations apport&#233;es par les diff&#233;rentes composantes du front unique peuvent diverger diam&#233;tralement et justifier une rupture de front. Lors du contre sommet de G&#234;nes en 2001 une partie des organisations qui avaient construit la mobilisation unitaire, en particulier Attac, proposa d'annuler la manifestation de cl&#244;ture face au d&#233;cha&#238;nement r&#233;pressif de l'Etat italien, apr&#232;s le meurtre de Carlo Giuliani. Une telle annulation aurait signifi&#233; une &#233;norme d&#233;faite pour le mouvement altermondialiste et aurait d&#233;moralis&#233; une grande partie du mouvement. Cette orientation ne fut heureusement pas suivie. Mais si elle avait triomph&#233;, il aurait &#233;t&#233; indispensable de rompre alors le front unitaire et de construire avec les forces pr&#234;tes &#224; s'y engager une mobilisation qui puisse s'opposer &#224; ce sentiment de d&#233;faite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique de front unique n&#233;cessite donc de pr&#233;server au sein du front unique, l'ind&#233;pendance politique de l'organisation afin d'y mener une lutte d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle autonomie des luttes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette intervention politique au sein du mouvement ne signifie pas une remise en cause de l'autonomie des mouvements. En 1998, des animateurs du mouvement social lan&#231;aient un &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;appel pour l'autonomie du mouvement social&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171;&#160;Appel pour l'autonomie du mouvement social&#160;&#187;, Lib&#233;ration, ao&#251;t (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet appel exprimait une d&#233;fiance vis-&#224;-vis de l'intervention politique au sein des mouvements, en particulier celle de la gauche plurielle au gouvernement, mais plus g&#233;n&#233;ralement contre les tentatives de r&#233;cup&#233;ration ou de manipulations partisanes du mouvement &#224; l'instar des vieilles m&#233;thodes staliniennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autonomie du mouvement est un des meilleurs garants de sa r&#233;ussite, dans le sens o&#249; la mise en place de structures d&#233;mocratiques o&#249; chacun puisse participer &#224; l'organisation et &#224; l'orientation des luttes, amplifie sa coh&#233;sion et sa puissance. Elle permet &#224; ceux qui participent au mouvement d'en &#234;tre les principaux acteurs et non de simples ex&#233;cutants. Une des raisons principales de la puissance de la campagne du Non a &#233;t&#233; de s'appuyer sur un &#233;norme r&#233;seau de collectifs, impliquant activement des dizaines de milliers de personnes dans les d&#233;bats politiques et l'&#233;laboration d'initiatives locales. Mais cette autonomie ne signifie pas que les organisations doivent s'abstenir d'intervenir en tant que telles et prendre position au sein du mouvement, que ce soit par l'interm&#233;diaire de ses repr&#233;sentants, de ses militants ou de ses outils de propagande. Bien au contraire, les diff&#233;rentes orientations qui existent n&#233;cessairement, de par la nature m&#234;me du front unique, doivent pouvoir &#234;tre d&#233;battues d&#233;mocratiquement et ouvertement au sein du mouvement. Ne pas le faire ouvre la voie &#224; des discussions cach&#233;es qui se limitent au sommet et &#224; des m&#233;thodes manoeuvri&#232;res. La revendication qui &#233;mergea au sein des collectifs du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NON&lt;/span&gt; et qui demandait une repr&#233;sentation des collectifs en tant que tels &#224; la direction du mouvement &#233;tait en ce sens totalement l&#233;gitime. L'autonomie doit donc s'entendre comme l'organisation d&#233;mocratique du front unique et en particulier permettre le d&#233;bat sur les orientations de ses diff&#233;rentes composantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des fronts uniques d'un nouveau type&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les luttes r&#233;centes contre la guerre ou le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CPE&lt;/span&gt; confirment que l'approche classique du front unique sur une question sp&#233;cifique est toujours d'actualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, la r&#233;sistance de masse qui s'est d&#233;velopp&#233;e face &#224; l'offensive lib&#233;rale et &#224; la d&#233;rive social-lib&#233;rale du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; a fait &#233;merger des fronts de lutte assez diff&#233;rents des fronts uniques classiques. Si un mouvement comme Attac pouvait &#224; son lancement &#234;tre consid&#233;r&#233; comme centr&#233; sur une objectif restreint tel que la taxation des flux financiers, son champ politique s'est rapidement &#233;largi &#224; la critique plus globale de la mondialisation lib&#233;rale, prenant toutes sortes de positions allant de la d&#233;nonciation de la financiarisation de l'&#233;conomie &#224; la lutte contre les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OGM&lt;/span&gt;.&#160;L'explosion du mouvement altermondialiste &#224; partir de la manifestation de Seattle participait de cette m&#234;me dynamique. Le mouvement des Forums sociaux a ainsi vu converger et d&#233;battre sur des plates-formes politiques tr&#232;s larges de nombreuses organisations du mouvement social aux origines tr&#232;s diverses et des syndicats. M&#234;me si les organisations politiques &#233;taient formellement exclues de ces plates-formes, elles n'en &#233;taient pas moins pr&#233;sentes et m&#234;me parfois tr&#232;s pr&#233;sentes comme le fut Rifondazione Communista lors du Forum social de Florence. En France, cette m&#234;me dynamique s'est concr&#233;tis&#233;e dans le puissant front de la gauche antilib&#233;rale contre le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si ces fronts tranchent avec la base &#233;troite des fronts uniques classiques, l'approche historique des marxistes n'en reste pas moins pertinente. Ni la g&#233;om&#233;trie, ni le contenu d'un front unique ne sont des donn&#233;es pr&#233;d&#233;termin&#233;es, elles d&#233;pendent comme il a &#233;t&#233; dit pr&#233;c&#233;demment de la situation concr&#232;te dans laquelle se trouve la classe. L'&#233;largissement des plates-formes refl&#232;te ainsi le d&#233;veloppement d'une conscience radicale et critique qui se manifeste aujourd'hui jusque dans les organisations r&#233;formistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les d&#233;veloppements r&#233;cents de ce mouvement de radicalisation semblent cependant poser plus de difficult&#233;s quant &#224; l'approche que doivent adopter les r&#233;volutionnaires. La tendance vers une recomposition de la gauche radicale s'est pos&#233;e &#224; une &#233;chelle importante dans de nombreux pays. De nouveaux partis ou des coalitions &#233;lectorales (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SSP&lt;/span&gt; en Ecosse, Linkspartei en Allemagne, Respect en Grande Bretagne, int&#233;gration du courant de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; internationale dans Rifondazione Communista) ont &#233;merg&#233;, qui rassemblent de mani&#232;re plus ou moins l&#226;ches des courants r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes en rupture avec les d&#233;rives social-lib&#233;rales. Cette tendance r&#233;sulte d'un processus de diff&#233;renciation politique qui s'est op&#233;r&#233; au sein de la gauche au travers du mouvement de masse&#160;: mobilisation contre l'agenda 2010 en Allemagne, mouvement antiguerre en Grande Bretagne. En France, la tentative avort&#233;e d'une candidature unitaire de la gauche antilib&#233;rale pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle traduit le m&#234;me processus, suite &#224; la diff&#233;renciation issue de la campagne du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NON&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La difficult&#233; qu'a la gauche r&#233;volutionnaire et en particulier la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; &#224; aborder cette question n'est pas &#233;tonnante tant elle semble remettre en cause la s&#233;paration entre courants r&#233;formistes et r&#233;volutionnaires dont l'histoire a pourtant montr&#233; la n&#233;cessit&#233;. Les d&#233;boires du courant de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; internationale au sein du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PT&lt;/span&gt; br&#233;silien ainsi que les probl&#232;mes auxquels sont confront&#233;s nos camarades italiens depuis le tournant de Rifondazione et son adh&#233;sion &#224; la coalition de Prodi montrent sans conteste que ces difficult&#233;s ne sont pas simplement &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;psychologiques&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mais bien concr&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il appara&#238;t cependant de plus en plus clairement qu'&#224; notre &#233;poque, un tel regroupement est le chemin incontournable vers l'&#233;mergence de partis r&#233;volutionnaires de masse et qu'en se tenant &#224; l'&#233;cart les organisations r&#233;volutionnaires risquent de se marginaliser durablement.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'approche historique du front unique reste aujourd'hui un outil fondamental pour aborder la question du regroupement, car elle permet d'associer la construction de fronts politiques larges englobant des courants d'origines diverses qui drainent la radicalisation sociale et politique &#224; celle d'une organisation politique r&#233;volutionnaire qui garde son ind&#233;pendance afin d'y mener une n&#233;cessaire lutte d'orientation. Le cours du d&#233;veloppement futur du mouvement de radicalisation posera n&#233;cessairement de nouvelles questions comme par exemple celle d&#233;j&#224; pr&#233;sente de la participation &#224; un gouvernement. &#192; ces questions les divers courants du regroupement r&#233;pondront certainement de mani&#232;res diff&#233;rentes. Les d&#233;bats politiques et la pression du mouvement y engendreront de nouvelles diff&#233;renciations et de nouveaux regroupements. C'est de ce processus que pourrait na&#238;tre dans le futur une conscience r&#233;volutionnaire de masse, &#224; condition qu'un courant r&#233;volutionnaire structur&#233; y d&#233;fende des orientations cons&#233;quentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vouloir appliquer la politique de front unique &#224; la question du regroupement politique peut para&#238;tre in&#233;dit. Pourtant cette conception large du front unique n'est pas nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;n&#233;ration en paroles des Soviets est aussi r&#233;pandue dans les cercles &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de gauche&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que l'incompr&#233;hension de leur fonction historique. Les Soviets sont d&#233;finis le plus souvent comme les organes de la lutte pour le pouvoir, les organes du soul&#232;vement et enfin les organes de la dictature [du prol&#233;tariat, NdlR]. Ces d&#233;finitions sont formellement correctes. Mais elles n'&#233;puisent pas la fonction historique des Soviets. Et surtout, elles n'expliquent pas pourquoi ce sont pr&#233;cis&#233;ment les Soviets qui sont n&#233;cessaires dans la lutte pour le pouvoir. La r&#233;ponse &#224; cette question est la suivante&#160;: de m&#234;me que le syndicat est la forme &#233;l&#233;mentaire du front unique dans la lutte &#233;conomique, de m&#234;me le Soviet est la forme la plus &#233;lev&#233;e du front unique, quand arrive pour le prol&#233;tariat l'&#233;poque de la lutte pour le pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Soviet en lui-m&#234;me ne poss&#232;de aucune force miraculeuse. Il n'est que le repr&#233;sentant de classe du prol&#233;tariat avec tous ses c&#244;t&#233;s forts et ses c&#244;t&#233;s faibles. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cela, et seulement cela, qui fait que le Soviet offre la possibilit&#233; organisationnelle aux ouvriers des diff&#233;rentes tendances politiques et qui sont &#224; des niveaux diff&#233;rents de d&#233;veloppement, d'unir leurs efforts dans la lutte r&#233;volutionnaire pour le pouvoir. Dans la situation actuelle pr&#233;-r&#233;volutionnaire, les ouvriers allemands d'avant-garde doivent avoir une id&#233;e tr&#232;s claire de la fonction historique des Soviets en tant qu'organes du front unique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Trotsky, La r&#233;volution allemande et la bureaucratie stalinienne, (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas aberrant que dans la p&#233;riode transitoire de radicalisation sociale que nous connaissons, bien en avance sur la simple lutte syndicale, et encore bien loin d'une p&#233;riode r&#233;volutionnaire, la question du regroupement puisse &#233;galement &#234;tre abord&#233;e sous l'aspect du front unique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une telle approche aurait sans doute permis des avanc&#233;es substantielles dans la voie du regroupement lors du d&#233;bat r&#233;cent sur les candidatures unitaires. Ce d&#233;bat s'est pos&#233; &#224; une &#233;chelle de masse et &#224; partir des collectifs qui ont men&#233; la campagne pour le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NON&lt;/span&gt;, interpellant l'ensemble des forces de la gauche antilib&#233;rale. Il refl&#233;tait une volont&#233; de s'&#233;manciper de la domination du social-lib&#233;ralisme. Pour autant, il posait un probl&#232;me politique important que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; a clairement identifi&#233;, &#224; savoir si l'objectif visait &#224; la formation d'une gauche clairement ind&#233;pendante du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; qui s'appuie sur le mouvement social ou s'il visait &#224; peser de mani&#232;re institutionnelle, au travers du Parlement ou d'un gouvernement, sur l'orientation du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; par un jeu d'alliances plus ou moins avou&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ambigu&#239;t&#233; du texte d'orientation strat&#233;gique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Texte ambition et strat&#233;gie, collectifs pour une candidature unitaire, 10 (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; issu de la r&#233;union des collectifs du 10&#160;septembre &#233;tait bien r&#233;elle. Et il ne fait pas de doute que l'objectif de la direction du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt; &#233;tait de s'appuyer sur cette ambigu&#239;t&#233; pour d&#233;fendre &#224; terme, au sein de la dynamique unitaire, une orientation vers ce deuxi&#232;me objectif. Cependant la r&#233;union de Saint-Ouen du 9-10&#160;d&#233;cembre 2007 a montr&#233; qu'une grande partie du mouvement, y compris de nombreux communistes, n'&#233;taient pas pr&#234;ts &#224; suivre une telle orientation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malheureusement la politique de la direction de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; a consist&#233; &#224; vouloir faire de la lev&#233;e de l'ambigu&#239;t&#233; un pr&#233;alable &#224; la dynamique unitaire Elle ne s'est donc jamais pleinement investie dans sa construction, rompant d&#233;finitivement le front unitaire &#224; l'issue du 10&#160;septembre, m&#234;me si nombre de ses militants ont continu&#233; dans cette voie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or sa participation &#224; la dynamique unitaire tout en d&#233;fendant de haut en bas sa propre orientation aurait pu permettre que la clarification n&#233;cessaire s'op&#232;re &#224; l'&#233;chelle d'une grande partie du mouvement. Sans aucun doute, une candidature unitaire ne pouvait pas aboutir avec tout l'arc de la gauche antilib&#233;rale. Peut-&#234;tre n'aurait-elle pu aboutir qu'avec une partie des composantes plus claire sur l'attitude vis-&#224;-vis du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt;, comme celle qui s'est tourn&#233;e vers la candidature Bov&#233;. Mais m&#234;me en cas d'&#233;chec, une telle orientation aurait permis que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; ne soit pas per&#231;ue comme un frein &#224; la dynamique unitaire, &#224; l'instar du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PCF&lt;/span&gt;, mais au contraire comme sa composante la plus cons&#233;quente ouvrant la voie &#224; un approfondissement du regroupement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;chec de la candidature unitaire ne marque pas la fin de la tendance au regroupement qui est profond&#233;ment inscrite dans la p&#233;riode actuelle. Le processus de regroupement et de diff&#233;renciation va continuer en interaction avec le mouvement de masse. Il est important que la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LCR&lt;/span&gt; continue de s'inspirer de la tradition marxiste du front unique pour aborder cette question et guider son intervention politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Trotsky, [&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/03/lt19220302a.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Le Front unique et le communisme en France&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, 1922.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Appel de la gauche, 8&#160;f&#233;vrier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Bensa&#239;d, &lt;i&gt;Crise et strat&#233;gie&lt;/i&gt;, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Appel pour l'autonomie du mouvement social&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, ao&#251;t 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Trotsky, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/01/320127i.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La r&#233;volution allemande et la bureaucratie stalinienne&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, 1932.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.alternativeunitaire2007.org/spip/article.php3?id_article=292&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Texte ambition et strat&#233;gie&lt;/a&gt;, collectifs pour une candidature unitaire, 10&#160;septembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Diff&#233;renciation et regroupement&#160;: L'histoire comme t&#233;moin</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/Differenciation-et-regroupement-L</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.quefaire.lautre.net/Differenciation-et-regroupement-L</guid>
		<dc:date>2009-09-14T22:59:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Verdon</dc:creator>


		<dc:subject>Regroupement</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question du regroupement n'est pas nouvelle, elle est pos&#233;e dans toutes p&#233;riodes de radicalisation de masse. La base de tout changement r&#233;volutionnaire est la mise en mouvement massive de la classe ouvri&#232;re. Elle se traduit par une politisation croissante de larges couches, par une diff&#233;renciation politique entre ceux qui craignent le mouvement de masse, d&#233;fendent le retour &#224; un compromis et ceux qui pensent que le mouvement de masse est la force motrice du changement, et cherchent &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no02-novembre-2005" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;02 - Novembre 2005 / janvier 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Regroupement" rel="tag"&gt;Regroupement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question du regroupement n'est pas nouvelle, elle est pos&#233;e dans toutes p&#233;riodes de radicalisation de masse. La base de tout changement r&#233;volutionnaire est la mise en mouvement massive de la classe ouvri&#232;re. Elle se traduit par une politisation croissante de larges couches, par une diff&#233;renciation politique entre ceux qui craignent le mouvement de masse, d&#233;fendent le retour &#224; un compromis et ceux qui pensent que le mouvement de masse est la force motrice du changement, et cherchent &#224; l'approfondir. Mais seule une exp&#233;rience politique commune peut faire na&#238;tre de ce processus de diff&#233;rentiation une orientation commune. C'est pourquoi la question du regroupement est fondamentale dans les p&#233;riodes de radicalisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dans la suite de la r&#233;volution russe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution russe de 1917 ouvrit une p&#233;riode de radicalisation &#224; l'&#233;chelle internationale. La classe ouvri&#232;re &#233;tait &#224; l'offensive, une vague r&#233;volutionnaire secouait l'Europe en Hongrie, en Italie, en Allemagne. Mais le processus de radicalisation s'y d&#233;roula dans des conditions bien diff&#233;rentes de celles qui pr&#233;valaient en Russie. Le mouvement ouvrier russe, jeune et peu structur&#233;, y avait connu la r&#233;volution de 1905. La bourgeoisie qui avait pris fait et cause pour la r&#233;pression tsariste y avait peu d'emprise id&#233;ologique&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les courants r&#233;formistes &#233;taient loin d'&#234;tre h&#233;g&#233;moniques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En revanche, dans les pays &#233;conomiquement plus avanc&#233;s, le mouvement ouvrier &#233;tait bien plus structur&#233;, organis&#233; au travers de syndicats et de partis sociaux-d&#233;mocrates puissants - le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PDS&lt;/span&gt; allemand qui comptait plus d'un million de membres au d&#233;but du si&#232;cle &#233;tait un v&#233;ritable Etat social dans l'Etat. Cette force avait une contrepartie. Polic&#233; par la pratique parlementaire, la n&#233;gociation entre syndicats et patronat, le mouvement ouvrier &#233;tait fortement domin&#233; par une vision r&#233;formiste du changement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La faillite des partis sociaux-d&#233;mocrates issus de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; internationale fut patente avec leur ralliement pendant la guerre &#224; l'Union sacr&#233;e. Cependant, les processus de diff&#233;renciation en &#339;uvre au sein du mouvement ouvrier sous l'impulsion de la r&#233;volution russe et qui men&#232;rent &#224; la constitution de partis communistes de masse, ne furent pas simples. L'exemple de la scission du congr&#232;s de Tour et la formation du Parti communiste n'est pas le plus caract&#233;ristique de la p&#233;riode. En effet contrairement &#224; l'Allemagne ou a l'Italie, la France n'&#233;tait pas travers&#233;e par une crise r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Allemagne le processus de diff&#233;renciation et de regroupement y fut bien plus complexe (Cf. article suivant). Si l'insurrection de 1919 donna naissance &#224; un parti communiste, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;KPD&lt;/span&gt; qui atteignit rapidement plusieurs dizaines de milliers de membres, un mouvement bien plus massif de radicalisation se fit autour du parti centriste l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USPD&lt;/span&gt;. Il avait scissionn&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPD&lt;/span&gt; sur des positions pacifistes pendant la guerre mais pouvait se pr&#233;valoir de l'aura pass&#233;e et de dirigeants historiques du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPD&lt;/span&gt;. Il comptait pr&#232;s de 600 000 membres en 1920. En pleine crise r&#233;volutionnaire, l'exp&#233;rience politique de ses membres, et des millions d'ouvriers qu'il influen&#231;ait, la confrontation aux orientations oscillantes de sa direction, entre discours r&#233;volutionnaire et recherche d'un compromis conduisit &#224; de nouvelles diff&#233;renciations et regroupements. L'insistance des dirigeants de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale &#224; relier le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;KPD&lt;/span&gt; au courant de gauche qui polarisait l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USPD&lt;/span&gt;, montre &#224; quel point, le regroupement &#233;tait alors une pr&#233;occupation strat&#233;gique pour construire un parti de masse susceptible de r&#233;pondre aux enjeux de la p&#233;riode. Cette orientation aboutit en 1921 &#224; la fusion du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;KPD&lt;/span&gt; et de la gauche de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USPD&lt;/span&gt; et &#224; la cr&#233;ation du plus gros parti communiste de masse fort de 400000 membres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ann&#233;es trente&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode de radicalisation des ann&#233;es 30 eut lieu dans une configuration bien diff&#233;rente. Confront&#233;e &#224; une crise &#233;conomique sans pr&#233;c&#233;dent, la classe dirigeante opta pour des attaques frontales contre le mouvement ouvrier organis&#233;, en m&#234;me temps que croissaient les tensions inter-imp&#233;rialistes. En Allemagne, le nazisme avait &#233;cras&#233; les organisations ouvri&#232;res puissantes mais terriblement divis&#233;es sans que la r&#233;sistance ne s'y organise. En France des fractions de la classe dirigeante criaient &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Plut&#244;t Hitler que Blum&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; tandis qu'en Espagne, Franco fourbissait son coup d'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la riposte unitaire du mouvement ouvrier fran&#231;ais, le 6&#160;f&#233;vrier 1934, aux manifestations fascistes des &#8216;croix de feu' marqua le d&#233;but d'une radicalisation sociale et politique qui atteint son apog&#233;e en France avec la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de juin 1936 et en Espagne avec le d&#233;clenchement, la m&#234;me ann&#233;e, de la r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si le rapport des forces entre les classes &#233;tait bien diff&#233;rent de celui de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, il en &#233;tait de m&#234;me du rapport des forces au sein du mouvement ouvrier. La social-d&#233;mocratie avait reconstitu&#233; une partie de ses forces et elle se partageait l'h&#233;g&#233;monie sur le mouvement ouvrier avec des partis communiste puissants mais dont l'orientation dict&#233;e par Staline avait d&#233;finitivement rompu avec tout changement r&#233;volutionnaire. Ceux qui d&#233;fendaient la tradition de la r&#233;volution russe, r&#233;unis autour de Trotsky, &#233;taient tr&#232;s peu nombreux et largement isol&#233;s de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, &#224; une &#233;chelle bien plus faible que dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne de diff&#233;renciation et de rupture politique partielle avec les orientations r&#233;formistes ou staliniennes se d&#233;veloppait. Des courants centristes s'organisaient dans de nombreux pays num&#233;riquement bien plus cons&#233;quents que les courants trotskystes. En 1931, l'opposition de gauche du Labour Party scissionna, pour former l'Independent Labour Party. La m&#234;me ann&#233;e, une scission de gauche du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPD&lt;/span&gt;, ainsi que d'anciens membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;KPD&lt;/span&gt; fondent le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAP&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Sozialistische Arbeiterpartei, Parti des travailleurs socialistes' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un m&#234;me processus de radicalisation se d&#233;veloppait sein de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; en France, la Gauche r&#233;volutionnaire autour de Marceau Pivert y d&#233;fendit &#224; partir de 1935 des orientations radicales sur le processus du Front populaire puis en soutien &#224; la r&#233;volution espagnole. Exclus en 1938, 6 000 de ses militants fond&#232;rent un nouveau parti, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSOP&lt;/span&gt; mais dans une situation ou la d&#233;moralisation avait d&#233;j&#224; gagn&#233; l'ensemble de la classe ouvri&#232;re. En Espagne, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POUM&lt;/span&gt; qui se constitua en 1935 allait repr&#233;senter au c&#244;t&#233; de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CNT&lt;/span&gt; l'aile radicale de la r&#233;volution. Au cours de la premi&#232;re ann&#233;e de la r&#233;volution, ses effectifs atteignirent 30 000 membres, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POUM&lt;/span&gt; publiait de nombreux journaux et organisait ses propres milices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La correspondance que Trotsky entretient avec de nombreux dirigeants centristes (Piverts, Nin...) et les d&#233;bats internes qui traversent le courant trotskyste, bient&#244;t r&#233;uni au sein de la Quatri&#232;me Internationale montrent l'enjeu que repr&#233;sentaient pour les r&#233;volutionnaires les possibilit&#233;s de regroupement. Dans les conditions particuli&#232;res des rapports de forces, l'apparition de ces organisations repr&#233;sentait un pas en avant dans la possibilit&#233; de construire une orientation politique de masse qui puisse r&#233;pondre aux terribles enjeux de la p&#233;riode. Voici ce qui disait Trotsky au sujet de l'Allemagne au d&#233;but des ann&#233;es 30&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'apparition du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAP&lt;/span&gt; est un ph&#233;nom&#232;ne contradictoire. Il aurait mieux valu, &#233;videmment, que les ouvriers adh&#232;rent directement au Parti communiste. Mais pour cela, le Parti communiste aurait d&#251; avoir une autre politique et une autre direction. Il faut juger le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAP&lt;/span&gt; non &#224; partir d'un Parti communiste id&#233;al, mais du parti tel qu'il est en fait. Dans la mesure o&#249; le Parti communiste restait sur les positions de &#8216;l'ultimatisme bureaucratique' et s'opposait aux forces centrifuges &#224; l'int&#233;rieur de la social-d&#233;mocratie, l'apparition du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAP&lt;/span&gt; &#233;tait in&#233;vitable et progressiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'existence d'une direction centriste limite consid&#233;rablement ce caract&#232;re progressiste du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAP&lt;/span&gt;. Si une telle direction se stabilise, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAP&lt;/span&gt; est perdu. Accepter le centrisme du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAP&lt;/span&gt; au nom du r&#244;le globalement progressiste de ce parti reviendrait &#224; liquider ce r&#244;le progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce constat g&#233;n&#233;ral pouvait s'appliquer &#224; l'ensemble des regroupements qui eurent lieu dans cette p&#233;riode. En cons&#233;quence, en Grande-Bretagne, le courant trotskyste entra dans l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ILP&lt;/span&gt;, en France, il rejoignit temporairement la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; en tant que tendance r&#233;volutionnaire anticipant l'&#233;mergence du courant de gauche puis s'int&#233;gra dans le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSOP&lt;/span&gt;. Mais l'h&#233;g&#233;monie de la social-d&#233;mocratie et du stalinisme sur la classe ouvri&#232;re ainsi que l'extr&#234;me faiblesse des courants r&#233;volutionnaires de l'&#233;poque ne leur permirent pas de mettre cette critique en pratique et de contribuer &#224; l'&#233;mergence de partis radicaux de masse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ann&#233;es 1970&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre laissait entrevoir des radicalisations importantes, en France en 1947 et surtout en Gr&#232;ce, le poids du stalinisme, lanc&#233; d&#232;s l'apr&#232;s-guerre dans la reconstruction nationale et le boom &#233;conomique qui allait durer trente ans y mirent fin rapidement. Les partis communistes, par&#233;s de la victoire de l'Arm&#233;e rouge sur le nazisme, &#233;taient plus puissants que jamais en France et en Italie. Ailleurs, la social-d&#233;mocratie restait h&#233;g&#233;monique sur le mouvement ouvrier. Cependant, des changements profonds s'op&#233;raient au sein de la classe ouvri&#232;re. De nouvelles couches du salariat se d&#233;veloppaient, loin des bastions politiques traditionnels de la gauche, et la jeunesse scolaris&#233;e se massifiait. Id&#233;ologiquement la social-d&#233;mocratie tourn&#233;e vers le keyn&#233;sianisme abandonnait les r&#233;f&#233;rences marxistes&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quant aux partis communistes, leur image allait &#234;tre mise &#224; mal par la r&#233;pression de la r&#233;volution hongroise en 1956 puis par celle du Printemps de Prague. La radicalisation qui s'op&#233;ra au d&#233;but des ann&#233;es 1960 sur la question des guerres coloniales en Alg&#233;rie et au Vietnam puis l'explosion sociale mondiale que constitua l'ann&#233;e 1968 produisit une politisation intense (lutte des Noirs aux &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;USA&lt;/span&gt;, mouvements pour la lib&#233;ration des femmes et des homosexuels, mouvements &#233;tudiants...) en particulier dans la jeunesse. Cette situation permit aux petits noyaux de la gauche r&#233;volutionnaire, dont de nombreux membres pratiquaient un entrisme clandestin dans les grosses organisations du mouvement ouvrier, de regrouper une partie de cette radicalit&#233;. Pour la premi&#232;re fois depuis la fin des ann&#233;es 20, la gauche r&#233;volutionnaire sortait de la marginalit&#233; dans laquelle l'avait plong&#233; le stalinisme et se constituait en force ind&#233;pendante, certes faible &#224; l'&#233;chelle du mouvement ouvrier mais regroupant plusieurs milliers de membres. La radicalisation produisit &#233;galement, comme dans les p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes, des diff&#233;renciations &#224; la gauche des grandes organisations. Mais la nature de la crise qui se d&#233;veloppait au milieu des ann&#233;es 1970 &#233;tait diff&#233;rente de celle des ann&#233;es 30. Elle ne produisit pas une polarisation croissante et se transforma en reflux des luttes et en une d&#233;moralisation grandissante de la classe ouvri&#232;re, confront&#233;e au ch&#244;mage de masse. En France, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PSU&lt;/span&gt; qui s'&#233;tait d&#233;tach&#233; sur la gauche de la social-d&#233;mocratie sur la question alg&#233;rienne au d&#233;but des ann&#233;es 60 et qui allait atteindre jusqu'&#224; 15 000 membres, retourna en grande partie dans le Parti socialiste de Mitterrand au moment o&#249; les luttes reflu&#232;rent. Dans de nombreux pays, en France, en Italie, le reflux des luttes b&#233;n&#233;ficia g&#233;n&#233;ralement aux partis sociaux-d&#233;mocrates tandis que les partis communistes entamaient leur d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La p&#233;riode de radicalisation actuelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le prolongement de la crise structurelle du capitalisme, accompagn&#233; d'un ch&#244;mage massif a profond&#233;ment d&#233;structur&#233; le mouvement ouvrier. Les effectifs syndicaux ont &#233;norm&#233;ment diminu&#233;, l'effondrement du stalinisme apr&#232;s la chute du bloc de l'Est et la participation de la social-d&#233;mocratie aux politiques d'aust&#233;rit&#233; puis leur conversion au social-lib&#233;ralisme ont fait durablement reculer leur capacit&#233; traditionnelle &#224; encadrer le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans cette situation in&#233;dite qu'une nouvelle p&#233;riode de radicalisation sociale et politique s'est ouverte au milieu des ann&#233;es 1990 - d&#233;cembre 95 en France, l'explosion du mouvement altermondialiste apr&#232;s Seattle, le mouvement antiguerre. D'importantes diff&#233;renciations qui se sont d&#233;velopp&#233;es sur ces questions se cristallisent aujourd'hui en regroupements politiques, en Allemagne, en Grande-Bretagne, au Portugal. La campagne du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NON&lt;/span&gt; de gauche en France participe du m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne. Il ne fait pas de doute, au regard des p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes de radicalisation qu'il s'agit d'un pas en avant, qui peut favoriser, par une exp&#233;rience politique commune, la constitution d'organisations de masse susceptibles de peser sur l'orientation du mouvement ouvrier. Mais la situation n'est pas seulement in&#233;dite parce qu'elle se produit dans une configuration o&#249; les organisations social-d&#233;mocrates et les organisations traditionnelles d'encadrement du mouvement ouvrier sont affaiblies, elle l'est aussi parce que dans de nombreux pays la gauche r&#233;volutionnaire organis&#233;e, issue de la p&#233;riode des ann&#233;es 70, repr&#233;sente ou peut repr&#233;senter un poids cons&#233;quent dans ces regroupements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sozialistische Arbeiterpartei&lt;/i&gt;, Parti des travailleurs socialistes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que le r&#233;formisme&#160;?</title>
		<link>http://www.quefaire.lautre.net/Qu-est-ce-que-le-reformisme</link>
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		<dc:date>2009-09-05T16:28:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diane Adam, Nicolas Verdon</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;formisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier europ&#233;en s'est structur&#233; politiquement &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. Sous l'impulsion de la deuxi&#232;me Internationale, des partis sociaux-d&#233;mocrates se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; une &#233;chelle de masse. Ainsi en Allemagne, au d&#233;but du XXe si&#232;cle, le SPD comptait plus d'un million de membres. Il contr&#244;lait des dizaines de quotidiens, des syndicats, de nombreuses associations&#160;; le parti constituait un v&#233;ritable Etat dans l'Etat. En France, la SFIO cr&#233;&#233;e en 1905 &#233;tait bien plus modeste mais elle allait (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no0-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - LCR - n&#176;0 - Janvier/mars 2005&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Reformisme" rel="tag"&gt;R&#233;formisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier europ&#233;en s'est structur&#233; politiquement &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Sous l'impulsion de la deuxi&#232;me Internationale, des partis sociaux-d&#233;mocrates se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; une &#233;chelle de masse. Ainsi en Allemagne, au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPD&lt;/span&gt; comptait plus d'un million de membres. Il contr&#244;lait des dizaines de quotidiens, des syndicats, de nombreuses associations&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le parti constituait un v&#233;ritable Etat dans l'Etat. En France, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; cr&#233;&#233;e en 1905 &#233;tait bien plus modeste mais elle allait tripler ses effectifs en moins de dix ans pour atteindre pr&#232;s de 100 000 membres &#224; la veille de la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;veloppement des analyses r&#233;formistes au sein de la social-d&#233;mocratie au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Domin&#233;e par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SPD&lt;/span&gt; allemand, la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale se revendiquait du marxisme. En th&#233;orie elle pr&#233;tendait n'avoir aucune illusion dans le parlementarisme et n'opposait pas r&#233;forme et r&#233;volution. Comme l'&#233;crivait Rosa Luxemburg dans &lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/luxembur/r_ou_r/r_ou_r0.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;la pol&#233;mique qu'elle mena alors contre le r&#233;formisme&lt;/a&gt;&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt; Entre la r&#233;forme sociale et la r&#233;volution, la social-d&#233;mocratie voit un lien indissoluble&#160;: la lutte pour la r&#233;forme &#233;tant le moyen, et la r&#233;volution sociale le but&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant entre la th&#233;orie et la pratique quotidienne des organisations social-d&#233;mocrates, le foss&#233; ne cessait de s'&#233;largir. En France, le socialiste Millerand d&#233;fendait publiquement l'id&#233;e que la transformation sociale passait par le parlement et par l'action gouvernementale. Ceci l'amena, au tournant du si&#232;cle, &#224; entrer dans un gouvernement bourgeois. Ce n'&#233;tait pas un comportement marginal&#160;: de telles positions refl&#233;taient tout un courant r&#233;formiste qui se d&#233;veloppait au sein de la social-d&#233;mocratie. Il a trouv&#233; son expression th&#233;orique la plus aboutie chez le socialiste allemand Eduard Bernstein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Celui-ci expliquait en substance que les transformations r&#233;centes qu'avait connues le syst&#232;me capitaliste rendaient la r&#233;volution inutile. Le d&#233;veloppement des cartels patronaux, du syst&#232;me de cr&#233;dit, de moyens de communication modernes, le d&#233;veloppement des syndicats ouvriers, l'am&#233;lioration des conditions de vie ouvri&#232;res, la persistance des classes moyennes&#8230; &#233;taient la preuve de l'adaptation du syst&#232;me, de l'att&#233;nuation des contradictions internes du capitalisme. Ces transformations qui t&#233;moignaient d'une tendance grandissante &#224; la socialisation de la production ouvraient la voie &#224; un passage pacifique au socialisme au moyen de r&#233;formes progressives, par l'action syndicale et la voie parlementaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bernstein pr&#233;tendait r&#233;viser le marxisme de fa&#231;on pragmatique. Il en rejetait en fait son essence m&#234;me. Pour Marx le socialisme &#233;tait une n&#233;cessit&#233; historique. La dynamique du capitalisme tendait vers un approfondissement des contradictions internes du syst&#232;me qui lui seraient &#224; terme fatales. Seule l'action consciente de la classe ouvri&#232;re pour renverser le capitalisme et instaurer une soci&#233;t&#233; socialiste pouvait emp&#234;cher l'humanit&#233; de sombrer dans la barbarie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette n&#233;cessit&#233; historique disparaissait chez Bernstein, comme chez tous ceux qui allaient par la suite d&#233;fendre les th&#232;ses r&#233;formistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a d&#233;menti du tout au tout les analyses &#233;conomiques de Bernstein. Loin de s'att&#233;nuer, les contradictions du syst&#232;me se sont exprim&#233;es comme jamais auparavant dans les guerres imp&#233;rialistes, les crises &#233;conomiques et les r&#233;volutions. Confront&#233;e aux crises, la social-d&#233;mocratie a toujours choisi de pr&#233;server le syst&#232;me en faisant payer la crise aux travailleurs. Apr&#232;s le d&#233;clenchement de la Premi&#232;re guerre mondiale, les principaux partis sociaux-d&#233;mocrates ont ainsi appel&#233; les travailleurs &#224; s'unir avec leur bourgeoisie et &#224; s'entretuer par millions pour d&#233;fendre la Nation. Des politiques r&#233;formistes ont par la suite &#233;t&#233; men&#233;es dans de nombreux pays. Qu'elles aient propos&#233; d'instaurer le socialisme par la voie parlementaire ou plus g&#233;n&#233;ralement une gestion plus &#034;efficace&#034; du syst&#232;me qui satisfasse &#224; la fois les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et ceux du capital, ces politiques ont toutes men&#233; &#224; l'impasse. Un an apr&#232;s la victoire du Front populaire, L&#233;on Blum a d&#233;cr&#233;t&#233; la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pause&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, revenant sur les acquis de la gr&#232;ve de juin 36. Arriv&#233; au pouvoir, alors que la crise des ann&#233;es 1970 d&#233;veloppait un ch&#244;mage massif, Mitterrand a choisi d&#232;s 1982 le tournant de la rigueur. Aujourd'hui, dans toute l'Europe, la social-d&#233;mocratie d&#233;fend les contre r&#233;formes lib&#233;rales sur les retraites, la s&#233;curit&#233; sociale, les allocations ch&#244;mage...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'emprise du r&#233;formisme&#160;: un produit des contradictions du syst&#232;me capitaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de Bernstein ont &#233;t&#233; durement critiqu&#233;es &#224; l'&#233;poque par de nombreux dirigeants marxistes parmi lesquels Kautsky, Rosa Luxemburg, ou L&#233;nine. Pourtant la vision r&#233;formiste allait devenir pr&#233;pond&#233;rante au sein de la social-d&#233;mocratie dans la plupart des pays europ&#233;ens. L'importance croissante du r&#233;formisme au sein de la social-d&#233;mocratie ne peut pas s'expliquer par la seule influence de quelques dirigeants r&#233;visionnistes comme Bernstein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour partie, ses id&#233;es ne faisaient que refl&#233;ter des &#233;volutions profondes au sein de la classe ouvri&#232;re et du mouvement ouvrier. Dop&#233; par les conqu&#234;tes coloniales, le capitalisme connaissait &#224; la fin du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle une forte croissance &#233;conomique. Pour la classe ouvri&#232;re cela se traduisait par une plus grande stabilit&#233; &#233;conomique et des hausses de salaire mod&#233;r&#233;es. Les gains r&#233;alis&#233;s par la classe dominante permettaient de satisfaire plus facilement les revendications des syndicats. Des l&#233;gislations sociales comme la limitation de la journ&#233;e de travail et le repos hebdomadaire allaient &#234;tre promulgu&#233;es en France au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Cela accroissait la l&#233;gitimit&#233; des syndicats et de la social-d&#233;mocratie mais en m&#234;me temps renfor&#231;ait l'id&#233;e que l'on pouvait obtenir toujours plus de concessions du syst&#232;me par le biais de r&#233;formes. Pour les militants eux-m&#234;mes, qui &#233;taient toujours plus nombreux &#224; s'impliquer dans les organisations li&#233;es &#224; la social-d&#233;mocratie, l'activit&#233; politique &#233;tait &#224; mille lieues de la lutte r&#233;volutionnaire pour la prise du pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La classe dirigeante quant &#224; elle voyait un grand int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;velopper l'id&#233;e que la n&#233;gociation &#233;tait pr&#233;f&#233;rable &#224; la lutte spontan&#233;e des travailleurs, de m&#234;me que la joute parlementaire &#233;tait pr&#233;f&#233;rable &#224; l'&#233;meute politique. Elle trouvait un point d'appui dans la bureaucratie syndicale &#233;mergente et les &#233;lus locaux et nationaux des partis sociaux-d&#233;mocrates. Cette bureaucratie, en partie d&#233;tach&#233;e de la pr&#233;carit&#233; du salariat, jouait le r&#244;le de tampon entre la classe dominante et la classe ouvri&#232;re et avait fondamentalement int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;fendre l'id&#233;e d'un compromis entre les classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne peut cependant pas expliquer l'influence du r&#233;formisme au sein de la classe ouvri&#232;re uniquement par l'existence de la bureaucratie. La raison premi&#232;re de cette emprise est la capacit&#233; &#224; am&#233;liorer les conditions de vie de la classe ouvri&#232;re. Cette possibilit&#233; n'existe vraiment que dans des p&#233;riodes de prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique du capitalisme. Pourtant, le r&#233;formisme a gard&#233; une forte influence y compris dans des p&#233;riodes de crise o&#249; la possibilit&#233; de r&#233;formes &#233;tait assez limit&#233;e. Nous avons donc besoin de comprendre le m&#233;canisme d'adh&#233;sion des masses au r&#233;formisme. L&#233;nine explique dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp0.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'Imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; que le r&#233;formisme s'est d&#233;velopp&#233; sur la base du surprofit issu de l'imp&#233;rialisme. Ce surprofit aurait permis &#224; la bourgeoisie d'acheter une section de la classe ouvri&#232;re qu'il d&#233;finit comme une aristocratie ouvri&#232;re. Or, l'histoire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle nous montre que c'est faux. Deux questions se posent&#160;: tout d'abord quelle est cette fraction de la classe qui peut &#234;tre d&#233;finie comme aristocratie ouvri&#232;re et qui serait l'alli&#233; objectif de la bourgeoisie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ensuite quels sont les m&#233;canismes qui permettraient &#224; la bourgeoisie de faire b&#233;n&#233;ficier une petite partie de la classe ouvri&#232;re de ce surprofit&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si une aristocratie ouvri&#232;re existait, elle serait constitu&#233;e d'une fraction de la classe qui a des conditions de travail plut&#244;t meilleures que la plupart des salari&#233;s. Prenons quelques exemples. Au d&#233;but du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les syndicats &#233;taient constitu&#233;s essentiellement d'ouvriers qualifi&#233;s. C'&#233;tait aussi la fraction de la classe ouvri&#232;re la plus combative. C'est pourtant la seule qui pourrait &#234;tre assimil&#233;e &#224; une aristocratie ouvri&#232;re. De nos jours, les cheminots puis les enseignants ont &#233;t&#233; successivement les fers de lance du mouvement de lutte contre les attaques du gouvernement. On peut difficilement les consid&#233;rer comme des alli&#233;s de la bourgeoisie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui concerne la distribution du surprofit, s'il est s&#251;r que l'imp&#233;rialisme am&#232;ne, au moins dans un premier temps, une prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique, g&#233;n&#233;rant une am&#233;lioration globale des conditions de vie par l'&#233;largissement du march&#233; pour les produits issus des pays imp&#233;rialistes, ces am&#233;liorations concernent l'ensemble de la classe et non une minorit&#233;. En effet, l'augmentation de la production a pour cons&#233;quence le plein emploi et donc l'augmentation des salaires et l'am&#233;lioration des conditions de travail. Mais il n'existe pas de m&#233;canisme qui permette &#224; la bourgeoisie d'attribuer une partie de ce surprofit &#224; une fraction de la classe ouvri&#232;re seulement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'analyse &#233;conomique est insuffisante pour expliquer l'adh&#233;sion des masses au r&#233;formisme. Il y a &#233;galement une base id&#233;ologique &#224; cet attachement. Marx disait que l'&#233;mancipation des travailleurs serait l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes mais aussi que l'id&#233;ologie dominante est celle de la classe dominante. Il y a une contradiction entre ces deux propositions. C'est dans le capitalisme lui-m&#234;me qu'il faut trouver la base de cette contradiction. Le capitalisme met les travailleurs en concurrence mais les oblige &#224; collaborer pour pouvoir assurer la production. Cette contradiction se retrouve aussi dans la conscience de chaque travailleur. Chaque travailleur accepte le syst&#232;me tel qu'il est et est en m&#234;me temps amen&#233; &#224; le combattre ne serait-ce que pour d&#233;fendre ses conditions de travail. La plupart des travailleurs ont l'espoir d'une am&#233;lioration de leurs conditions de vie et n'ont pas assez confiance en leurs propres capacit&#233;s &#224; changer les choses. Ils comptent donc sur des &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;experts&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, sur les &#233;lections, &#8230; pour prendre les mesures n&#233;cessaires. Selon la situation, p&#233;riode de mont&#233;e des luttes ou de reflux, c'est un aspect ou l'autre qui domine. Mais &#224; tout moment, il y a cette double conscience. C'est la base de l'attachement des travailleurs &#224; ces organisations r&#233;formistes qui expriment les espoirs d'am&#233;lioration du syst&#232;me, qu'elles soient en capacit&#233; ou non de d&#233;livrer des r&#233;formes. Pendant les luttes, les travailleurs peuvent faire l'apprentissage de l'auto-organisation. Ils peuvent alors tester leur capacit&#233; &#224; organiser la soci&#233;t&#233; par eux-m&#234;mes. Pourtant, en dehors des p&#233;riodes r&#233;volutionnaires, seule une minorit&#233; arrive &#224; se d&#233;tacher du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'influence du r&#233;formisme selon les p&#233;riodes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ancrage du r&#233;formisme au sein de la classe ouvri&#232;re a vari&#233; en fonction des diff&#233;rentes p&#233;riodes du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Apr&#232;s la r&#233;volution de 1917, la plupart des militants de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e a quitt&#233; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt; pour fonder le Parti communiste. Mais l'&#233;puisement de la p&#233;riode r&#233;volutionnaire a permis au r&#233;formisme de se renouveler. Deux ph&#233;nom&#232;nes y ont contribu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En premier lieu, le boom des trente glorieuses a raviv&#233; les bases &#233;conomiques du r&#233;formisme. M&#234;me si les cadences de travail &#233;taient importantes, les conditions de travail s'am&#233;lioraient&#160;: le ch&#244;mage &#233;tait quasiment inexistant, la consommation de masse se d&#233;veloppait et surtout un syst&#232;me de protection sociale se mettait en place. Les conditions de vie de ceux qui sont arriv&#233;s &#224; l'&#226;ge adulte dans les ann&#233;es 1960 &#233;taient nettement meilleures que celles de leurs parents. Avec la massification de l'&#233;ducation ils &#233;taient en outre persuad&#233;s que les conditions de vie de leurs enfants seraient encore meilleures. Tout cela contribuait &#224; convaincre la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re qu'un progr&#232;s permanent &#233;tait possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce boom a &#233;galement permis au r&#233;formisme de renouveler son id&#233;ologie et ses cadres. La comp&#233;tition entre les deux blocs, en particulier par l'interm&#233;diaire des d&#233;penses d'armement qui &#233;taient &#224; l'origine du boom, a n&#233;cessit&#233; l'extension du contr&#244;le de l'Etat sur certains secteurs strat&#233;giques de l'&#233;conomie. Une telle politique interventionniste, un keyn&#233;sianisme de gauche, pr&#233;tendument en faveur des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, formait la nouvelle id&#233;ologie r&#233;formiste. Elle permettait &#224; la fois de se d&#233;barrasser des derni&#232;res r&#233;f&#233;rences marxistes et de se distinguer du stalinisme. Dans le m&#234;me temps, les organismes de gestion paritaire, qui se mettaient en place pour g&#233;rer la protection sociale, d&#233;veloppaient au sein des organisations ouvri&#232;res les couches bureaucratiques incarnant l'id&#233;e r&#233;formiste d'une collaboration de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En second lieu, le r&#233;formisme est continuellement ressourc&#233; par la lutte de classe elle-m&#234;me. S'il s'appuie sur la passivit&#233; de la classe ouvri&#232;re, cela ne signifie pas que, lorsque les travailleurs se remettent massivement &#224; lutter, ils abandonnent spontan&#233;ment leurs illusions r&#233;formistes, au profit d'une conscience r&#233;volutionnaire. Si c'est effectivement le cas pour une minorit&#233;, la majorit&#233; des travailleurs qui se radicalisent se tourne plut&#244;t, au moins pour une p&#233;riode transitoire, vers les organisations r&#233;formistes qui sont capables de d&#233;velopper des discours voire des courants plus radicaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nombreuses p&#233;riodes dans le si&#232;cle pass&#233; mettent en &#233;vidence ce processus en France. Les luttes qui se d&#233;veloppent &#224; partir de 1934 se traduisent par un afflux de militants au Parti communiste, mais aussi &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, alimentant en son sein un courant radical &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la gauche r&#233;volutionnaire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; autour de Marceau Pivert. La p&#233;riode de radicalisation qui suit mai 68 permet &#224; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SFIO&lt;/span&gt;, discr&#233;dit&#233;e par ses multiples participations gouvernementales de l'apr&#232;s guerre, de se r&#233;g&#233;n&#233;rer sous la forme du Parti socialiste&#160;: les ann&#233;es 1970 ont vu cro&#238;tre les organisations r&#233;volutionnaires, mais c'est vers le parti socialiste que la grande majorit&#233; de ceux qui ont lutt&#233; en 68 s'est tourn&#233;e alors que la crise se d&#233;veloppait et que les luttes refluaient. Sans porter le m&#234;me type d'illusion, il ne fait aucun doute que ce sont les grandes luttes de d&#233;cembre 1995 qui ont aliment&#233; la victoire de Jospin en 1997.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise actuelle du r&#233;formisme et la lutte pour la construction d'une alternative anticapitaliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise dans laquelle est entr&#233; le capitalisme depuis plus de trente ans a provoqu&#233; en retour une crise sur le long terme du projet r&#233;formiste. Le syst&#232;me n'offrant plus de marge de man&#339;uvre, le r&#233;formisme n'a plus de r&#233;formes &#224; proposer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; la mondialisation et au pouvoir des multinationales, l'Etat-Nation comme moyen de r&#233;gulation &#233;conomique appara&#238;t de moins en moins cr&#233;dible, de l'aveu m&#234;me des dirigeants r&#233;formistes comme Jospin. L'Europe puissance que la plupart des r&#233;formistes proposent comme alternative para&#238;t aux yeux du plus grand nombre comme compl&#232;tement antid&#233;mocratique. Le keyn&#233;sianisme de gauche inop&#233;rant a ainsi laiss&#233; la place &#224; un social-lib&#233;ralisme qui se distingue peu des politiques de droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;&#231;ues et d&#233;moralis&#233;es par les exp&#233;riences de la gauche au pouvoir et par l'absence de projet enthousiasmant, de nombreuses couches de la population ont montr&#233; une d&#233;fiance grandissante lors des scrutins &#233;lectoraux. Cela n'enterre pas pour autant l'influence des id&#233;es et des partis r&#233;formistes &#224; une &#233;chelle de masse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement anticapitaliste qui s'est d&#233;velopp&#233; depuis Seattle et qui s'est renforc&#233; d'un mouvement sans pr&#233;c&#233;dent contre la guerre suscite de nombreux espoirs. Sa radicalit&#233;, sa capacit&#233; &#224; entra&#238;ner de nombreuses couches de la population permet d'envisager la construction d'une alternative anticapitaliste, passerelle vers le d&#233;veloppement d'un mouvement r&#233;volutionnaire cons&#233;quent. Mais ce mouvement suscite &#233;galement l'int&#233;r&#234;t des organisations r&#233;formistes qui y voient un potentiel pour se r&#233;g&#233;n&#233;rer. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PS&lt;/span&gt; a particip&#233; aux diff&#233;rents forums internationaux altermondialistes, certains de ses courants tentent de tisser des liens &#233;troits avec des organisations du mouvement comme Attac. Certains au sein de cette organisation tentent m&#234;me de refonder un r&#233;formisme antilib&#233;ral qui puisse nourrir la gauche r&#233;formiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La construction d'une alternative anticapitaliste ne se fera pas sur un terrain vierge, d&#233;sert&#233; par les courants r&#233;formistes mais au contraire en concurrence avec eux tant aux points de vue id&#233;ologique qu'organisationnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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