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	<title>Revue Que Faire ?</title>
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	<description>Site web de la revue &#171;&#160;Que Faire&#160;?&#160;&#187;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
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		<title>Revue Que Faire&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?</title>
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		<title>17&#160;octobre 1961</title>
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		<dc:creator>Ga&#235;l Braibant</dc:creator>


		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>encemoment</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 17&#160;octobre 2011, la Ve r&#233;publique devra se souvenir de l'un des &#233;v&#232;nements les plus abjects de son histoire. En r&#233;f&#233;rence au film de Gillo Pontecorvo La bataille d'Alger, Jean-Luc Einaudi dresse un parall&#232;le effarant en mettant en lumi&#232;re le sort qui f&#251;t r&#233;serv&#233; aux &#171;&#160;Fran&#231;ais Musulmans d'Alg&#233;rie&#160;&#187; durant la p&#233;riode qui entoura le 17&#160;octobre 1961.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Jean-Luc Einaudi, la &#171;&#160;bataille de Paris&#160;&#187; remonte &#224; la guerre interne au mouvement ind&#233;pendantiste alg&#233;rien. Le conflit opposant le Front de Lib&#233;ration (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/que-faire-no08-novembre-decembre" rel="directory"&gt;Que Faire&#160;? - n&#176;08 - Novembre/D&#233;cembre 2011&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/Racisme" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.quefaire.lautre.net/encemoment" rel="tag"&gt;encemoment&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L92xH150/arton302-f76b6.jpg&#034; width='92' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17&#160;octobre 2011, la V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; r&#233;publique devra se souvenir de l'un des &#233;v&#232;nements les plus abjects de son histoire. En r&#233;f&#233;rence au film de Gillo Pontecorvo &lt;i&gt;La bataille d'Alger&lt;/i&gt;, Jean-Luc Einaudi dresse un parall&#232;le effarant en mettant en lumi&#232;re le sort qui f&#251;t r&#233;serv&#233; aux &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Fran&#231;ais Musulmans d'Alg&#233;rie&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; durant la p&#233;riode qui entoura le 17&#160;octobre 1961.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Jean-Luc Einaudi, la &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bataille de Paris&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; remonte &#224; la guerre interne au mouvement ind&#233;pendantiste alg&#233;rien. Le conflit opposant le &lt;i&gt;Front de Lib&#233;ration Nationale&lt;/i&gt; (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLN&lt;/span&gt;) au &lt;i&gt;Mouvement National Alg&#233;rien&lt;/i&gt; (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MNA&lt;/span&gt;), qui a pour but le contr&#244;le de la communaut&#233; alg&#233;rienne, fait une centaine de morts. Si le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLN&lt;/span&gt; remporte cette lutte d'influence dans les ann&#233;es 50, c'est encore par la force qu'il doit s'imposer aupr&#232;s de la population alg&#233;rienne en obligeant les alg&#233;riens qui r&#233;sident en France &#224; cotiser 3 000 francs par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devenu enfin h&#233;g&#233;monique en 1958, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLN&lt;/span&gt; peut alors lancer son offensive sur le territoire fran&#231;ais. Les cibles vis&#233;es sont des lieux strat&#233;giques pour l'&#233;conomie fran&#231;aise mais aussi des commissariats, o&#249; des policiers perdent la vie. Comme le montre un certain nombre de proc&#232;s-verbaux de syndicats policiers, les policiers s'indignent de la trop faible r&#233;pression envers les militants du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLN&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est alors mis en &#233;vidence par toute une s&#233;rie de t&#233;moignages que la population d'origine alg&#233;rienne vit une v&#233;ritable mont&#233;e des violences polici&#232;res &#224; son &#233;gard. Vivant dans des conditions des plus pr&#233;caires, les alg&#233;riens sont victimes de &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ratonades&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce terme d&#233;signe les rafles qui sont organis&#233;es en pleine rue, g&#233;n&#233;ralement la nuit, o&#249; les policiers ramassent des individus typ&#233;s maghr&#233;bins, les font monter violemment dans des cars de police et les tabassent au commissariat. Une fois que ces innocents ont perdu connaissance, ils sont jet&#233;s dans la Seine, beaucoup mourront. C'est ce que Chebbah Iddir explique, un des nombreux t&#233;moignages r&#233;colt&#233;s par J-L Einaudi&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Les cinq policiers me firent monter dans le car. L&#224; ils me fouill&#232;rent mais ne trouv&#232;rent rien. Alors que nous &#233;tions partis vers Colombes, les policiers firent monter dans le car un de mes compatriotes. Puis le car prit la direction de la seine. On s'arr&#234;ta pr&#232;s du pont d'Argenteuil. Les policiers firent d'abord descendre mon compatriote. Ils lui donn&#232;rent des coups de crosse jusqu'&#224; ce qu'il soit assomm&#233;. Puis le chauffeur le prit par les pieds et un autre par la t&#234;te. Ils le jet&#232;rent dans l'eau. Peu apr&#232;s, je vis des petites bulles appara&#238;tre &#224; la surface de l'eau. Mon fr&#232;re &#233;tait mort.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Gr&#226;ce &#224; un courage effarant C.&#160;Iddir r&#233;ussit, lui, &#224; s'en sortir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces violences racistes ne sont pas &#224; d&#233;connecter d'une discrimination orchestr&#233;e par l'&#201;tat fran&#231;ais. Celle-ci vise &#224; faire payer la perte de l'Alg&#233;rie aux Alg&#233;riens r&#233;sidant en France. Car si De Gaulle, fra&#238;chement arriv&#233; au pouvoir, veut en finir avec la guerre d'Alg&#233;rie, des membres importants de son gouvernement ne l'entendent pas ainsi. Premier ministre, Michel Debr&#233; veut mener une guerre sans concession au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLN&lt;/span&gt;, et n'h&#233;site pas &#224; couvrir tous les crimes policiers. Et puis il y a celui que les militants pro-alg&#233;riens appellent Charogne, celui que la r&#233;publique nomme M.&#160;Papon. L'auteur en trace un long portrait&#160;: collabo, tortionnaire &#224; Constantine, il f&#251;t nomm&#233; pr&#233;fet de police de Paris en mars 1958. D&#232;s le 28&#160;ao&#251;t, il organise une rafle de 5 000 alg&#233;riens qui sont intern&#233;s dans des lieux comme le Vel d'Hiv, qui rappelle des heures bien sombres. L&#224; encore on pense qu'il y a eu des morts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est en ao&#251;t 1961 que les violences s'intensifient. Les rafles diviennent quotidiennes, les arr&#234;t&#233;s sont d&#233;sormais constamment tabass&#233;s, humili&#233;s voire tu&#233;s. Un remaniement minist&#233;riel a lieu, o&#249; il est d&#233;cid&#233; de l'&#233;viction d'Edmond Michelet qui &#233;tait partisan de l'autonomie alg&#233;rienne. Courant septembre 61, l'institut &#173;m&#233;dico-l&#233;gal rel&#232;ve 21 cadavres nord-africains, tous morts &#224; la suite de violences. Le couvre-feu impos&#233; aux &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FMA&lt;/span&gt; est d&#233;clar&#233; le 5&#160;octobre 1961. Face &#224; la mise en place d'un v&#233;ritable r&#233;gime d'apartheid, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLN&lt;/span&gt; est d&#233;sormais h&#233;g&#233;monique aupr&#232;s de la population alg&#233;rienne. Le 17&#160;octobre 1961, les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FMA&lt;/span&gt; seront volontaires pour d&#233;fier pacifiquement le couvre-feu, impos&#233; par un r&#233;gime on ne peut plus raciste et appliqu&#233; par une police on ne peut plus assassine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_404 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH282/ici-on-noie-les-algeriens-cd78e.jpg' width='500' height='282' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;exergue&#034;&gt;Ces violences racistes ne sont pas &#224; d&#233;connecter d'une discrimination orchestr&#233;e par l'&#201;tat fran&#231;ais. Celle-ci vise &#224; faire payer la perte de l'Alg&#233;rie aux Alg&#233;riens r&#233;sidant en France&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans des termes des plus froids, Jean-Luc Einaudi retrace heure par heure, faubourg par faubourg et rue par rue le 17&#160;octobre 61.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On compterait environ 40 000 alg&#233;riens d&#233;sarm&#233;s qui seraient venus manifester en plein c&#339;ur de Paris. Sauf que la plupart d'entre eux n'arriveront jamais &#224; former un cort&#232;ge. De par les nombreux t&#233;moignages re&#231;us, l'auteur montre la mani&#232;re dont toutes les sorties de m&#233;tro sont quadrill&#233;es. D&#232;s que les alg&#233;riens en sortent ils sont matraqu&#233;s. Mains sur la t&#234;te, parfois inconscients, ils sont emmen&#233;s dans des bus affr&#233;t&#233;s par la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RATP&lt;/span&gt; vers des commissariats, des centres d'internement ou des lieux r&#233;quisitionn&#233;s. &#192; leur descente du bus ils sont de nouveau insult&#233;s, tabass&#233;s, et vol&#233;s. La plupart des bless&#233;s graves ne recevront aucun soin et mourront. Par d&#233;termination, les Alg&#233;rien arrivent malgr&#233; tout &#224; former quelques cort&#232;ges. Les policiers tireront dans le tas, tuant femmes, hommes et enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; ce d&#233;cha&#238;nement de haine qu'ont fait les t&#233;moins&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quelle fut la r&#233;action de la population fran&#231;aise&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Au mieux elle se rendit coupable de passivit&#233;. En effet, &#173;l'ouvrage d&#233;montre que bien peu de r&#233;actions ont &#233;merg&#233; des t&#233;moins pr&#233;sents. Pire, des petits groupent se sont cr&#233;&#233;s pour indiquer aux flics o&#249; se r&#233;fugiaient les manifestants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'est donc pas &#233;tonnant que tout le monde ait voulu &#233;touffer ce massacre pour mieux l'oublier ensuite. L'humanit&#233; parlera de violences importantes mais, pr&#233;textant la peur de la saisie, jamais le journal ne m&#232;nera l'enqu&#234;te pour savoir ce qu'il s'est r&#233;ellement pass&#233;. La population fran&#231;aise se rassembla par centaines de milliers pour protester contre les 9 morts de Charonne, mais par quelques centaines seulement apr&#232;s le 17&#160;octobre. Combien de morts&lt;small class=&#034;fine&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment le savoir puisqu'aucune commission d'enqu&#234;te n'a pu &#234;tre saisie. Mais d'apr&#232;s les rapports du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLN&lt;/span&gt;, on monterait &#224; plus de 300.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre se termine par un dernier &#233;v&#232;nement. En se rendant &#224; une comm&#233;moration en 1990, un Alg&#233;rien est arr&#234;t&#233; par la police&#8230; au faci&#232;s. Cette anecdote, qui n'en est pas une, nous rappelle que le 17&#160;octobre 61 n'est pas tr&#232;s loin, que les violences polici&#232;res n'ont jamais disparu et que la racisme d'&#201;tat agit toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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